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10 projets que vous avez (peut-être) loupés en 2019

Antoine

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Si la scène rap française ne cesse d’accroître sa productivité d’année en année, il est de plus en plus difficile d’écouter la totalité des projets musicaux tant chaque vendredi de 2019 n’a cessé d’allonger la longue liste des sorties annuelles, avec parfois plus de cinq nouveaux albums hebdomadaires. L’équipe Raplume vous a recensé 10 excellents projets de 2019 n’ayant peut-être pas (encore) atteint vos oreilles.

Fixpen Sill – FLAG

Ex-membre du collectif 5 Majeur, le duo breton composé de Vidji et Kéroué a donné naissance le 4 octobre dernier à son premier album, FLAG, étape charnière d’une carrière déjà entamée depuis maintenant plus de dix ans. Beaucoup moins ancré au sol que le boom-bap parisien dont ils sont issus, le projet sonne comme une mise à jour artistique, privilégiant les mélodies électro et l’usage du vocodeur sur la plupart des titres, sans pour autant dénaturer leurs origines, les deux hommes ayant toujours accordé une place primordiale aux textes. « On a trouvé une formule qui nous correspond mieux. C’est quelque chose qui est venu assez naturellement. On a essayé de faire des trucs qu’on a jamais fait avant », confie d’ailleurs Kéroué dans un entretien accordé à Views. Du planant « Bye Bye »  aux côtés de leur ami de longue date Lomepal au plus introspectif « Rien d’plus« , Fixpen Sill réussit à se renouveler sans trahir ses origines, faisant de FLAG un des albums de 2019 dont il serait dommage de passer à côté.

FLAG est disponible sur toutes les plateformes de streaming en cliquant ici.

Lala &ce – Le son d’après

Si la période estivale ne t’est pas apparue aussi incroyable que tu te l’avais imaginée, c’est très certainement dû à l’absence du dernier projet de Lala &ce dans ta summer playlist. L’artiste londonienne originaire de Lyon dévoilait en effet le 7 juin dernier sa mixtape Le son d’après, sa deuxième création après son premier EP En attendant xx sorti en 2017. Du sensuel « Touch«   au banger « Serena Botcho » , la musique de l’artiste au phrasé si particulier se reconnait dès les premières secondes d’écoute. Preuve d’un véritable succès d’estime, le magazine GQ a retenu sa mixtape dans leur classement des 10 meilleurs albums de l’année 2019. En dehors de la musique, la jeune femme a récemment collaboré avec la marque japonaise Edwin.

Le son d’après est disponible sur toutes les plateformes de streaming en cliquant ici.

Loveni – Une nuit avec un bon gamin

Si Lala &ce se devait d’accompagner ton été 2019 avec Le son d’après, tes soirées de l’année (seul.e ou accompagné.e) auraient certainement été encore meilleures avec le dernier album de Loveni, Une nuit avec un bon gamin. Troisième projet du rappeur français, ce 8 titres s’avère aussi nocturne qu’ensoleillé, prenant aussi bien les couleurs des heures les plus folles de la nuit à l’arrière du Uber en direction du club le plus branché de la ville que celles du lever du Soleil. On retiendra aussi le titre « Verse la gnôle » dont le visuel digne d’un clip des années 2000 sur MTV laisse entrapercevoir Loveni, Myth Syzer et PH Trigano en bonne compagnie dans une limousine, s’offrant même une petite parenthèse interview conduite par le journaliste rap français préféré de ton rappeur préféré, Mehdi Maïzi en personne, ce dernier ayant d’ailleurs invité l’artiste sur la compilation Deezer La Relève.

Une nuit avec un bon gamin est disponible sur toutes les plateformes de streaming en cliquant ici.

Sameer Ahmad – Apaches

Avec sa magnifique cover, l’album Apaches est à l’image de ses textes : coloré. Depuis désormais plus de 15 ans, Sameer Ahmad, déjà auteur de nombreux excellents projets (dont l’album Perdants magnifiques en 2014 !), nous entraîne dans ses morceaux uniques aux références et doubles sens plus fous les uns que les autres. L’Abcdr du Son classe d’ailleurs Apaches parmi les meilleurs projets de l’année, et VRF lui attribue une note de 15/20. Dévoilé en juin 2019 mais contenant des morceaux déjà publiés auparavant, cet album montre toute la puissance de ce professeur devenu rappeur sur son temps libre.

« J’tape l’esquive jusqu’à l’étape suivante, lyrics en collision avec une étoile filante »

À ne pas rater, « Peyotl » , le featuring avec LK de l’Hôtel Moscou & Nakk Mendosa mais aussi « C.A.B« , l’un des étonnants clips de cet album.

Apaches est à écouter et réécouter en cliquant ici.

