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Onze : « Avant ça, on n’avait jamais été au bout de quelque chose de sérieux »

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Deux ans et demi après la sortie de leur premier single, « Lélé », le duo Onze dévoile (enfin) un premier projet, Tout est gris. Solide et complet, l’album regroupe 20 titres, dont 12 inédits, et forme 75 minutes de rap dense et varié. Du planant au kickage, les deux artistes semblent savoir tout faire, accompagnés majoritairement par le légendaire producteur Kore, fondateur du label AWA sur lequel est signé le groupe. À l’occasion de la sortie de ce projet, Raplume a proposé un entretien au duo.

Raplume : On ne connaît pas grand chose de ce qui s’est passé pour vous avant votre signature chez AWA. Comment votre duo s’est-il formé ?

Onze : On a grandi ensemble depuis la naissance, dans la même ville. Ça s’est fait très naturellement en fait, on touchait tous les deux à la musique, tout ça. C’est comme ça que Onze est né, tout simplement. Y a pas d’conte de fée (rires).

R. : « Lélé » est votre première sortie et premier gros succès. Comment ce morceau a-t-il été choisi et y avait-il d’autres morceaux sortis aujourd’hui déjà créés à l’époque ?

O. : « Lélé », il a été choisi par rapport au contexte du clip. Fallait trouver un morceau qui se prête au visuel qu’on voulait apporter là-bas. Donc « Lélé », c’était un truc un peu planant, tout ça. On a choisi celui-là pour ça en fait, tout simplement. Bien sûr, il y avait d’autres morceaux, déjà peut-être même 75 % de l’album qui était déjà sur les rails. « Lélé » a été minutieusement choisi par rapport au visuel du clip. Et faut croire que ça a plutôt bien marché…

Avec Tout est gris, vous avez fait le choix de compiler plusieurs années de travail dans un gros premier projet. Vous voyez ça comme une carte de visite qui présente votre univers via plein de styles différents, et/ou déjà comme un aboutissement en soi ?

Ouais, Tout est gris, c’est clairement une carte de visite, on se le dit entre nous depuis un moment. Même si on n’avait pas fait plein de styles différents, ça reste un premier album. Et évidemment, c’est aussi un aboutissement car même si on avait déjà un passif entre nous en tant que groupe, on n’avait jamais été au bout d’un projet, de quelque chose de sérieux. C’est un aboutissement en soi d’avoir enfin une carte de visite et d’avoir pu étoffer l’univers Onze. Aujourd’hui, c’est plus clair pour le public et même pour nous de ce que ça représente, Onze.

Selon vous, quel est le morceau qui va le plus étonner votre public parmi les 12 inédits ?

Le morceau qui a le plus surpris les gens, c’est probablement un qui est déjà sorti, c’est « 11.2 » à sa sortie, en tant que single. On était arrivé avec « Lélé », puis on arrive avec un truc à l’ancienne, boom-bap. Après, sur les inédits, un « Bye bye », ça a pu surprendre, mais dans ceux qui suivent depuis le début, ils savaient déjà, ils ont vite compris quand tu passes d’un « Oshod » à un « Lélé », à un « 11.1 », « 11.2 »…

Jeu vidéo, littérature, cinéma, séries, mangas, les références présentes dans les couplets de Cendar sont multiples, parfois même étonnantes ou inattendues. Tu peux nous parler de cette passion pour les œuvres culturelles de tous types ?

C’est simple, en fait, j’ai grandi là-dedans, avec des gens qui ont parfois 20 ans d’écart avec moi. J’ai appris une culture qui n’est pas forcément de ma génération, celle des années 70 et 80 notamment. Ça m’a ouvert l’esprit pour m’intéresser un peu à tout. Et puis, j’ai découvert très tôt les jeux vidéo. J’ai toujours eu besoin de me référer à des trucs, et j’aime surprendre avec les références, j’aime aller chercher loin, et j’aime savoir que les gens ont capté telle ou telle référence.

Dans les textes de Yaya, on ressent beaucoup d’énergie et de vécu, mais aussi une certaine pudeur par rapport au rap et à l’idée d’en faire une vraie activité. Comment l’expliquer ?

Par rapport à la pudeur, c’est clairement ça. Il y a d’ailleurs une phase qui résume parfaitement ça, c’est : « J’ai plus l’âge de croire que tout est possible ». C’est un peu comme un enfant qui dirait : « Je rêve d’être footballeur ». C’est mieux d’avoir cette désillusion à l’avance et de se dire : « Le rap, c’est bien, mais la vraie vie, c’est mieux ». C’est cette dualité, c’est de la pudeur, être discret, machin. On pratique un rap qui est assez expressif et explicite dans ce qu’on dit sur nous, dans les paroles.

