La schizophrénie de Damso

Des théories à foison, des tentatives d'explication de phases, des images énigmatiques... Les projets de Damso ont toujours été entourés de mystère, d'indices, mais surtout d'une histoire de fond.

Comme le disent les gens qui le côtoient : Damso avait déjà tout prévu. En effet, tous ses projets semblent avoir une cohérence entre eux, se suivre. Nous avons, nous, auditeurs que nous sommes, la chance de participer à l'évolution et l'ascension croissante de Damso, et, ou, de William...

Evidemment, ce qui va suivre a été scénarisé. Cela dit, aucun élément n'a été laissé au hasard. Tout est basé sur des interviews  de l'artiste ou bien des sons de Damso. On vous raconte donc ici la #Vie musicale du rappeur.

C'est le 29 août 2014 que toute cette histoire a commencée. Quand un patient a débarqué dans mon cabinet. Nous avons ici affaire au cas le plus complexe que j'ai eu à examiner de toute ma carrière. Cela fait maintenant quatre ans que je m'y intéresse, que j'essaye de comprendre et d'expliquer le cas de William Kalubi.  J'ai réfléchi, noté, tout ce qui me paraissait intéressant, et j'ai décidé, aujourd'hui, de vous dévoiler mes découvertes...

Ah, d'ailleurs, je ne me suis pas présenté, je suis le docteur Leonard Da Vinci God.

I - Un schizophrène dans la Salle d'attente

Je me souviens de tout ce que j'ai pu faire ce 29 août, dans les moindres détails. Vous savez, c'est ce genre de jour, dans lequel il se passe quelque chose d'important, une naissance, une promotion. Un événement, qui fait en sorte que nous puissions, avec exactitude décrire tout le déroulé de la journée. Pour ma part, ce jour, c'est le début de cette folle histoire.

Ce jour-là, la salle d'attente était pleine. Les personnes que j'ai pu interroger m'ont décrit quelqu'un de relativement calme, mais pas rassurant pour autant. Sûr de lui et très imposant.

D'après les différents témoignages, il se présentait sous le nom "Damso", cela m'a vite parût curieux, mais rien de très impressionnant jusqu'ici. Il était venu accompagné d'un ami, un certain Dolfa.

Avant même que j'aille chercher le prochain patient dans la salle d'attente, son ami vint me voir, insistant pour parler avec moi avant que je rencontre William. C'est donc à lui que je me suis adressé dans un premier temps. Il m'a décrit un changement perturbant dans la personnalité du patient. En effet, bien que son comportement n'avait pas changé, me décrivant comme quelqu'un plutôt adepte du saal, il semblait , récemment, connaître des regrets, et même des envies suicidaires.. Il nous a décrit quelqu'un de calme, d'intelligent, mais avec quelques vices, qui a toujours aimé les aventures d'un soir. Mais, pour lui ses vices commençaient à causer chez lui des regrets et des lésions bien trop profondes.

Quelques exemples de ces dires, qu'il m'avait fourni, et que j'ai pu noter, à propos de ces vices :

"Y a pas que le sexe dans la vie, j'ai du mal à comprendre, l'amour marchera que si on m'enlève ma troisième jambe"

"J'ai jamais connu d'vierge à part ma feuille A4"

Des propos aussi bruts que violents donc, mais corrélant avec le mode de vie de William.

Jusqu'ici les faits m'étaient contés par son ami, je n'avais toujours pas rencontré William, qui patientait encore.

Il m'a également rapporté des écrits de son ami qu'il a pu trouver. Sans rentrer dans les détails, il y racontait ce qu'il se passait dans sa vie. Des trahisons, ses histoires complexes avec les femmes, son envie omniprésente de réussir, un tout qui pourrait expliquer le début de ce mal-être... D'après lui, il pouvait-être crû dans ses propos, mais sans chercher à manquer de respect à personne.

Mais, il m'a donné quelques exemples de ces changements, de ses peines récentes et ses questionnements fréquents. Je vous laisse quelques phrases que j'ai pu noter :

"À force de viser les cieux, j'suis devenu tête en l'air"

"Dans c'monde de vices, la femme est le clou du spectacle"

"J'ai peur du noir et de l'obscurité, car j'ai remarqué qu'ils sont proches et qu'aucun d'eux veut te voir briller"

"Bref, on n'est jamais mieux compris que par soi-même"

D'après son ami le patient semblait donc depuis quelques temps Blasé, en apparence, mais aussi dans ses mots.

"J'suis là sans être présent"

Cette phrase, ne m'avait pas marqué ce jour là. Mais par chance je l'avais noté dans mon carnet. Aujourd'hui, avec le recul, je me rend compte, que toute cette histoire a finalement commencé à la fin de celle-ci.

