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Tawsen vient compléter sa trilogie sur l’amour avec « Al Najma » – Interview

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Ce jeune artiste bruxellois d’origine marocaine et italienne a sorti son nouveau projet Al Najma le 22 janvier dernier. Ce troisième EP vient compléter une trilogie sur l’amour après la sortie de Al Warda et Al Mawja en 2019 et 2020. C’est à cette occasion qu’il nous a consacré un peu de son temps pour parler musique, amour et avenir.

 

RAPLUME : Dans tes sons, tu parles principalement d’amour, de rupture, de tristesse etc… Pourquoi ces sujets là t’inspirent? Est-ce que pour toi c’est plus évident d’écrire à propos de sujets tristes ?
TAWSEN : Les premiers morceaux que j’ai fait, il y a deux, trois ans, c’était sur ces sujets-là. Je pense qu’il y a une petite facilité dans l’écriture ou dans le fait de s’exprimer sur ces sujets-là mais c’était aussi un choix parce que je me suis inspiré de The Weeknd et de sa trilogie. Je me suis dis, et si je faisais une trilogie que sur l’amour : le côté positif, négatif, contradictoire… Et je pense que c’est ça la raison pour laquelle quand tu écoutes mes sons, tu dis te dis « ah c’est beaucoup ». Mais en vrai, il y a quelques morceaux dans lesquels je parle d’autres choses, de moi, du succès… Et maintenant que la trilogie est terminée, je vais pouvoir explorer d’autres thèmes aussi mais c’est clair l’amour sera toujours là moi je kiffe ça. Les plus grosses chansons de l’histoire de la musique sont des chansons d’amour, moi j’ai envie de toucher un maximum de personnes et je pense que c’est avec l’amour que j’arriverai à le faire. Mais maintenant je vais parler d’autres choses, je pense que les gens ont envie de découvrir ce qui se cache derrière ce cœur…

 

RAPLUME : La femme est souvent mise en avant dans tes morceaux, dans tes clips, dans ton univers entier finalement. Pour toi la femme elle représente quoi ? 
TAWSEN : J’ai grandi autour de femmes donc c’est très important pour moi. Chacun peut avoir un avis par rapport à la place de la femme dans le milieu musical urbain ou pop… Quand je discute avec les realisateurs, je leur dis : « Il y a mon nom, il y a ma gueule, après, mets la femme en avant, c’est elle le protagoniste, il faut que la caméra tourne autour d’elle parce que je me dis que si je peux contribuer un peu au changement de la place de la femme, je vais le faire mais c’est pas quelque chose que je prévois, pour moi c’est naturel.https://raplume.eu/article/tawsen-vient-completer-sa-trilogie-sur-lamour-avec-al-najma-interview/
RAPLUME : Tu as découvert la musique tard et ça fait seulement 4 ans que tu en fais. Pourquoi tu as eu ce déclic ? Et qu’est-ce que la musique t’apporte dans ta vie aujourd’hui ? 
TAWSEN : Grâce à la musique je peux m’acheter beaucoup de vêtements… Ahah non je rigole. Aujourd’hui j’ai l’impression que c’est une des seules choses que je fais bien. J’ai déjà pensé à arrêter à un moment, je me suis dis « ah en vérité, beaucoup trop de travail pour « rien », mais le lendemain j’étais déjà en train de faire de la musique et là tu te dis « ah ok d’accord c’est problématique »… Du coup oui ça a une grande importance et maintenant j’essaie encore de voir ça comme un hobby, je n’ai pas envie de me lancer à 100% dedans et de me prendre une grosse tarte face à la réalité. Car aujourd’hui tu as le buzz, demain tu l’a plus… Aujourd’hui tu fais une interview écrite, demain une interview vidéo… Tu montes les échelons !

 

 

RAPLUME : Les deux premiers extraits de ton 3ème EP, « Sailor Moon » et « La Météo » sont tous les deux différents. Le premier est plutôt dansant, festif alors que le deuxième est beaucoup plus mélancolique. Est-ce que tout l’EP va être à l’image de ces deux extraits ? Un mélange de fête et de tristesse ?

TAWSEN : Totalement ! Moi je kiff Stromae… Là tu te dis mais qu’est-ce qu’il raconte ? Stromae on a tous dansé sur Papaoutai, tu vois le texte comment il est, triste et pourtant tu danses dessus ! J’aime bien ce petit mélange là. Il y a deux morceaux qui sont un peu dansants mais tout le reste oui ça chiale et ça danse quoi.

 

RAPLUME : Dans quel état d’esprit étais-tu quand tu as réalisé cet EP ? Est-ce que le confinement a été bénéfique pour toi artistiquement parlant ? Et quelle a été la différence avec les deux premiers EP dans ton processus de création ? 

