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Review de Cyborg de Nekfeu

Alvaro Mena

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Cyborg, le nouvel album de Nekfeu

Nekfeu a donc créé la surprise en dévoilant son album « Cyborg » en plein concert à Bercy et en live sur Facebook. Aucune fuite, aucune info n’avait été donné, on peut dire que Nekfeu a clairement réussi son coup.

Après le gros succès et la qualité de « Feu » le première album de Nek, il se devait de placer la barre très haute, et c’est clairement ce qu’il a fait avec Cyborg. Aucun son est a jeté, la technique est maîtrisé, les gros feats sont au rendez-vous, les textes sont toujours aussi bien écrits…

Analyse titre par titre :

L’album commence fort avec Humanoïde, un son calme, un instru simple mais un texte tellement fort. Le titre le décrit bien, un Humanoïde représente quelque chose qui se rapproche d’un humain sans réellement l’être, et Nekfeu va tout le long du son nous questionner sur des propos profonds. On peut facilement se reconnaître dans ses phases. On y retrouve aussi des critiques de société, politiques mais aussi de sa propre personne et  des autres.

Quelques phrases d’Humanoïde à retenir :

« Est-ce que tu t’es d’jà fait rabaisser par celle que t’aimais secrètement ?
Gentille en privé mais, d’vant les gens, cruelle et légère »

« Non, j’ai pas fait l’ENA ni Sciences Po’, j’ai pas fait HEC:
J’ai pas b’soin d’ça pour m’exprimer quand j’vois des pauvres sur la chaussée »

« Entrer dans ce monde plat nous dessert »

L’album se poursuit avec le morceau Mauvaise Graine, toujours une critique, mais surtout concernant les valeurs personnelles mais cette fois avec une instru et un flow bien plus percutants que le son précédent.

Quelques phrases de Mauvaise Graine :

« On a tous, dans le cœur, le rayonnement des supernovas »

« J’ai côtoyé des gens qui parlaient d’amitié,
mais qui n’avaient pas du tout les mêmes valeurs que moi »

« Maman m’a dit : « Ne trahis pas ton éducation,
être là pour la famille dans la vie, c’est une obligation »

Pour le troisième son, on a un son totalement différent avec Squa, ou il va plus parlé de Rap en général, pas de critique (ou presque) cette fois-ci, sauf peut être pour les autres rappeurs avec de l’égotrip. On remarque aussi énormément de références.

Quelques phrases de Squa :

« J’me défoule contre tes textes …
*Clap clap* : c’est le bruit de mon public qui m’applaudit »

« Gravé sur les murs les noms des mecs du squa,
qui sont tombés dans la ‘ue-r’ comme Yams »

« J’suis à Sète avec Catherine, on refait cette scène
Ouais, ouais, je tourne avec Catherine du Nine »

Pour le son suivant, on a encore un son vraiment lourd avec Réalité Augmentée, qui colle bien avec le thème de l’album, avec une forte utilisation du champ lexical de l’informatique, dans le quel il va critiqué notamment les gens qui s’inventent une vie sur les réseaux sociaux.

Quelques phrases de Réalité Augmentée :

« Issu d’une jeunesse qui m’choque, attiré par le crime, genre,
si j’me flingue en live, combien de screenshots ? »

« DJ, photographe, journaliste, modèle,à croire ta bio, tu t’réserves un parfait avenir. Graphiste, mannequin, artiste, bloggueuse, actrice: Menteuse, t’as jamais taffé d’ta vie »

« Chirurgie virtuelle, aucune photo sans modification.
Montre-nous tes jambes, t’auras plus de 100 notifications »

Avec Avant tu riais Nekfeu nous propose une vraie poésie dans la quelle il va nous dépeindre le dur portrait d’une fille en dépression avant de critiquer notre société en général et notamment en soutenant les gens vivant des moments difficiles. Une vraie critique de la nature une humaine et un rappel de l’incroyable valeurs qu’est la solidarité. Le passage de Clara Luciani apporte un vrai plus au morceau.