DA Uzi – Mexico

« J’raconte ma sale vie ». DA Uzi s’est découvert sur une profession de foi. Le visage marque autant que les lyrics, l’homme et le rappeur sont à vif. Mexico, c’est la rue, crue et honnête. Les couplets sont parfois brutalement dépassés par une explosion de colère – comme sur « Les ténèbres ». Parfois, un rayon de soleil perce, sur « Bonita » ou d’une certaine manière sur « Mexico », cri d’espoir qui tente de sortir des abysses. DA Uzi, c’est la capacité à faire passer son énergie pleine et entière et à faire ressentir tristesse, colère et culpabilité tout à la fois.

Chaque rime sonne juste, sur le projet comme sur scène. Chaque mot révèle un peu plus l’homme et son vécu. Chaque piste révèle un peu plus l’artiste et son avenir brillant. On trouve dans la voix éraillée du Sevranais la descendance de gars de l’ombre comme Nessbeal ou LIM. On le sent habité par la même souffrance qui traverse la mixtape. Vu la qualité de Mexico, on ne peut qu’espérer que DA Uzi sortira de l’ombre contrairement à ses glorieux prédécesseurs. L’artiste a annoncé la sortie de son premier album, L’architecte, pour début 2020.

Mexico est toujours disponible sur toutes les plateformes de streaming en cliquant ici.

Wit. – NEO

Très productif, le Montpelliérain nous a offert deux EP en 2019, NEO et SIRIUS, projets sur lesquels on retrouve notamment son compère digital Laylow. L’univers de l’artiste, futuriste et expérimental, propose aussi bien des mélodies planantes comme sur « Aller sans retour » que des rythmiques rapides que le rappeur découpe sans bavure, « Mama Mia » aux côtés de Laylow à titre d’exemple. Considéré comme la relève du rap français de par sa présence sur la playlist Deezer éponyme, Wit. s’est aussi démarqué avec un banger tout droit venu de 2030 lors de son passage sur la chaîne Red Binks.

NEO et SIRIUS sont toujours disponibles sur toutes les plateformes de streaming.

Red Bull Music – Toronto / Paris

Alors que Red Binks est devenue la chaîne à ne pas manquer en quelques mois grâce aux freestyles Red Binks mais surtout à Rap Jeu, la rentrée a été chargée avec la parution du projet Toronto / Paris, une collaboration entre la productrice canadienne WondaGurl et 7 artistes, parmi lesquels quelques pépites prometteuses du rap français.

En 6 titres, on passe par tous les styles et toutes les ambiances, d’un Nemir énervé (sur « 5h du mat ») à un Népal très fort (sur « City Lights, Pt. 2 ») en passant par Youv Dee et Luidji. La cinquième track, « Nuage », nous montre la première collaboration entre deux jeunes Belges, Primero (du groupe L’Or du Commun) et Moka Boka. Ce dernier dévoilera d’ailleurs son nouveau projet, Juste avant Kwami, ce 17 janvier 2020.

Toronto / Paris est toujours disponible sur toutes les plateformes de streaming en cliquant ici.

Luidji – Tristesse Business : Saison 1

Puisse mon premier album guérir vos mots, comme il a guéri les miens

Premier album de l’artiste, Tristesse Business : Saison 1 retrace la vie sentimentale du jeune homme, allant des prémices amoureuses sur Christian Dior jusqu’à la désillusion évoquée sur « Gisèle – Part. 4 » ou encore la séparation, entrecoupée de moments marquants formant un tout cohésif et singulier dont la beauté réside principalement dans l’universalité des propos pourtant si intimes de l’artiste. Car si Luidji réalise sa propre thérapie avec son premier projet, ce dernier réussit avec brio à captiver l’auditeur, tout un chacun pouvant se reconnaître dans les différents morceaux de l’album. Le parallèle avec l’océan et ses différents états vient qui plus est conceptualiser d’avantage le disque, l’eau s’écoulant le long de l’écoute au rythme des phases sentimentales du rappeur. Enfin, la richesse et l’éclectisme des productions viennent d’autant plus renforcer le contexte de chaque titre, brisant les codes traditionnels du rap et faisant de Tristesse Business : Saison 1 un véritable album de musique française.

Tristesse Business : Saison 1 est toujours disponible sur toutes les plateformes de streaming.

Pekahach – 23

Après un premier projet assez expérimental en 2017, Pekahach (anciennement PKH) a fait son retour en mai 2019 avec un opus de 7 titres. En moins d’une vingtaine de minutes, le jeune artiste passe par différentes ambiances et démontre son talent via flows changeants et paroles variées. Avec l’aide de Charlotte Josenhans, Pekahach a su créé une identité visuelle propre, comme pour le clip de « Marie-Jeanne ». Pourtant, le succès est loin d’être au rendez-vous jusqu’ici et c’est bien dommage, tant le projet a de quoi plaire. Il ne vous reste donc qu’à aller écouter « Toutes les nuits » ou encore « Monnaie », morceaux présents sur 23.

23 est toujours disponible sur toutes les plateformes de streaming en cliquant ici.

