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Le bonheur selon PNL et Schopenhauer

Alvaro Mena

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Vous pensiez que Schopenhauer et les deux frères n’avaient rien en commun? –ou alors vous ne connaissiez simplement pas Schopenhauer?-  Eh bien vous vous trompez: ils ont en commun leur vision du bonheur : une vision négative, visant même à dire que le bonheur n’existe pas.

En effet, beaucoup se demandent en regardant les textes de PNL, ou même des fois simplement avec leurs stories sur les réseaux, comment, malgré le succès, la richesse et la reconnaissance, ils n’arrivent pas à être heureux.

Il faut donc comprendre que cette théorie du bonheur impossible n’est pas propre qu’à PNL, puisque Arthur Schopenhauer nous décrivait une vision très semblable à celle des frères Andrieu au 19ème siècle.

Avant de vous parler de la vision de PNL sur le bonheur, et des théories de Schopenhauer, on va s’intéresser au bonheur lui-même, dans un cadre philosophique.

Le bonheur, c’est quoi ?

Alors, oui la question peut paraître bête, et la réponse évidente, mais rassurez-vous, on ne vous prend pas pour des idiots. En effet, il est important de poser cette base avant de vous parler du bonheur de Schopenhauer (et de PNL donc), puisqu’en philosophie la définition du bonheur est précise.

On vous laisse donc cette définition, trouvée sur ce site, qui vous expliquera mieux que nous :

« Le bonheur est un état de satisfaction complète caractérisé par sa stabilité et sa durabilité. Il ne suffit pas de ressentir un bref contentement pour être heureux. Une joie intense n’est pas le bonheur. Un plaisir éphémère non plus. Le bonheur est un état global. L’homme heureux est comblé. Il vit une forme de plénitude. Sa situation est stable : elle présente un équilibre et seul un élément extérieur pourrait la modifier. […] La notion de bonheur est intimement liée au désir. Être heureux, ce serait réaliser tous ses désirs, ou du moins réaliser tous ses désirs « importants ». L’homme heureux accomplit les objectifs qu’il s’est fixé, ceux qui ont une valeur pour lui-même. Le bonheur est donc ancré dans l’individu, dans ses projets et ses représentations. »

Autrement dit, on ne parle pas de bonheur quand on ressent seulement un plaisir ponctuel : quand on mange ou quand on est avec la personne qu’on aime, mais bien quand on se sent comblé en permanence : quand on a tout ce qu’on désire

Mais c’est là que vient donc un nouveau problème, qui vient contredire notre bonheur :

L’ennui

On le sait donc, N.O.S et Ademo sont aujourd’hui connus, riches, ils ont enfin la possibilité d’échapper à la misère ayant constitué la majorité de leur vie, et de faire tout ce qu’ils désirent : voyager, combler leur famille, rencontrer des femmes, obtenir de l’argent…

Schopenhauer disait:

« La vie donc oscille, comme un pendule, de droite à gauche, de la souffrance à l’ennui »

En une simple phrase, il résume la vie des deux frères. Toute leur vie, ils ont cherché la richesse, d’abord en vendant de la drogue dans leur hall, puis dans le rap, se disant que c’est ce qu’il manquait à leur vie, ce qui les rendrait heureux.

Dans cette première période de leur vie donc, ils souffraient, parce que leurs désirs n’étaient pas comblés, ils travaillaient jour et nuit pour atteindre leurs objectifs. Aujourd’hui, cet objectif, et plein d’autres, sont atteints, mais du coup, ils s’ennuient, et c’est dans cette boucle infernale de la vie que se trouvent les deux frères.

Cet ennui, N.O.S nous le décrit parfaitement dans le deuxième couplet de Kuta Ubud :

« J’vis ma vie de rockstar, pendant une semaine
Je traîne tard le soir, j’suis fonce’ à la Jack et j’m’en bats les couilles
Fais rentrer des groupies, j’me transforme en rockstar
Elles nous voient en 3D, moi j’suis défoncé, j’m’en bats les couilles
Je tords l’âme d’une groupie tard le soir dans la nuit
Très loin de Paris et j’m’en bats les couilles
Toi, fais fumer sur la niaks, sers-lui un autre verre de Jack
Neuf heures du mat’, le sunrise mais j’m’en bats les couilles »

