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menace Santana, cauchemar sur la planète Drill Fr

AlphaKilo

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Originaire de Lyon, menace Santana s’impose comme l’un des plus gros phénomènes rap de l’année 2021, dans laquelle la DrillFr est devenu un véritable mouvement.
Au milieu des Ashe22, 1plike140, Cinco, Ziak et bien d’autres qui ont fait de ce style leurs terrains de jeu, ce rappeur a su imposer sa formule et se démarquer.
Il a aussi profité du confinement pour sortir tout un lot de Freestyles Covid, disponibles individuellement sur les plateformes mais regroupés sur YouTube en 2 vidéos de + de 10 minutes chacune, cumulant plus de 2millions de vues.

Débarrassons nous des chiffres tout de suite afin d’entrer dans le « biff du sujet gros ».

menace Santana c’est près de:
10M de vues
500K de streams par jour
+300K auditeurs sur spotify
42K abonnés sur IG

Le tout en constante augmentation sur la dernière année, et ce malgré le fait qu’il n’ait toujours pas sorti de projet à ce jour. Il a notamment profité du succès de son morceau « Skiboy » sur TikTok, qui a été la source de pas moins  de 60k vidéos.

« Plane pas si ta gow elle fait la Pocahontas, elle lehess ça comme si c’était Häagen-Dazs (sexe)
Changement c’pas la même ‘tasse (switch)
Askip on est maxés, ca va boxer, c’pour ca que je roule un maxi
Viens me voir si tu dors pas, on a max plans
Opinеl 12, pas de gants
Demande a Maxwеll (swing swing) »

menace Santana, une esthétique détonante

Si aux premiers abords l’esthétique de menace Santana peut sembler basique pour un drilleur aguerri, le visage masqué, la paire de gants, le survêtement et bien sûr l’arme blanche qui vous vaudra des points bonus chez Rap Jeu, il ne faut pas se fier à la première impression.
En effet, on peut respecter les codes tout en apportant sa patte et à cet exercice le rappeur Lyonnais excelle, tout simplement.
Commençons par le masque, qui là où l’objectif « normal » est de camoufler celui qui le porte, le rendre anonyme en somme, celui de BuuBuu prend plus l’esthétique de l’horreur au cinéma, son masque le démarque et le rend singulier.
Couleur vive et forme cauchemardesque emprunté en partie au « Tueur du Vendredi 13« , Jason Vorhees, la « menace » n’en devient que plus réelle surtout quand il précise à tour de bras que « c’est la vraie vie c’est pas un film ».
De plus le choix de « l’ustensile » suit plus ou moins la même logique, là où sont privilégiés généralement les couteaux pliants (en France on affectionne une marque qui commence par O et finit par Pinel) car particulièrement discrets, notre sujet du jour fait un choix radicalement opposé.
Le couteau papillon est en effet quelque chose que menace aime mettre en avant dans ses visuels, en particulier sa dextérité quand il s’agit de jouer avec la lame.

Enfin, pour contraster une esthétique presque flashy, la communication de cet artiste est pour le moins discrète, sachant qu’il a gardé sa localisation un moment inconnu en multipliant les visuels dans différentes villes et que ses annonces se font très rares. Le tout cultive une image toujours menaçante mais aussi à part, lui donnant aussi la possibilité d’imposer des formats atypiques pour la sortie de ses titres.

 

 

Un cauchemar sans fin ?

Ce qui frappe en premier dans la musique de menace Santana c’est l’atmosphère pesante qui s’en dégage, tant dans les prods que dans son interprétation, bien loin des drills qui font bouger les épaules.

Pour peu qu’on prête l’oreille attentivement on se retrouve immergé dans ce qu’on pourrait décrire comme un cauchemar sans fin, dans lequel BuuBuu, La Sorcière, les Jnouns, le Samurai Plus ou encore le Ski de menace font office de repères.
Pour être plus clair, le format court, sans refrain et très intense de la plupart de ses sons sont autant de traduction d’un schéma entre les méfaits de son auteur et son rapport « au monde de l’invisible« .
Au milieu de tout ça, un véritable arsenal de gimmick et autres patterns qui conclut à le rendre si reconnaissable.

« Viens me voir toi et tes schlags que des coups de shlass
Crois pas que c’est un montage
Y’еn a qui pensent à leur еx la pute
Y’en a qui pensent qu’ils sont dans le film à Montana
Mais hachek dites-leur qu’c’est pas un film
C’est la vraie vie, belek menace Santana
C’est chaud bouillant ma gueule reste pas là
C’est Compton mais qui t’a dit que je viens de Paname ?
Si tu m’trahis, je te fais plein de balafres
Comme ça c’est sûr que personne va te banave »

 

Un petit top 3 de ses gimmick personnel, rien que pour le plaisir :

« Elle avale ça comme-ci […] » simple et efficace

« BuubuuBinks » une bonne allitération, ça fait pas de mal

« La Sorcière m’a dit […] » sacré personnage, entre conscience et spectatrice

Mais, pour conclure la meilleure carte de visite de menace Santana reste encore menace Santana.
Sa formule est extrêmement efficace et on se retrouve vite à enchaîner les 19 freestyles Covid avec le sentiment d’avoir entendu un long morceau, tout en évitant le côté redondant que peuvent avoir les morceaux plus ancrés dans un schéma couplet/refrain/couplet/refrain.

En attendant avec impatience la suite de son parcours pour le moins atypique, on ne peut que regarder le ciel et prier pour que BuuBuu retrouve son corazón.

