Rencontre avec Tengo John : « je kiffe toucher à tout »

Un après-midi d'automne, quelques semaines avant la sortie de Hyakutake, dans un coin tranquille du 9-4 : rencontre avec Tengo John, chez lui, autour d'un thé. L'occasion pour la prof de français de Raplume de discuter avec lui de son très réussi nouveau projet, et de lui faire repasser l'oral du bac avec des questions sur l'écriture et la littérature. Des mots, mais aussi des images, grâce à Roxane Peyronnenc, la plus cool des photographes, venue shooter Tengo dans son environnement. Préparez-vous un thé aussi, car ça risque d'être long, et enjoy !

La genèse du nouveau projet

Dans le morceau qui ouvre le projet, tu dis : « J’suis partout cette année ». Effectivement, tu sors un nouvel EP 7 mois après ton gros projet Multicolore (analysé ici). Tu as été plus lièvre que tortue cette fois : tu tenais à sortir quelque chose rapidement ?

Déjà, j’ai été trop longtemps la tortue, justement, j’ai trop longtemps dormi… Quand j’ai sorti Multicolore, c’était mon deuxième projet sur les plateformes de stream. Près qu’elle et Tortue de Jade, c’étaient des petits projets Soundcloud, pas du tout professionnalisés. Là j’ai voulu accélérer.

Multicolore c’était la première carte de visite importante. Mais il y a des sons, même s’ils me plaisent encore, qui datent pas mal. Triste constat, par exemple, il doit dater de 2015/2016, quand j’étais AVS, je l’avais écrit à ma pause du midi… Entier, il date de fin 2017, et j’ai sorti le clip là, quasiment fin 2018… C’était logique pour moi de sortir un projet juste après, plus court, qui complète Multicolore avec le niveau actuel.

Mais il y a un moment où c’est sûr, je ferai une pause, je prendrai un peu plus de recul, je travaillerai dans la salle du temps... avant l’album je pense.

Depuis quand travailles-tu sur ce projet ? C’est des morceaux que tu avais déjà pendant la préparation de Multicolore, ou bien tout s’est fait après ?

Quand j’ai sorti Multicolore, j’avais déjà écrit Aurevoir, c’est le morceau le plus ancien. Le reste de Hyakutake, globalement, c’était à partir de fin-mai, début-juin. Mais j’ai jamais cessé d’écrire, de toute façon : des trucs qui sont sortis, d'autres qui sortiront pas...

Le(s) style(s) de Hyakutake

Une de tes caractéristiques, c’est que tu aimes mélanger différents styles, et ça se retrouve dans ce nouveau projet ; on sent que c'est important pour toi. Tu te verrais faire un projet monochrome un jour ?

Je me pose vraiment la question… Après, l’objectif, c’est que mon premier album il soit très diversifié, pour un album ça me paraît essentiel. Mais je pense qu’à un moment, il va falloir que je fasse un projet monochrome, je peux pas rester à faire des projets hyper diversifiés, qui peuvent passer d’un Mind à un OLB, par exemple. Mais c’est ça que je kiffe faire : je kiffe toucher à tout, je m’emmerderais si je faisais que de la trap, ou que des sons colorés, et j’emmerderais sûrement aussi les gens. Les rappeurs que j’ai le plus écoutés, ils étaient super variés, que ce soit Espiiem, ou même aux Etats-Unis, Kendrick Lamar, il peut faire absolument tout : du boom-bap, de la trap, un son jazzy, un son quasiment rock… C’est ça les meilleurs rappeurs en 2018, faut savoir à peu près tout faire au mieux.

Hyakutake, titre de l’EP et du 1er morceau, est le nom d’une comète, et tu t’y identifies, métaphoriquement, puisque tu chantes « Appelez-moi Hyakutake ». D’ailleurs j’ai vu que cette comète avait atteint sa périhélie le 1er mai 1996, jour de ta naissance… Et puis on retrouve aussi une autre comète, Hale-Bopp, sur ton projet. D’où te vient cette passion comète ?

J’ai pas spécialement une passion pour les comètes, par contre j’ai une attirance pour tout ce qui est astral, le domaine de l’inconnu, le mystère, c’est ça qui est le plus excitant, surtout à une époque où on a quasiment tout découvert… Du coup c’est ailleurs qu’il faut aller chercher, c’est dans les étoiles ! C’est des choses qui nous dépassent.

