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Abou Tall : « Cet album, c’est ce que je suis »

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Le 4 septembre dernier, Abou Tall sortait son album « Ghetto Chic ». Un projet très diversifié musicalement, qui oscille entre la chanson française et rap, entre la musique africaine et le classique, entre le ghetto et le chic. C’est le premier album que l’artiste propose en solo, depuis la fin de son groupe avec Dadju : The Shin Sekaï. À noter également que le projet sort sur le label « Colombe Noir », fondé par Abou Tall. C’est pour cette occasion que nous avons pu nous entretenir avec lui.

Les femmes, les déceptions amicales, son admiration pour Lefa, la chanson française, la nouvelle génération de rappeurs… Abou Tall s’est confié à Raplume.

L’attente autour de l’album

On est 10 jours après lasortie du projet, quels sont les retours que tu as eu ?

Les retours sont très positifs. Les gens ont kiffé la musicalité, l’originalité du projet. C’est ce que je voulais laisser avec cet album donc jusqu’ici c’est un projet réussi pour moi.

« Ghetto Chic » c’est ton premier album sur ton propre label « Colombe Noire », est-ce que ça t’a mis une pression particulière ?

Franchement ouais ! J’avais la pression pour pas mal de choses. Je pensais pas en avoir autant. Travailler en solo c’est vraiment différent. D’autant plus que ça faisait pas mal de temps que je n’avais rien sorti donc forcément ça m’a mis un peu de pression.

Tu te sentais attendu sur ce projet ?

Non pas particulièrement, parce que le nom « Abou Tall » n’a jamais vraiment été commercialisé tu vois ? Donc y’avait pas énormément d’attente autour du projet. Mais du coup ce qui est beau, c’est que y a plein de commentaires de gens qui disent qu’ils attendaient rien du projet et qui ont finalement été séduits donc c’est une bonne chose.

Avec cet album, qu’est-ce que tu voulais donner aux gens qui allaient t’écouter ?

Je voulais donner quelque chose de Ghetto Chic, c’est-à-dire un mélange de mes influences, que ce soit de l’afro, un peu de bossa nova, de la chanson française… avec la musique urbaine, le rap. Et tout ça en racontant mon histoire, d’où je viens et ce que j’ai vécu car moi-même je suis « Ghetto Chic ».

La musicalité et les thèmes de « Ghetto Chic »

Cet album est très complet, on retrouve beaucoup de styles différents, c’était une volonté de ta part de montrer que t’étais un artiste tout-terrains ?

Très honnêtement c’était pas une volonté. Cet album c’est ce que je suis. J’écoute vraiment tout, donc ça se ressent dans ma musique et ça se ressent dans ce que je fais. Je suis né avec le kickage, j’ai grandi avec d’autres styles, je suis passé par Shin Sekaï aussi. Mon chemin musicale il n’a jamais été le même, il a jamais été monotone et routinier. Toutes mes expériences se retrouvent sur ce projet, c’est pour ça que ça donne des choses qui sont diverses et variées.

Ça signifie qu’à l’avenir tu vas pas essayer de rentrer dans un style particulier, tu vas rester dans la polyvalence ?

Je pense que dans tous mes morceaux il y aura une base de rap parce que c’est ce que j’aime par dessus tout. Mais c’est ce qui est bien avec le Rap, c’est que tu peux tout faire : tu peux faire de l’AfroTrap, du CloudRap, de la Zumba, c’est vraiment un style qui permet d’en conjuguer plusieurs, c’est ce que je kiffe moi, donc je garderai toujours cette base rap, qu’ensuite je mélangerai ensuite avec d’autres choses.

Dans ton album tu parles beaucoup de la gente féminine, notamment sur le titre « Je veux de toi », une véritable ode aux femmes, qu’est-ce qui t’inspire chez elles ?

(Rire). Honnêtement le morceau « Je veux de toi » il répond parfaitement à ta question parce qu’il montre bien tous les aspects que j’aime chez la femme. Généralement la femme, dans sa globalité, c’est quelque chose d’inspirant. Regarde, 90% des chansons du monde ont pour sujet l’amour et les femmes, ça montre que c’est une source d’inspiration qui est infinie.

Pour ce morceau (« Je veux de toi »), t’as utilisé le sample de « J’aime les filles » de Jacques Dutronc. Sur le morceau « La clé », t’as aussi samplé une chanson française. Est-ce qu’on peut s’attendre à te voir continuer de poser sur ce style de musique ?

