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Infinit’ : les meilleures punchlines de Ma version des faits

MC Solal

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Souvenez-vous, en septembre, il n’y a pas si longtemps, Alpha Wann sortait son album UMLA, et une phase d’Infinit’, invité sur Le tour, marquait les esprits :

J’écoute Cactus de Sibérie dans l’Brabus de Ribéry

Notre Mehdi Maïzi national lançait même le #InfinitChallenge sur les réseaux, consistant à écrire une phase alignant un classique du rap, une marque de voiture et le nom d’un footballeur.

Un mois plus tard, Infinit’ sort son nouveau projet : Ma version des faits, disponible depuis le 26 octobre. Son écoute nous a donné envie d’analyser quelques-une de ses punchlines les plus virtuoses…

T’as rien de particulier comme une goutte d’eau mouillée,
Mes blédards t’égorgent avec un couteau rouillé

Utiliser une comparaison pour rabaisser son adversaire : jusque-là, rien de bien original. Infinit’ le compare à une goutte d’eau pour montrer qu’il est minuscule, insignifiant. Mais le procédé est plus complexe : ici, le comparant, « une goutte d’eau mouillée », est un pléonasme. En effet, une goutte d’eau est forcément mouillée (c’est comme quand on dit « monter en haut »). Cette formulation rejoint donc le « t’as rien de particulier » : rien de plus commun qu’une goutte d’eau mouillée, et qui plus est, quoi de plus ressemblant à une goutte d’eau, qu’une autre goutte d’eau ?

La suite poursuit l’attaque, avec menace physique et nouveau rabaissement : il a si peu de consistance qu’un couteau rouillé suffit à l’égorger. Une paronomase lie les deux propositions, c’est-à-dire qu’il y a un écho sonore très fort entre « goutte d’eau mouillée » et « couteau rouillé ». Faire une paronomase est à la portée de n’importe qui, mais allier le fond et la forme est plus compliqué, or c’est le cas ici : il y a en effet une cohérence entre l’eau et la rouille !

J’lis dans tes pensées comme dans un crâne ouvert

Cette punchline repose sur une réécriture de l’expression « lire dans quelqu’un comme dans un livre ouvert », signifiant qu’on voit très clairement les pensées d’une personne, sans avoir besoin de les décrypter, à l’image du livre ouvert qui dévoile le contenu de ses pages. Sauf qu’ici, ce n’est pas le livre qui est ouvert, mais le crâne : cela peut sembler logique, si on considère que les pensées se situent dans le cerveau, à l’intérieur du crâne. Mais évidemment, l’image d’un crâne ouvert est extrêmement violente : n’oublions pas la question existentielle posée par Kaaris, « Si je te fends le crâne en deux, quel œil va se fermer le premier ? ». Dans le texte d’Infinit’, il ne s’agit donc pas de déclarer affectueusement à une personne qu’on la connaît par cœur, mais plutôt de la menacer : on voit clair dans son jeu, et elle risque de prendre cher.

Les rappeurs qui traitent toutes les femmes de putes sont peut-être sortis du cul d’un homme

Alors celle-là, elle a tout pour marquer les esprits, tant l’équation femme = pute est un cliché du rap. Attention, il arrive à Infinit’ lui aussi d’utiliser « pute » comme une insulte, mais il vise ici ceux qui en font une généralité (« toutes les femmes »).

Il met d’abord en évidence un paradoxe : toutes les femmes sont des putes, d’accord, mais pourtant tu es sorti d’une femme aussi non ? Alors ta mère aussi est une pute ?

Il formule alors une hypothèse qui effectue un double-déplacement : le genre de la personne qui donne naissance (femme => homme), et la partie de l’anatomie par où on sort (le vagin => le cul). À partir de là, le sous-entendu est clair : s’ils sortent d’un cul, ces rappeurs sont des merdes, littéralement. CQFD.

Élevé aux produits premier prix, faut que j’remporte le premier prix
Mon arme dernier cri te fait pousser ton dernier cri

Ici, on passe au niveau supérieur : chacune des deux phases fonctionne seule, mais en plus, elles se répondent entre elles.

D’abord, il y un jeu de mots sur l’expression « premier prix », avec un double sens : d’abord les produits les moins chers, « marque pouce » comme on dit ; puis la récompense, le trophée. Il y a donc même une ébauche d’antithèse entre les deux, symbolisant le passage de la dèche au succès.

Ensuite, le même procédé est utilisé, cette fois sur l’expression « dernier cri », désignant au sens figuré quelque chose de très moderne (ici, une arme), puis, au sens propre, le dernier cri d’une personne avant de mourir (mort précisément provoquée par l’arme dont il était question).

Comme si tout cela n’était pas suffisant, il y a un écho sonore entre « premier prix » et « dernier cri » (même nombre de syllabes, assonance et allitération), et une progression logique au niveau du sens : de « premier » à « dernier ».