Même au-delà des étoiles, je crois grave dans le fait que la position de la terre dans le ciel, par rapport à telle planète, au soleil, etc., évidemment que ça influence nos vies, notre psychisme… Tout est relié, ça tourne ensemble. Toutes les choses ont plus ou moins une interaction et une influence les unes sur les autres. Quand on sait par exemple que c’est la lune qui gère les marées, c’est incroyable quand même ! On nous en parle peu en plus, nous en Occident on est très peu spirituels, on a peur d’aller vers des choses comme ça, mais ouais ça m’attire de ouf.

Et comment tu es tombé sur la comète Hyakutake en particulier ?

Je crois que je faisais des recherches sur ma date de naissance, et je suis tombé sur cette comète, qui m’a interpellé parce qu’elle avait un nom japonais, et elle a atteint sa périhélie le jour de ma naissance, je crois même à l’heure à peu près, et puis elle était verte, ma couleur préférée… C’est un petit clin d’œil pour m’identifier.

Encore plus que sur Multicolore, on sent dans ce projet que tu aimes aller vers le chant. Je pense à Mind, ou à Tous les garçons, qui fait d’ailleurs référence à un titre de Françoise Hardy… Quel est ton rapport à la chanson française ?

Je crois que c’est la musique que j’ai le plus écoutée durant mon enfance, surtout par ma mère : énormément de Barbara ; même mon père, il écoutait du Brassens… Je suis sûr que c’est de là que ça vient, mes aspirations pour les refrains chantés.

On a eu des artistes de chanson française extraordinaires : Barbara, Jacques Brel (qui était belge), Piaf j’aime beaucoup aussi… Même des trucs qui sont un peu bateau, comme Charles Trenet, c’est des airs de mon enfance. On avait une patte à la française, on avait vraiment une touche. Quand tu regardes Piaf, ou même Barbara, c’était des stars mondiales.

1/3 des morceaux du projets sont des feats. Qu’est-ce qui t’a attiré chez ces artistes, comment se sont faites les connexions ?

Julia, je la connais par Waly, c’est la famille. C’est une fille géniale, et elle a un talent fou, elle chante super bien. Donc c’était évident en fait de faire un son avec elle ; j’attendais d’avoir vraiment le morceau pour l’occasion. Et là j’avais écrit ce truc en anglais, et même si j’avais trouvé quelques bonnes mélodies, si j’étais tout seul, ça faisait encore un peu light. J’avais vachement de lacunes à combler sur ce morceau, et puis je la voyais bien… Du coup je lui ai demandé de faire des accompagnements, des chœurs, elle puis elle a commencé à rajouter des voix, elle m’a envoyé des maquettes… Elle a donné une autre dimension au morceau, c’est elle qui lui donne vraiment de l’ampleur, de la profondeur, c’est vraiment une pro... C’est une magicienne, Julia !

Waly, c’est mon reuf de toujours ! Ça fait 6 ans qu’on se connaît, depuis L’Albatros à Montreuil. C’est comme mon grand frère. Dès qu’il fait une scène, je suis là, lui c’est pareil, je crois que quasiment sur tous mes projets je vais l’inviter, on est ensemble ! J’avais jamais fait un morceau trap, vraiment un banger, avec Waly, et Flex c’est clairement le cas. Je voulais un morceau qui tape en concert, où on lâche nos techniques les plus puissantes. Je voulais ramener Infinit’, parce que tous les deux ils ont un côté, chacun de leur façon, hyper cainri, entertainment à fond, une attitude, un personnage, un charisme de ouf. Ça me faisait trop plaisir de les inviter sur le même morceau. Quand j’ai entendu le « zin » sur une phase de Waly, j’étais refait, j’étais comme un gosse à Noël !

Cinco, je kiffais ce qu’il faisait, depuis un petit moment… J’étais dans les loges d’un concert, et ça commençait à mettre du Cinco à fond, et moi je connaissais pas, j’étais « mais attends, c’est qui ce gars-là ? ». Il est trop chaud. Je me suis intéressé, et puis j'ai un pote qui le connaissait. Je l’ai follow sur insta, il m’a follow back, on s’est envoyé 2-3 messages : ça s’est fait archi efficacement, spontanément. On est partis tourner le clip ensemble à Bruxelles, on y a passé 24h, on s’est tapé des grandes barres. Voilà pour les invités !

