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Eden Seven : « Tous mes lyrics des sons club sont réels »

Nicolas Rispal

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Pour la sortie de son EP X, nous avons rencontré Eden Seven, la rockstar du rap français selon SCH, afin qu'il nous présente son univers.

Pour la sortie de son EP X, nous avons rencontré Eden Seven, la rockstar du rap français selon SCH, afin qu’il nous présente son univers.

Eden Seven avait déjà bénéficié d’un certain succès d’éstime avec son album Amdusias, qu’il avait sorti en totale indépendance en 2018. Trois ans plus tard, le représentant de la trash life revient avec un EP intitulé X. Entre temps, l’artiste a intégré l’écurie AWA de Dj Kore, et est managé par Pascal Nègre. Nous avons rencontré l’artiste qui joue avec les styles, pour parler de Berlin, ses inspirations, ainsi que de X, bien évidemment.

En 2018, tu sors Amdusias. En 2019, plus rien. Puis en 2020, tu sors trois singles, dont un avec Zed. Ça fait quoi de revenir avec un projet en 2021 ?

Ça fait pas mal de contrastes, tant au niveau artistique que visuel, parce que les projets ne se ressemblent pas tant que ça. On garde une même pâte, par rapport à ce qui a été fait avant, mais ce n’est plus la même chose. Donc, ça a été un mix entre contraste, alliage et découverte artistique. Il y a eu beaucoup de découverte artistique entre ces deux projets.

Tu passes d’indépendant à signé chez AWA, épaulé par Dj Kore, managé par Pascal Nègre, deux poids lourds du rap. Comment ça se passe dans l’élaboration des projets ?  

C’est l’aliance parfaite, entre guide et liberté artistique. J’arrive quand même beaucoup à m’exprimer et à sortir des titres qui sont importants pour moi, notamment dans X, avec « Rendez-moi mon cœur » qui est très rock, qui est un gros parti pris par rapport à la musique moderne. Il n’aurait sûrement pas pu voir le jour si j’avais été restreint.

Comment ça s’est fait ?

Ces rencontres se sont faites à la fois entre chance et travail, tout simplement parce que le fruit de tout ça c’est Amdusias. La signature chez AWA, c’est vraiment né de Amdusias, puisque l’équipe existe, l’équipe de cet album de 2018, donc c’est une conséquence de ce projet là.

SCH te décrit comme une rockstar, te comparant à Lil Skies et Lil Xan. Dans Amdusias, tu as des côtés de Lil Peep et de rap Soundcloud. X est beaucoup plus versatile comme projet dans les styles, mais la comparaison perdure. Ca te fais quoi ?

En vrai ça me dérange, parce que je trouve que je ne fais pas du tout du Lil Peep. Je fais du club dans mes sons par exemple, chose que lui ne faisait pas du tout. C’est un peu un malentendu physique qui n’est pas justifié. Personnellement, ça m’embête. Du coup, j’essaye d’éviter le sujet en faisant ma musique telle qu’elle est, avec mon style et mes influences, qui est complètement différente de celle de ces gars là.

Parce que c’est quoi tes influences ? Aussi bien en général qu’en rap français.

En rap français je n’ai pas d’influences, parce que j’en écoute pas du tout, sauf à une période où j’écoutais pas mal de Laylow. Ca me parlait beaucoup, parce que c’est très futuriste et très risqué, mais dans le bon sens du terme. Dans le sens très riche artistiquement. C’est la seule référence que j’aurais pu avoir avec SCH, qui, à une époque, était vraiment l’artiste de rap français que j’écoutais le plus.

Sans parler de rap, mes influences viennent plus des choses retro comme les Cure, et Marilyn Manson, par exemple. C’est vraiment beaucoup moins urbain que ce qu’on pourrait penser. Mylène Farmer aussi. C’est la seule idole que j’ai. C’est la seule personne dont, si je la croise en vrai, je risque de ne pas m’en remettre. *rires*

Tu as évoqué Laylow, qui fait du rap très futuriste. Dans « X », tu te raproches de cette idée en disant « J’fais du cyberpunk pas du rap ».

C’est un peu pour rester dans la même lancée que j’ai prise sur Amdusias, je ne dirais pas « anti-rap », parce que c’est un peu extrême, mais pro-artistique, pro musical plutôt que pro-rap. Cette phrase, c’est un peu la prolongation de la prise de risque qu’on trouvait sur Amdusias.