TAWSEN : Je venais de sortir le deuxième EP (en novembre), du coup avoir une petite pause c’était cool, après je te mens pas que moi j’avais respecté le confinement mais j’aurais peut-être pas dû parce que j’étais dans un état d’esprit très renfermé. Moi j’ai besoin de sortir. J’écris beaucoup en marchant, dehors, j’arrive pas trop à écrire quand je suis assis, je dois bouger, danser, même quand j’enregistre j’ai besoin d’espace… Donc on va dire les premiers 6 mois de l’année c’était pas ouf et une fois qu’on a été déconfinés, on en a profité directement, on a fait un petit camp, on s’est pris une villa et c’était 10 jours, 10 morceaux. Et c’est sorti naturellement parce que pendant 6 mois on a rien fait donc c’était très cool.

 

RAPLUME : Tu sors ton projet le même jour que deux autres artistes bruxellois émergeants, Frenetik et YG Pablo. Ça te fait quoi de voir cette nouvelle génération qui a un tel succès ?

TAWSEN : Je suis content,  surtout la nouvelle génération belge en plus ! C’est très cool, moi je l’attendais depuis très longtemps, quand j’ai commencé avec mon groupe, c’était environ 1 an avant l’arrivée de Damso, on écoutait déjà Hamza, il était déjà connu à Bruxelles. On a vu les Hamza, Damso, Caballero & JeanJass, Roméo Elvis, tu vois pour moi c’était eux le Top 5 des mecs puis il y a eu le succès  d’Angèle etc… Je pense, que ce soit Frenetik, YG Pablo ou moi, on a tous été inspirés par eux. On s’est tous dit maintenant on doit bosser pour y arriver, et ça nous a pris 4-5 ans. Après c’était pas du tout fait exprès mais le fait qu’on sorte tous les trois notre projet le même jour et qu’on est tous les trois bruxellois c’est un « statement », ça veut dire qu’on arrive, les français faites gaffe…

 

RAPLUME : Tu as récemment fêté les 10 millions de vues du clip de « Safe Salina ». Comment expliques-tu qu’il soit devenu ta plus belle réussite sur YouTube ?

TAWSEN : Je pense que c’est l’afrobeat. Moi j’avais découvert l’afrobeat l’été même avant de faire ce son, je me souviens c’était à une soirée spéciale « album de Burna Boy » et moi j’aime toujours tester des nouvelles choses… J’ai été voir mon beatmaker et je lui ai dis « tu sais quoi demain je viens chez toi », parce que je voyais comment les gens ils bougeaient… Et je me suis dis le mec il chante sur des chansons love exactement comme ce que je fais alors je dois tester. Le beatmaker arrive il fait le truc et en 30 minutes c’était fait. Quand tu sors du studio avec 3 prises du début à la fin sans cut, sans rien, tu te dis c’est bizarre parce qu’avec les autres morceaux j’ai jamais fait ça. Quand j’ai écouté je me suis dis ouais je pense que tout est aligné et une fois que le son est sorti, les gens le soir même c’était « Safe Salina » sur twitter. On l’a clippé, je l’ai chanté sur le plateau de Clique, 1 million de vues en 3 semaines, qu’est-ce que tu veux que je te dise, j’suis une star !

 

RAPLUME : Après le succès de « Safe Salina », tu as dévoilé 3 remix en collaboration avec des artistes marocains, nigérians et italiens. Ça te tenait à cœur d’exporter ta musique, mais aussi d’y intégrer d’autres cultures ?

TAWSEN : Moi mon but c’est d’être Mickael Jackson. C’est marrant mais je préfère le dire directement, cash. Pour moi la France c’est juste un pays comme les autres. Musicalement aujourd’hui grâce à internet tu peux toucher tout le monde. Et du coup une fois que tu fais de la musique en pensant à ça tu te dis bah c’est pas grave je le fais, je mélange, je mets ce mot là parce que la vibe, la mélodie, la prod pour moi prévaut sur la barrière de la langue. Il est vrai que je suis italien, marocain, belge donc je parle 3 langues. Pour moi c’est important d’être partout, dans mes streams je pense que je suis plus écouté au Pays-Bas qu’en France. Même en Finlande, en Allemagne, en Norvège…

RAPLUME : On te classe souvent entre raï, pop et rap. Mais toi, tu te placerais où par rapport à tout ça ?
TAWSEN : Moi ? Dans mon lit à regarder Netflix. Si je pouvais choisir, je serais dans la pop. Parce que c’est ce que je fais, de la musique populaire, qui parle à tout le monde, peu importe le style. Mais j’ai l’impression que pour faire de la pop en France faut avoir un certain profil, et quand t’as un autre profil, c’est « urbain », et s’il y a bien un terme que je déteste c’est « la pop urbaine », c’est très rabaissant. Mais moi je me suis dis « vous savez quoi vous voulez me mettre dans une case ? » Rai, Rap, Urbain… Je vais en créer une moi-même, le « néo-rai ». Je te cache pas que c’est fait exprès pour que les gens se disent on doit me mettre dans une catégorie bah mettez-moi dans la mienne. Je suis Tawsen, je fais du « néo-rai », qu’est-ce que c’est ? Je sais pas, écoutez ma musique. Mais l’idée c’est d’être nommé aux Victoire de la musique avec des Angèle et Julien doré !

