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Dans la vallée de Géhenne avec Gianni

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En 2 mois à peine, l’année 2019 nous a déjà livré quelques projets de grande qualité. Parmi eux : Géhenne, de Gianni. A l’écoute de ces 10 titres, on ne peut qu’adhérer au choix de Booska-p de faire figurer Gianni dans leur liste des 11 rappeurs à suivre cette année.

Dans cet article, je vais volontairement laisser de côté l’aspect musical (les mélodies et l’usage de l’autotune mériteraient un autre article entier), pour me concentrer sur les textes.

Un rapide examen des titres dans la tracklist révèle déjà les deux thèmes principaux :

  • La rue (Cité d’or, Devant le bloc, Hall)
  • Le temps (Temps, Rétro, Nostalgique, Tôt ou tard)

Quant au titre, Géhenne, il semble d’abord être la retranscription phonétique des lettres G-N, les consonnes du prénom Gianni. Mais il s’agit surtout d’une référence religieuse : la Géhenne est une vallée située près de Jérusalem, et elle est associée, dans plusieurs religions, à l’Enfer.

C’est donc dans cette vallée (qui n’a rien à voir avec celle de Manau, déso) que Gianni nous emmène.

L’enfer de la rue, et le paradoxe de l’ange déchu

Gianni utilise l’enfer comme une métaphore pour parler de la rue. C’est une métaphore filée, car les références religieuses reviennent tout le long du projet.

Tout d’abord, si Gianni associe la rue à la vallée de Géhenne, c’est parce qu’il évoque les aspects les plus sombres de son expérience :

On a tous vécu l’horreur, et ça se voit dans nos yeux (Temps)

J’regarde de gauche à droite, je n’vois que la muerte (Nostalgique)

C’est une expérience partagée, il est loin d’être le seul à la vivre :

Tu te rappelles des bancs de l’école, des années plus tard on est dans les halls, la prochaine étape bah c’est la taule (Devant le bloc)

A l’aide des rimes, il ébauche un chemin tout tracé : école – halls – taule, autant dire : un aller simple pour l’enfer.

J’sais faire que ça, j’ai passé ma vie dans le hall
J’y ai laissé mon âme, j’suis bon qu’à visser des doses (Hall)

Il ne s’agit pas explicitement de vendre son âme au diable, mais de la perdre (ce qui est gênant aussi, avouons-le), ce qui évoque aussi une forme d’enfer. Et quand, dans Devant le bloc, Gianni dit « Tous les jours j’déçois mon créateur », créateur peut renvoyer au père, mais aussi à Dieu. Difficile en effet de rester bon et pur dans un tel environnement.

Photo Antoine Ott

L’un des meilleurs sons du projet a pour titre Nephilim : dans la Bible, les nephilim sont des géants nés de l’union des anges déchus avec des femmes humaines. Ces géants, créatures hybrides, sont forts et violents. C’est le Déluge qui les détruit : ils sont donc liés à un contexte apocalyptique.

Depuis la profondeur de la vallée de Géhenne, le regard tente de se porter vers les hauteurs :

J’regarde le ciel, j’vois des nephilim

Ainsi, le regard vers le ciel, qui pourrait être porteur d’espoir, est en fait associé à une atmosphère de fin du monde.

Gianni lui-même semble s’assimiler à la figure de l’ange déchu :

J’me suis brûlé les ailes

Même si cette image est plus associée à la mythologie qu’à la religion : Icare vole trop près du soleil, ce qui cause sa chute.

Enfin, si Gianni évoque ses « péchés » (Malhonnête), il affirme tout de même, dès l’ouverture du projet :

J’dois rien à personne, j’ai pas croqué la pomme (Cité d’or)

C’est une référence au péché originel, chassant l’homme et la femme du jardin d’Eden et les condamnant à travailler, péché dont lui-même n’est pas responsable.