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Jazzy Bazz délivre un freestyle avant la sortie de MEMORIA

Antoine

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Quelques jours avant la sortie de son prochain album MEMORIA, Jazzy Bazz délivre un freestyle de haute volée en guise d’amuse-bouche.

Rituel du rappeur du 19ème, la sortie d’un freestyle avant celle d’un projet ne déçoit jamais, à l’image de celui d’aujourd’hui. Le clip accompagnant le morceau, réalisé par Lomi, embarque l’artiste dans le Paris nocturne qu’il affectionne tant, et place même un plan furtif de son freestyle classique 64 Mesures de Spleen sorti en 2012.

2022, je veux être l’Homme de l’année, envoyer du son comme personne ne l’a fait

Intitulé en référence à l’année de naissance de son auteur, le freestyle alterne entre égo-trip et mélancolie, sur la production du morceau January 28th de l’américain J. Cole, issu de son album 2014 Forest Hills Drive. « J’suis au sommet d’mon art, en pleine maîtrise, des phases hyper précises, les effets proposés sont rares » . Un freestyle sur une instrumentale intemporelle, et un Jazzy Bazz vraisemblablement au sommet de son art.

Jazzy Bazz sera également en tournée dans toute la France pour le MEMORIA Tour.

L’album MEMORIA de Jazzy Bazz est disponible en précommande en cliquant ici.

Dans le reste de l’actualité : TUNNEL, l’exposition du photographe Fifou du 21 au 23 janvier

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TUNNEL, l’exposition du photographe Fifou du 21 au 23 janvier

Antoine

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Le photographe Fifou présente cette semaine son exposition parisienne TUNNEL, aux côtés de Ciesay, co-fondateur de la marque PLACES+FACES.

Que vous soyez néophytes ou auditeurs avisés, vous avez très certainement pu observer l’une des photographies de Fifou sans forcément savoir qu’il en était l’auteur. SCH, Luidji, Dinos, Kaaris, Jul, PNL… Lister tous les artistes pour lesquels le photographe a travaillé serait bien trop long pour un article se voulant synthétique. Derrière la plupart des pochettes d’albums rap les plus vendus de ces dernières années, Fifou collabore aujourd’hui avec Ciesay, photographe britannique et co-fondateur de la marque Places+Faces, à l’occasion d’une exposition qui se tiendra à Paris du 21 au 23 janvier prochain.

Intitulé TUNNEL, l’évènement éphémère se déroulera au bar artistique Maddalena, et vous pourrez y retrouver une partie de son travail exposé, ainsi que celui du photographe Ciesay, qui a notamment shooté pour Drake, Kanye West, Travis Scott ou encore A$AP Rocky. Rien que ça… L’occasion donc de rendre hommage à la culture hip-hop, et de faire le pont entre les inspirations respectives des deux photographes.

Retrouvez l’exposition TUNNEL de Fifou le 21, 22 et 23 janvier de 10h à 19h, au 7 rue Portefoin – 75003 Paris.

Dans le reste de l’actualité : Ashh est de retour avec OPIUM

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Nessbeal et ZKR : Le retour du roi avec « Le Dem »

Lucas Ivanez

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« N.E.2.S is back khey, sortez les brancards »

Plus de 10 ans. Ça faisait plus de 10 ans que Nessbeal n’avait pas publié de titre. On peut donc le dire : Le roi sans couronne est de retour.

Jeudi 13 janvier. Je me balade sur YouTube, à la recherche de nouvelles pépites à écouter quand je vois une vidéo plus que surprenante : Nessbeal feat ZKR – Le dem. 

En effet, Ne2s a su se faire discret ces dernières années : Très peu présent sur les réseaux sociaux, il était difficile de suivre son actualité. Musicalement, c’était la même chose. Pas de projet publié depuis Sélection Naturelle en 2011 et après être apparu en featuring sur différents projets jusqu’en 2015, il disparait totalement des radars du rap français avant de revenir sur le morceau d’un certain rappeur marseillais : Jul. Rien que ça.

Signé chez Morning glory music, il sort donc de l’ombre et dévoile un Banger en featuring avec un autre technicien du même label, ZKR.

Du sang, des larmes, sur Dicidens j’faisais mes premiers larcins

Cette punchline du rappeur des briques rouges montre tout particulièrement l’impact que Nessbeal a eu pour les jeunes de cette génération. Bien qu’étant considéré (à juste titre) comme un « roi sans couronne » de par le fait qu’il n’ait jamais eu de réel succès commercial, Ne2s a bel et bien rencontré un succès d’estime chez tous les auditeurs du rap français de la fin des années 90 à 2011. Il était écouté dans toutes les banlieues. ZKR fais partie de cette génération qui a grandi avec Nessbeal, et donc avec Dicidens, le groupe qu’il formait avec Zesau. Du sang et des larmes faisant aussi référence à l’un des plus gros morceaux de ce groupe, en featuring avec Booba.

Le rappeur originaire du 92 découpe, plaçant des punchlines frappantes tout en gardant une voix posée, comme à son habitude. La connexion avec ZKR est plus que validée et le clip réalisé par Thibault Cadentem vaut le coup d’oeil. DJ Bellek, créateur du label Morning Glory Music a même annoncé l’année dernière qu’Ne2s dévoilerait un album dans l’année. Bien que ce ne soit pas arrivé en 2021, la sortie de ce single est sans doute annonciateur de ce projet, qui se profile déjà comme l’un des plus attendus de l’année. On vous invite donc à streamer « Le dem » et à donner à Nessbeal cette couronne qu’il mérite depuis tant d’années.

Dans le reste de l’actualité : Cinco prend du « Level » dans son nouveau clip

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