Tu parles souvent de Berlin dans tes textes, pourquoi ? Ça contraste beaucoup avec Saint Paul de Vence, d’où tu viens, non ?

Oui ! *rires*

Je parle de Berlin, parce que j’ai passé une année là bas, et probablement l’année la plus importante dans ma démarche artistique. C’est là où j’ai vraiment trouvé mon esthétique, mon look, là où j’ai vraiment approfondi ma personnalité, là où j’ai pu revenir en France avec quelque chose de très marqué, très radical, et pour faire simple, choquant. Berlin c’est ce qui m’a permis de m’épanouir, de faire de la musique qui me faisait envie et de sortir la musique que j’avais envie de faire entendre. D’ailleurs, avant Berlin, je ne faisais pas de rap français. Berlin c’est vraiment la transition.

Tu as Zed et Waxx en featuring sur X, deux artistes très différents. Comment les collaborations se sont faites ?

C’est assez mutuel comme démarche, dans le sens où, avec Zed, c’est d’abord un mouvement de Kore en fait, qui a eu cette idée. Il a eu la vision de ce feat. Après, la réalisation s’est faite en deux temps. D’abord, j’ai fait ma partie en été 2019 auprès de Kore avec sa prod. Ensuite, j’ai rencontré Zed à Paris, qui a fait sa partie un peu plus tard. On a fait ça ensemble en fait. C’etait une très bonne rencontre, un très bon échange de culture. Ca c’est passé vraiment de manière fluide.

Pour Waxx c’est différent. « Rendez moi mon cœur » c’est un morceau que j’ai composé il y a très longtemps. Avant même la signature avec AWA. C’est un titre que j’ai composé il y a plus de deux ans et demi. A la base, la composition, c’était moi qui l’avait faite, mais c’était plus une démo. Le titre a beaucoup plu à Pascal [ndlr : Pascal Nègre, manager de Eden Seven] et Damien [ndlr : Damien Régnier, également membre de l’équipe d’Eden Seven]. Ils ont vu ensemble que Waxx serait le bienvenu sur la production de ce titre, et que ce serait complètement cohérent comme collaboration. De là est né le titre final « Rendez moi mon cœur ».

Comme on vient de voir, dans X, il y a des titres de rap classique, des titres plus club, ainsi que des titres plus rock. Quand on écoute le projet, on a l’impression que ça evolue.

C’est absolument volontaire. C’est une direction artistique (DA) qu’on a beaucoup travaillé en équipe, c’est quelque chose qu’on a conçu ensemble. La DA me convient énormément. A la base, je n’étais pas forcément chaud pour faire un EP. Je voulais passer à l’album directement, parce que j’étais assez pressé. Finalement, je suis très heureux de sortir cet EP, notamment grâce à cette DA qui, pour moi, est parfaite. Elle est voulue et j’en apprécie le resultat.

Pour avoir une DA aussi épurée, j’imagine que vous avez jeté beaucoup de sons ?

Il y a des sons qui sont passés à la trappe, clairement. Des sons qui étaient moins cohérents avec cette DA finale, DA finale qu’on a quand même passé un peu de temps à chercher. Ça n’a pas été tout de suite ça l’humeur de l’EP. On est d’abord passé par une humeur beaucoup plus club, beaucoup plus festive. C’était un peu moins premier degré, du coup forcément tous les titres un peu plus second degré ont sauté, pour avoir quelque chose de plus serieux et plus consistant en fait.

Le genre « club » est plus récent que les autres dans ton repertoire, il est venu pendant le confinement. Pourquoi ?

Moi en fait je compose en fonction de mon humeur. Pendant le confinement dernier, c’était vraiment le fruit de la frustration de ne plus pouvoir sortir, de ne plus pouvoir me défouler. Du coup, j’ai eu besoin de me défouler autrement, et c’est comme ça que c’est sorti. Via le son. C’est pour ça qu’on retrouve cette vibe electropunk, club. Ca c’est un peu fait en conséquence de frustrations en fait, et une envie de déchainement.

Si tu devais choisir un genre des trois, tu choisirais lequel ?

A court terme les sons club, a long terme les sons rock. Le tout en gardant une esthétique rap, mais si c’était personnel, ce serait vraiment ces deux genres là, le premier à court terme, le second sur le long terme

Tu disais tout à l’heure que t’étais pressé de faire un album. Tu vas aussi y mélanger les styles ?