Il a le succès, il a les femmes, mais malgré ça, il a besoin de fumer, de boire, et surtout, malgré le fait qu’il ait facilement tout ce qu’il souhaite : « il s’en bat les couilles ». Mais c’est le cas pour tous leurs autres désirs : ici, les femmes, mais N.O.S nous parlera aussi des voyages, qui font rêver tous ceux qui ne peuvent pas s’en offrir ; maintenant qu’il peut visiter le monde, ça l’ennuie :

« J’fais le tour du monde, je m’enfume, je m’ennuie » – PNL (N.O.S) – 91’s

D’après eux donc, quand on obtient ce que l’on désire, on s’ennuie…

Schopenhauer disait aussi:

« Avant tout, nul être humain n’est heureux. Il aspire sa vie entière, à un prétendu bonheur qu’il atteint rarement, et quand il l’atteint, c’est seulement pour être déçu…

finissant sa phrase ainsi :

…mais en règle générale, chacun finit par rentrer au port après avoir fait naufrage… »

C’est ici que vient le deuxième lien entre le bonheur de Schopenhauer et celui des deux frères, même plus que ça, puisque c’est ce qui constitue la majorité de leur dernier album :

Le regret du passé

Après « Dans la légende« , on pouvait s’attendre à un album encore plus « ambitieux », non pas dans la forme, mais dans les textes. Ils avaient le monde, que pourront-ils nous dire dans le prochain ? Or, ils ont un peu pris à contre-pied cette attente, puisque la majorité de l’album « Deux frères » nous parle du passé… Cette introspection, nous montre une sorte de regret du passé, alors que celui-ci était bien plus difficile : ils ont grandi sans leur mère, dans la misère, en travaillant dans l’illégal…

Mowgli semblait donc aller mieux dans la jungle…

Ils ont le monde, ils sont au sommet ; maintenant, ce qu’ils souhaitent, c’est rentrer à la maison, et on retrouve cette nostalgie dans tout l’album, notamment dans « Chang » , dans lequel leur passé, et surtout leur enfance, leur manque.

Mais on retrouve cette nostalgie tout au long de Deux frères, et même de leur discographie.

« Maintenant, j’remplis des salles mais tu sais ma vie me manque » – PNL (N.O.S) – Cœurs

« En effet, de même que les poissons ne sont bien que dans l’eau, l’oiseau seulement dans l’air, la taupe uniquement sous terre, ainsi chaque homme ne se sent bien que dans l’atmosphère appropriée pour lui. » – Schopenhauer

« Au final qu’est-c’qu’on devient ? Quand on voit tout on revient » – PNL (Ademo) – Cœurs

Ils voulaient la richesse… maintenant qu’ils l’ont, leur passé difficile, certes, mais accompagné de bons moments, manque à leur quotidien.

Les deux frères sont donc, encore une fois, d’après leurs dires et d’après cette théorie, condamnés au malheur. Et c’est donc après tous ces aspects de leur pensée, de la vie, que nous vient le thème même de l’article :

Le bonheur n’existe pas

Ils ont tout essayé, ils ont désiré, ils ont obtenu, mais rien n’y fait : ils ont été, ils sont tristes et ils s’ennuient.

« Le désir, de sa nature, est souffrance ; la satisfaction engendre bien vite la satiété ; le but était illusoire ; la possession lui enlève son attrait ; le désir renaît sous une forme nouvelle, et avec lui le besoin ; sinon, c’est le dégoût, le vide, l’ennui, ennemis plus rudes encore que le besoin. » – Schopenhauer

Quand ils ont désiré, ils ont souffert ; quand ils ont obtenu, ils se sont ennuyés, et le moment de leur vie dans lequel ils ont désiré leur manque : c’est sans fin. On ne se rend compte que l’on a été heureux qu’après l’avoir été, et on ne l’est jamais sur le moment, toujours désireux de nouvelles choses, ou alors en proie à l’ennui éternel.

« J’course le bonheur, j’fais comme Titi et Grominet » – PNL (Ademo) – Tempête

Cette image qui paraît simple résume parfaitement la situation : dans le dessin animé Titi et Grominet, Grominet court indéfiniment après Titi sans jamais parvenir à l’attraper. Au fil des épisodes, au fil de la vie, on le comprend : Il est impossible à attraper.