Il semble donc condamné à la vallée de Géhenne, sans pour autant avoir commis un péché justifiant ce sort : c’est le paradoxe de l’ange déchu sans avoir péché.

Le rapport au temps : une nostalgie complexe

Ce n’est pas un hasard si le single le plus emblématique du projet s’appelle Nostalgique : la question du temps, et tout particulièrement du passé, est en effet au cœur des textes de Gianni. Toutefois, cette nostalgie est ambiguë ; Gianni met à distance l’idéalisation du passé :

Sur les murs y a du sang ça témoigne du passé, rappelle des souvenirs que j’ai envie d’effacer

Idée également présente dans Malhonnête :

Cicatrices me rappellent ce que j’essaye d’oublier

Dans le passé, c’est surtout le temps de l’enfance qui intéresse Gianni. Il l’évoque plusieurs fois, de manière indirecte. Dès le premier morceau du projet, il annonce :

On quittera les cités roses, pour entrer dans les cités d’or (Cité d’or)

Ce parallèle entre deux types de cités repose sur deux références :

  • La Cité Rose, un film français de 2012, sur la vie quotidienne des jeunes en banlieue
  • Les Mystérieuses cités d’or, une série animée pour enfants, dans laquelle on pouvait suivre un jeune garçon en route vers le Nouveau Monde, à la recherche des Cités d’or

Cette dernière référence joue sur plusieurs niveaux :

  • Le monde de l’enfance, puisque c’est un dessin-animé pour la jeunesse
  • L’idéal que peut représenter cet endroit que le héros cherche à atteindre
  • La richesse sous-entendue par l’or : quitter la rue, c’est quitter la pauvreté et faire fortune

De manière plus implicite, le dessin-animé Aladdin est convoqué, à travers sa bande originale :

J’suis devant le bloc, j’crois plus au rêve bleu, cauchemar noir (Devant le bloc)

En effet, tout le monde se souvient de la célèbre chanson Disney : « Ce rêve bleu… Je n’y crois pas, c’est merveilleux ». Le « je n’y crois pas » était hyperbolique : il était presque impossible de croire à ce rêve tant il était merveilleux. Mais quand Gianni dit ne plus y croire, c’est au sens propre : il sait que cela n’existe pas. C’est ainsi que le rêve bleu a laissé place au cauchemar noir, avec une double antithèse rêve/cauchemar et bleu/noir, pour bien accentuer le contraste. De plus, il met en avant la désillusion, car l’adverbe plus indique qu’il y a cru un jour, avant de changer d’avis.

Avec les Cités d’or comme avec Aladdin, on a donc une référence à la fois à l’enfance (un temps révolu, où tout était plus simple), et à un monde magique et merveilleux (auquel s’oppose la dure réalité).

Enfin, si le temps est central chez Gianni, le regard n’est pas toujours dirigé vers le passé pour autant. Disons plutôt que le temps apparaît comme répétitif, cyclique, comme le montre la série d’anaphores en « combien de fois » dans Tôt ou tard, ainsi que la métaphore du replay :

Avant nous c’était pareil, qui appuie sur replay ? (Écran noir)

Il évoque également un « éternel recommencement » dans Malhonnête, et affirme « s’il faut le refaire, on va le refaire » dans Nephilim.

Les frontières se brouillent entre les époques, les temporalités se confondent :

Un écran noir quand j’vois le futur, un écran noir quand j’vois le passé (Écran noir)

La droga, on y a touché trop tôt, ou trop tard, je n’sais pas (Tôt ou tard)

Dans ces deux citations, les antithèses employées (futur/passé, tôt/tard) concernent à chaque fois le temps. Paradoxalement, elles ne servent pas à dessiner une opposition, mais au contraire, une fusion : c’est un écran noir qui apparaît dans tous les cas (passé ou futur) ; toucher à la drogue cause des problèmes, que ce soit trop tôt ou trop tard.

Le rapport au temps dessiné par Gianni dans ce projet est donc bien plus subtil et complexe qu’un simple « c’était mieux avant ».