Oui, ça va être un mix. Ca va être une extension de cet EP. Disons que ce projet, par le changement des genres, peut s’averer être un peu brutal, d’où son état d’EP en fait. L’album, ammené par l’EP, sera plus digeste dans le mix des genres. Donc l’album sera clairement un mix des genres comme l’EP, mais avec plus de titres, et peut être même encore plus varié dans les différents styles. J’essaye vraiment de sortir la musique que j’ai envie d’entendre en fait. C’est ça la démarche.

Après diner tu as sorti « Trashboy » et « Allô à l’aube », qui ont bien marché, pourquoi ne pas les avoir ajouté à l’EP ?

« Trashboy » je trouve qu’il était très bien à sa place de single. C’était un single utile et nécessaire. Surtout utile en fait. Il a aporté l’identité réelle après « Dîner », qui était un petit peu moins personnel. On avait besoin de ce titre pour ancrer le personnage. Pour moi, c’est un single de transition, et ce n’est pas nécessaire de mettre un single de transition dans l’EP. De toute facon, dans la DA, il rentrait moins bien que les autres titres, et il nous fallait absolument sept titres, comme les sept pêchers capitaux.

Pour « Allô à l’aube », c’était un titre Instagram à la base. Il n’avait jamais pour but de devenir un titre streaming. C’est quelque chose que j’avais fait pendant le confinement pour rester actif un petit peu, et pour donner à mes sinners [ndlr : nom du groupe de fans d’Eden Seven] de quoi se mettre sous la dent. C’est un titre très personnel qui était vraiment un single Instagram, qui est devenu single platteforme par la suite.

Pourquoi avoir appellé le projet X, d’ailleurs ?

X c’est un bon resumé des trois choses qui me définissent : l’inconnu, l’interdit, et la première lettre du mot Xanax, qui est un mot qui est très important pour moi. C’est du ternaire et un résumé ternaire de ce qui me définit.

Tu as des anécdotes de l’élaboration de X ?

Pas vraiment, si ce n’est que tous mes lyrics des sons club sont réels. Ca découle forcément de soirées très précaires, mais tout est réel quoi, à 100%. Les morceaux sont des anecdotes en soit. « Calvin Klein » et « Shirt Manson » sont des anecdotes à eux mêmes. C’est la trash life, quoi *rires*.

Eden Seven – X

 

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Nessbeal et ZKR : Le retour du roi avec « Le Dem »

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« N.E.2.S is back khey, sortez les brancards »

Plus de 10 ans. Ça faisait plus de 10 ans que Nessbeal n’avait pas publié de titre. On peut donc le dire : Le roi sans couronne est de retour.

Jeudi 13 janvier. Je me balade sur YouTube, à la recherche de nouvelles pépites à écouter quand je vois une vidéo plus que surprenante : Nessbeal feat ZKR – Le dem. 

En effet, Ne2s a su se faire discret ces dernières années : Très peu présent sur les réseaux sociaux, il était difficile de suivre son actualité. Musicalement, c’était la même chose. Pas de projet publié depuis Sélection Naturelle en 2011 et après être apparu en featuring sur différents projets jusqu’en 2015, il disparait totalement des radars du rap français avant de revenir sur le morceau d’un certain rappeur marseillais : Jul. Rien que ça.

Signé chez Morning glory music, il sort donc de l’ombre et dévoile un Banger en featuring avec un autre technicien du même label, ZKR.

Du sang, des larmes, sur Dicidens j’faisais mes premiers larcins

Cette punchline du rappeur des briques rouges montre tout particulièrement l’impact que Nessbeal a eu pour les jeunes de cette génération. Bien qu’étant considéré (à juste titre) comme un « roi sans couronne » de par le fait qu’il n’ait jamais eu de réel succès commercial, Ne2s a bel et bien rencontré un succès d’estime chez tous les auditeurs du rap français de la fin des années 90 à 2011. Il était écouté dans toutes les banlieues. ZKR fais partie de cette génération qui a grandi avec Nessbeal, et donc avec Dicidens, le groupe qu’il formait avec Zesau. Du sang et des larmes faisant aussi référence à l’un des plus gros morceaux de ce groupe, en featuring avec Booba.

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