Nous suivre

Actus

Voyages et douceur avec Hotel Paradisio

Avatar

Publié

le

Hotel Paradisio
Il y a trois ans, le 24 décembre 2015, Ash Kidd dévoilait son deuxième projet, CRUISE. Sur celui-ci, un seul featuring : Hotel Paradisio dans « Cocaïne ». C’est là que débute notre histoire, celle d’un rappeur français à l’univers unique. Ici, pas de clash dans l’arène, juste des clips où la nuit est reine. Car malgré un beau succès sur SoundCloud, c’est bien sur YouTube que le jeune homme a décollé : 300 000 vues pour chacun de ses trois plus gros succès.
En août 2017, il sort son premier EP, Reveri, suivi par Magnetic en mars 2018. Dans le second, on retrouve le morceau « Sierra » dont le clip, réalisé par Sohaïb Atoini, a été tourné au temple du Donon, dans les Vosges. Un bon exemple de ce qu’Hotel Paradisio peut proposer, autant musicalement que visuellement.

Baie Vitrée sur Baie Sauvage
Ce qui fait la force de l’artiste, c’est tout l’imaginaire qui influence ses textes et mélodies. Les registres les plus utilisés sont ceux des voyages, de la mer, du ciel ou encore de l’amour. En bref, pas grand-chose à voir avec le rap mainstream actuel. Comme le disent très bien les commentaires sous ses morceaux, la musique d’Hotel Paradisio fait « planer, voyager et naviguer ». Chaque son transporte l’auditeur vers un endroit paradisiaque : on peut facilement s’imaginer sur une plage, cocktail à la main, petit palmier dans le verre.

Tour du monde
Outre tout l’imaginaire quasi céleste qui tourne autour de ses morceaux, Hotel Paradisio fait référence à tout un tas d’endroits réels où chacun rêve d’aller au moins une fois dans sa vie. De la plage de Copacabana au Brésil à centre-ville de Manhattan en passant par les ruelles de Milan, c’est encore une fois l’occasion de fermer les yeux et se laisser bercer par la musique. Vous aimez voyager ? Le billet Air Paradisio est gratuit jusqu’à nouvel ordre et vous emmènera à Hawaï, aux Maldives, à Bangkok, en Colombie et même, en passant par le Panama et en utilisant les « liens du Costa Rica », jusqu’aux États-Unis. De New York à la Californie en passant par le Nebraska, le rêve américain n’a jamais été aussi accessible. L’AF66 vous dépose directement à Los Angeles, à côté des palmiers. Essayez de ne pas rester coincés sur Neptune !

Dans les mélodies également, on fait le tour du monde. Les sonorités sont variées et agréables à entendre, avec parfois un soupçon de déjà-vu, encore mieux que l’original, comme avec les morceaux « Eclipse » et « Plata », respectivement samplés de « Waves » (Mr. Probz) et « Bongo Bongo » (Manu Chao).

Amityville
Après Reveri et Magnetic, Hotel Paradisio est de retour pour signer l’un des tout derniers projets de 2018 : Amityville. Cette localité en banlieue de New York est associée à l’une des maisons hantées les plus connues (top 1 au classement des lieux hantés les plus célèbres selon Topito !), qui a notamment engendré une multitude de livres et de films (plus d’une dizaine depuis le premier long-métrage en 1979). Rassurez-vous, l’EP d’Hotel Paradisio n’est pas aussi sombre qu’un film d’horreur, mais c’est l’occasion d’aborder des thèmes qui lui sont chers. Le premier extrait, « Cali », est sorti le 29 septembre 2018. Hotel Paradisio signe lui-même la prod et propose une nouvelle dose de cette vibe enchanteresse dont il a la recette. Pour en savoir plus, Raplume a posé quelques questions à l’artiste…

Bonjour Hotel Paradisio, merci de prendre le temps pour répondre à nos questions ! Pour commencer et pour te présenter, comment définirais-tu ta musique en quelques mots ?

Je dirais que ma musique, c’est une voix parmi tant d’autres mais si elle arrive à te faire rêver, écoute-la attentivement.

Tes influences, qu’on distingue autant dans les mélodies que dans les paroles, tournent plutôt autour du rap US. Mais qu’est-ce que tu écoutes en France ?

