Bienvenue à Astroworld!

Suite à deux ans d’attente et de teasing permanent, le troisième album si attendu de Travis Scott, Astroworld, est enfin disponible. Après trois projets si solides comme Owl Pharaoh, Days Before Rodeo et Rodeo, le rappeur de Houston nous a sorti un album très mitigé malgré son succès commercial: Birds In The Trap Sing McKnight. Son nouvel album serait une sortie à double tranchant direz-vous, d’un côté l’occasion parfaite pour regagner son public, d’un autre point de vue il n’a pas le droit à l’erreur.

Un contexte favorable

En tant qu’amateur de rap, je n’ai jamais connu d’autre album américain avec autant d’attente et de hype qu’Astroworld de Travis Scott, qui avait déjà été annoncé avant la sortie de Birds. Risqué d’annoncer à son public quasiment tous les jours que l’album arrivera bientôt, comme quoi il est presque fini et qu’il manque juste quelques détails. Tout aussi risqué de teaser l’album avec plusieurs snippets postés en story Instagram, ou bien avec des performances live. Au final nombreux sont les snippets qui ne se sont pas retrouvé dans l’album, question d’exigence.

Il y a pas plus de trois semaines l’artiste nous avait tous surpris avec un tweet laissant comprendre qu’Astroworld était bel et bien complet. À partir de là, silence radio pendant un peu plus de deux semaines. Le temps de revenir avec un trailer annonçant la couleur de l’album, une des chansons qui avait déjà été teasée à plusieurs reprises et la date de sortie officielle. Ce qui lui laisse une semaine de promo. Mais quand tu t’appelles Travis Scott et que t’as parlé de ton album pendant plus de deux ans, tu n’as pas besoin de parler de quoi que ce soit, les gens le feront à ta place.

 

Ambiance fidèle à la thématique

Tout d’abord, l’album Astroworld est un album à thème. Astroworld étant le nom d’un ancien parc d’attraction de la ville natale du rappeur, Houston, Travis Scott a voulu rendre hommage à cet endroit en créant un projet autour de ce nom. Chaque titre serait le nom d’une attraction. Epic Records ont collaboré avec Spotify pour faire en sorte que certaines chansons aient une animation propre à chaque « attraction » qui leur serait attribuée. Les deux covers proposées représentent esthétiquement l’entrée vers ce parc, avec un ballon gonflable sous forme de la tête de Travis Scott (qui est d’ailleurs un des éléments de la promo, sa tête se trouvait à des endroits fréquentés des plus grandes villes des États-Unis). L’une a été prise pendant la journée, la photo rend plus joviale, et l’autre pendant la nuit, où la photo rend plus lugubre même si dans les deux portraits nous pouvons ressentir un air glauque.

                     

Le projet commence par Stargazing, une chanson déjà teasée à plusieurs reprises, une intro qui nous place une ambiance épique de par son côté instrumental au début, et une performance entraînante de Travis Scott comptant avec un refrain qui reste facilement en tête. Après presque trois minutes de chanson, alors que l’instrumentale déroulait tranquillement, un changement de beat violent change totalement notre perception de la chanson. C’est agressif, Travis Scott rap avec un flow monotone et plus énervé, contrastant l’écart d’ambiance par rapport à la première partie de la chanson. Les chansons qui suivent s’enchaînent parfaitement avec cette deuxième partie. Car quand la deuxième chanson, Carousel, débarque… nous sentons déjà les mosh pits en concert. Seule la douce entrée en matière de Frank Ocean arrive à équilibrer le son, et quelle performance encore une fois. L’auteur du culte Blonde est le premier de seize featurings (certains se répètent) tous plus étonnants les uns que les autres. De Drake qui nous sort sur Sicko Mode une performance supérieure à toute chanson de sa récente sortie Scorpion, à une jeune surprise de Houston appelée Don Toliver qui a surpris absolument tout le monde sur Can’t Say, en passant par quelques chants discrets et des notes d’harmonica provenant du légendaire Stevie Wonder. Les featurings constituent certainement un des points élémentaires de cet album.

CAROUSEL

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Production avant-gardiste

Pour en revenir au fil du projet, il est constamment présent, et cela se remarque notamment par la production qui s’avère fidèle au titre, astrale. Vingt-sept noms ont eu des crédits de production pour Astroworld. Du prévisible comme Murda Beatz, Mike Dean, FKi 1st, du moins prévisible comme Tay Keith, Sonny Digital, Nineteen 85 et même des productions d’autres genres comme le groupe Tame Impala, John Mayer ou Thundercat. Mais devinez quel nom n’apparaît que trois fois dans les crédits… celui qu’on attendait le plus : Travis Scott.

Néanmoins la production est un point essentiel pour Astroworld, caractérisée par des sonorités osées, d’énormes prises de risques et surtout la constante présence de « bruits » ou « sons additionnels » qui résonnent derrière l’instrumentale de base. Ce phénomène peut aussi s’associer aux backs et ad-libs tant de Travis Scott comme des artistes en featuring. Les changements et évolutions de beat ont une place importante dans le projet. Certaines chansons contiennent trois beats différents!

Parlons de Travis Scott

Les performances de Travis Scott sont variées. Il chante pas mal, parfois avec des mélodies qui ne sortent pas du banal, mais la plupart du temps sur sa lane en ressortant sa bonne utilisation de l’autotune. Comme il l’avait annoncé, l’auteur rap beaucoup par rapport à Birds et alterne les flows tout le long du projet. Les chansons étant variées dans la forme, Travis a réussi à s’ouvrir par rapport aux performances et à se plonger dans les univers proposés.

Il porte principalement son attention à l’ego trip et tout ce qui suit la nouvelle génération de rappeurs : matérialisme, femmes, drogues. Cependant ça ne l’a pas empêché de faire des chansons à messages comme par exemple son hommage à DJ Screw ou la dernière piste où il est introspectif par rapport à lui-même et sa relation avec la star qui est mère de sa fille, Kylie Jenner.

Bilan positif

Dans l’ensemble l’album peut clairement être classé comme réussi. Les premières critiques le placent déjà très haut et Astroworld est projeté à plus de 450.000 ventes en première semaine (200.000 physiques), chiffre que seul Drake, J. Cole et Post Malone ont atteint cette année dans le rap. Certains fans nostalgiques de ses vieux jours ont été déçus par son renouveau en matière d’autotune qui nous fait penser à ses performances plus récentes. Il est important de le préciser car Travis Scott avait annoncé qu’il considérait son deuxième album Birds comme un projet à part en ce qui concerne ses sorties précédentes et qu’Astroworld allait être la suite de Rodeo, mettant fin à un cycle de projets qui auraient une musicalité commune.

Conclusion

En conclusion, Travis Scott n’a pas donné aux fans ce à quoi ils s’attendaient mais a fait le taff, et de quelle manière. Il a prouvé qu’il sait s’adapter aux productions qu’on lui donne peu importe l’aspect musical et y apporter sa sauce. Même si certains penseront que les attentes n’ont pas été satisfaites, très (très) peu de sorties américaines peuvent s’asseoir à la table d’Astroworld cette année.

Astroworld est dehors : http://smarturl.it/ASTROWORLD

Le trailer :

Orlando
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