Une mise lourde pour Jok’Air

C’est après une année 2017 très chargée que Jok’Air revient en 2018 avec son premier album studio : Jok’Rambo. Réputé pour sa diversité artistique, ses mélodies perçantes dans le chant et ses refrains entraînants, on pouvait s’attendre à du solide de l’ex-membre de la MZ.

En tant qu’artiste qui cherche à ouvrir les horizons du rap game, il pourrait même chercher à inspirer d’autres rappeurs, imposer une influence avec cette sortie majeure.

Une attente réussie

Nous pouvons effectivement parler d’une promo réussie pour le chanteur parisien. En addition à la réussite des quatre singles sortis avant l’album, depuis que Jok’Air a annoncé le projet, l’information s’est vite répandue. Elle et a fait non seulement beaucoup d’heureux parmi ses fans, mais aussi de nombreux curieux parmi ceux qui étaient moins familiers avec sa musique. Évidemment après quatre clips esthétiquement soignés qui ont accueilli d’excellents retours et une activité régulière sur les réseaux sociaux, un premier album studio ne peut qu’être fortement attendu. Rien n’a été laissé au hasard pour le rappeur du 13e arrondissement.

Un pari à assumer

Néanmoins, malgré le fait que les premiers singles soient totalement différents les uns des autres, nous savons que Jok’Air a sa propre palette artistique (qui s’avère variée sur l’ensemble de sa carrière). Il ne fallait pas s’attendre à ce que chaque chanson de l’album nous apporte une ambiance complètement différente de celle englobant la chanson précédente. Je m’explique.

Les singles sont choisis par les artistes, directeurs artistiques, ou bien directement le label dans certains cas. On retrouve plusieurs critères divergents : souvent ce sont les chansons qui ont le plus de potentiel commercial, parfois celles qui transmettraient le mieux le message de l’album, d’autre fois un choix personnel de l’artiste. Lorsqu’un musicien s’apprête à sortir plusieurs singles de promotion pour son album, le but est d’exposer le mieux possible le contenu de cet album, en indiquant un maximum la direction musicale.

Quand un artiste, aussi polyvalent qu’il puisse être, sort quatre chansons avec chacune son ambiance différente en tant que singles, le public a du mal à capter clairement où il veut en venir et s’attendra donc à ce que l’album en tant que pièce musicale comporte beaucoup d’univers différents. Dans ce cas, opter pour de telles chansons de promotions était un risque qui n’a pas forcément abouti.

Mélodiquement extraordinaire

Même si la variété des ambiances n’est pas le point fort de Jok’Rambo, nous pouvons toujours assurer que dans ce qu’il sait faire, personne n’est meilleur que Jok’Air en France. De la première à la dernière chanson nous retrouvons sans la moindre exception des mélodies quasiment inouïes dans le panorama francophone. La richesse musicale de beaucoup d’instrumentales a permis au chanteur de la Mafia Zeutrei de s’aventurer vers des dimensions uniquement délimitées par son inspiration débordante. En ce qui concerne le chant nous avons ici l’aboutissement de plusieurs années d’innovation dans le chant, qui est venu se concrétiser sur le premier album. La longueur de la tracklist dilue les performances en rendant son travail plus impressionnant de façon artistique – car il est efficace sur chaque piste – mais en le rendant d’un autre côté plus redondant, l’auditeur est moins susceptible de l’écouter en boucle dans son entièreté. Au-delà de Jok’Air, les feats ont été bien choisis et apportent pour la plupart un vrai aspect mélodique complémentaire à celui de l’auteur de l’album, aucun invité n’est là par hasard.

Le bilan est que malgré les performances surprenantes de Jok’Air en tant que chanteur, les fans pourraient rester sur leur faim avec cet album, ne serait-ce qu’après la première écoute.
Pensez-vous que Jok’Air peut faire mieux avec son prochain album? Dans tous les cas nous pouvons nous attendre à une réponse incessamment sous peu étant donnée l’exorbitante productivité artistique du rappeur parisien.

N’oubliez pas de soutenir l’artiste : http://jokair.lnk.to/jokrambo

Orlando
Représentant de la street malgré moi, retrouvez-moi sur Twitter sous @orlandead

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