« J’ai goûté, j’aime plus, un jour j’regretterai, pour l’instant je doute, un jour, j’regretterai » – PNL (N.O.S) – Zoulou Tchaing

Ils ont donc goûté à ce qu’ils cherchaient, mais ils s’en sont lassés, il s’ennuient, mais savent que s’ils le perdent, s’il redeviennent pauvres, s’ils se retrouvent à nouveau à vendre dans leur hall, c’est ce nouveau passé, celui où ils avaient le succès, qui va leur manquer.

Rien n’y fait donc, rien ne les rendra heureux.

« J’sors un sourire, j’me dis qu’il est faux, c’est pas normal d’être si malheureux » – PNL (Ademo) – La misère est si belle

Aussi, pour Schopenhauer, si ce bonheur est impossible, c’est aussi car dans la vie, on ne voit que ce qui est douloureux, ce qui est mauvais:

 » Nous sentons la douleur, mais non l’absence de douleur ; le souci, mais non l’absence de souci ; la crainte, mais non la sécurité. Nous ressentons le désir, comme nous ressentons la faim et la soif ; mais le désir est-il rempli, aussitôt il en advient de lui comme de ces morceaux goûtés par nous et qui cessent d’exister pour notre sensibilité » – Schopenhauer

« Faut que j’apprenne à kiffer ma vie, des fois, à oublier la sère-mi. Mais bon tu sais, pas si facile, quand j’pense à c’que mes frères, sœurs vivent » – PNL (N.O.S) – Capuche

Autrement dit, d’après eux, on ne pense jamais à ce qui va bien : ils sont en bonne santé, ont le succès etc. mais ils penseront toujours à ce qui ne va pas ; ici pour PNL, c’est quelque chose d’assez gros, puisqu’ils parlent de la misère que peuvent connaître les autres. Ce qui créé un nouveau malheur chez eux, c’est celui des autres. 

Mais cette théorie marche dans un sens plus large, on ne ressent que la douleur: cet autre site philosophique nous explique cette théorie partagée par les rappeurs et le philosophe :

« Vous venez de vous couper le doigt avec une feuille en papier. Savez-vous pourquoi vous restez focalisé pendant mille ans sur une minuscule coupure alors que tout votre corps va bien ?

Tout simplement, parce que nous sentons la douleur de notre doigt, et nous sommes incapables de sentir la bonne santé générale de notre corps — votre intestin grêle ne vous envoie pas de signe pour vous dire qu’il va parfaitement bien. Et c’est pareil dans notre quotidien. Plutôt que d’apprécier notre vie confortable et le bonheur que cela procure, nous sommes chagrinés par la tache de vin rouge sur le canapé acheté récemment… Sans voir que nous avons autour de nous tout ce qu’il nous faut. »

 

C’est donc ici que se termine cette explication sur le bonheur impossible des deux frères, qui, malgré leur destin incroyable, ne parviennent pas à être heureux.

Si vous avez fini de lire cet article, vous êtes donc logiquement déprimé, et la vie vient de perdre tout son sens. On va donc finir avec le même mood et une phrase pleine d’espoir de Schopenhauer :

« Le seul bonheur est de ne pas naître. »

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Oldpee revient encore plus « Dur »

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À l’occasion de sa série « Binbinks », Oldpee veut marquer les esprits de ce début d’année avec le cinquième opus de la saga.

Dans ce nouveau visuel réalisé par Alan Cohen, le rappeur sevrannais continue d’affirmer son identité, à coups d’égotrip sur sonorité trap mêlés à une attitude et des flows nonchalants. La performance du rappeur doit être autant soulignée que la production minimaliste mais efficace de DJ Morex & B.A.

Si j’pose mes péchés sur la table, j’suis presque sur qu’elle s’fissure

La D.A du clip permet à Oldpee d’exprimer sa singularité, notamment par sa gestuelle. Ce visuel continue de dessiner les contours de la direction que va prendre le rappeur pour 2022. Il semble très à l’aise dans une ambiance sombre et sobre à la fois. L’aspect nonchalant de l’artiste donne du relief à des références qui se veulent plus légères :

Ca t’allume au clair de la lune

Nous pouvons également souligner la présence de Da Uzi aux côtés d’Oldpee. 3 ans après la compilation « 93 Empire », la scène sevrannaise montre sa facilité pour collaborer. Peut-on y voir un potentiel feat sur le premier projet solo du membre de 13Block ? Au final, ce visuel, avec le morceau qui l’accompagne, semble être le parfait compromis pour Oldpee. D’un côté, il ne devrait pas perdre les fans l’ayant découvert en groupe, et de l’autre côté, il affirme lentement et sûrement son attitude plus singulière.