Photo Antoine Ott

Entre mélancolie et explosion imminente

Plongé dans la Géhenne, comme on a vu, rien d’étonnant à ce que Gianni soit mélancolique.

Trop de nuits blanches pour des idées noires (Nephilim)

Ce n’est pas la seule fois où Gianni évoque des nuits blanches : « j’peux pas roupiller » (Malhonnête). Et même quand le sommeil est là, ce sont les rêves qui se refusent à lui : « sommeil sans rêve ».

C’est aussi au sens figuré que les rêves sont impossibles. C’est ce qu’indiquait la référence au rêve bleu, et le morceau Rétro aborde aussi cette idée :

Devant la glace j’ai enterré des rêves

Rétro est particulièrement intéressant à analyser, parce qu’il joue sur deux plans :

  • Le passé, avec le regard en arrière dans le rétro : « J’quitterai ma vie d’avant sans regarder le rétro »
  • Le regard sur soi, puisque le rétro est un miroir : « J’crains que mon reflet, j’suis mon propre ennemi »

Ce rapport compliqué à soi entraîne un rapport compliqué à l’autre, dans le contexte amoureux. En effet, Gianni affirme régulièrement son refus de l’amour :

Me parle pas d’amour, parle-moi d’autre chose (Malhonnête)

J’peux pas t’aimer non j’suis pas d’humeur (Nephilim)

Jamais d’la vida j’te dirai te quiero (Temps)

En revanche, c’est sa relation à la rue qui ressemble à une histoire d’amour toxique. C’est l’impression donnée par Devant le bloc. À la première écoute de ce morceau, Gianni instaure un flou :

J’crois plus au rêve bleu à cause d’elle
La rue la rue la rue la rue

En effet, la première phrase donne l’impression qu’il parle d’une fille qui l’a déçu, puis la répétition de « la rue » vient expliquer à quoi correspondait réellement le pronom elle.

Mais mélancolie n’est pas synonyme de léthargie et de résignation : la menace d’une explosion imminente parcourt le projet.

La bombe est amorcée (Nephilim)

Y a plus de paix possible, à la place du cœur j’ai un explosif (Nephilim)

Dire je t’aime moi ça m’rend pyromane (Hall)

C’est ce qu’annonçait déjà la pochette de Géhenne. Sur cette photographie réalisée par Fifou, on voit Gianni assis juste au-dessus des flammes. Un délire qui a été poussé jusque dans sa promo :

Tweet de @Genono

En conclusion,

des thèmes classiques comme la nostalgie ou la rue = l’enfer sont revisités par Gianni d’une manière unique et complexe. Mais surtout, allez écouter Géhenne si ce n’est pas encore fait, car c’est un cadeau pour les oreilles, et vous vous retrouverez à backer les envolées autotunées sans même vous en rendre compte.

Et pour en savoir plus sur Gianni, vous pouvez lire ce très bon article sur Yard.

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Les clips de la semaine #5 (Zola, Tsew The Kid, Captaine Roshi…)

Antoine

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On enchaîne cette cinquième semaine de l’année avec votre rendez-vous hebdomadaire qui recense tous les clips de rap francophone de la semaine.

Zola – Toute la journée ft. Tiakola

Depuis son retour avec le hit Amber, Zola enchaîne avec un troisième single. Après Cartier Panthère, Zola nous dévoile Toute la journée en featuring avec Tiakola, sans doute l’un des plus prisés du moment sur les collaborations. Pour ce morceau ensoleillé, les deux artistes se sont envolés à Kinshasa au Congo pour tourner le clip. Co-réalisé par Mateo Da Silva et Zola lui-même, le rappeur se retrouve pour la troisième fois d’affilée derrière la caméra, et c’est une réussite.

Pour écouter Toute la journée, c’est ici.

