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Mr. Darmon : « On arrive à 400 campagnes TikTok en un an »

Nicolas Rispal

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Monsieur Darmon travaille dans l’ombre, mais coordonne les hits. Raplume l’a rencontré pour un entretien inédit.

Monsieur Darmon travaille dans l’ombre, mais coordonne les hits. Raplume l’a rencontré pour un entretien inédit.

L’agence Monsieur Darmon est l’une des plus grandes agences d’influence de France. Dans les labels, et chez les influenceurs TikTok, tout le monde connaît le nom de l’entreprise. Elle a notamment travaillé sur « Vroum vroum » de Moha K, et a permis au titre d’avoir le succès incroyable qu’il connaît aujourd’hui. Sur les réseaux Instagram, on retrouve son créateur sous le nom de Monsieur Darmon, avec plus de 9.000 abonnés. Il a déjà obtenu un disque d’or pour « Bimbo », « Jolie Madame » et de nombreux artistes l’ont remercié pour son travail. Pour Raplume, le jeune marqueteur a non seulement expliqué en quoi consistait exactement son quotidien, mais nous a également livré les secrets du travail de son agence.

Ton metier est assez atypique et très moderne, comment est-ce que t’expliquerais à des personnes âgées ce que tu fais ?

Pour le coup ça, c’est une vraie question ! *rires* Je dirai que c’est les nouveaux métiers, les métiers de la nouvelle generation, les métiers du web et du digital. J’accompagne des talents sur de la creation de contenu. Je créé aussi des liens entre ces créateurs de contenu (ils sont très suivi sur les réseaux sociaux), les marques et les artistes. Dans un langage plus généraliste, je le dirai comme ça aux personnes âgées. Ils n’ont pas forcément l’habitude de surfer sur les réseaux sociaux, et pour eux, TikTok est un mystère. 

Pour toi, tout débute sur Instagram en 2016. Tu faisais des campagnes, afin de permettre à des comptes de gagner des followers. Comment est-ce que ça a commencé ?

En fait ça n’a pas commencé en 2016, mais déjà bien avant, sur Facebook. Je gérais des pages sur tout type de thématiques : des pages sur les animaux, sur l’humour, sur le rap, mais aussi sur le sexe et ainsi de suite. Je gérais beaucoup de pages à beaucoup de thématiques. Quand j’ai vu Facebook s’éteindre à petits feux, et que j’ai vu que la nouvelle génération allait vers Instagram, j’ai pris mon envol et j’ai rejoint ce réseau. J’ai commencé à travailler sur Instagram, et de fil en aiguille, j’ai également vu Instagram s’éteindre à petits feux. Le réseau restait comme une vitrine, alors je suis allé sur TikTok. En fait je suis ces tendances, ces mouvements, et tout a commencé sur Facebook où je gérais des pages, dès l’age de 16 ans.

Comment as-tu eu l’idée ?

Depuis mon plus jeune âge je cherchais des solutions pour avoir le plus de visibilité possible sur une publication. Je cherchais comment faire pour toucher la bonne cible. J’accompagnais des artistes qui ont fait l’Eurovision, j’accompagnais aussi des restaurants, où les cibles étaient complètement différentes. Depuis l’age de 16 ans, j’ai toujours été passionné de marketing digital et de marketing d’influence. Je voulais savoir comment monétiser un influenceur. C’était la question que je me posais, il y a dix ans en arrière, déjà. Aujourd’hui, j’ai 27 ans, et j’accompagne 30 de ces influenceurs en France, et sept à l’international. Du coup j’ai fait un vrai bout de chemin *rires*, mais ça a commencé comme ça. 

Il existe, certes, des cours de marketing digital « classiques », mais rien pour les réseaux. Comment as-tu fait pour apprendre ce marketing là, qui n’existait pas avant ?

Je me suis principalement formé tout seul. J’étais très rapidement chef de projet dans un agence dans la tour Montparnasse au 52ème étage. Je suis resté quelques mois, mais je me suis très rapidement instruit, et j’étais très très assidu. J’ai rapidement compris les rouages et les techniques du marketing d’influence et du marketing digital. Du coup, juste après, j’ai décidé de prendre mon envol. J’ai créé mon entreprise dans les mois qui suivaient.

Après les campagnes de compte Instagram, tu as basculé vers TikTok, qui était LE nouveau réseau. Tu changes aussi de mission : tu ne fais plus grandir des comptes, mais tu essayes de donner plus de visibilité aux chansons et tu accompagnes les talents. Pourquoi ce changement ?