L'écriture : les débuts et les influences

Comment es-tu venu à l’écriture ? Est-ce que tu écrivais déjà autre chose avant, ou bien ça a été directement des textes de rap ?

Déjà tout petit, j’écrivais plein d’histoires. Des espèces de petites BD avec des dessins, puis plus tard en primaire, des histoires fantastiques, qui mêlaient des chevaliers avec Batman… J’écrivais mes petites fictions à moi dans mes cahiers. Je me rappelle une fois, en CM1 ou CM2, la maîtresse elle m’avait fait passer pour lire à la classe un chapitre que j’avais écrit, j’avais trop honte ! Ma grand-mère, qui était prof de français, de grec et de latin, agrégée de lettres, elle m’a appris à lire à 4 ans, elle m’a toujours fait baigner là-dedans… Quoiqu’il arrive, j’avais un rapport hyper fort avec les mots, l’écriture… Ensuite j’ai commencé à écrire pour des chansons, plus ou moins de la chanson française.

Ensuite, au collège, les premières fois que j’ai écrit pour du rap, c’était pour des battles : quand on a vu les Rap Contenders avec mes potes, on a commencé à se clasher entre nous. C’est comme ça que j’ai commencé à écrire des rimes, mais on était pas dans les temps. Même les rimes elles étaient pas très recherchées, on voulait juste se terminer en vrai… Et j’ai eu envie de continuer à écrire sur des prods, et d’en faire de la musique. Le rap, on peut dire que j’ai commencé en 2nde. Au début j’étais grave nul, j’ai dû mettre 1 an et demi à être dans les temps ! Petit à petit, tu trouves ton écriture, ce que tu veux plus ou moins dire ou pas dire, tu trouves ta voix, en plus elle est en train de changer parce que t’es adolescent, enfin voilà, je suis passé par toutes les péripéties. Et puis même après, en terminale, quand j’ai fait L’œil du cyclone, le but c’était pas d’en vivre ou d’en faire mon métier.

Est-ce que tu as eu des influences particulières dans ton écriture ? J’ai l’impression que quand on commence à écrire, au début, on a besoin de béquilles, et puis progressivement on s’en détache…

J’en avais plein : tous mes rappeurs français préférés. Au tout début, peut-être Jazzy Bazz… ça m’avait traumatisé Sur la route du 3.14, quand c’est sorti en 2012. Koma de la Scred Connexion, ça doit être le rappeur que j’ai le plus écouté dans mon enfance, avec Booba et Fabe. Koma c'est le premier rappeur auquel je me suis vraiment identifié. Nekfeu aussi, je kiffais de ouf, ses tout premiers sons, « Ça s'passe ainsi ». Guizmo aussi, je m’en suis grave inspiré. Ça m’avait marqué, la façon dont il plaçait, c’était très percutant. Mais je pense que celui qui m’a le plus influencé, c’est Espiiem, ça a été ma plus grosse béquille, même aujourd’hui encore.

Et justement, est-ce que c’est dur de se détacher de ses influences pour trouver son propre style ?

Dur, oui et non… J’ai l’impression que ça vient naturellement, comme la suite logique. C’est surtout long. Mais c’est dur de se trouver, bien sûr.

Le travail des textes

Dans Ça va ensemble, Alpha Wann dit « j’écris toujours sur papier, fuck le téléphone ». Et toi, tu es dans quelle team ?

Franchement, les deux. Le téléphone, c’est pratique, quand tu vas en studio, t’as pas l’angoisse d’avoir perdu ta feuille. Ça m’est arrivé, j’ai écrit énormément de couplets sur des feuilles, qu’après j’ai jamais retrouvées justement. Par contre, je préfère largement la sensation d’écrire sur une feuille. Mais c’est tellement pratique d’écrire sur son téléphone ! Tu peux écrire dans le métro… Et puis tous mes textes se sont accumulés dessus, je les retrouve.

On considère souvent l’écriture comme une activité nocturne, c’est même un peu un cliché. Toi qui déclares dans Seul : « la nuit est devenue ma meilleure amie », est-ce que tu écris la nuit ? Comment choisis-tu tes moments d’écriture ?

