VII : Le surprenant Koba LaD

Si vous vous intéressez un minimum au Rap Français vous avez forcément entendu parler de Koba LaD.

Celui qui s'est fait connaître dans un premier temps avec sa série de freestyle Ténébreux, et qui a créé un engouement énorme autour de son morceau Train de vie a sorti son premier album : "VII".

Entre critiques et cris au génie, l'utilisation particulière de l'autotune dans Train de vie aura indéniablement fait parler de Koba LaD.

Une promo' gérée d'une main de maître

Avec cette signature, Def Jam semble bien avoir trouvé son chouchou.

En effet, la promo' réalisée pour Koba LaD a été impressionnante, et a bien fonctionné au vu de l'écho qu'il y a eu.

Pour cette promo on a eu le droit à tout : Faux album leaké, choix minutieux des sons clippés, une vidéo de son arrestation et même une promo' naturelle sur twitter. Et c'est bien ça qui aura le plus servi notre jeune rappeur d'Evry. Malgré les critiques, les moqueries, comme il le dit lui même, l'essentiel c'est qu'on ait parlé de lui.

Et ici ce n'est qu'un exemple parmi tant d'autre, qu'on apprécie ou non Train de vie : on l'a forcément écouté !

Un album dépassant les attentes

On a donc d'un côté des adeptes du genre apporté par Koba LaD et d'un autre côté ceux qui ne comprennent pas cet engouement. Mais quel que soit votre camp : vous le connaissez.

Et c'est là l'essentiel, car même si certains n'ont pas apprécié ses freestyles, ou son choix dans l'autotune, la majorité ira, par curiosité écouter quelques morceaux de son album, et ils risquent bien d'être surpris.

Si les thèmes abordées que sont : le sexe, l'argent, la détaille et bien-sûr le bat' 7 sont récurrents dans l'album, la musicalité, elle, est très variée. On retrouve dans la grande majorité des morceaux des refrains très marquants, digne de tubes, ce qui n'est pas forcément ce qu'on attendait de lui. Si on retrouve souvent les mêmes types d'ad-libs qu'on lui connait, ses variations de voix apportent  quelque chose de percutant et de marquant.

On avait déjà eu un avant goût avec le morceau La C, sorti pour la promo de l'album, et qui nous invite à découvrir quelque chose de différent.

L'album démarre donc avec Intro : jusqu'ici rien qui ne sort de l'ordinaire. On retrouve un Koba laD avec un flow semblable à sa série de Freestyle. Détaillant son vécu violent, cru et sans filtre.

"On a détaille et redétaille, faut l'disque d'or ou on l'refait
Elle kiffe quand j'caresse ses fesses, sourit quand j'crache sur sa face"

C'est ce franc parler qui va le suivre durant tout le projet, et ce malgré les changements d'ambiance et d'univers que l'on retrouve musicalement.

Sur une prod de Narcos, il nous parlera de sexe dans le son Chambre 122, et des portes que lui ont ouvert la célébrité dans ce domaine. Le flow qu'il adopte s'adapte parfaitement au thème abordé, et n'empêchera pas Koba LaD de faire référence à la détaille.

Des fois j'repense au buzz, au grec de la gare, au manque de détaille
Et dans les jours de neige, il faut faire belek, les barrettes se cassent

Un peu plus tard dans l'album, arrive le son Moments durs et c'est ici la première claque que l'on s'est prise.

Sur un flow nonchalant, il se montre très confiant sur sa nouvelle situation, sa nouvelle notoriété.

Si le passage de l'ombre à la lumière est un sujet courant dans le rap, il est ici parfaitement abordé. Pas besoin de figures de style, de sens caché mais seulement sa vérité racontée sans détour, avec un poil d'égotrip.

Et j'ai même plus besoin de me présenter, Koba LaD du 7, le jeune rappeur le plus attendu

Everyday, La C, il continue sur sa lancée diversifiant son flow.

Jusqu'à arriver à Suge, et on a ici le potentiel hit du projet (Hors Train de Vie). Nous démontrant encore qu'il est capable de beaucoup de choses, il nous a pondu ici un son que l'on pourrait aussi bien écouter en soirée, qu'au bord d'une piscine, cocktail à la main.

La prod de Sirox nous emporte et on se laisse facilement entraîner par le flow adopté par Koba.

Nous démontrant encore son électivité sur les refrains, il nous fait Turn-up sur le son suivant: Tout, du non-méconnu Ikaz Boi.

On détaille tout, on revend tout

Quelques sons plus tard, on arrive sur le morceau Seven Binks, qui s'avère être l'unique featuring de l'album, avec la Mafia Spartiate et Bolémvn.

Si le morceau démarre avec Koba LaD, l'arrivé de Kodes dans le son ne se fait pas sans bruit. La symbiose entre les quatre rappeurs est totale et on se retrouve directement téléporté dans le bat' 7. Les couplets s'enchaînent avec une fluidité incroyable, seulement entrecoupés d'un refrain simpliste.

Enfin, arrive J'en veux, morceau durant lequel il va se contenter de résumer tout ce qu'on a entendu jusqu'ici, ses envies, ses pensées, son avenir, son passé : la détaille, l'argent, sa famille, la concurrence.

L'argent, j'en veux encore, la drogue, j'en vends encore
J'ai grandi, j'ai mûri, et maintenant j'ai plus peur
Et moi c'est pas pareil, deux mondes parallèles
La vie t'fait voir les envieux, ils t'envient, ils t'en veulent
On s'réveille pour le cash, on t'recherche pour le cash

Dans ce son introspectif à la sonorité très calme se conclu donc VII, le premier album (réussi) de Koba LaD.

Conclusion

Koba LaD, avec une promo magnifiquement gérée par Def Jam a su faire beaucoup de bruit en un peu plus d'un an.

Si, certains restaient sceptiques à cause de son utilisation particulière de l'autotune, il a su, avec cet album montrer que son talent ne se concentre pas uniquement sur cette particularité.

Des textes crus mais sincères, des flows qui varient d'un son à l'autre, des beatmakers de talent (Sirox, Narcos, Tommyonthetrack...), des refrains très travaillés digne de hit, des morceaux qui sortent du lots, tous les ingrédients sont réunis, et on ne peut que saluer la performance, surtout en sachant que c'est son premier album.

 

Si jamais vous voulez en savoir plus, notamment sur l'écriture de Koba, on vous invite à découvrir ce merveilleux article de HipHopReverse "Décrypter Koba LaD, ou le naturalisme sous sa forme la plus étonnante"

 

 

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