 

RAPLUME : Là tu viens clore une trilogie avec ce troisième EP. C’est quoi la suite ? Un album ?

TAWSEN : Des vacances aux Bahamas ! La suite logique c’est des albums, mais là pour le moment j’ai juste envie de faire de la musique. J’ai passé 3 EP à être tout seul dans mes projets, pas de feat, je voulais une carte de visite vierge. Maintenant j’ai envie de me mélanger avec les gens ! Faire des mélanges de style etc… Pour le moment c’est ma priorité.

 

Photos : Roxane Peyronnenc

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Moha MMZ démarre fort en solo avec « EUPHORIA »

Antoine

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Connu pour sa carrière de groupe aux côtés de son acolyte Lazer, Moha MMZ débute aujourd’hui son parcours solitaire avec EUPHORIA.

Dans la musique, le passage d’un projet de groupe à une carrière solo s’avère souvent quitte ou double. Après avoir fait ses armes avec plusieurs projets de groupe, celui qui se faisait appeler Pti Moha en 2015 sur Que la mif de PNL sort aujourd’hui son premier album solo : EUPHORIA. Un nouveau challenge pour le rappeur, challenge qu’avait aussi entrepris son acolyte Lazer l’année dernière avec un EP Zéro Pression.

Respire, demain sera meilleur ou juste moins pire

Réputé pour sa maîtrise de la mélodie, le jeune homme originaire des Tarterêts n’y déroge pas et conserve toute son ADN au sein de son premier album en solitaire. Variant les ambiances et les flows, le rappeur propose également plusieurs prises de risque réussies, du refrain de DORE à celui de BUG pour ne citer qu’eux. « Toujours les mêmes pâtes dans les mêmes plats » … Imprégné de la fibre QLF, on retrouve également N.KF au mix de l’album et BBP dans certaines productions.

Au nombre de 2, les featurings savamment choisis s’intègrent sans faute dans la tracklist, que ce soit l’ensoleillé VIBES avec RKM de DTF ou le mélancolique GALERES aux côtés de Zed, membre éminent du collectif 13 Block.

Au delà des textes, son univers se révèle également via ses clips, en témoigne le dernier en date tourné dans les forêts norvégiennes, illustration de la froideur du titre CAUCHEMAR.

Très attaché à l’indépendance, Moha a fondé son label SPRT ZOO et son studio La Salle Du Temps, et a accompagné la sortie de son album d’un merchandising exclusif. Etape importante dans son parcours artistique, le jeune artiste délivre un premier album solide et prometteur à seulement 24 ans, annonciateur de belles choses pour la suite de sa carrière.

L’album EUPHORIA de Moha MMZ est disponible sur toutes les plateformes de streaming.

Dans le reste de l’actualité : Jazzy Bazz revient avec Memoria

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Green Montana toujours aussi efficace dans « Waldorf Astoria »

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Green Montana est de retour avec « Waldorf Astoria » sept mois après la sortie de MELANCHOLIA 999, en juin dernier. Parlons-en. (suite…)

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Oldpee revient encore plus « Dur »

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À l’occasion de sa série « Binbinks », Oldpee veut marquer les esprits de ce début d’année avec le cinquième opus de la saga.

Dans ce nouveau visuel réalisé par Alan Cohen, le rappeur sevrannais continue d’affirmer son identité, à coups d’égotrip sur sonorité trap mêlés à une attitude et des flows nonchalants. La performance du rappeur doit être autant soulignée que la production minimaliste mais efficace de DJ Morex & B.A.

Si j’pose mes péchés sur la table, j’suis presque sur qu’elle s’fissure

La D.A du clip permet à Oldpee d’exprimer sa singularité, notamment par sa gestuelle. Ce visuel continue de dessiner les contours de la direction que va prendre le rappeur pour 2022. Il semble très à l’aise dans une ambiance sombre et sobre à la fois. L’aspect nonchalant de l’artiste donne du relief à des références qui se veulent plus légères :

Ca t’allume au clair de la lune

Nous pouvons également souligner la présence de Da Uzi aux côtés d’Oldpee. 3 ans après la compilation « 93 Empire », la scène sevrannaise montre sa facilité pour collaborer. Peut-on y voir un potentiel feat sur le premier projet solo du membre de 13Block ? Au final, ce visuel, avec le morceau qui l’accompagne, semble être le parfait compromis pour Oldpee. D’un côté, il ne devrait pas perdre les fans l’ayant découvert en groupe, et de l’autre côté, il affirme lentement et sûrement son attitude plus singulière.

Le morceau IGGY de Oldpee est disponible sur toutes les plateformes en cliquant ici.

Dans le reste de l’actualité : TUNNEL, l’exposition du photographe Fifou du 21 au 23 janvier

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