Quelques phrase de Avant tu riais :

« J’aimerais presque qu’elle m’enterre avant que le temps la prenne,
avant qu’elle devienne un vrai squelette,
et qu’on la perde au sens large, un vrai squelette »

« Dans ta tête ça tourne pas rond,
tes pensées sont des ellipses »

« L’éducation t’as fais désapprendre des choses essentielles que tu savais déjà »

Si vous ne connaissiez pas Népal, Esquimaux est vraiment idéal pour se rendre compte à quel point il est lourd. C’est le morceau avec le flow le plus « violent » de l’album, plutôt dans l’égotrip.

Quelques phrases de Esquimaux :

Népal :

« Takeshi Kitano quand j’souris »

« Yeuz plissés dans l’blizzard comme des esquimaux,
hameçon, canne-à-pêche, igo, esquimaux »

Nekfeu : 

Ton putain de rap est falsh, boy,
j’parle pas d’toi, pourquoi tu t’fâches, boy ?

(Une pic à Guizmo?)

On retrouve le morceau O.D, la suite directe à Egérie (qui est également la 7 ème piste de Feu.). Le son en lui même, même si il parle de cette même Egérie, est dans un style bien différent mais tout aussi lourd. On peut d’ailleurs se demander si O.D ne seraient pas les initiales de la fameuse dame dont il est question.

Quelques phrase de O.D :

« Tu m’as boudé pendant des mois quand j’ai sorti « Égérie »,
m’accusant de révéler au grand jour notre intimité »

« Je vois bien que tu me mens, même quand t’es là tu me manques »

« Quand t’es pas là j’suis un junkie, j’attend qu’les aiguilles tournent,
ton absence est la pire des présences, un avenir déplaisant »

« T’as les yeux revolver, le sourire désarmant »

Le son le plus « fou », au niveau du flow, de l’album avec Vinyle et le bon retour de Flingue & Feu, qui ne pouvait qu’annoncer que du lourd. A nouveau une critique, et notamment politique.

Quelques phrases de Vinyle :

Nekfeu :

« Si nos pays sont riches, c’est grâce à tout c’qu’on a pillé,
toujours les mêmes qui profitent, mais t’emporteras pas ton or »

« Putain mon frère t’as pris un an mais quand j’te vois t’as pris dix ans,
car ton visage imprimé, la prison une peine abrutissante »

« Courir après mes rêves tellement fort que parfois je m’essoufflais »

Alpha Wann :

« J’essaie d’oublier mais oublier c’est plus dur qu’apprendre »

« J’me branle dès l’matin pour ne penser qu’au seille-o toute la journée »

Peut-on envisager un album de Nekfeu sans un son avec Sneazzy? Le son Saturne vient confirmer le niveau actuel de Sneazzy. Grosse critique politique, Nekfeu ne mâche vraiment pas ses mots dans ce son pour montrer sa haine envers les politiques actuels. S.Pri Noir lui aussi nous confirme son niveau, et le combiné de ces trois là nous donne ce bijou.

Quelques phrases de Saturne :

« Sneazzy :

« Pas dans le clan de Pablo Escobar, pas dans le clan de Peña »

« Je suis jamais armé, le bon Dieu veille sur moi, c’est le sentinelle »

« La capitale n’adopte personne, t’es parisien que quand t’y né »

Nekfeu :

« Dans la mère à Manuel Valls, dans la mère à Donald Trump,
j’ai des valeurs, je suis pas prêt à tout pour que les dollars pleuvent »

« Rare comme de pouvoir terminer ce film quand t’as invité une fille pour une soirée Netflix »

« Dans la foule, je me suis jeté comme si j’étais recyclable »

S.Pri Noir :

« On ne juge pas le cyborg à son ossature »

« Je veux faire le tour de ma planète comme les anneaux de Saturne »

On retrouve ensuite Galatée qui n’est pas sans rappelé Suga, deux sons dans les quels il nous raconte une histoire d’amour. Un de mes sons favoris de l’album.

Quelques phrase de Galatée :

« J’obtiendrai ton sourire le seul témoin d’ma victoire,
je tiendrai tes oreilles pour les empêcher d’se sauver,
j’te dirai, « y’a d’la meuf dans cette soirée » mais moi j’ai vu qu’toi »

« Ton corps dans ma rétine c’est sensoriel »

« Tu me diras non quand j’te demanderai si tu m’aimes,
et c’est un « non » bien plus précieux qu’un « oui » « 

L’album se poursuit avec Le regard des gens, on retrouve Némir pour un refrain à la Princesse mais également une partie du S-Croums avec 2zer, Mekra et Doums. On parle ici du manque d’interêt que devrait susciter l’avis des autres.