Tsew The Kid – Fou malade

En tournée dès le 5 mai prochain, l’artiste dévoile cette semaine un single inédit Fou malade et son clip. Ensoleillé et entraînant, le morceau produit par Guapo tourne autour du thème de la jeunesse et des erreurs qui nous permettent d’avancer. Le visuel de Manon Mestre propulse Tsew The Kid et ses amis dans les airs dans de beaux plans au dessus d’un champ, soleil couchant au loin.

Pour écouter Fou malade, c’est ici.

Lujipeka ft. So La Lune – Lala

Pour promouvoir la sortie de « Montagnes Russes Menu XL », réédition de son dernier album, Lujipeka sort un nouveau clip intitulé « Lala », en featuring avec So La Lune, incontournable en featuring ces derniers mois. Et quel clip, puisque ce dernier a été tournée en plan séquence (en une seule prise). D’ailleurs, Lujipeka a diffusé un court making-off sur son compte Instagram. Réalisé par Ffi0oul (Clément CHASSERAY et Julie MEYER), on suit les deux artistes dans un vaste décor, perdu au milieu de la nuit.

Pour écouter Montagnes Russes Menu XL, c’est ici.

Captaine Roshi – Ulyss

Nouveau single de Captaine Roshi dont le précédent et premier album Larosh sortait l’an dernier. Intitulé Ulyss, le morceau est mélancolique et planant est produit par Finvy. Réalisé par Jules Harbulot & Simon Partouche, le clip place le rappeur au centre d’un décor de tournage, tantôt à l’abris d’une averse dans une voiture, tantôt dans une chambre donnant sur une étendue de sable.

Pour écouter Ulyss, c’est ici.

La découverte : Stony Stone – Step #10 : Mystère et Suspense

Désigné par Booska-P comme l’un des 11 rappeurs à suivre en 2023, le marseillais Stony Stone clotûre sa série de morceaux Step avec le 10ème numéro. Titre hommage à celui de la Fonky Family, Mystère et Suspense, le son contient un sample du célèbre groupe, avec une production signée Thug Dance.

Les autres clips de rap francophone sortis cette semaine :

Rim’K ft. Freeze Corleone – Metaverse (Visualizer)
Georgio – Infini
RR ft. Lacrim & Niro – Bastos
SLK ft. Kerchak – Vie de Bandit
Genezio ft. Leto – G’en reviens pas
Saamou Skuu – Solo
Kofs ft. Layzi – Prison
Bramsito – Tous les mêmes
Brvmsoo – NO TIME / ENCAISSE
Implaccable & Chucky – CHUCKY A DYE SES LOCKS (WYKBL)
Charles BDL – Sniper
Lp.2.0 – Mental 2 Batard #3
Mougli – Jungle #4

Dans le reste de l’actualité : Kekra, Sadek, VVES, Darealright : les projets de la semaine du 27/01/2023 – #4

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Luji, Georgio, Alkpote, Kofs : les projets de la semaine du 03/02/2023 – #5

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Un retour de longue date, une réédition, quelques projets courts… Les sorties rap sont riches et variées en ce vendredi 3 février. Raplume vous propose un tour d’horizon de ce qu’il ne faut pas rater !

Le coup de cœur : Lujipeka – Montagnes russes : Menu XL

Un an après la sortie de son premier album, Montagnes russes, Lujipeka a dévoilé une réédition avec 2 inédits, il y a quelques semaines à peine.

Si le potentiel de Lujipeka semblait déjà évident en groupe, le rennais confirme son talent en solo. La patte Columbine subsiste toujours dans sa musique, mais Luji se démarque par ses nombreuses prises de risques qui collent parfaitement à son grain de voix.

Ce Menu XL offre 10 titres inédits aux fans, dont trois featurings : So La Lune, Mayo et Guy2Bezbar.

Le merchandising de Lujipeka est à retrouver ici.