Par rapport à la pochette, comment avez-vous sélectionné tous les éléments qui s’y trouvent ? En réécoutant le projet et en isolant ce qui vous parle le plus ?

Pour la cover, ça s’est fait simplement. En fait, l’artiste qui a fait la cover (NDLR : il s’agit de REMYEAST), on lui a fait part de notre idée de départ, qui était de jouer sur le contraste entre nous deux, ce qui caractérise le plus le groupe. On lui a dit de diviser la pochette en deux et de faire les deux univers. Tout simplement, on lui a envoyé des morceaux et il a capté l’univers de lui-même. Il nous a fait une proposition qui était super cohérente. À gauche et à droite, il avait mis des références qu’il avait capté chez chacun de nous. C’était bluffant, et on a juste dû lui dire : « Essaie de retirer ça, essaie de rajouter ça », etc. Chapeau à l’artiste qui a fait la pochette.

Outre Kore , il y a d’autres producteurs présents sur ce projet. Comment vous avez travaillé avec eux et comment se sont faites les connexions ? En studio ? À distance ?

À part Hama Decoy, on n’a pas eu de composition sur mesure, ça s’est plutôt fait au feeling en écoutant des prod. On bosse dessus et après, la prod elle est retravaillée. C’est bien arrivé qu’une prod tourne dans une voiture, c’était celle de « Soirée bonne ». On s’est dit qu’elle était pas mal, on a kiffé et ça s’est fait. Pour « Asymétrie », c’était plus long, y a eu 20 versions, on a galéré. Mais sinon, généralement, on entend rapidement si ça nous plaît, après quelques accords, comme pour « Lélé » et « Sans rancune ». On a eu beaucoup de chance de bosser avec des beaux noms, comme Ponko, Kezah, Aurélien Mazin, …

Il y aura un « 11.3 » ?

Y a pas eu de préméditation pour « 11.1 » et « 11.2 ». À la base, « 11.1 », c’était le nom de la maquette, on n’avait pas prévu ça et on s’est approprié le truc. Et puis « 11.2 », on s’est rendu compte que c’était des couplets dans autre format, pareil. Pour un « 11.3 », faudrait qu’il y ait vraiment un truc qui se démarque mais ça pourrait arriver !

Merci aux artistes et au label AWA pour cette interview. Pour découvrir leur album Tout est gris en streaming, c’est par ici !

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Momsii fête son entrée chez SPKTAQLR avec son nouveau clip « Kilogramme »

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Momsii , rappeur originaire du 77 fait partie des artistes à l’univers sombre et aux punchlines incisives. Dès 2015, il impose son univers avec des clips comme Thug Life ou Money gram. De fil en aiguille, le rappeur originaire de Pontault-Combault gagnera en visibilité et enchaine dès 2020 avec une série de freestyle Bounia ou il mettra en avant sa voix grave et ses punchlines tranchantes. Par la suite, il sortira Tard la night en collaboration avec Timal qui atteindra très rapidement le million de vues sur Youtube et clôturera 2020 avec un EP Dans le SAS.

En 2021, il tape dans l’œil d’Oumar Samaké. Aujourd’hui, il rejoint officiellement les rangs de son label SPKTAQLR déjà composé de  noms importants de la scène rap française actuelle comme Dinos, Dosseh, Lacrim, Marie Plassard et bien d’autres encore. 

Ce mercredi 22 septembre, Momsii dévoile quelques heures après l’annonce de sa signature un premier clip : Kilogramme. Sur une prod de Carter, le rappeur déballe comme à son habitude de nombreuses punchlines rythmées par son fameux flow agressif qui fait sa signature. 

Le clip, dévoilé à 17h, est d’ores est déjà disponible sur Youtube. Dans ce visuel réalisé par Hustler game, le nouveau membre de SPKTAQLR est mis en scène dans diverses pièces aux couleurs et ambiances variées au sein d’un seul et même immeuble. Les visites des différentes pièces sont séparées par des plans aériens tournés au drône, permettant au spectateur d’entrer en immersion dans ce bâtiment et dans l’ambiance des différents lieux qu’il renferme. Ainsi, on assiste à la visite d’un labo de drogue, à une pièce à l’ambiance verte ou Momsii est accompagné d’une femme, à un autre appartement ou celui- ci est entouré de son équipe armée et enfin à une salle ou l’ambiance bleue est plus tranquille mais dans laquelle le rappeur et ses accompagnateurs subiront une perquisition. 

Momsii prouve donc une nouvelle fois de quoi il est capable avec cette entrée fracassante dans son nouveau label avec lequel, sans aucun doute, il réalisera de beaux projets. Comme dirait si bien le rappeur :  « Ça va barder » ! Dans l’attente d’un potentiel album, on vous conseille de suivre cet artiste de très près. 