Quelques phrases de Le regard des gens :

« 2zer :

« Dois-je te faire confiance ? Oui, mais pas aveuglément
Dois-je te donner mon amour ? Oui, mais pas passionnément »

Mekra :

« Rien ne m’arrête comme Riyad Mahrez, hé,
ou un raz de marée, le Real Madrid,
une vraie équipe comme ma réelle patri »

Doums :

« Sans mon passé j’serait pas qui je suis,
pour avancer faut pas qu’ils me suivent,
pas de défaites juste de l’expérience »

Nekfeu :

« Tu dit que tu fais ça pour ta mère, menteur,
elle préfère être pauvre qu’avoir de l’argent sale »

Un son bien particulier vient ensuite, Programmé, dans lequel il va personnifié les personnes qui sont soumises au système par une machine programmé à répété les mêmes actions. Il va d’ailleurs y prononcer pas moins de 45 fois la phase : « Tout est une question de volonté ».

Quelques phrase de Programmé :

« Tu deviens violent quand t’es violenté,
assassiné quand t’es menotté »

« Obliger de vivre dans cette société,
mais je ne veux pas de leçons venant d’elle »

« Je te dis déjà tout dans mes textes,
je ne devrai plus même faire d’interviews »

Je ne sais pas comment je peux vous exprimer la joie que j’ai ressenti quand j’ai vue un feat avec Jazzy Bazz, et Besoins de nous ne m’a clairement pas déçu. On retrouve également Framal sur le son qui était le seul membre du S-Croums qu’il manquait. Le son est vraiment lourd, les passages de ces trois là se valent et aucun ne paraît au dessus des autres.

Quelques phrases de Besoins de sens :

« Framal :

« On s’demande ce qu’on doit rendre à Dieu,
alors on le rend à la vie, on a le moral à vide« 

Jazzy Bazz :

« Tous mes anges sont partis quand mes démons se révoltèrent,
j’suis une balle perdue pas le revolver je tire que sur la verdure »

Nekfeu : 

« Ils appellent au boycott,
quand j’sors ma plume, pour dépeindre une idée »

Comme dans Feu avec Être Humain, Nekfeu conclut son album avec un son bien plus personnel. En effet, dans Nekketsu il va beaucoup parler de sa famille par exemple. Sûrement inspiré par ses voyages au Japon, le refrain en japonais de Crystal Key est un bon complément pour ressentir l’émotion de ce morceau.

Quelques phrases de Nekketsu :

« Héros de ma vie, maintenant auteur,
si je m’en sors c’est parce que j’ai du flair:
Dis pas que l’argent n’a pas d’odeur »

« Ma mère m’a élevé à la dure, une éducation stricte.
Elle m’a dit: « Les enfants gâtés sont des petits garçons tristes »  »

« Maintenant je vis mes rêves comme si j’avais invoqué Shenron »

En résumé :

Au delà d’avoir créé la surprise en sortant cet album de nul part, sans créé une attente, Nekfeu nous a sortie ici une vraie pépite.

Les ventes parlent d’elles même, sans la moindre promo, l’album est numéro 1 des ventes partout, devant Jul qui a sortit un album le même jour.

Les feats sont loin d’être décevant, l’écriture est plus que maîtriser, tout en rentrant dans la même ligné de Feu avec énormément de références et les mêmes sujets qui reviennent.

Si je devrais le noter je mettrais carrément 10/10 mais mon avis n’est que subjectif surtout en sachant que je suis un grand fan de Nekfeu !

Cyborg dispo partout :

Spotify iTunesFnacDeezer

 

 

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Yvnnis et la fougue d’une jeunesse éternelle

Clementeee

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Yvnnis photo Eternal Youth

(Crédit photo: Yvnnis par @heyimleaaaa sur Twitter et Instagram)

Avec deux excellents projets et quelques apparitions sur les projets de NeS, Lyre et SYDS, 2022 est déjà une année charnière dans la discographie de Yvnnis. Avec PARHELIA et ETERNAL YOUTH, Yvnnis se place comme un artiste extrêmement prometteur, fort d’une proposition artistique singulière. Effectivement, le rappeur originaire du Val-de-Marne surprend par sa grande versatilité, capable d’exceller sur des sons mélodieux autotunés comme sur des sons kickés percutants. Alors que le jeune rappeur nous a déjà teasé un retour très prochainement, revenons plus en détail sur sa discographie.