Georgio – Années Sauvages

Après son voyage à Los Angeles pour enregistrer des nouveaux morceaux, Georgio est finalement revenu avec un nouvel album entier. À travers ses derniers singles, le rappeur parisien parvient à faire retranscrire à quel point ce voyage a été inspirant. Toujours aussi fidèle à sa musique, qui évoque l’espoir et transporte, Georgio nous sort une seconde proposition après « Hôtel 5 étoiles », avec un clip particulier.

En effet, à peine certifié disque d’or pour son album Sacré, Georgio a envoyé, il y a un mois, le premier extrait de son prochain projet : Hôtel 5 étoiles.

Ce nouvel album est disponible en coffret édition limitée. Celui-ci a « la particularité d’être enfermé dans un bloc de béton qu’il faudra briser pour accéder à l’album. En hommage aux murs qu’on franchit chaque jour malgré leurs hauteurs… ».

Les places pour le Zénith de Paris de Georgio (13 mai) est à retrouver ici.

Alkpote – LSDC

Signifiant Le Spectacle Doit Continuer, LSDC donne un ton combatif à ce projet. Le rappeur du 91 dévoile ici son quinzième projet.

Ce nouveau projet contient 14 titres inédits, dont 7 featurings. Du plus évident, par la présence de Caballero & JeanJass, au plus tragique, par la présence de Luv Resval.

Le merchandising de l’album LSDC est à retrouver ici.

Kofs – Matrixé

Trois ans. C’est le temps qu’il a fallu à Kofs pour revenir sur le devant de la scène avec son nouvel album Matrixé. Fort de son changement de dimension amené par son couplet sur « Bande Organisée », Kofs revient avec un album aux inspirations multiples, en passant du piano-voix traditionnel au classique type JUL. Plein d’authenticité, l’ancien membre du collectif Click 11.43 traite de sujets variés, n’hésitant pas à s’ouvrir en parlant de sa famille, ses amis ou encore son rapport au succès et à la musique.

« Cet album, c’est mes doutes, mes envies, mon quartier, ma famille, mes amis. » – Kofs (Instagram)

Au milieu de ces 21 titres, Kofs nous offre 7 featurings aux profils variés, de JUL à Lacrim en passant par l’outro Air Bel Gang, qui rassemble sur le même titre une multitude de rappeurs issus du quartier Air Bel à Marseille.

Pour obtenir l’album Matrixé de Kofs, rendez-vous ici !

HOUDI – GRHÜNT #77

La productivité d’Houdi est impressionnante. En 2023, le rappeur masqué compte déjà deux singles «CALMITO», «EN DIDI | RAPLUME Freestyle», ainsi qu’un nouvel EP : GRHÜNT #77. Accompagné d’un clip imitant les freestyles proposés par Grünt, il nous dévoile 4 titres, formant une excellente carte de visite de l’artiste.

HOUDI fait preuve d’une palette artistique large, autant sur des sons kickés où sa technique et son sens de la phase font mouche, que sur des sons plus mélodieux comme sur « TRANQUILLEMENT » ou sur l’EP WOKA. GRHÜNT #77 c’est un concentré de punchlines pleines d’insolence et d’honnêteté sublimé par sa large diversité de flows.

Pour assister au premier concert solo de HOUDI à la FGO-Barbara (Paris), rendez-vous ici !

La découverte : Dhab King – T.O.R

Peu connu dans le paysage du rap français, Dhab King n’en n’est pas moins talentueux. Déjà auteur de plusieurs projets, dont une mixtape commune avec le producteur Sarbacane en 2021, l’artiste a l’habitude de rapper sur des prod old-school. Pour son nouveau projet, T.O.R, il s’allie d’ailleurs à deux artistes underground bien réputés : Ol Zico et Cenza, membre du L’uZine. Ce dernier livrera lui aussi prochainement un projet, tout comme son groupe.

Du côté de Dhab King, sa plume aiguisé et son style plairont à ceux qui se demandent : « Qui rappe bien en 2023 ? ». Le featuring avec Cenza, long de presque 5 minutes, et une vraie leçon de rap, à découvrir au plus vite !

