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2020, le second souffle de l’EP ?

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Après un premier semestre 2020 inédit, l’industrie musicale a du se retrousser les manches pour tenter d’alimenter son économie. Interdit de concerts et de festivals, la solution se trouve désormais sur les plateformes. Bon nombre d’artistes, tel que Roméo Elvis, Leto ou encore Oboy , ont adopté la formule de l’EP. Format aussi âgé que son industrie, il connait un souffle à travers les récents évènements. 

 

Qu’est-ce qu’un EP ? 

La définition s’est vue adapter avec le temps, avec les variations du monde de la musique. Pour résumer, il s’agit d’un projet allant de 5 à 10 titres, d’environ 15 à 30 minutes. Ce format diffère de la mixtape par la direction artistique. En effet, contrairement à une mixtape, où l’artiste jouit d’une liberté totale (on peut parler de compilation), l’EP requiert un fil conducteur qui lie les tracks par un thème ou une couleur. 

Souvent réservé au digital, l’EP sert autant à élargir la fanbase de l’artiste, qu’à combler l’attente d’un album, ou bien à dévoiler une expérimentation. Aussi large qu’il soit, il donne un coup de frais à l’actualité 

Pourquoi ce succès fulgurant ?

Il y a quelques années, Booba parlait de l’avantage de sortir des singles, dans une émission de radio. Le Duc avait moins de remords à varier les styles selon ses envies sans avoir la pression de sortir un album. Lentement mais sûrement, la justification de l’EP s’est créée. 

Avec la suspension des concerts et une chute imprévue du streaming, ce début d’année fut chaotique pour l’industrie musicale. C’est à travers ce besoin d’exister pour les artistes, et de vendre pour les labels, que le format a séduit le milieu. Rapide à produire, encore plus à consommer, il remplit les conditions d’un parfait compromis. Par sa courte durée, il permet de faciliter la création d’un univers précis, pouvant donner un second souffle artistique au panel du rappeur. Etant impossible de défendre un quelconque projet sur scène, il fallait séduire l’auditeur directement dans ses écouteursIl permet une régularité fréquente plus facile à maintenir qu’avec des albums. 

Quel avenir pour le format ? 

Ce second souffle a permis de donner une nouvelle image à l’EP, faisant partie des rares bonnes nouvelles de 2020. On peut lui espérer un beau futur, autant pour les auditeurs que pour les artistes, par sa diversité d’utilisation, comme Hamza en sortant un EP consacré à la Drillqui a connu un franc succès. Avec les sorties de projets qui se font toujours de plus en plus nombreuses, sa courte durée séduira les auditeurs plus curieux que fans, facilitant la découverte d’une approche artistique.  

Est-ce que l’on pourrait se dire surpris de voir un artiste comme Heuss L’Enfoiré se diriger vers une série de singles sans courir après les projets ? Ce dernier a démontré en 2019 qu’il était possible de rester en lumière à travers de nombreuses collaborations efficaces. 

A ce niveau, les featurings ont « américanisé » l’industrie en multipliant des connexions jusqu’ici peu exploitées. Cette tendance du single peut paraitre étrange quand on connaît la mise en avant des longs formats par l’algorithme des plateformes de streaming, à l’image de Naps

En dehors des intérêts financiers, ce format incarne une vraie solution pour les artistes. Ces dernières semaines, ce même format a été décliné sous plusieurs aspects : en projet évolutif par Youv Dee, en compilation d’été par Oboy, etc… Si la mixtape permet des expériences, l’EP crée un pont entre les artistes, ayant une forte proposition, et les auditeurs.

Finalement, pourrait-on voir l’EP remplacer l’album dans le cœur des auditeurs ? Le plus prestigieux des formats conserve une longueur d’avance par son statut noble, souvent symbole d’accomplissement.  

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Moha MMZ démarre fort en solo avec « EUPHORIA »

Antoine

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Connu pour sa carrière de groupe aux côtés de son acolyte Lazer, Moha MMZ débute aujourd’hui son parcours solitaire avec EUPHORIA.