Oui, c’est un procédé que je vais refaire parce que la musique française elle est riche de plein de belles choses. Utiliser des samples ça pérennise aussi le patrimoine français d’une certaine manière. C’est dommage qu’en France, on n’ose pas trop sampler la musique française parce qu’il y a plein de bons trucs ! Moi je vais continuer à en utiliser, tiens je te donne une exclu, sur mon prochain projet, il y a déjà un son avec un sample !

Et du coup, est-ce que t’aimerais collaborer avec un artiste de ce milieu ?

Franchement ouais je kifferais ! Surtout qu’en ce moment la chanson français s’ouvre vers le rap et la musique urbaine donc c’est cool. J’admire beaucoup Serge Gainsbourg, qui est pour moi le meilleur chanteur français qui ait pu exister. Après, comme tu peux l’imaginer collaborer avec lui c’est un peu compliqué (il est décédé ndlr.). Mais sinon j’aime bien Julien Doré, Camélia Jordana… y’en a plein !

Dans ce projet, tu parles aussi des relations amicales, c’est un thème qui est distillé un peu partout dans l’album, en plus du titre « Rue de la traitrise », c’est quelque chose qui t’a marqué on dirait ?

Bien sûr ! J’arrive à un âge où t’es plus avec les amis avec lesquels t’as grandi, ceux avec qui t’as trainé, les chemins se sont séparés… C’est pas que ça m’a marqué, mais y’a eu des hauts, des bas et de la traitrise. C’est la vie, donc je voulais en parler. C’est quelque chose qui peut être difficile, mais qui te rend fort. Je serais pas le même bonhomme si j’étais pas passé par toutes ces galères et ces déceptions que j’ai pu avoir tout au long de ma vie.

Ses collaborations

L’album s’ouvre sur une intro avec une prod et un violon joué par d’Amine D1, c’était une couleur que tu voulais apporter à l’album ?

Franchement ouais. Au début, l’intro était uniquement composée avec des instruments virtuels. Je me suis dit que ce serait bien de rejouer les cordes et j’ai suggéré de faire appel à Amine et ça a donné une prod qui colle parfaitement à Ghetto Chic.

T’as aussi invité Dadju, c’était évident pour toi qu’il soit sur le projet ?

Ouais, je le voulais parce qu’il fallait boucler la boucle Shin Sekaï. Et aussi parce qu’il a du buzz ! (rire) Non, c’est toujours un plaisir de faire de la musique avec l’un des gars avec qui j’ai commencé. Donc on s’est bien marré en studio c’était cool et je suis ravi qu’il soit sur l’album.

Est-ce que tu peux nous parler de la connexion avec S.Pri Noir ?

En fait le morceau « Eau de Cologne » j’avais fait le refrain et je me suis dit « ça serait bien d’avoir quelqu’un qui pose un couplet rap dessus ». Le morceau s’appelait « Eau de Cologne », il était un peu chic tu vois ? Je me suis dit : « qui de mieux qu’S.Pri Noir pour ramener ce côté kikage et à la fois classe ? » Donc je lui ai demandé. Naturellement il a dit oui parce qu’on est pote et il a kiffé la vibes. On s’est fait un passe-passe en studio franchement c’était une bête de session !

Sur « Fermer la porte » on retrouve Lefa, qui est très présent à tes côtés. Qu’est-ce qui t’inspire chez lui ?

Lefa c’est un gros bosseur ! Depuis la fin de la Sexion il doit être à son cinquième projet je crois, donc déjà par son acharnement au travail c’est quelqu’un d’inspirant. Aussi, par son sens du partage. C’est pas courant de mettre un son entier de son gars sur son projet (Abou Tall avait un son solo sur l’album « Fame » de Lefa ndlr.), et il l’a fait pour moi. Il a un coeur incroyable et ça m’inspire beaucoup aussi.

L’avenir

On te voit proche de la jeune génération qui arrive (Lyms, Le Nine…), tu t’intéresses à cette nouvelle vague de rappeurs qui arrive ?

De fou ! J’aime beaucoup ! J’ai grandi dans un environnement qui m’a montré plein de périodes différentes de la musique. Et je trouve que c’est bien de se renouveler et de se mettre au goût du jour. Donc se confronter à une jeunesse qui ne voit pas le rap de la même manière que nous, qui a des codes totalement différents des nôtres c’est hyper intéressant ! Donc je kiffe.

Est-ce que ça veut dire qu’on peut s’attendre à une nouvelle signature sur ton label ?

Oui oui pourquoi pas ? Moi j’aime la musique et même je sens que j’ai des choses à donner. Je suis souvent en studio pour essayer de partager mon expérience donc si un jour ça peut être avec un artiste qui est signé sur mon label franchement ça peut être grave intéressant !