(Crédit photo : tiré du clip « Vin italien » réalisé par Alexandre Carel)

Un artiste en constante expérimentation

Pour revenir aux premières traces encore trouvables de la carrière musicale de Yvnnis, il faut retourner début 2020. Alors en plein confinement, Yvnnis en a profité pour enregistrer et partager ses premières expérimentations. Si ces premiers sons restent relativement en deçà de ses propositions actuelles, on décèle toutefois les prémices de ce qui fait sa force aujourd’hui. En effet, on y retrouve un Yvnnis mêlant mélodies et toplines diablement efficaces, voix autotunée et lyrics traitant de relations amoureuses notamment autour d’échecs sentimentaux.

Si les relations amoureuses et le sentiment de solitude vont continuer à l’inspirer pendant un certain temps, Yvnnis va faire évoluer ses thèmes. Sans se reposer sur cette recette, il va la peaufiner et aborder d’autres sujets. Effectivement, s’il y a bien un élément qui marque véritablement en écoutant sa discographie, c’est son envie d’expérimenter sur tous types de prods et de sortir de sa zone de confort. Tout en étant conscient de ses points forts, Yvnnis ne se cantonne pas à ses acquis et montre une versatilité relativement impressionnante avec des sons aux ambiances très variées dans chacun de ses projets.

D’une ambiance estivale dans la SUMMER EMOTIONS TAPE avec le très efficace « CROISETTE », aux ambiances nocturnes mélancoliques de « NIGHT MODE », en passant par une intense session de kickage sur « FAKE », l’auditeur est transporté dans une grande diversité d’expériences, avec un excellent niveau de rap et de prods comme fil conducteur. Mention spéciale pour cet extrait nous renvoyant directement dans les années 90 :

Si les titres planants représentent toutefois une grande partie de son œuvre, les amateurs de kickage seront servis puisque le jeune rappeur nous a promis un prochain projet où le cassage de cervicales sera au programme.

Yvnnis, un artiste tourmenté, rongé par le déni et la solitude

Naviguant sur des instrus planantes, on retrouve un jeune adulte, en proie à des tourments sentimentaux qui hantent sa vie. Ces troubles deviennent obnubilants, ce spleen devenant étouffant au point d’en perdre l’espoir.

Cependant, à l’image de tant d’artistes rongés par leurs maux, Yvnnis plonge dans une introspection pour exorciser ses démons, transformant cette douleur en inspiration. À l’image du triangle dramatique de Karpman, Yvnnis se retrouve emprisonné dans un piège duquel il est à la fois la victime, le sauveur et le persécuteur. Représentation d’une relation abusive, on y retrouve une victime passive dans son malheur, se plaisant dans l’attention qu’elle obtient, un sauveur aidant la victime profitant d’une forme de dépendance de cette dernière et enfin un persécuteur tirant son intérêt du sentiment de supériorité obtenu. Chacun y trouve son bonheur amenant à une situation qui n’évolue pas, amenant à une fin destructrice où les trois subissent une relation empoisonnée. Dans son cas, Yvnnis se serait emprisonné lui-même, à la fois geôlier et prisonnier de cette relation amenant à une tristesse insurmontable.

Le titre « LE SOIR » illustre parfaitement ce tableau, on y retrouve Yvnnis comme une victime résignée cherchant de l’aide que lui-même présente aux autres comme un sauveur, en étant lui-même son propre persécuteur.

« Trouver l’bonheur j’en ai perdu l’espoir, mes tourments m’empêchent de rêver le soir »

« Au fond, j’accumule les pertes. À tout le monde, je souhaite le bonheur mais j’ai pas l’impression qu’le contraire est vrai »

« J’crois que j’ai brisé tous les liens, même ceux que j’ai avec les miens »

Alors enfermé dans cette auto-relation toxique, il se retrouve dans une situation destructrice où la quête de son bonheur passe par son malheur.