C’est vrai que j’écoute essentiellement du rap américain et canadien et c’est un peu ma boussole. Le rap français, j’écoute un peu moins, je le trouve trop ancré dans la réalité, celle qu’on voit tous les jours. C’est comme souvent les films français, t’as l’impression qu’ils ont été tournés au coin de ta rue, je préfère rêver. Après, il y a des artistes que j’aime bien écouter de temps en temps, comme PNL, Booba, Maes, et Kalash Criminel. Je trouve son morceau « Encore » incroyable.

Dans l’un de tes premiers morceaux solo, « Neptune » (sorti début 2016), tu disais « Je rêve de Cali, Cali » qu’on retrouve mot pour mot dans refrain du morceau « Cali », premier extrait de ton nouvel EP. Dans le clip de ce dernier, on retrouve la mention de « Vol AF66 » (auquel tu avais déjà consacré un morceau en 2017) et qui fait référence à la liaison Paris – Los Angeles. Cette attirance pour la côte Ouest des États-Unis (et ce pays en général), c’est plutôt une ambition musicale de percer outre-Atlantique ou simplement une envie de vivre là-bas ?

Oui, c’est vrai, j’ai fait une fixation dessus un peu. En fait, Los Angeles, et les États-Unis en général, ce sont des endroits qui me font grave rêver : les paysages, la culture, tout est authentique, je trouve. Je n’y suis encore jamais allé et c’est mon projet de tenter l’expérience et d’y faire un grand tour, peut-être même d’y vivre, qui sait. Mais il y a tellement d’endroits qui m’attirent : Los Angeles, La Nouvelle-Orléans, le Colorado, le Grand Canyon, l’Oregon, la Floride, le Maine, bref, je pourrais continuer encore longtemps.

La nuit est un thème omniprésent dans tes textes. Suivant les morceaux, tu la qualifies de « belle », « noire », « reine » ou encore « douce ». Tu sembles même la préférer au jour. Comment cela influence ton écriture ? La nuit est-elle le moment où tu profites ou plutôt celui où tu écris ?

La nuit, j’en parle souvent parce qu’elle est révélatrice, elle peut t’emmener dans sa folie et réveiller tes démons, comme elle peut, de son silence, déterrer tes peurs. Une ville, par exemple, montre un visage tellement différent la nuit. Tout change : les couleurs, les sons, l’ambiance. J’aime beaucoup écrire ou composer la nuit, je me laisse porter, je m’imprègne, j’oublie un peu toutes les barrières qu’on s’impose à nous-mêmes.

Entre mars et septembre 2018, tu as sorti un son durant chaque mois. Est-ce lié à ton rythme d’écriture et d’enregistrement ou plutôt une volonté de disséminer des morceaux afin de raviver l’étincelle chez ton public ?

En fait, mes sorties étaient dépendantes des productions, mix, mastering, tournages de clips, etc. Aujourd’hui, j’ai une meilleure organisation et le fait que je produise beaucoup moi-même me permet de ne pas dépendre des autres et de leurs prérogatives. Pour 2019, je vais essayer de sortir beaucoup plus de choses pour les gens qui m’écoutent, j’ai vraiment envie qu’ils découvrent ce sur quoi je travaille tous les jours.

Ton nouvel EP s’intitule Amityville. La cover et le titre pourraient annoncer quelque chose de plus sombre que ce qu’on pouvait trouver dans tes projets précédents, et pourtant, ce n’est pas vraiment le cas. Pourquoi ce titre ?

Amityville, c’est une légende inspirée de faits réels. Mais en gros, c’est l’histoire d’un mec qui se fait posséder par la maison où il vit et qui tue sa famille. J’ai appelé l’EP comme ça parce que je voulais illustrer un peu comment notre environnement social, que ce soit familial, amical, professionnel ou des simples rencontres, peut finir par déteindre sur nous. Certaines relations peuvent devenir toxiques, on peut finir déçu, les gens transmettent leurs peurs, leur négativité. Dans cet EP, j’ai essayé un peu d’aborder ça, et même si c’est que dans quelques phases, c’est pour moi l’idée qui en ressort le plus.

Dans « Guillotine », tu dis « recherche amour, recherche soleil, ça doit v’nir d’ma génétique ». En effet, tu parles souvent des femmes et de destinations de rêve dans tes textes, mais tu parles peu de tes origines. Pourtant, on sent que ça te tient à cœur, comme quand tu expliques dans « Entourage » « Dans ton fleuve comme un piranha, j’aimerais bien revoir la mer et ma ville natale ». D’où viens-tu et en quoi ça influence ta musique ?