En fait à l’époque, personne ne le faisait encore. Les artistes avaient besoin de visibilité, et ils avaient besoin d’une sorte de tremplin. Moi, depuis l’époque musical.ly, j’ai compris que l’application avait un gros potentiel, qu’il y avait réellement quelque chose à faire dessus. Personne n’avait encore saisi l’opportunité : soit ça passait, soit ça cassait. J’ai tenté ma chance, j’ai crée une agence 100% TikTok, et c’est passé. On accompagne à 100% les artistes. On a très peu de marques dans notre catalogue, mais par contre on a énormément d’artistes, et on est spécialisé dans l’accompagnement musical. Je pense que c’est hyper intéressant aujourd’hui pour un artiste d’être accompagné sur TikTok sur une sortie, pour qu’elle soit réussie. Il ne faut pas négliger les plateformes de streaming, ça c’est clair. Il ne faut jamais négliger Instagram non plus, mais il ne faut surtout pas négliger TikTok. TikTok est devenu le nerf de la guerre.

Comment as-tu fait pour comprendre les rouages de ce nouveau réseau aussi rapidement ?

Etant tous les jours sur l’application, travaillant tous les jours dessus, j’ai compris comment elle fonctionnait. J’ai compris comment l’algorithme marchait, ce qu’il fallait faire pour entrer en tendances et ainsi de suite. J’ai cerné l’application, et aujourd’hui j’accompagne les talents dans la création de contenu sur mesure pour chaque artiste, pour que ça fonctionne au mieux. 

Bien évidemment c’es difficile de mettre un prix là dessus, chaque campagne étant différente, mais quelle est la hauteur de prix d’une campagne « classique » ?

Pour le coup on est vraiment les seuls en France à faire plusieurs « packs ».  On le propose aux artistes, aux producteurs, managers et aux maisons de disques différents. On a le « pack démarrage » qui est à 1.200€. C’est plus ou moins comme un pack découverte. Après, on a le « pack urbain » à 2.200€, qui cible vraiment, comme le nom l’indique, l’urbain, avec des jumelles de quartier, des frères et ainsi de suite. On a le « pack single » qui regroupe tous les plus gros talents de l’agence dans un seul pack. Il doit avoir autour des 14 millions de portée, et est à 4.000€.  Après on a des packs spécifiques : le « pack love » n’inclut que des influenceurs en couple, le pack « pack famille » concerne les influenceurs famille. On essaye d’être précis, efficaces et de bien cibler dans toutes les thématiques, tout en se diversifiant. 

Marwa Loud t’a dédicace un disque d’or, afin de montrer à quel point tu l’as aidée. Ca fait quoi d’influencer à ce point l’industrie musicale ?

C’est un titre que j’ai eu le plaisir d’accompagner sur TikTok. Ca a été un phénomène pendant quatre à cinq semaines, avec Moha K. D’ailleurs, j’avais également travaillé sur « vroum vroum » avec Moha K, da A à Z. J’ai mis des talents dans le clip, je l’ai travaillé de fond en comble et aujourd’hui il est platine. Voilà, pareil. Super content d’avoir travaillé dessus et de ce succès là.

Avec qui est-ce que tu rêverais de travailler ?

Soolking ! Je l’écoute depuis que je suis adolescent, et pour moi c’est vraiment une voix unique. C’est un des seuls rappeurs algériens à avoir cassé les frontières et qui a su s’implanter en France. Il a la vidéo la plus vue de Planète Rap, et j’aime beaucoup ce qu’il fait. Dans le passé, j’ai eu la chance de travailler avec JUL, SCH, L’algérino Ninho, Niska, Bolemvn, MHD, donc j’ai déjà fait un grand tour de l’urbain. Pareil, le jour où j’aurai travaillé avec Stromae, j’aurai fait le tour de quelque chose de vraiment sympa.

Tu as notamment travaillé sur Sapapaya avec Universal. Est-ce que ça change quelque chose de travailler directement avec des labels au lieu des artistes ? 

Effectivement, ça change la vie de travailler avec des labels, des maisons de disque et d’avoir leur confiance. C’est un honneur. Il y a beaucoup d’agences, et je me rends compte qu’il y a beaucoup beaucoup de maisons de disques et de labels qui nous font confiance. Le flux de campagnes qu’on a avec des maisons de disques et des labels est beaucoup plus important qu’avec des artistes indépendants, donc ça aide énormément. Après, je resterais toujours à l’écoute des indépendants. Je sais d’où ils viennent et de ce dont ils ont besoin, jamais je ne les délaisserai.

Quelle campagne était ta campagne préférée ?

Je pense que j’ai deux campagnes préférées depuis mes debuts. D’une part il y a « vroum vroum » de Moha K. On part vraiment de zéro, avec des influenceurs et des talents de l’agence dans le clip. On lance cette belle aventure, ça devient un phénomène, on accompagne Moha K chez Konbini avec encore des talents. Une semaine après, il est sur la scène de Bercy en train de chanter son hit sur W9, et on rentre dans le top des charts. C’est incroyable, et tout part de TikTok.