Au-delà de ses tourments internes, Yvnnis enchaîne des relations sentimentales houleuses, le renfermant davantage sur lui-même trouvant son réconfort dans son entourage proche et ses expéditions en voiture nocturnes. Submergé par ses malheurs dans « NIGHT MODE », le rappeur semble sombrer dans une dépression où seules les balades en voiture, ses proches et la solitude peuvent atténuer ses malheurs. La voiture est omniprésente dans le projet de la cover aux lyrics. En effet, les balades nocturnes en voiture y sont souvent présentées comme une manière d’échapper à ses soucis comme dans le son « LE SOIR » :

« J’veux plus repenser à demain, j’veux plus penser au futur comme un devin donc j’augmente la vitesse à 220 »

Tout au long de l’EP, Yvnnis va soigner sa peine dans des évasions en voiture, lancé à pleine vitesse, provoquant pics d’adrénaline et risques inconsidérés. Yvnnis, rongé par ses tourments se transforme en tant qu’être désabusé, trouvant sa seule stimulation dans des expériences extrêmes où son instinct de survie est provoqué.

« Grâce à notre histoire que j’ai des sons dans la tape. Si c’est ça j’aurais préféré la page blanche » – « Poison »

Un semblant d’egotrip, le rap et l’argent comme un exutoire mais pas un remède

PARHELIA marque une immense transition dans les thèmes abordés par Yvnnis, on le retrouve bien plus épanoui et animé d’une confiance insoupçonnée après les premiers projets. L’EP produit en collaboration avec le producteur, beatmaker et graphiste multi-casquette Lil Chick s’ouvre sur le titre « LE PASSE » dans lequel on ressent une vraie libération face à la souffrance passée.

« Fuck mes démons et leurs cœurs sournois »

« J’ai trouvé le salut dans ses bras mais pas dans l’ivresse »

Toutefois, si la transition n’est pas totale puisque Yvnnis reste attaché à sa solitude et à un rejet des relations amoureuses, on y voit un choix délibéré. En effet, si cette solitude était précédemment subie par les multiples revers subis, elle est désormais l’incarnation de sa détermination à réussir. Alors que les relations amicales et amoureuses quittent ses pensées, Yvnnis se focalise sur le rap avec une confiance et une envie de réussir presque insolente. Le rap devient alors une obsession et reprenant les codes de l’egotrip, le représentant du 94 extériorise sa hargne et sa détermination à réussir dans le rap.

« Frérot j’ai plus rien à perdre, j’ai la rage, tu l’entends dans ma voix
J’ai même pas le choix, j’veux que ce soit ma musique et mes textes qui paient mon toit » – GOYARD

ETERNAL YOUTH continue dans cette même énergie avec un Yvnnis encore plus sûr de lui. Conscient de sa progression au niveau de l’écriture ainsi que dans les flows, le rappeur réalise un quatre-titres en total egotrip. Le niveau de rap proposé est toujours plus convaincant tant au niveau du kickage que sur les mélodies.

« C’qui font c’est pas trop ma cam, sur la prod c’est trop macabre » – « KALI UCHIS »

La puissance de l’entourage

Difficile de parler de Yvnnis sans mentionner son entourage, tant celui des producteurs que celui des rappeurs. Kodgy, Kosei, Maë, Arturo, Shepherd, Mela, Nizz, l’immanquable Lil Chick et plein d’autres excellents beatmakers forment une line-up véritablement talentueuse et pleine de promesse. Ces derniers offrent un excellent niveau de production, accompagnant le feu du rappeur avec merveille.

“J’reste toujours avec les mêmes Gs. Regarde mon équipe, c’est la same, toujours les mêmes” – « FAKE »

Si les projets communs entre beatmakers et rappeurs sont souvent gage de qualité, alors l’association de Lil Chick et de Yvnnis sur Parhelia ne déroge absolument pas à la règle. Le duo se marie à la perfection et se subliment pour tous deux offrir un résultat envoutant. Cette association fonctionne d’autant plus que Yvnnis sait laisser de la place à la prod au travers de silences bien placés. Ainsi, cela permet à l’auditeur d’apprécier le délice des instrumentales tout au long de ses projets. Le tout culminant dans l’excellent « MEKTOUB OUTRO » co-produit par Maë, où le piano de la productrice accompagne la voix de Yvnnis, utilisée comme instrument au même titre que ce piano. La production de Parhelia est tout aussi riche qu’efficace, nos oreilles sont ballotées entre couplets rappés monstrueux et refrains où la voix est utilisée comme outil mélodique avec des expérimentations variées sur l’autotune.