Je crois que cette phrase, et ce couplet en particulier, je les ai écrits la nuit. Mais globalement, j’écris le matin. La nuit, je suis plus fatigué, je suis moins lucide. J’essaye de chercher d’abord la mélodie et le flow, j’ai besoin d’une étincelle, et je sens que pour moi ça vient le matin, le moment où je suis le plus en forme, où l’esprit est le plus focus. Une fois que j’ai pris mon petit-déj et que j’ai un peu de sucre dans le ventre, c’est le moment de ma journée où j’ai le plus d’énergie à mettre, et où j’ai le moins la flemme.

Quelle place accordes-tu à la technique dans ton écriture ? On reproche à certains rappeurs d’être virtuoses dans la technique mais de perdre de l’émotion ou du sens… C’est important pour toi ?

Peut-être encore un peu trop important. Après je pense que sur l’egotrip et tout ce qui est de l’ordre du freestyle et de la démonstration, c’est essentiel. Là-dessus je suis content de déployer ma technique au max. Mais sur des morceaux comme Tous les garçons ou Mind, j’essaye de me servir de la technique, pas de la montrer. J’essaye que ce soit un outil, que ça passe au second plan et que ce soit la musique qui prime. C’est pour que ça sonne bien, que les mots se répondent. Et puis la technique, c’est pas que la technique d’écriture, c’est aussi la technique de respiration, de flow… ça englobe plein de choses ! Faut pas réduire la technique aux multi-syllabiques et aux assonances. Les meilleurs rappeurs, la technique, ce n’est plus qu’un outil pour eux. Sinon c’est chiant ! Ça reste de la musique avant tout.

En parlant d’egotrip et de technique, c’est quoi pour toi, une bonne punchline ?

Y a pas de recette miracle, mais celles que j’aime bien moi, c’est celles qui ont des double ou des triple-sens, celles qui jouent avec les mots. J’aime bien les jeux de mots, mais pas les jeux de mots Carambar hein ! Un beau jeu de mots subtil, avec un double sens qui est utile, qui se répond dans les deux sens sur une même thématique… Quand Alpha Wann, sur le dernier album, il dit « Tu l’appelles Mère Patrie, je l’appelle Dame Nation » : ce genre de punchlines là, pour moi c’est les meilleures, avec un double sens, mais cohérent, qui est vraiment percutant et profond. Faut pas qu’elle soit trop compliquée, faut qu’elle te fasse cogiter, que limite elle te sorte du son l’espace d’une seconde, mais que quand tu la captes ça te fasse comme si tu t’étais pris une droite, comme si un truc s’était allumé dans ton esprit, comme la petite ampoule dans les dessins-animés.

C'est mon côté prof de français, mais je me disais, les catégories littéraires d’autobiographie et de fiction, par rapport au rap, elles sont intéressantes, parce qu’on a tendance à considérer que ce que dit un rappeur dans un son, c’est forcément ce qu’il pense vraiment. On a du mal à accepter qu’il puisse jouer un rôle. Et toi, dans certains textes, on a l’impression que tu livres des choses intimes de ta vie, et dans d’autres, je pense, enfin j’espère, que tu joues un personnage, dans Trois Sabres par exemple…

Oui, c’est sûr, je découpe pas la tête des gens dans la rue ! Mais tu vois, je regardais le Clique de Damso hier, et il dit à un moment un truc qui rejoint ça, c’est de la fiction… Faut pas oublier déjà que c’est de la musique, c’est de l’art, c’est romancé. Justement on écoute de la musique aussi pour rêver, pour sortir de l’ordinaire, pour se transcender. Donc si tu restes trop terre-à-terre, que tu fais que narrer le réel, le décrire… Faut essayer de l’exacerber un petit peu, de le fantasmer. Et puis dans le rap, on a ce recul-là, c’est ça qu’il disait Damso aussi : le public, il a le recul nécessaire, le second degré. Les petits, plus que les darons aujourd’hui, ils ont été éduqués avec ça.

Le rapport à la littérature

Par rapport à la littérature, je voulais déjà revenir sur ton pseudo : on sait qu’il est lié à la trilogie 1Q84 de Murakami. Tu as un lien particulier avec ce livre, ou c’est juste parce que le nom sonnait bien ?