En fait, je ne parle pas vraiment de femmes, mais plutôt d’amour, ou des relations en général et des fois, je m’adresse même à une personne directement. Mes origines, c’est simple : je viens d’ici. Je suis d’origine marocaine du côté de ma mère et française du côté de mon père. Ce qui influence ma musique, ce serait plus le fait que, justement, je ne sais pas trop où me placer. J’ai l’impression de comprendre un peu tous les milieux, mais de n’appartenir à aucun.

Jusqu’ici, tu n’as annoncé ni signature en maison de disques, ni featuring. Pourquoi ce choix de rester solo musicalement ?

Je ne fais pas confiance à grand monde, je travaille en fait uniquement avec quelques personnes en ce moment : Sohaïb, qui réalise notamment mes clips, et un rappeur avec qui on bosse sur quelques sons. En plus, il y a des producteurs, comme JackMoe, par exemple, qui a mixé et masterisé Amityville. Je pense aussi le fait d’être solo, c’est un peu par défaut. Je suis, de nature, timide et réservé et du coup plutôt isolé. J’ai l’impression d’être dans une autre dimension. On est à côté, on se voit, mais nos mondes ne communiquent pas.

Tu t’étais déjà occupé de la prod sur plusieurs de tes morceaux (comme « Eclipse » ou « Ashitaka »), mais c’est Alexandre Larochelle, un jeune producteur guadeloupéen, qui composait la majorité des beats. Sur ton nouveau projet, Amityville, la majorité des sons viennent de toi (et les autres de JackMoe et Daltons). Comment es-tu passé de l’autre côté de la barrière en devenant toi-même compositeur ?

En fait, j’ai toujours un peu tâté les prods, mais essentiellement les accords et la mélodie. Avec Alexandre (S/O à lui), soit je venais avec une idée, des accords, ou un truc déjà entamé, soit on prenait direct un truc à lui, ça dépendait de notre vision du que-tru. Mais depuis un moment, j’ai essayé de me perfectionner dans tous les aspects de la production. Souvent, quand je fais un son, je commence avec une idée de mélodie, il faut qu’elle soit parfaite et à partir de là, je fais un refrain, le drum, la basse, le 808, tout ça. Mais des fois, comme dans l’EP, j’aime bien avoir une autre interprétation, un autre regard sur l’idée de base du son. Pour « Spaceship » (JackMoe), « Guillotine » et « Moto » (Daltons), je trouve que les producteurs ont vraiment su trouver la composition parfaite pour les sons.

Pour terminer, un mot sur tes ambitions pour 2019 ?

Mes ambitions pour 2019 : sortir du son encore, partager avec les gens qui m’écoutent et essayer de plus me livrer, donner une voix aux gens qui m’entourent et à leurs histoires. J’aimerais aussi me préparer pour faire plus de scènes, c’est un domaine que je ne connais pas encore très bien. Merci beaucoup pour cette interview !

L’EP Amityville est disponible sur toutes les plateformes de streaming depuis ce vendredi 28 décembre 2018. Il contient 7 morceaux dont 6 inédits. Une bonne dose de douceur pour terminer l’année avec l’un des artistes les plus sous-côtés de France. Vous pouvez le retrouver sur les réseaux sociaux :

Amityville EP : https://fanlink.to/Amityville
Facebook : https://www.facebook.com/Hotel-Paradisio
Twitter : https://twitter.com/paradisiohotel
SoundCloud : https://soundcloud.com/hotel-paradisio
Instagram : https://www.instagram.com/hotelparadisio
YouTube : https://www.youtube.com/channel/UCNf15nCnNtqlY8rtaRNw8rQ

Continuer de lire
Cliquez pour commenter

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée.

Actus

Yvnnis et la fougue d’une jeunesse éternelle

Clementeee

Publié

le

Yvnnis photo Eternal Youth

(Crédit photo: Yvnnis par @heyimleaaaa sur Twitter et Instagram)

Avec deux excellents projets et quelques apparitions sur les projets de NeS, Lyre et SYDS, 2022 est déjà une année charnière dans la discographie de Yvnnis. Avec PARHELIA et ETERNAL YOUTH, Yvnnis se place comme un artiste extrêmement prometteur, fort d’une proposition artistique singulière. Effectivement, le rappeur originaire du Val-de-Marne surprend par sa grande versatilité, capable d’exceller sur des sons mélodieux autotunés comme sur des sons kickés percutants. Alors que le jeune rappeur nous a déjà teasé un retour très prochainement, revenons plus en détail sur sa discographie.