Maintenant que l’album est dehors, qu’est-ce qu’on peut te souhaiter pour la suite ?

Pour la suite ? Un nouvel album, très prochainement et une tournée, si le COVID le permet, complète. Ce serait beau déjà !

 

L’album Ghetto Chic est disponible sur toutes les plateformes de streaming juste ici.

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Jazzy Bazz délivre un freestyle avant la sortie de MEMORIA

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2022, je veux être l’Homme de l’année, envoyer du son comme personne ne l’a fait

Intitulé en référence à l’année de naissance de son auteur, le freestyle alterne entre égo-trip et mélancolie, sur la production du morceau January 28th de l’américain J. Cole, issu de son album 2014 Forest Hills Drive. « J’suis au sommet d’mon art, en pleine maîtrise, des phases hyper précises, les effets proposés sont rares » . Un freestyle sur une instrumentale intemporelle, et un Jazzy Bazz vraisemblablement au sommet de son art.

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L’album MEMORIA de Jazzy Bazz est disponible en précommande en cliquant ici.

Dans le reste de l’actualité : TUNNEL, l’exposition du photographe Fifou du 21 au 23 janvier

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TUNNEL, l’exposition du photographe Fifou du 21 au 23 janvier

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Le photographe Fifou présente cette semaine son exposition parisienne TUNNEL, aux côtés de Ciesay, co-fondateur de la marque PLACES+FACES.

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Intitulé TUNNEL, l’évènement éphémère se déroulera au bar artistique Maddalena, et vous pourrez y retrouver une partie de son travail exposé, ainsi que celui du photographe Ciesay, qui a notamment shooté pour Drake, Kanye West, Travis Scott ou encore A$AP Rocky. Rien que ça… L’occasion donc de rendre hommage à la culture hip-hop, et de faire le pont entre les inspirations respectives des deux photographes.

Retrouvez l’exposition TUNNEL de Fifou le 21, 22 et 23 janvier de 10h à 19h, au 7 rue Portefoin – 75003 Paris.

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Nessbeal et ZKR : Le retour du roi avec « Le Dem »

Lucas Ivanez

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« N.E.2.S is back khey, sortez les brancards »

Plus de 10 ans. Ça faisait plus de 10 ans que Nessbeal n’avait pas publié de titre. On peut donc le dire : Le roi sans couronne est de retour.

Jeudi 13 janvier. Je me balade sur YouTube, à la recherche de nouvelles pépites à écouter quand je vois une vidéo plus que surprenante : Nessbeal feat ZKR – Le dem. 

En effet, Ne2s a su se faire discret ces dernières années : Très peu présent sur les réseaux sociaux, il était difficile de suivre son actualité. Musicalement, c’était la même chose. Pas de projet publié depuis Sélection Naturelle en 2011 et après être apparu en featuring sur différents projets jusqu’en 2015, il disparait totalement des radars du rap français avant de revenir sur le morceau d’un certain rappeur marseillais : Jul. Rien que ça.

Signé chez Morning glory music, il sort donc de l’ombre et dévoile un Banger en featuring avec un autre technicien du même label, ZKR.

Du sang, des larmes, sur Dicidens j’faisais mes premiers larcins

Cette punchline du rappeur des briques rouges montre tout particulièrement l’impact que Nessbeal a eu pour les jeunes de cette génération. Bien qu’étant considéré (à juste titre) comme un « roi sans couronne » de par le fait qu’il n’ait jamais eu de réel succès commercial, Ne2s a bel et bien rencontré un succès d’estime chez tous les auditeurs du rap français de la fin des années 90 à 2011. Il était écouté dans toutes les banlieues. ZKR fais partie de cette génération qui a grandi avec Nessbeal, et donc avec Dicidens, le groupe qu’il formait avec Zesau. Du sang et des larmes faisant aussi référence à l’un des plus gros morceaux de ce groupe, en featuring avec Booba.

Le rappeur originaire du 92 découpe, plaçant des punchlines frappantes tout en gardant une voix posée, comme à son habitude. La connexion avec ZKR est plus que validée et le clip réalisé par Thibault Cadentem vaut le coup d’oeil. DJ Bellek, créateur du label Morning Glory Music a même annoncé l’année dernière qu’Ne2s dévoilerait un album dans l’année. Bien que ce ne soit pas arrivé en 2021, la sortie de ce single est sans doute annonciateur de ce projet, qui se profile déjà comme l’un des plus attendus de l’année. On vous invite donc à streamer « Le dem » et à donner à Nessbeal cette couronne qu’il mérite depuis tant d’années.

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