On retrouve cette formule sur l’EP ETERNAL YOUTH où le niveau des prods est encore monté d’un cran. Lil Chick accompagné par du talentueux Nizz délivrent un résultat magique. De la sobriété de Certifié permettant aux trois amis Lyre, NeS et Yvnnis de proposer une alchimie délirante au micro, au flamboyant de la prod de « Vin italien », avec une mélodie qui nous transporte au coeur de l’Italie. En quatre titres, nous avons une preuve de l’étendue de la palette musicale du jeune rappeur.

Enfin, impossible de ne pas mentionner sa grande complicité avec son compère du 94 NeS, rappeur extrêmement talentueux, auteur de l’excellent EP La Course ou celle avec Lyre, rappeur et ingénieur son originaire d’Orléans, à l’origine de l’EP INTUITION que je recommande vivement. Ce trio s’échange les feats sur chacun de leurs projets et laisse entrevoir une belle entente entre les trois membres.

Pour poursuivre l’expérience, Yvnnis et NeS viennent de réaliser un freestyle brûlant sur le Grünt #52 avec Deemax et Gius et gardez un œil sur Yvnnis, une nouvelle fulgurance devrait sortir d’ici à fin 2022/début 2023.

Dans le reste de l’actualité : Raplume dévoilera « Le soleil se lèvera à l’ouest » le 21 octobre 2022

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La F balance le visuel de « Trapstar »

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Une des voix de la drill lyonnaise

Multipliant les collaborations que ce soit avec Zeu, JMKS, Nosacce, Sasso et bien d’autres, La F se distingue par sa faculté à s’adapter et froisser les prods.

Avec trois volumes de son projet The no face, le rappeur a su gagner en visibilité, en expérience. Toujours masqué afin de garder son anonymat, le Lyonnais a également été convié sur l’un des projets de l’année 2020 LMF de Freeze Corleone.

« J’suis un gamin : j’insulte les morts, j’fais la guerre pour un code postal
Et eux ils parlent de fame, personne connaît leurs blazes »

Annonçant un projet commun avec Zeu, La F nous a livré un album intitulé King of Drill, et s’affirme comme l’un des principaux visages de la drill française.

Néanmoins, La F ne se résume pas à ce courant. Ne se contentant pas de la drill, il est capable d’aller chercher plus de légèreté. Et il nous le montre sur le projet avec les titres Off-white et Que D’la Mula aux sonorités plus estivales. Les prods collent parfaitement aux envies et aux ambitions de l’artiste : Flem, Congo Bill et le duo Tha Trickaz n’y sont pas étranger.

Dans le reste de l’actualité : « Le soleil se lèvera à l’ouest » disponible le 21 octobre

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Naza & Koba la D profitent sur « Comme ça »

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Après avoir passé un été chaud et coloré avec son dernier album B.I.G Daddy Vol.1 sorti le 24 juin 2022, Naza vient ponctuer la saison avec Koba La D dans Comme ça, un clip festif, diffusé le 2 octobre dernier.

Un hit pour prolonger l’été

L’esthétique du clip respecte à la lettre la règle officieuse des quatre B : Banquets , Billets, Bolides et Belles femmes sont de sortie. Naza y ajoute sa touche décalée et invite Koba la D à venir profiter avec lui de la vie de César.

« Le bénéfice est intéressant mais on s’ra tous enterrés sans
À la base, j’voyais pas tout ça mais au fil du temps, j’ai dû prendre sur moi »

Naza et ses mélodies efficaces s’allient à un Koba la D en forme pour un refrain endiablé. Deux des plus gros vendeurs actuels se retrouvant sur un morceau calibré mais bien exécuté, le succès du morceau ne fera aucun doute dans les semaines qui arrivent.

La D se fait rare depuis ses projets Cartel dont le second volume est paru en décembre 2021. Cependant, les fans de Koba pourront le retrouver à l’écran dans la série Or Noir, diffusée le 7 octobre prochain sur 6play.

Les places pour la tournée de Naza sont à retrouver juste ici.

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