Là récemment j’ai travaillé avec un petit de onze ans qui s’appelle Manns. Il fait son titre dans un garage, il n’a même pas de studio d’enregistrement, et aujourd’hui on est à plus de 100.000 vidéos reprises en 14 jours et il est premier sur TikTok. Il s’est fait contacter par pleins de maisons de disque. C’est une aventure différente, mais une sacrée aventure tout de même.  


Tu occupes deux fois le top 3 des chansons TikTok. Comment expliquer cette efficacité ?

C’est vrai qu’en ce moment, on a deux titres dans les top 3. Ce n’est pas vraiment une question d’efficacité en soit, j’ai juste la chance d’avoir des talents qui s’appliquent dans la création de contenus, et c’est ce que TikTok met en avant. Une création de contenu propre et de qualité est toujours mise en avant, et c’est ce que je fais comprendre à mes talents, et ils me le rendent bien, parce que c’est notamment grâce à eux tout ce qui se passe aujourd’hui. L’engouement qu’on rencontre, tous ces singles d’or c’est grace à eux.

Ce qui est assez dingue, c’est qu’on travaille avec des artistes en développement, qui ont commencé il y a quelques mois, comme on a accompagné une Shakira. On donne un même création de contenus pour l’un ou pour l’autre et on ne fait pas de différence. C’est ça qui fait notre force, je pense. Les classements TikTok, les nombreuses campagnes qu’on fait par an – on arrive à 400 campagnes en un an – c’est le remerciement du travail que mes talents fournissent, et ce n’est que le début. On va continuer à fournir une création de contenu sur mesure, dans la thématique de chaque single, pousser au plus haut en terme de qualité, et donner du résultat à la hauteur du titre de chacun. 

Vers où tu veux te diriger dans l’avenir ? Veux-tu agrandir ton business à l’international ?

C’est déjà dans ma tête ! *rires*. J’aimerais bien ouvrir un bureau Monsieur Darmon en Amérique latine avant la fin de l’année, et avant juin prochain aux Etats-Unis. TikTok est mondial, la portée est impressionnante. Il ne faut pas forcément se fixer de limites. Je reviens justement des îles canaries pour vois si c’est possible de faire quelque chose là bas. Je continue à rechercher l’innovation, à essayer de ramener une plus value à tous les artistes qui sont dans le besoin. 

Qu’est-ce qu’on peut te souhaiter pour la suite ?

On peut me souhaiter que ce ne soit que le début, et qu’il y ait une belle synergie entre le média et l’agence. 

Dans le reste de l’actualité : LMB fait son retour avec « Mozart » tourné en Colombie

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Nessbeal et ZKR : Le retour du roi avec « Le Dem »

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« N.E.2.S is back khey, sortez les brancards »

Plus de 10 ans. Ça faisait plus de 10 ans que Nessbeal n’avait pas publié de titre. On peut donc le dire : Le roi sans couronne est de retour.

Jeudi 13 janvier. Je me balade sur YouTube, à la recherche de nouvelles pépites à écouter quand je vois une vidéo plus que surprenante : Nessbeal feat ZKR – Le dem. 

En effet, Ne2s a su se faire discret ces dernières années : Très peu présent sur les réseaux sociaux, il était difficile de suivre son actualité. Musicalement, c’était la même chose. Pas de projet publié depuis Sélection Naturelle en 2011 et après être apparu en featuring sur différents projets jusqu’en 2015, il disparait totalement des radars du rap français avant de revenir sur le morceau d’un certain rappeur marseillais : Jul. Rien que ça.

Signé chez Morning glory music, il sort donc de l’ombre et dévoile un Banger en featuring avec un autre technicien du même label, ZKR.

Du sang, des larmes, sur Dicidens j’faisais mes premiers larcins

Cette punchline du rappeur des briques rouges montre tout particulièrement l’impact que Nessbeal a eu pour les jeunes de cette génération. Bien qu’étant considéré (à juste titre) comme un « roi sans couronne » de par le fait qu’il n’ait jamais eu de réel succès commercial, Ne2s a bel et bien rencontré un succès d’estime chez tous les auditeurs du rap français de la fin des années 90 à 2011. Il était écouté dans toutes les banlieues. ZKR fais partie de cette génération qui a grandi avec Nessbeal, et donc avec Dicidens, le groupe qu’il formait avec Zesau. Du sang et des larmes faisant aussi référence à l’un des plus gros morceaux de ce groupe, en featuring avec Booba.

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