(Crédit photo : tiré du clip « Vin italien » réalisé par Alexandre Carel)

Un artiste en constante expérimentation

Pour revenir aux premières traces encore trouvables de la carrière musicale de Yvnnis, il faut retourner début 2020. Alors en plein confinement, Yvnnis en a profité pour enregistrer et partager ses premières expérimentations. Si ces premiers sons restent relativement en deçà de ses propositions actuelles, on décèle toutefois les prémices de ce qui fait sa force aujourd’hui. En effet, on y retrouve un Yvnnis mêlant mélodies et toplines diablement efficaces, voix autotunée et lyrics traitant de relations amoureuses notamment autour d’échecs sentimentaux.

Si les relations amoureuses et le sentiment de solitude vont continuer à l’inspirer pendant un certain temps, Yvnnis va faire évoluer ses thèmes. Sans se reposer sur cette recette, il va la peaufiner et aborder d’autres sujets. Effectivement, s’il y a bien un élément qui marque véritablement en écoutant sa discographie, c’est son envie d’expérimenter sur tous types de prods et de sortir de sa zone de confort. Tout en étant conscient de ses points forts, Yvnnis ne se cantonne pas à ses acquis et montre une versatilité relativement impressionnante avec des sons aux ambiances très variées dans chacun de ses projets.

D’une ambiance estivale dans la SUMMER EMOTIONS TAPE avec le très efficace « CROISETTE », aux ambiances nocturnes mélancoliques de « NIGHT MODE », en passant par une intense session de kickage sur « FAKE », l’auditeur est transporté dans une grande diversité d’expériences, avec un excellent niveau de rap et de prods comme fil conducteur. Mention spéciale pour cet extrait nous renvoyant directement dans les années 90 :

Si les titres planants représentent toutefois une grande partie de son œuvre, les amateurs de kickage seront servis puisque le jeune rappeur nous a promis un prochain projet où le cassage de cervicales sera au programme.

Yvnnis, un artiste tourmenté, rongé par le déni et la solitude

Naviguant sur des instrus planantes, on retrouve un jeune adulte, en proie à des tourments sentimentaux qui hantent sa vie. Ces troubles deviennent obnubilants, ce spleen devenant étouffant au point d’en perdre l’espoir.

Cependant, à l’image de tant d’artistes rongés par leurs maux, Yvnnis plonge dans une introspection pour exorciser ses démons, transformant cette douleur en inspiration. À l’image du triangle dramatique de Karpman, Yvnnis se retrouve emprisonné dans un piège duquel il est à la fois la victime, le sauveur et le persécuteur. Représentation d’une relation abusive, on y retrouve une victime passive dans son malheur, se plaisant dans l’attention qu’elle obtient, un sauveur aidant la victime profitant d’une forme de dépendance de cette dernière et enfin un persécuteur tirant son intérêt du sentiment de supériorité obtenu. Chacun y trouve son bonheur amenant à une situation qui n’évolue pas, amenant à une fin destructrice où les trois subissent une relation empoisonnée. Dans son cas, Yvnnis se serait emprisonné lui-même, à la fois geôlier et prisonnier de cette relation amenant à une tristesse insurmontable.

Le titre « LE SOIR » illustre parfaitement ce tableau, on y retrouve Yvnnis comme une victime résignée cherchant de l’aide que lui-même présente aux autres comme un sauveur, en étant lui-même son propre persécuteur.

« Trouver l’bonheur j’en ai perdu l’espoir, mes tourments m’empêchent de rêver le soir »

« Au fond, j’accumule les pertes. À tout le monde, je souhaite le bonheur mais j’ai pas l’impression qu’le contraire est vrai »

« J’crois que j’ai brisé tous les liens, même ceux que j’ai avec les miens »

Alors enfermé dans cette auto-relation toxique, il se retrouve dans une situation destructrice où la quête de son bonheur passe par son malheur.

