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Oboy nous apporte un vent frais du Sud

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De drogue dans des vestes, de cowboys, de yayo dans le nez, de sale, de pétasses (mais pas de rendez-vous) et de balades nocturnes dans des voitures allemandes. À première vue, la dernière œuvre du jeune rappeur parisien Oboy ne diffère pas énormément de ce qu’a fait le reste du game ces trois dernières années, si ce n’est que par le vocabulaire utilisé. Et c’est exactement à ce genre de détails que l’on voit l’écart entre un rappeur qui veut vendre son vécu et un artiste qui veut s’exprimer selon les règles de l’art, en gardant toujours un sens de l’esthétique soigné au maximum.

Une ambiance sombrement cohérente

C’est dès les premières notes de la stridente boucle de piano inversée dans Hot Sauce qu’on réalise l’ambiance qu’Oboy a voulu placer dans son premier mini-album. Lorsque la basse arrive l’auditeur se retrouve imprégné d’un sentiment obscur, visuellement il se retrouve dans une voiture chère en train de rouler dans la nuit, entouré de femmes au goût pour le luxe. Cette ambiance générale va le suivre tout le projet, mais cette sensation sombre s’accentue sur les deux premières chansons.

https://www.instagram.com/p/Bf5xtdNHRKR/

Ensuite Oboy nous choque avec deux bangers que nous connaissions avant la sortie de l’album, étant donné qu’ils faisaient partie des quatre singles de promotion. D’un côté avec Cobra il nous propose un raw banger avec une instrumentale agressive (mais simple), des punchlines incisives et un flow énervé. De l’autre côté avec Extra il nous propose une chanson plus mélodieuse à sonorité plus luxueuse, que ce soit dans les punchlines, dans la sonorité ou même l’esthétique du clip, tout en gardant ce côté banger qui transporte l’écoute de l’auditeur vers d’autres dimensions. Deux bangers qui restent conformes à l’ambiance du projet ; ici il montre la folie dans l’ombre.

Après ce trip accéléré, l’artiste va tout ralentir d’un coup en nous suggérant par la suite trois chansons plus calmes, en confondant exprès obscurité et mélancolie. On le retrouve ici dans une optique plus consciente, où il aborde le sujet des femmes de façon différente à ce qui précédait ce passage ; il est plus doux. Encore une fois nous le voyons capable de jouer sur plusieurs terrains: il nous présente un hymne mélodieux tel que Geronimo, fortement basé sur l’esthétique du son que ce soit dans l’instrumentale ou sa propre prestance vocale, que l’on entend inspirée de mélodies provenant du mainstream du début des années 2000, ce qui donne par conséquent un refrain extrêmement accrocheur. Il peut aussi nous partager une chanson dans le registre dancehall qui est susceptible de faire bouger des hanches en boite, aussi bien qu’elle l’est de faire rappeler l’auditeur d’anciennes prouesses amoureuses comme l’est Cabeleira. Cette partie pourrait représenter la sensibilité dans l’obscurité.

L’ouvrage se conclut donc avec son hit le plus prometteur SLS. Il nous montre ici un aspect, pour la première partie, bien moins sombre que le reste du projet… et même comme ça il a trouvé un bon moyen de conclure cet album. Pendant tout le long nous l’avons vu expérimenter de diverses manières, étant donnée sa polyvalence dans son art, et ici nous nous trouvons face à une chanson fort expérimentale. Il commence par une première partie simple où il pose de manière aisée sur une instrumentale à sonorité plutôt joyeuse, suivie d’une sorte de pont-refrain où il rend sa voix plus grave, pour après reprendre sa voix normale, puis arrêter de chanter et repartir sur une autre production à sonorité orientale, et finalement reprendre l’instrumentale de base et poser sa voix sous forme de scratch. Cela résume ce qu’Oboy nous a prouvé avec cet opus : il a une portée artistique énorme dans le rap et même parfois hors du rap.

https://www.instagram.com/p/BesMLAwnHJr/

Un sens de l’esthétique remarquable

Nombreuses sont les remarques, dans les commentaires sous ses clips, à propos de l’utilisation d’effets de lumières, de néons, des angles de cadrage et surtout de son style vestimentaire. Pour ne pas parler de la stupéfiante tenue qu’il porte dans le clip de Cobra. Mais l’esthétique, surtout dans le rap, ne se limite pas à ce que l’on peut voir sur Youtube.

Nous savons qu’Oboy a fait, et participé à plusieurs des instrumentales utilisées dans ses chansons précédentes, qu’il maîtrise la production en fait. Ici il est à notre portée d’observer que le jeune rappeur a eu son mot à dire sur l’aspect non-vocal de la pièce, et il faut le noter.
Nous avons précédemment précisé que l’ambiance générale est un point important dans la réussite du projet. Cette ambiance, en plus de par la prestance vocale émanant de la voix grave et particulière de l’artiste, s’impose par rapport à la puissance de la production, la profondeur de l’instrumentale et s’accentue encore avec les rythmes lents qui concernent plus de la moitié de la tracklist. Si la production ressort autant c’est parce qu’en plus des basses et des instruments d’ambiance qui nous conduisent tous dans la même direction, il y a derrière énormément de détails, de sonorités courtes qu’Oboy n’a pas laissé au hasard. Tous les sons relèvent d’une esthétique propre à lui, qui fait la différence, et sans laquelle tout ça ne serait pas si spécial.

