"Disizilla" : le monstre Disiz est de retour 🐉

Disiz La Peste revient avec Disizilla, son douzième album studio.

Pour cet opus de 16 titres, celui qu'on appelle à nouveau Disiz La Peste, revient encore une fois avec un album très conceptuel et en avance sur son temps. En effet, le titre de l'opus est une contraction de “Disiz” et “Godzilla”, nom du célèbre film japonais mettant en scène un monstre légendaire.

Et il est là le propos de l'album, entre monstruosité et impertinence, Disiz ayant voulu livrer ses pulsions comme jamais. Entre instinct de ghetto et de conservation, le monstre est tantôt révolté jusqu'à en devenir mahboul, tantôt presque naïf et enfantin.

J'porte mes couilles comme des dolmens
T'es l'roi de personne, tu mythonnes, man
T'es comme Fourest, tu mythonnes mal - Mastodonte

Eh maman, pourquoi tu pleures ? Quel monstre t'a croqué le cœur ?
T'inquiète pas, j'vais l'torpiller avec mon avion d'chasse en papier - Terre promise

Énervé

L'enfant de cité n'a rien perdu de sa rage et met celle-ci à profit tout au long de l'album, notamment sur les morceaux "Niquer la fac", "Hendek" et "Cercle rouge", en feat avec Niska, le faiseur de tubes originaire d'Evry (91) comme Disiz, ou encore l'incontournable Fianso (93), au dernier couplet d'"Enfant des rues".

L'artiste adopte la quasi-totalité du temps un flow égotrip flirtant avec la trap, et file la métaphore du monstre présente tout au long de l'album jusqu'à comparer la fille qu'il aime à une go monstrueuse.

 

Futuriste

Bien que la référence à l'univers japonais qui constitue l'un des fils rouges de l'album ne soit pas fort originale dans le milieu, ce sont les onomatopées plus que simplistes, les moments volontairement hors-beat, la vraie-fausse naïveté de ses paroles et de son intonation qui déconcerte, et surtout, distingue Sizdi de ses compères, de tout ce qui peut se faire dans le hip hop francophone actuellement.

Mes albums, c'est des cathédrales, on les comprendra plus tard - Hendek

Mais nuancé

Malgré un opus dont les thématiques sont très bien exploitées, c'est dans la nuance avec la couleur principale de l'album que se trouvent les petits joyaux du projet :

  • Owi : une ode au désir sexuel sur la production la plus douce et chill du monde
  • Terre promise : une déclaration d'amour de Disiz à sa mère, dans un registre de langue enfantin
  • Tout partira : hymne mélancolique au temps qui passe
  • Ulysse : clou de l'album invitant retraçant le passé , avec voix d'Eari, la fille de Disiz

 

En définitive, Disiz nous emmène encore une fois sur une autre planète, entre dure réalité et fantastique, dans son univers si riche et unique.

Pour embarquer, c'est ici :

 

 

Flavie
hypokhâgneuse
rapgenius · twitter

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