Pour découvrir le projet T.O.R de Dhab King, rendez-vous ici !

Les singles de rap français sortis cette semaine

Zola ft. Tiakola – « TOUTE LA JOURNÉE »
Rim’K ft. Freeze Corleone – « Metaverse »
Captaine Roshi – « Ulyss »
Stony Stone – « Step #10 – Mystère et suspense »
SLK ft. Kerchak – « Vie de bandit »
Slkrack – « Captain America »
Sokra – « Rüdiger »
Pbl ft. Chanceko – « Avec le cœur »
TIF – « Amnesia »
Emkal – « J’la connais, Pt. 2 »
Hös Copperfield – « Franklin »
La MG – « Coco Acai »
Le Risque – « Go »
Yaro – « MBC »
Ucyll & Ryo – « GRIS VILLAGE »
Karmen – « CASCADE »
Leo SVR – « Gin ou Génépi »
rad cartier – « MAGNETO »
Thabiti – « M.A.R.S »
AnNie .Adaa – « Appartement 12 »
Lorage – « Un peu plus fort »
Chad de la Cour – « c pas grave »
Abah – « Changer »
Bunshiin – « Koopa »
Cikey – « DMD »
Elh Kmer – « Old Boy (En attendant Vivaldi) »
Mougli – « Jungle #4 »
Ol Zico – « Évidemment »

Dans le reste de l’actualité : Le soleil se lèvera à l’Ouest pour 1PLIKÉ140, Kerchak, Zamdane et les autres

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Les news de la semaine #1 (Ninho, Aya, La Fève, Savage Toddy…)

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L’actualité du rap français est dense. Chaque semaine, les infos grouillent de tous les côtés. Depuis un moment, Raplume vous propose un récapitulatif des news du jour sur son compte Instagram. En 2023, nous allons plus loin et vous proposons chaque lundi une mise à jour de ce qui s’est passé d’important dans le secteur. L’article se clôture avec la liste des nouvelles certifications délivrées par le SNEP.

Ninho détient un nouveau record dans le rap français

Depuis le début de sa carrière, Ninho est un homme à record. Il est tout simplement le rappeur français avec le plus de singles certifiés (225 environ). L’avènement du streaming lors des dernières années n’y est pas pour rien. Sur Spotify, Ninho est devenu le premier artiste francophone à avoir 10 morceaux de sa discographie qui ont dépassé les 100 millions de streams selon le média Midi/Minuit. Dans le détail, cela donne :

“La vie qu’on mène” avec 185 millions d’écoutes
“Maman ne le sait pas” feat. Niska avec 136 millions
“Goutte d’eau” avec 123 millions
“Lettre à une femme” avec 123 millions
“Elle est bonne sa mère” feat. Vegedream avec 118 millions
“Air Max” feat. Rim’K avec 112 millions
“Jefe” avec 110 millions
“Putana” avec 101 millions
“Distant” feat. Maes avec 101 millions
“6.3” feat. Naps avec 100 millions

Une sacrée performance pour NI qui n’a pas fini de marquer l’histoire du rap français.

Vestiaire Collective x Aya Nakamura, la collab la plus tendance de ce début d’année

Pour la sortie de son quatrième album, Aya s’est surpassée, que ce soit en termes de musique, de promo, de visuels, de DA ou encore de tenues… Tout a été fait pour que le public soit ébahi.

Le jour de sa release party, on a été particulièrement marqué par la collaboration de l’artiste avec Vestiaire Collective, premier site de dépôt-vente en ligne consacré au luxe et à la mode. La marque se positionne comme un maillon de l’économie circulaire et permett au consommateur d’obtenir de nouvelles pièces de créateurs sans pour autant participer au schéma de consommation classique.