Si nous ajoutons à ça une prestance vocale qui comprend des mélodies mélancoliques mais jolies, des punchlines visuelles mais riches, des refrains graves mais accrocheurs, et toute sorte de backs chantés ou ad-libs qui rajoutent de la profondeur à l’ambiance, nous avons un album clairement réussi.

Southside est dehors.

https://www.instagram.com/p/BgYcboch1jT/

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La F balance le visuel de « Trapstar »

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Une des voix de la drill lyonnaise

Multipliant les collaborations que ce soit avec Zeu, JMKS, Nosacce, Sasso et bien d’autres, La F se distingue par sa faculté à s’adapter et froisser les prods.

Avec trois volumes de son projet The no face, le rappeur a su gagner en visibilité, en expérience. Toujours masqué afin de garder son anonymat, le Lyonnais a également été convié sur l’un des projets de l’année 2020 LMF de Freeze Corleone.

« J’suis un gamin : j’insulte les morts, j’fais la guerre pour un code postal
Et eux ils parlent de fame, personne connaît leurs blazes »

Annonçant un projet commun avec Zeu, La F nous a livré un album intitulé King of Drill, et s’affirme comme l’un des principaux visages de la drill française.

Néanmoins, La F ne se résume pas à ce courant. Ne se contentant pas de la drill, il est capable d’aller chercher plus de légèreté. Et il nous le montre sur le projet avec les titres Off-white et Que D’la Mula aux sonorités plus estivales. Les prods collent parfaitement aux envies et aux ambitions de l’artiste : Flem, Congo Bill et le duo Tha Trickaz n’y sont pas étranger.

Dans le reste de l’actualité : « Le soleil se lèvera à l’ouest » disponible le 21 octobre

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Naza & Koba la D profitent sur « Comme ça »

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Après avoir passé un été chaud et coloré avec son dernier album B.I.G Daddy Vol.1 sorti le 24 juin 2022, Naza vient ponctuer la saison avec Koba La D dans Comme ça, un clip festif, diffusé le 2 octobre dernier.

Un hit pour prolonger l’été

L’esthétique du clip respecte à la lettre la règle officieuse des quatre B : Banquets , Billets, Bolides et Belles femmes sont de sortie. Naza y ajoute sa touche décalée et invite Koba la D à venir profiter avec lui de la vie de César.

« Le bénéfice est intéressant mais on s’ra tous enterrés sans
À la base, j’voyais pas tout ça mais au fil du temps, j’ai dû prendre sur moi »

Naza et ses mélodies efficaces s’allient à un Koba la D en forme pour un refrain endiablé. Deux des plus gros vendeurs actuels se retrouvant sur un morceau calibré mais bien exécuté, le succès du morceau ne fera aucun doute dans les semaines qui arrivent.

La D se fait rare depuis ses projets Cartel dont le second volume est paru en décembre 2021. Cependant, les fans de Koba pourront le retrouver à l’écran dans la série Or Noir, diffusée le 7 octobre prochain sur 6play.

Les places pour la tournée de Naza sont à retrouver juste ici.

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Hache P & Chily se retrouvent sur « Couper »

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Sorti ce vendredi 30 septembre, Gros Gamin de Hache P possède un nouveau visuel avec Couper, en featuring avec le rappeur Chily.

Un retour en coupé-décalé

Depuis la séparation de la MZ, Hache P n’aura cessé d’être productif, à travers des morceaux inédits, des featurings ou encore des projets.

Depuis son projet Before en 2017, le parisien aura livré un premier album intitulé Rock’N’Roll, sur lequel il invitait des artistes comme Black M, Seth Gueko ou encore Lartiste.

Revenant petit à petit dans le game, c’est avec un projet intitulé Le Big, et de nouvelles collaborations avec Gazo, Chily, mais aussi de nombreux solos que le rappeur a frappé un grand coup !

Hache-P a décidé de marquer le coup en Octobre 2022. Pour accompagner son dernier projet Gros Gamin sorti vendredi dernier, le rappeur du treizième arrondissement a diffusé le Clip de Couper en collaboration avec Chily.

Ce featuring repose sur une atmosphère d’Afrique de l’Ouest et des accords de coupé-décalé. Une mélodie entraînante et instantanément efficace pour les deux rappeurs qui se retrouvent dans leur élément naturel.

Ce morceau est une des nombreuses couleurs musicales existantes de la palette artistique du rappeur d’origine ivoirienne. Effectivement, à l’aide de son clip et surtout de sa dernière mixtape qui mélange savamment les influences Trap et Afrobeats , Hache-P se positionne comme une des grosses figures rap de l’année 2022.

La mixtape Gros Gamin de Hache P est à retrouver sur toutes les plateformes de streaming ici.

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