"Je me tire dessus pour me tirer d'ici, tiens bon mais je tiens plus debout, envie de sauter du haut d'un new gate"

Le reste du temps, il m'a raconté des histoires de son ami avec les femmes, ou encore avec la drogue.

Seul élément perturbant de la fin de cette consultation et pas des moindre, d'après lui, William avait adopté une manie de parler de lui, ou du moins de Damso à la troisième personne...

"5 flows plus tard, Damso reste le même"

A un certain moment, Dolfa commença à évoquer quelque chose d'assez flou, qu'il nommait "QALF", sur lequel il travaillait avec William. Mais avant qu'il ne puisse finir, un grand bruit surgit de la salle d'attente, apparement énervé par la batterie faible de son Blackberry, William, semblait être pris de rage..

II - La violence Bruxelloise

Les deux amis sont vite partis du cabinet, et je n'ai donc toujours pas eu l'occasion de rencontrer William.

J'ai pu ravoir à quelques reprises des nouvelles du patient par son ami, d'après lui son mal-être et son sentiment de déprime avaient totalement disparu. Il était redevenu, pour utiliser ses mots, l'adepte du saal qu'il connaissait.

Entre temps, j'ai entendu beaucoup de rumeurs sur ce Damso. Son nom résonnait dans tous les recoins du plat pays, jusqu'à atteindre l'Hexagone, mis en avant par un certains Booba. Il prêchait partout où il passait son mode de Vie, devenant un véritable symbole pour beaucoup. On le décrivait donc comme quelqu'un de vrai, assumant ses vices de manière crue, sans avoir l'air de trouver le temps d'avoir du regret.

"J'veux entendre que le frottement des pores et le bruit des mes grosses testicules sur ton 'uc"

Ses paroles violentes trouvaient, assez étonnamment, écho dans tout le monde francophone, et surtout, son flow, essence même de sa personne, était reconnu de tous.

William semblait donc aller pour le mieux, il semblait vivre pleinement son Quotidien de baisé. Jusqu'au jour où Dolfa est de nouveau rentré en contact avec moi.

En effet, cette mélancolie qu'il semblait adopter dans ma Salle d'attente semblait de nouveau faire apparition de manière brutale cette fois-ci. Dans un premier temps inquiet par les soucis de santé de sa mère, ayant peur de voir les Graines de sablier s'écouler, puis, par la suite, selon son ami, William ne cessait de répéter son besoin, son envie, d'être victime d'Amnésie, pour oublier ce qu'il a pu commettre par le passé...

III - L'atteinte de l'Ipséité et le transfert d'âme

Peu de temps après mon nouveau contact avec Dolfa, il a débarqué dans mon cabinet en urgence, avec son ami William, inanimé.

Je l'ai tout de suite amené au bloc, mais avant de vous raconter ce qu'il s'est passé, laissez moi vous raconter ce qu'a vécu William avant sa perte de connaissance.

Après sa prise de remords, et son besoin d'Amnésie, il semblerait que le patient commençait à adopter une double personnalité. Double discours, contradictions, quelque chose n'allait pas.

Pour son ami, tout aurait commencé à la naissance de son fils, Lior. Faisant naître chez lui ces regrets pour son passé. Mais cette prise de conscience profonde n'était pas permanente, en effet, il pouvait parler du bonheur que lui transmettait sa famille, puis d'un coup, nous reparler de son passé, et de sa visions égoïste des relations.

"Plus b'soin de combler mes besoins
Depuis qu'femme et enfant, j'entretiens"

....
"Souvent les plus moches qui sucent le mieux"

Une phrase relatée par son ami m'a perturbée :

"L'absence de lumière fait qu'j'suis dans le noir"

En effet, Lior signifie lumière, comme si il souhaitait dire que sans son fils, il restait lui même, l'homme confiant, qui vit sa vie comme il l'entend. Alors qu'au contraire, sa présence crée chez lui des remords, de profondes remises en question, et des questionnements philosophiques sur le monde.

Il commençait à se questionner, de manière trop profonde, à courir jusqu'au fond de son être. Sa Peur d'être père, sa Solitude, son Enfance difficile dans son pays de naissance, tant de maux qu'il semblait supporter avec de plus en plus de difficulté.

Malgré ces prises de conscience, d'après son ami, il restait tout de même quelques fois aussi saal qu'à son habitude, des moments dans lesquels il ne Respecte Rien. Une sorte de bataille semblait donc se livrer dans l'esprit du patient, avec deux personnalités se confrontant pour prendre le contrôle du corps de William.

Mais maintenant que vous en savez plus sur ce dédoublement de personnalité, revenons en à sa perte de connaissance.

Allongé sur la table du bloc, il rêvait bruyamment, une histoire assez floue s'est dégagée. Il semblait conter sa routine comme la connaissent ses amis : drogues, sexe, saal. De ce que j'ai pu comprendre de ses dires, dans son rêve, à un certain moment il rencontre une prostituée. Mais après un moment de silence, il reprit son récit, toujours dans son rêve, et sembla comparer cette prostituée à sa mère...