Quand j’ai lu le bouquin, c’était une période compliquée. Ma mère me l’a offert, et quand je l’ai ouvert, j’ai vu qu’il y avait Tengo, et je l’avais déjà présélectionné dans une liste de blazes, parce qu’il sonnait bien et il ressemblait à mon prénom. Donc ouais j’ai un rapport particulier avec ce bouquin, mais j’ai pas construit mon identité artistique par rapport à la trilogie avec des liens et des références. Ça s’est imposé comme une évidence, mais c’est pas une construction réfléchie à partir du bouquin.

Dans OLB, tu dis « Tengo-Ulysse j’ai ma Pénélope », et c’est une référence que tu as depuis longtemps. Partant de là, j’aurai deux questions : d’où te vient cette référence à Homère ? Et pourquoi Ulysse en particulier, et pas un autre ?

Ça vient de ma grand-mère, quand elle m’a appris à lire c’était direct avec L’Odyssée, dans une version adaptée pour les enfants. Vraiment, je crois que c’était mon premier contact avec les mots et la lecture. C’est un truc qui m’a fasciné, même après, je lisais ça tout seul. C’est une culture qui me parle à mort, y a des histoires qui sont sublimes. Et puis quand tu regardes après, dans la littérature et dans les films d’aujourd’hui, même quand tu regardes un manga, c’est à peu près la même structure d’aventure, c’est les bases ! L’histoire d’Ulysse, je la trouve magnifique, je m’y suis grave identifié.

Ouais et puis c'est un héros particulier. Achille par exemple, c’est la force et le courage, tandis qu’Ulysse c’est l’intelligence…

Ouais, c’est ça peut-être que je kiffais aussi ! Ulysse il est rusé !

On n’apprend rien à personne en disant que tu aimes les mangas. Est-ce que tu les cites dans tes morceaux simplement parce qu’ils font partie des choses que tu aimes, ou est-ce que tu leur trouves un lien particulier avec le rap ?

Y a de ça, ça peut donner des bonnes images, ça peut aider certaines personnes à s’identifier aux textes, à voir qu’on a les mêmes références… Et c’est un ressort d’imagination pour une phase. Vas-y moi j’suis un p’tit babtou, j’vais pas commencer à te raconter que ça tire, que c’est Baltimore ! Je serais pas intéressant. Les mangas c’est un autre ressort pour mon egotrip, pour me comparer, tout en gardant un petit pied dans le réel.

Toi qui as un bac L, est-ce que de bosser des matières littéraires, c’est quelque chose que tu as lié à tes débuts d’écriture de rap, ou pas du tout ? Parce que je crois avoir entendu que tu écrivais pendant les heures de colle…

Ouais, à ce niveau-là ouais ! J’ai grave écrit en heures de colle, parce que j’étais tout le temps collé pour des retards. Mais sinon, peut-être certains cours de français, sur la poésie, ou sur ce qu’a voulu dire l’auteur, ça permet d’approfondir… Ou les cours de philo, ça m’a servi dans la vie, donc ça m’a servi dans l’écriture, inconsciemment. Mais sinon pas trop. C’est plus la culture de mes parents ou la culture que je me suis forgé moi-même.

Tu aurais un livre marquant à conseiller ?

Je lis plus en ce moment… Les derniers trucs que j’ai vraiment lus, c’est plutôt des essais de philo. J’ai grave kiffé L’existentialisme est un humanisme de Sartre. Sinon je kiffe Nietzsche, je pense que c’est mon philosophe préféré. Le gai savoir, c’est à lire.

Pour les plus jeunes, en littérature pour ados, j’avais lu un truc qui s’appelle Meto, c’est archi-lourd, y a un petit côté Harry Potter mais en plus sombre et plus adulte, et puis y a pas le côté magie, c’est plus terre-à-terre, mais y a une énigme. Peut-être que si je le lisais aujourd’hui ça me paraîtrait moins cool, mais à 16-17 ans j’avais pris ça fort.

Dernière question : es-tu heureux ?

Y a des hauts et des bas, mais ouais, en ce moment je crois que je suis heureux. Là ces dernières semaines, je suis à l’orée de sortir le projet, je suis un peu stressé et frustré. J’ai envie que les gens voient que j’ai bossé et progressé. Mais globalement je suis heureux, en tout cas je suis dans une bonne période, j’ai passé un été de ouf. Mais c’est jamais une affaire de stabilité, on est jamais heureux genre pendant deux ans, ce serait trop idéaliste. Mais ouais, je crois.

Un grand merci à Tengo John, ainsi qu'à Roxane pour les photos, et n'oubliez pas :

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