J’écoute Diplomats, sous Diplomatico

De quoi lancer un nouveau #InfinitChallenge : groupe de rappeurs et marque d’alcool.

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Mehdi YZ repousse la fin de l’été avec « A7 »

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Sorti cette semaine, le clip A7 de Mehdi YZ prolonge la saison estivale avec ce visuel rafraîchissant.

Le hit de la fin de l’été

Mehdi YZ prend de plus en plus de place dans le Game, depuis son arrivée en 2018 avec une prestation remarquée lors du Planète Rap de Jul. L’histoire commence avec son titre Arrah, qui cumule aujourd’hui des millions de vues, promettant un avenir musical au jeune rookie.

Capable de rapper, de chanter, sur des thèmes plus ou moins sérieux, Mehdi YZ sait aussi soigner ses visuels, et les rendre accrocheurs. Après avoir été aperçu avec ZeGuerre, ou encore The S, on imagine quelques collaborations mettant encore un peu plus en lumière le jeune artiste.

« Au quartier dans le sportback, j’ai eu comme un flashback
Sur mon scooter sans plaque, j’comptais l’bénef’ dans l’bloc »

Son projet FPVS, a été bien reçu du public, et il a été défendu de fort belle manière. Place à la suite, désormais, pour le sudiste qui revient avec de nouveaux morceaux !

Dans le reste de l’actualité : « Le soleil se lèvera à l’ouest » disponible le 21 octobre

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Kalash & Damso sont « Malpolis »

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Après Mwaka MoonI Love YouJTC ou encore Praliné, les deux artistes francophones se retrouvent sur Malpolis.

Une connexion devenue évidente

Avec plus d’une décennie de musique dans les jambes, Kalash a toujours eu cette faculté à pouvoir se renouveler, que ce soit dans les mélodies, les flows, les thèmes abordés.

Capable de pouvoir chanter, rapper et de jongler entre plusieurs langues, le talentueux artiste aura marqué l’année 2017 avec son hit Mwaka Moon avec Damso, pulvérisant de nombreux records.

Si par la suite, le Mwaka Boss a sorti un album intitulé Diamond Rock, ce dernier n’a pas eu le même succès que son prédécesseur, malgré de nombreuses pépites !

« Je porte des œillères, fuyant le monde, évitant le regard des gens
Né dans le rouge, forcément, recherche le feu vert pour partir à temps »

Toujours aussi productif, Kalash aura lâché de nombreux titres en tous genres, que ce soit en solo, avec Mavado ou encore le hit Tu le sais avec Gazo ! Place désormais au début de la promo du projet avec Tombolo .

L’album est sorti le 29 Avril dernier, sur lequel on retrouve Gazo, Damso Hamza, Mavado, Wejdene et bien d’autres artistes, et qui risque bien de nous accompagner encore longtemps.

L’album Tombolo de Kalash est à retrouver sur toutes les plateformes de streaming ici.

Dans le reste de l’actualité : « Le soleil se lèvera à l’ouest » disponible le 21 octobre

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Di-Meh se sent « Sous vide »

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Après son projet OV3 sorti fin juin, l’artiste suisse revient avec un nouveau titre disponible qu’en audio : Sous vide.

De retour mais jamais parti

Di-Meh, skateur puis rappeur, grandit entre le Maroc et la Suisse. Il rencontre à l’âge de 16 ans le collectif de MCs genevois, 13 Sarkastick, avec lequel il sera membre de 2011 à 2016.

Sa rencontre, en 2015, avec le rappeur parisien Népal a été déterminante dans sa carrière : de leur collaboration au sein du groupuscule musical 75ème session naît le titre FU-GEE-LA qui le place comme nouvelle figure dans la scène rap francophone.

Avec le label indépendant genevois Colors, Di-Meh sort en 2017 le très remarqué Focus vol.1 et participe à la trentaine de concerts de l’Xtrem tour, en 2017, en partageant la scène avec Makala et Slimka.

« Oh, oh, oh, les gens fonctionnent par intérêt, machine de plan pour t’enterrer
À des kilomètres, j’les ai flairé, ils ont plus de cardio à cause du sirop »

2019 sera une année déterminante pour Di-Meh : il enchaîne, deux ans après la sortie du vol.1, avec le Focus vol.2, toujours avec le label Colors, et fait une prestation très remarquée sur Skyrock dans la session légendaire de Lomepal pour Planète Rap.

Il fera, la même année, la tournée des Zéniths pour les premières parties de ce dernier, mais aussi celles des Bercy d’Orelsan. Par la suite c’est un premier album que le rappeur helvète nous a livré avec Mektoub, auquel il aura redonné un second souffle avec une réédition.

Le son Sous vide de Di-Meh est à retrouver sur toutes les plateformes de streaming ici.

Dans le reste de l’actualité : « Le soleil se lèvera à l’ouest » disponible le 21 octobre

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