C'est à ce moment là que tout est devenu clair dans ma tête. Le patient venait de subir une expérience de Walk-In. En effet, l'âme de William était devenue tellement noire, qu'elle ne semblait plus vouloir vivre. Pour la remplacer, une âme, venant de la lumière fit son apparition, essayant, à de multiples reprises de prendre possession du corps de Damso.

Ces deux âmes, ces deux personnalités, ont longuement cohabité, ce qui explique donc le comportement étrange de notre patient : les âmes prenaient le dessus sur le corps de William à tour de rôle.

A ce moment là, son ami Dolfa mentionna à nouveau QALF. Un enregistrement des événements les plus saal et donc contenant des extraits du William connu de tous, mais surtout de son flow. qui désignait pour moi sa personne, son Ipséité. Son écoute pourrait faire fuir définitivement cette âme suicidaire, mélancolique, du corps de William.

Mais alors que je vérifiais si le patient m'entendait encore, un violent bip résonna, William semblait avoir donné son dernier souffle...

1H57, c'est l'heure que j'avais indiqué sur le certificat de décès que j'avais commencé à rédiger...

IV - Le réveil de William

Pendant ma rédaction du certificat, j'avais laissé les William branché à QALF, au cas où. Au bout d'un moment, à un instant précis de l'enregistrement, qui commençait par "C'est rien d'bien méchant.." j'ai senti une présence dans la pièce, qui n'était pourtant occupée que par moi, et, ce qui était censé être, un mort.

Inquiet, je me suis rapproché du patient : toujours inanimé, il semblait pourtant respirer... Des paroles commençaient à s'échapper de sa bouche, plusieurs mots, avec une cohérence approximative, comme si il faisait plusieurs rêves d'un coup, un Festival de rêves.

"La mort, la mort, la mort"

"Le ciel, le ciel, le ciel"

Quand il s'éveilla enfin après m'être remis de mes émotions, et qu'il soit de nouveau en état, son discours semblait dans un premier temps, toujours partagé en deux. Toujours ses deux personnalités qui ne savaient pas prendre le dessus sur l'autre, de quoi laisser Perplexe quiconque. Seule différence, il décrivait désormais son saal, d'une manière plus calme que jamais, avec une violente douceur. Comme si la nouvelle âme essayait d'imiter l'ancien William, pour que les personnes extérieurs ne remarquent pas de changement. Mais très vite, je me suis rendu compte que William semblait avoir cédé sa place à son deuxième lui, à cette deuxième âme, et cela m'est dans un premier temps apparu en observant la pupille de son œil. J'avais affaire au William qui essayait de sortir depuis la Salle d'attente, comme un Lithopédion qui n'avait jamais eu l'occasion d'exister, et qui avait donc, tellement de choses à dire.

On a discuté, et il s'est énormément confié à moi. Je n'avais jamais réellement eu de conversation avec cet homme. Pourtant je savais qu'il ne s'était jamais confié avec une telle intensité. Après un long Silence, il me parla même d'amour, reconnaissant ses faiblesses, ses difficultés avec ce sentiment, dont il avait, par le passé, honte d'éprouver.

"J'ai toujours fait ce que j'ai dit, j'ai tellement pêché, faut qu'je prie"

"Elle m'a aimé pour c'que j'étais, elle m'a quitté pour c'que je suis"

"Donne-moi ton cœur et j’te donnerai le mien, sauf qu’il est tout noir et qu’il touche à sa fin"

 

C'était maintenant très clair, je n'avais pas à faire à la même personne.

"Mes valeurs dans un coma, s’réveillent que sur la scène (saal)"

D'après lui, ses valeurs de base ne se réveillent que sur la scène, lieu où son flow a toute la place d'exister.

Après une longue discussion, il me parla de problèmes de société, comme la pédophilie, ou encore les difficultés que rencontre son pays. Ses réflexions était très profondes, et très philosophique. Quelques temps après, son ami Dolfa vint le chercher.

Je lui ai tout de même prescrit QALF. L'écouter semblait l'avoir réveillé, bien que je craignais que ce soit trop tard pour récupérer son âme véritable.

Ne l'ayant pas revu depuis ce jour, j'ai tout de même reçu une lettre, écrite par William lui même, un 14 Décembre paraît-il.

Je suis très inquiet pour le patient. Dans cette lettre il fait part d'une envie de suicide, comme c'était déjà le cas lors de l'épisode de la Salle d'attente.

"J'supplie la vie de m'laisser partir quand ça va très mal"

J'ai peur que cette nouvelle âme se soit désormais totalement approprié le corps de Damso, et qu'elle souhaite mettre un terme à cette Vie.

J'espère que le traitement avec QALF portera ses fruits, mais ça, seule la vie nous le dira...

 

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