Coyote Jo Bastard : « Ce qui va sortir ensuite, ça va être grandiose »

Interview avec le rappeur parisien à l'occasion de la sortie de son nouveau projet

À l'occasion de la sortie de son EP Only Fans, l'équipe de Raplume a eu l'occasion d'interviewer Coyote Jo Bastard. Le rappeur parisien s'était fait discret depuis 2017 et la sortie du projet L'enfer avant le Paradis. En 2020, il est revenu fort avec le morceau "HOODBOY", suivi par un remix avec l'Italien Sfera Ebbasta. Pour fêter la sortie d'Only Fans, Coyote a dévoilé le clip de "Shoot", son nouveau featuring avec Leto.

Raplume : Salut Coyote ! Tu avais prévu de sortir un projet plus tôt dans l’année qui semblait déjà prêt pour cet été. Que s’est-il passé ?

Coyote Jo Bastard : Comme tout le monde, on a été embêtés par cette galère de COVID. Entre temps, j'ai fait un séminaire bien productif et je me retrouvais avec trop de sons par rapport à ce qu'on avait prévu car ça rentrait plus dans les codes de la mixtape qu'on voulait sortir là. Au final, on a préféré tout bien retravailler et envoyer un petit EP en attendant. Vu que ça faisait longtemps que je teasais un projet, j'ai voulu tenir ma parole pour l'année 2020. C'est beaucoup de sons assez récents et ça me fait plaisir de pouvoir partager ça avec ceux qui attendent depuis longtemps.

R. : Il y a plus de 3 ans, tu as sorti L’enfer avant le Paradis, avec une tracklist qui parait encore plus lourde aujourd’hui tant les artistes en feat ont step-up depuis. Tu retires quoi de ce projet aujourd’hui ?

CJB : C'était mon premier vrai projet solo et comme je l'ai fait moi-même, j'en garde un bon souvenir. J'ai pas eu l'aide d'une major ou quoi derrière donc ça a été une galère pour le construire. Il me tient vraiment à cœur. Par contre, il y a beaucoup d'imperfections, beaucoup de trucs qui se sont améliorés avec le temps, même l'articulation, la gestion de l'autotune, etc. Pour moi, c'est une bonne preuve que rien n'est acquis. C'est pas parce que tu penses que ton son est le meilleur au moment de le faire et qu'il y a un gros feat dessus que ça déchire, il faut du temps pour comprendre.

On arrive aujourd’hui à la sortie de cet EP, Only Fans. Avant toute chose, pourquoi ce nom ?

En fait, c'est tout bête (rires). Déjà, ça fait un moment que le nom est dans ma tête, je voulais grave appeler quelque chose "Only Fans". C'est un brin provocateur mais c'est surtout pour le jeu de mots, en mode "Only for my fans" donc ça s'adresse à tous les gens qui attendaient le projet depuis longtemps, et qui vont donc le découvrir.

Dans le morceau « Facile », tu évoques notamment ton style et tes créations. Qu'est-ce qui t’inspires dans la musique ?

Je suis grave éclectique dans ma musique et je m'inspire de pas mal de choses, que ce soit de la variété, de la pop urbaine ou de la pop en elle-même, tout type de musique que j'entends. Pour "Facile", c'est un peu à son à la Lil Uzi Vert. Si quelqu'un devait l'avoir fait, ça aurait été lui. Au niveau du refrain, c'est grave chorégraphique, j'imagine déjà le clip quand je pose le son en fait.

La connexion avec Leto était évidente puisque chacune de vos collaborations est une réussite mais on s'attendait peut-être moins à voir Laylow sur l'EP. Comment c'est arrivé ?

Je sais pas si tu l'as ressenti en écoutant, mais le morceau avec Laylow a 2 ans en fait. On a un peu rebossé dessus il y a quelques semaines, mais sinon il date. Avec Laylow, on voulait pas en refaire un autre que celui-là avant qu'il sorte. Donc coup de botox au truc et on l'a mis dans l'EP. À l'époque, on s'est parlé sur les réseaux et puis on s'est capté en studio direct. On a fait plusieurs trucs mais on s'est facilement mis d'accord sur celui-là. J'avais une grosse volonté d'inviter les artistes que je kiffe mais surtout de créer un truc unique qui puisse surprendre les fans.

Il y a 7 différents beatmakers qui ont produit le projet, et ce sont tous des grands noms avec qui tu n’avais pas ou peu collaboré auparavant, à part peut-être Ambitious qui avait produit « Miroir », ton feat avec Key Largo et Captaine Roshi. Comment ça s’est passé pour travailler avec des producteurs qui ont des discographies comme celles-là ? En studio ? À distance ?

Encore une fois, c'est surtout à travers les réseaux que ça s'est fait, on se suit et puis on se retrouve en studio. Par exemple avec Boumidjal, on a été en studio et ça a matché directement et c'est lui qui a produit le plus de tracks sur le projet avec HoloMobb. Ils apportent un vrai truc. C'est intéressant de bosser avec des gens comme eux qui ont déjà un certain renom. Ça donne de la force et du mérite. Les 7 beatmakers là, c'est les meilleurs du moment et c'est aussi pour ça que je les ai invité. Et ça fait grave plaisir quand ils répondent à l'invitation.

Le 3 décembre, Island Def Jam a annoncé sa première signature depuis la restructuration… toi ! Qu’est-ce que ça te d’apparaître dans le roster d’un label historique comme celui-là et qu’est-ce que ça va changer ?

Déjà, le fait qu'une équipe comme celle de Def Jam me fasse confiance, ça fait grave plaisir. À la base, je suis un auditeur et c'est le genre de label que tu connais de nom. Bien sûr, maintenant c'est à moi de fournir le travail, faire des bons sons et tout. Mais en tout cas, super fier qu'ils m'accordent leur confiance.

J’imagine que cet EP n’est que la première page d’un nouveau chapitre dans ta carrière. Il faut s’attendre à quoi pour la suite ?

À du solide ! J'ai déjà commencé à réfléchir à ce qui va sortir après, j'ai envie de faire un truc grandiose. Dans la DA du truc, faut vraiment toucher le must. Y a des sons qui étaient prévus pour la mixtape de 2020 que je vais garder et ça peut me servir de base mais on va tout rebosser correctement pour aller vers là où on veut aller !

Un grand merci à Coyote Jo Bastard et à son équipe pour leur temps ! Vous pouvez désormais écouter Only Fans en cliquant ici.