Au-delà de ses tourments internes, Yvnnis enchaîne des relations sentimentales houleuses, le renfermant davantage sur lui-même trouvant son réconfort dans son entourage proche et ses expéditions en voiture nocturnes. Submergé par ses malheurs dans « NIGHT MODE », le rappeur semble sombrer dans une dépression où seules les balades en voiture, ses proches et la solitude peuvent atténuer ses malheurs. La voiture est omniprésente dans le projet de la cover aux lyrics. En effet, les balades nocturnes en voiture y sont souvent présentées comme une manière d’échapper à ses soucis comme dans le son « LE SOIR » :

« J’veux plus repenser à demain, j’veux plus penser au futur comme un devin donc j’augmente la vitesse à 220 »

Tout au long de l’EP, Yvnnis va soigner sa peine dans des évasions en voiture, lancé à pleine vitesse, provoquant pics d’adrénaline et risques inconsidérés. Yvnnis, rongé par ses tourments se transforme en tant qu’être désabusé, trouvant sa seule stimulation dans des expériences extrêmes où son instinct de survie est provoqué.

« Grâce à notre histoire que j’ai des sons dans la tape. Si c’est ça j’aurais préféré la page blanche » – « Poison »

Un semblant d’egotrip, le rap et l’argent comme un exutoire mais pas un remède

PARHELIA marque une immense transition dans les thèmes abordés par Yvnnis, on le retrouve bien plus épanoui et animé d’une confiance insoupçonnée après les premiers projets. L’EP produit en collaboration avec le producteur, beatmaker et graphiste multi-casquette Lil Chick s’ouvre sur le titre « LE PASSE » dans lequel on ressent une vraie libération face à la souffrance passée.

« Fuck mes démons et leurs cœurs sournois »

« J’ai trouvé le salut dans ses bras mais pas dans l’ivresse »

Toutefois, si la transition n’est pas totale puisque Yvnnis reste attaché à sa solitude et à un rejet des relations amoureuses, on y voit un choix délibéré. En effet, si cette solitude était précédemment subie par les multiples revers subis, elle est désormais l’incarnation de sa détermination à réussir. Alors que les relations amicales et amoureuses quittent ses pensées, Yvnnis se focalise sur le rap avec une confiance et une envie de réussir presque insolente. Le rap devient alors une obsession et reprenant les codes de l’egotrip, le représentant du 94 extériorise sa hargne et sa détermination à réussir dans le rap.

« Frérot j’ai plus rien à perdre, j’ai la rage, tu l’entends dans ma voix
J’ai même pas le choix, j’veux que ce soit ma musique et mes textes qui paient mon toit » – GOYARD

ETERNAL YOUTH continue dans cette même énergie avec un Yvnnis encore plus sûr de lui. Conscient de sa progression au niveau de l’écriture ainsi que dans les flows, le rappeur réalise un quatre-titres en total egotrip. Le niveau de rap proposé est toujours plus convaincant tant au niveau du kickage que sur les mélodies.

« C’qui font c’est pas trop ma cam, sur la prod c’est trop macabre » – « KALI UCHIS »

La puissance de l’entourage

Difficile de parler de Yvnnis sans mentionner son entourage, tant celui des producteurs que celui des rappeurs. Kodgy, Kosei, Maë, Arturo, Shepherd, Mela, Nizz, l’immanquable Lil Chick et plein d’autres excellents beatmakers forment une line-up véritablement talentueuse et pleine de promesse. Ces derniers offrent un excellent niveau de production, accompagnant le feu du rappeur avec merveille.

“J’reste toujours avec les mêmes Gs. Regarde mon équipe, c’est la same, toujours les mêmes” – « FAKE »

Si les projets communs entre beatmakers et rappeurs sont souvent gage de qualité, alors l’association de Lil Chick et de Yvnnis sur Parhelia ne déroge absolument pas à la règle. Le duo se marie à la perfection et se subliment pour tous deux offrir un résultat envoutant. Cette association fonctionne d’autant plus que Yvnnis sait laisser de la place à la prod au travers de silences bien placés. Ainsi, cela permet à l’auditeur d’apprécier le délice des instrumentales tout au long de ses projets. Le tout culminant dans l’excellent « MEKTOUB OUTRO » co-produit par Maë, où le piano de la productrice accompagne la voix de Yvnnis, utilisée comme instrument au même titre que ce piano. La production de Parhelia est tout aussi riche qu’efficace, nos oreilles sont ballotées entre couplets rappés monstrueux et refrains où la voix est utilisée comme outil mélodique avec des expérimentations variées sur l’autotune.