Gianni – Géhenne

La Géhenne, c’est l’enfer, le lieu des souffrances. La note est dramatique mais Gianni la sublime. En trente minutes seulement, le rappeur de Romainville impose son mood. La cité, le hall, la nostalgie, l’hypocrisie… Rien de beau et pourtant, Gianni donne à le voir avec une sensibilité telle qu’on en vient à trouver de la beauté. Sous l’auto-tune, on trouve une écriture et des mélodies au point. Chaque refrain est un régal auditif et une balafre sur le cœur. En point d’orgue, on retrouve « Malhonnête », texte sombre s’il en est et qui démontre tout le talent de l’artiste.

Quitter les cités roses pour entrer dans les cités d’or. L’image qui ouvre l’album est révélatrice. Sur le terrain complexe et saturé par la team QLF de la « cloud », Gianni arrive à se démarquer. Géhenne est un des plus beaux albums de 2019. Et Gianni a confirmé avec son projet de fin d’année qu’il est une des têtes à retenir.

Géhenne et D.D.M 2 sont toujours disponibles sur toutes les plateformes de streaming.

Crédit miniature d’article : image de fond créée par BACKPACKERZ

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Moha MMZ démarre fort en solo avec « EUPHORIA »

Antoine

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Connu pour sa carrière de groupe aux côtés de son acolyte Lazer, Moha MMZ débute aujourd’hui son parcours solitaire avec EUPHORIA.

Dans la musique, le passage d’un projet de groupe à une carrière solo s’avère souvent quitte ou double. Après avoir fait ses armes avec plusieurs projets de groupe, celui qui se faisait appeler Pti Moha en 2015 sur Que la mif de PNL sort aujourd’hui son premier album solo : EUPHORIA. Un nouveau challenge pour le rappeur, challenge qu’avait aussi entrepris son acolyte Lazer l’année dernière avec un EP Zéro Pression.

Respire, demain sera meilleur ou juste moins pire

Réputé pour sa maîtrise de la mélodie, le jeune homme originaire des Tarterêts n’y déroge pas et conserve toute son ADN au sein de son premier album en solitaire. Variant les ambiances et les flows, le rappeur propose également plusieurs prises de risque réussies, du refrain de DORE à celui de BUG pour ne citer qu’eux. « Toujours les mêmes pâtes dans les mêmes plats » … Imprégné de la fibre QLF, on retrouve également N.KF au mix de l’album et BBP dans certaines productions.

Au nombre de 2, les featurings savamment choisis s’intègrent sans faute dans la tracklist, que ce soit l’ensoleillé VIBES avec RKM de DTF ou le mélancolique GALERES aux côtés de Zed, membre éminent du collectif 13 Block.

Au delà des textes, son univers se révèle également via ses clips, en témoigne le dernier en date tourné dans les forêts norvégiennes, illustration de la froideur du titre CAUCHEMAR.

Très attaché à l’indépendance, Moha a fondé son label SPRT ZOO et son studio La Salle Du Temps, et a accompagné la sortie de son album d’un merchandising exclusif. Etape importante dans son parcours artistique, le jeune artiste délivre un premier album solide et prometteur à seulement 24 ans, annonciateur de belles choses pour la suite de sa carrière.

L’album EUPHORIA de Moha MMZ est disponible sur toutes les plateformes de streaming.

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Green Montana toujours aussi efficace dans « Waldorf Astoria »

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Oldpee revient encore plus « Dur »

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À l’occasion de sa série « Binbinks », Oldpee veut marquer les esprits de ce début d’année avec le cinquième opus de la saga.

Dans ce nouveau visuel réalisé par Alan Cohen, le rappeur sevrannais continue d’affirmer son identité, à coups d’égotrip sur sonorité trap mêlés à une attitude et des flows nonchalants. La performance du rappeur doit être autant soulignée que la production minimaliste mais efficace de DJ Morex & B.A.

Si j’pose mes péchés sur la table, j’suis presque sur qu’elle s’fissure

La D.A du clip permet à Oldpee d’exprimer sa singularité, notamment par sa gestuelle. Ce visuel continue de dessiner les contours de la direction que va prendre le rappeur pour 2022. Il semble très à l’aise dans une ambiance sombre et sobre à la fois. L’aspect nonchalant de l’artiste donne du relief à des références qui se veulent plus légères :

Ca t’allume au clair de la lune

Nous pouvons également souligner la présence de Da Uzi aux côtés d’Oldpee. 3 ans après la compilation « 93 Empire », la scène sevrannaise montre sa facilité pour collaborer. Peut-on y voir un potentiel feat sur le premier projet solo du membre de 13Block ? Au final, ce visuel, avec le morceau qui l’accompagne, semble être le parfait compromis pour Oldpee. D’un côté, il ne devrait pas perdre les fans l’ayant découvert en groupe, et de l’autre côté, il affirme lentement et sûrement son attitude plus singulière.

Le morceau IGGY de Oldpee est disponible sur toutes les plateformes en cliquant ici.

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