On vous laisse découvrir son nouveau clip efficace et percutant  Kliogramme  juste ici :

https://www.youtube.com/watch?v=yANZDBoSXbc

 

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Lacrim est de retour avec l’imposant “L’immortale” !

Alexis

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Lacrim - L'immortale clip

Presque un an après le dernier opus de sa série R.I.P.R.O, Lacrim nous dévoile le clip de son nouveau morceau, tourné dans la célèbre Scampia napolitaine.

C’est bien connu, les rappeurs français apprécient l’ambiance mythique de La Scampia : après PNL, SCH ou encore Sadek, c’est au tour d’El Tigre de tourner dans ce décor légendaire. Le banditisme étant un aspect fréquemment illustré dans les morceaux de l’artiste, on comprend sa volonté de s’afficher dans le quartier le plus meurtrier d’Europe.

Aidé de sa voix écrasante, Lacrim pose trois minutes sans refrain sur un beat au BPM rapide. Avec ses notes méditerranéennes portées par une guitare discrète en fond, la prod nous entraîne bien dans une ambiance sudiste.

Le rappeur multiplie également les références italiennes, en plus du lieu, avec quelques phases sur la cultissime série Gomorra :

Ciro, Ciro, on arrive dans l’Viano

Vitres teintées, andiamo, mama, ti amo

T’voulais faire de moi ton angelo di ventano un diavolo

À noter, le cadrage des bâtiments plus intimiste que dans les clips d’autres rappeurs, qui appuie une ambiance plus pesante. Lacrim est à l’intérieur de la Scampia comme il pourrait l’être à Paris ou Marseille : à la maison. C’est en tout cas ce que nous dit un napolitain dans son teaser sorti quelques jours plus tôt.

Le clip est disponible dès maintenant sur YouTube ainsi que sur toutes les plateformes de streaming.

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Fresh la Douille invite MIG pour « 2mi temps »

AlphaKilo

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2 Mi temps, Fresh en pleine accélération

 

On arrête plus Fresh La Douille, c’est bel et bien sûr désormais. Apres avoir été très actif tout au long de l’année avec sa série de freestyle « La Douille » dont l’épisode 5 est sorti plus tôt dans l’été (retrouvez le ici ) on le retrouve dans une collaboration explosive avec un autre newcomer tout aussi talentueux et actif que lui, MIG le prodige du 91 dont nous avons parler à la sortie de son projet (a lire ici https://raplume.eu/article/mig-represente-02-gene).

Dans ce featuring de qualité intitulé « 2 Mi temps » qui semble être un extrait de son futur projet à venir , produit par Amine Farsi qu’on ne présente plus, accompagné d’un clip dont la réalisation a été l’œuvre de Kepsey on retrouve les textes crus, agressifs et explosifs qui font la marque de ces 2 artistes.

« J’vais péter Fresh pour du papaye à Voltaire, j’vais péter Fresh au studio pour faire un gros son
Espèce de gros con, tu t’prends pour qui ? Tu viens réclamer ta paye, t’as pas fait ta mission »

Côté visuel on retrouve tous les éléments propres au thème du son, le tout filmé avec soin et précision, le clip rajoutant du dynamisme à l’écran pour un titre qui assurément n’en manque déjà pas. 

 

 

Du 91 au 94 c’est miné

 

De plus, la connexion de la banlieue sud de Paris du 94 au 91 est aussi au centre de ce titre afin de rappeler que les problématiques décrites dans « 2 mi-temps » sont communes, d’autant plus que MIG et Fresh La Douille dégagent une réel énergie commune, que ce soit à l’écran ou bien tout simplement sur ce titre.

« J’étais dedans, gros, j’peux pas t’dire que j’ai tout fait , j’ai mon calibre, j’ai tiré plus de fois qu’Nico pour du papier, des nounous j’en ai étouffé , 02 GÉNÉ, ça débarque incognito »

 

 

Un refrain simple, efficace qui témoigne aussi de l’harmonie qu’ont réussi à trouver ces 2 jeunes rappeurs, dans un featuring qui on le pense (et on le souhaite) ne sera que le premier d’une longue lignée tant ils sont efficaces ensemble.

« Du 9.4 au 9.1, gros, c’est miné 
Tu m’as dit qu’tu portais tes couilles, quand y a heja, moi, j’te vois pas déterminé 
Enculé, j’suis impliqué depuis mineur 
Demande à qui tu veux, j’détaillais des cassettes à minuit, pendant plus d’une heure, j’étais pas d’humeur »

Alors que « 02 Géné » de MIG est déjà disponible, on va attendre avec impatience l’annonce du projet de Fresh la douille, en attendant regardez le ciel.

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