Dans la musique, le passage d’un projet de groupe à une carrière solo s’avère souvent quitte ou double. Après avoir fait ses armes avec plusieurs projets de groupe, celui qui se faisait appeler Pti Moha en 2015 sur Que la mif de PNL sort aujourd’hui son premier album solo : EUPHORIA. Un nouveau challenge pour le rappeur, challenge qu’avait aussi entrepris son acolyte Lazer l’année dernière avec un EP Zéro Pression.

Respire, demain sera meilleur ou juste moins pire

Réputé pour sa maîtrise de la mélodie, le jeune homme originaire des Tarterêts n’y déroge pas et conserve toute son ADN au sein de son premier album en solitaire. Variant les ambiances et les flows, le rappeur propose également plusieurs prises de risque réussies, du refrain de DORE à celui de BUG pour ne citer qu’eux. « Toujours les mêmes pâtes dans les mêmes plats » … Imprégné de la fibre QLF, on retrouve également N.KF au mix de l’album et BBP dans certaines productions.

Au nombre de 2, les featurings savamment choisis s’intègrent sans faute dans la tracklist, que ce soit l’ensoleillé VIBES avec RKM de DTF ou le mélancolique GALERES aux côtés de Zed, membre éminent du collectif 13 Block.

Au delà des textes, son univers se révèle également via ses clips, en témoigne le dernier en date tourné dans les forêts norvégiennes, illustration de la froideur du titre CAUCHEMAR.

Très attaché à l’indépendance, Moha a fondé son label SPRT ZOO et son studio La Salle Du Temps, et a accompagné la sortie de son album d’un merchandising exclusif. Etape importante dans son parcours artistique, le jeune artiste délivre un premier album solide et prometteur à seulement 24 ans, annonciateur de belles choses pour la suite de sa carrière.

L’album EUPHORIA de Moha MMZ est disponible sur toutes les plateformes de streaming.

Dans le reste de l’actualité : Jazzy Bazz revient avec Memoria

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Green Montana toujours aussi efficace dans « Waldorf Astoria »

Nicolas Rispal

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Green Montana est de retour avec « Waldorf Astoria » sept mois après la sortie de MELANCHOLIA 999, en juin dernier. Parlons-en. (suite…)

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Oldpee revient encore plus « Dur »

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À l’occasion de sa série « Binbinks », Oldpee veut marquer les esprits de ce début d’année avec le cinquième opus de la saga.

Dans ce nouveau visuel réalisé par Alan Cohen, le rappeur sevrannais continue d’affirmer son identité, à coups d’égotrip sur sonorité trap mêlés à une attitude et des flows nonchalants. La performance du rappeur doit être autant soulignée que la production minimaliste mais efficace de DJ Morex & B.A.

Si j’pose mes péchés sur la table, j’suis presque sur qu’elle s’fissure

La D.A du clip permet à Oldpee d’exprimer sa singularité, notamment par sa gestuelle. Ce visuel continue de dessiner les contours de la direction que va prendre le rappeur pour 2022. Il semble très à l’aise dans une ambiance sombre et sobre à la fois. L’aspect nonchalant de l’artiste donne du relief à des références qui se veulent plus légères :

Ca t’allume au clair de la lune

Nous pouvons également souligner la présence de Da Uzi aux côtés d’Oldpee. 3 ans après la compilation « 93 Empire », la scène sevrannaise montre sa facilité pour collaborer. Peut-on y voir un potentiel feat sur le premier projet solo du membre de 13Block ? Au final, ce visuel, avec le morceau qui l’accompagne, semble être le parfait compromis pour Oldpee. D’un côté, il ne devrait pas perdre les fans l’ayant découvert en groupe, et de l’autre côté, il affirme lentement et sûrement son attitude plus singulière.

Le morceau IGGY de Oldpee est disponible sur toutes les plateformes en cliquant ici.

Dans le reste de l’actualité : TUNNEL, l’exposition du photographe Fifou du 21 au 23 janvier

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