Au total, 20 pièces ont été proposées par Aya Nakamura et une pièce par personne pouvait être remportée en participant à un jeu-concours. Une stratégie de communication originale, qui profite à la fois à la marque, à l’artiste et à ses fans. De Jean-Paul GaultierPaco Rabanne en passant par Vivienne Westwood, Courrèges ou encore Jacquemus, les amateurs de mode ont pu y trouver leur compte très facilement.

Ce genre d’association est encore plus intéressante lorsque l’on prend en compte le souci écologique que connaît notre génération. Si la jeune femme est influente, on remarque alors qu’elle utilise cette influence à bon escient.

On voyait déjà la star se placer en icône de la mode avec ses looks toujours plus pointus et ses collaborations de plus en plus importantes, ce croisement avec Vestiaire Collective ne fait que nous le confirmer.

La Fève dépasse le million d’auditeurs mensuels sur Spotify

La Fève vient de passer le cap du milli. L’année 2022 du rappeur fût notamment marquée par l’explosion des streams de son album ERRR sorti fin 2021.
En ce début d’année, son nom est revenu animer les réseaux sociaux à l’annonce de son featuring sur l’album de Kekra, Stratos. En compagnie du rappeur de Courbevoie, mais également d’Alpha Wann, La Fève est revenu bounce sur le titre “Ingé son”. De quoi donner un coup de boost à ses streams mensuels et lui faire ainsi passer la barre symbolique du million d’auditeurs sur la plateforme Spotify.

Savage Toddy rend un vibrant hommage à son frère, Luv Resval

Le temps n’efface pas complètement la tristesse liée à la perte d’un proche. Plusieurs mois après le décès de Luv Resval, son frère Savage Toddy tenait à lui rendre un nouvel hommage. Sur son compte Instagram, il a publié un morceau d’une minute entièrement dédié à Luv. « Je n’aurais jamais de mots, je ne saurais quoi écrire, quoi te dire… pour toi Luv. Tout s’en va sauf les souvenirs… », précise-t-il sous le post. Un extrait poignant qui participe activement à la mémoire du défunt rappeur.

Pour rappel, son premier titre posthume, “AZVNR – une minute de musique”, avait été dévoilé le 6 janvier dernier. Un square de la ville de Mennecy, dont Luv Resval était originaire, a également été renommé à son nom.

Lollapalooza : de nouveaux noms dévoilés

Alors que l’hiver semble interminable, les festivals estivaux commencent à révéler leur future programmation. La semaine dernière, Lollapalooza a décidé de lâcher une seconde vague d’artistes sur ses réseaux sociaux. De quoi faire monter la température et saliver les futurs festivaliers. Les trois jours seront ainsi animés par la présence de Niska, Damso, Doria, SDM, Lil Nas X ou encore la reine Rosalia. Attention, dimanche de folie en perspective avec la présence d’un trio All Stars composé de Kendrick Lamar, Aya Nakamura et Central Cee. Rendez-vous est donné en juillet à l’hippodrome de Longchamp.

L’info insolite : Mister You sort de prison pour un showcase

Inattendu. Actuellement incarcéré, le rappeur Mister You a obtenu une autorisation de l’administration pénitentiaire pour aller performer en showcase. Dans la soirée du 4 au 5 février prochain, le rappeur est ainsi programmé au club After Clara dans les Yvelines. Une manière de ne pas se faire oublier. Mister You, infatigable.

Les certifications de la semaine

Chaque semaine, retrouvez les certifications albums et singles, dévoilé par le SNEP (Syndicat National de l’Édition Phonographique).

Singles de diamant (50 000 000 équivalents streams) :
Damso – “Deux toiles de Mer”

Singles de platine (30 000 000 équivalents streams) :
Josman – “Dans le vide”
Ninho feat. Yaro – “44”
Benab feat. Timal – “RS3”

Singles d’or (15 000 000 équivalents streams) :
OrelSan feat. The Neptunes – “Dernier Verre”
Booba feat. SDM – “Bonne Journée”

Dans le reste de l’actualité : Nessbeal déjà de retour avec « Mourir à Casa »

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