On retrouve cette formule sur l’EP ETERNAL YOUTH où le niveau des prods est encore monté d’un cran. Lil Chick accompagné par du talentueux Nizz délivrent un résultat magique. De la sobriété de Certifié permettant aux trois amis Lyre, NeS et Yvnnis de proposer une alchimie délirante au micro, au flamboyant de la prod de « Vin italien », avec une mélodie qui nous transporte au coeur de l’Italie. En quatre titres, nous avons une preuve de l’étendue de la palette musicale du jeune rappeur.

Enfin, impossible de ne pas mentionner sa grande complicité avec son compère du 94 NeS, rappeur extrêmement talentueux, auteur de l’excellent EP La Course ou celle avec Lyre, rappeur et ingénieur son originaire d’Orléans, à l’origine de l’EP INTUITION que je recommande vivement. Ce trio s’échange les feats sur chacun de leurs projets et laisse entrevoir une belle entente entre les trois membres.

Pour poursuivre l’expérience, Yvnnis et NeS viennent de réaliser un freestyle brûlant sur le Grünt #52 avec Deemax et Gius et gardez un œil sur Yvnnis, une nouvelle fulgurance devrait sortir d’ici à fin 2022/début 2023.

Dans le reste de l’actualité : Raplume dévoilera « Le soleil se lèvera à l’ouest » le 21 octobre 2022

Continuer de lire

Actus

La F balance le visuel de « Trapstar »

Avatar

Publié

le

la-f-balance-le-visuel-de-trapstar

Une des voix de la drill lyonnaise

Multipliant les collaborations que ce soit avec Zeu, JMKS, Nosacce, Sasso et bien d’autres, La F se distingue par sa faculté à s’adapter et froisser les prods.

Avec trois volumes de son projet The no face, le rappeur a su gagner en visibilité, en expérience. Toujours masqué afin de garder son anonymat, le Lyonnais a également été convié sur l’un des projets de l’année 2020 LMF de Freeze Corleone.

« J’suis un gamin : j’insulte les morts, j’fais la guerre pour un code postal
Et eux ils parlent de fame, personne connaît leurs blazes »

Annonçant un projet commun avec Zeu, La F nous a livré un album intitulé King of Drill, et s’affirme comme l’un des principaux visages de la drill française.

Néanmoins, La F ne se résume pas à ce courant. Ne se contentant pas de la drill, il est capable d’aller chercher plus de légèreté. Et il nous le montre sur le projet avec les titres Off-white et Que D’la Mula aux sonorités plus estivales. Les prods collent parfaitement aux envies et aux ambitions de l’artiste : Flem, Congo Bill et le duo Tha Trickaz n’y sont pas étranger.

Dans le reste de l’actualité : « Le soleil se lèvera à l’ouest » disponible le 21 octobre

Continuer de lire

Actus

Naza & Koba la D profitent sur « Comme ça »

Avatar

Publié

le

naza-&-koba-la-d-profitent-sur-comme-ca"

Après avoir passé un été chaud et coloré avec son dernier album B.I.G Daddy Vol.1 sorti le 24 juin 2022, Naza vient ponctuer la saison avec Koba La D dans Comme ça, un clip festif, diffusé le 2 octobre dernier.

Un hit pour prolonger l’été

L’esthétique du clip respecte à la lettre la règle officieuse des quatre B : Banquets , Billets, Bolides et Belles femmes sont de sortie. Naza y ajoute sa touche décalée et invite Koba la D à venir profiter avec lui de la vie de César.

« Le bénéfice est intéressant mais on s’ra tous enterrés sans
À la base, j’voyais pas tout ça mais au fil du temps, j’ai dû prendre sur moi »

Naza et ses mélodies efficaces s’allient à un Koba la D en forme pour un refrain endiablé. Deux des plus gros vendeurs actuels se retrouvant sur un morceau calibré mais bien exécuté, le succès du morceau ne fera aucun doute dans les semaines qui arrivent.

La D se fait rare depuis ses projets Cartel dont le second volume est paru en décembre 2021. Cependant, les fans de Koba pourront le retrouver à l’écran dans la série Or Noir, diffusée le 7 octobre prochain sur 6play.

Les places pour la tournée de Naza sont à retrouver juste ici.

Continuer de lire

Tendances