Le morceau IGGY de Oldpee est disponible sur toutes les plateformes en cliquant ici.

Dans le reste de l’actualité : TUNNEL, l’exposition du photographe Fifou du 21 au 23 janvier

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Jazzy Bazz revient avec Memoria

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L’année démarre sous le meilleur des auspices pour le rap français, puisque Jazzy Bazz nous dévoile en ce 21 Janvier son dernier album : Memoria.

 Composé de 17 tracks, ce projet riche en featurings conquiert déjà les fans et trouvera forcément de nouveaux adeptes grâce à ses différents titres, mais également de par la versatilité de ses nombreux invités. En effet, on peut y retrouver des collaborations venant directement de l’Entourage proche du rappeur, tel que Alpha Wann ou Nekfeu, mais également EDGE ou plus récemment Rodbloc ainsi que d’autres invités un peu plus surprenants mais tout aussi intéressants comme Laylow et Josman. 

3 ans, 4 mois et 14 jours, c’est le temps qu’il aura fallu à Jazzy Bazz pour se livrer à l’exercice d’un nouvel album solo, son précédent projet Nuit étant sorti le 7 septembre 2018. Cependant durant cette période, le rappeur originaire du nord est parisien ne s’était pas reposé sur ses acquis , se renouvelant constamment et nous proposant divers aperçus de ce que pouvait laisser entrevoir la suite, avec notamment les 3 minis EP Mémento ainsi que le projet Private Club, en collaboration avec EDGE & Esso Luxueux.

Comme à son habitude avant la sortie d’un album, Jazzy Bazz annonçait la couleur avec son freestyle sobrement nommé 1989, ou encore Panorama et son clip avec Alpha Wann, que l’on retrouve à la track n°3 de Memoria.

Se montrant plus égo trip que jamais mais également introspectif, l’ancien membre de l’Entourage débite ses flows avec polyvalence sur des prods riches et variées de 13 différents beatmakers. Parmi eux, sur l’équivalent de 7 tracks, on retrouve Johnny Ola dont l’emprunte se retrouve dans le projet.

Désormais disponible sur toutes les plateformes, Memoria est un album qui a su nous convaincre et qui, nous en sommes persuadés, vieillira certainement très bien avec le temps. 

Dans le reste de l’actualité : Qu’attendre du retour de PNL ?

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Kikesa fait son retour pour « L’Anniversaire de Julie »

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2 ans après son premier album Puzzle, Kikesa revient en solo avec un long couplet introspectif sur « L’Anniversaire de Julie ».

Originaire de Nancy, le rappeur s’était mis en retrait fin 2020 pour des soucis de santé. Ce dernier avait rempli l’Olympia en fin d’année 2019, salle qu’il retrouvera très vite avec une date programmée pour le 27 novembre prochain.

Accompagné de Rubi, son amie d’enfance, Kikesa raconte autant son attraction que son dégoût pour la solitude. Ce personnage fictif pourrait dessiner le fil rouge du prochain album du rappeur. Si Rubi l’accompagne déjà dans ses visuels, pourquoi ne pas imaginer une collaboration sur plusieurs sons ? De plus, Kikesa se sert de cette personnification pour rapper ce qui lui traverse l’esprit avec un ton acerbe :

« Bienvenue dans le milieu, où dire j’aime bien ton taf, c’est sucer des bites »

Le visuel gagne en efficacité en n’ayant pas surjouer les effets techniques, que ce soit sur le tournage ou au montage. L’idée de retranscrire l’émotion du rappeur fonctionne. S’il est constamment entouré, le monde qui l’entoure renfonce la sensation d’être seul, parfois incompris.

Bien que ce titre se veut introspectif, il ne devrait pas manquer de toucher la fanbase de l’artiste par son aspect universel. Avec ce premier titre, Kikesa pose les premières pierres de l’univers de son prochain projet qui devrait sortir pour le premier semestre 2022.

Le morceau L’ANNIVERSAIRE DE JULIE de Kikesa est disponible sur toutes les plateformes.

Dans le reste de l’actualité : TUNNEL, l’exposition du photographe Fifou du 21 au 23 janvier

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