Avec ce nouvel album, Lefa mérite plus de Fame

Après la récente sortie du nouvel album de Black M, c’est autour d’un autre membre de la Sexion d’Assaut de sortir son nouveau projet. Lefa a sorti en ce 18 octobre 2019 son quatrième album solo intitulé « Fame« .

 

 

Depuis son dernier album 3duMat, on voit que le fait d’avoir créé son propre label a changé la création artistique de Lefa. On le découvre de plus en plus libre et créatif dans sa carrière, et cet album en est la confirmation.

 

En effet, tout d’abord sous l’aspect promotionnel de ce second projet, il l’a teasé avec un EP nommé « Next album est dans mon phone » composé de 4 titres. Cet EP est sorti quasiment 1 an après la sortie de 3duMat, afin de montrer que son nouvel album était en préparation.

Ensuite, c’est en juin 2019 qu’il sort le premier extrait de ce nouveau projet : « Fame », qui sera donc le morceau éponyme de son quatrième album. La mélodie de ce morceau ressemble à la première mélodie de 2h00 (son sur l’album 3duMat), et nous rappelle que Lefa est sûrement l’un des plus gros kickeurs du rap francophone avec une grosse performance sur ce son. De plus, son format est très nouveau pour Lefa : le clip est une première partie d’un court-métrage, avec une intrigue portant autour d’une drogue : la « peacock« , substance à base de plume de paon. Ajoutons que la première scène de Fame montre une femme entrain de se mettre certaines gouttes dans les yeux, tout comme Lefa sur sa cover. La suite de ce court-métrage est teasé à la fin du clip, avec l’apparition d’un certain rappeur révélant la première collaboration de ce nouvel album : Vald, qui vient aussi de sortir son nouvel album.

 

Les fans n’ont pas eu à patienter longtemps puisque seulement deux semaines après, Lefa sort la suite de ce clip qui est donc aussi ce featuring avec Vald intitulé Bitch. Il s’agit là de l’un des sons les plus écoutés de cet été 2019. On découvre un Vald très bon acteur qui incarne le rôle du camé, vous aurez plus d’informations sur ce court-métrage et sur cette collaboration en cliquant ici.

Le dernier extrait est diffusé deux jours avant la sortie de l’album : Mauvais, dont le clip est aussi un story-telling avec une jeune fille où il n’est pas considéré comme un être humain. Les effets spéciaux sur son visage sont d’une grande qualité et témoignent de tout ce travail au détail sur l’aspect visuel du projet.

 

Finalement, la conception de l’imagerie autour de cet album est très cinématographique. C’est une première touche d’originalité pour ce nouveau projet, dont les feats ont été annoncés sous la forme d’un teaser avec des affiches de films dans un cinéma :

 

 

Lefa n’est pas si éloigné de Vald en y regardant de plus près : ces deux rappeurs ont apporté une influence du cinéma sur leur projet (cliquez ici pour plus d’informations à ce sujet pour Vald), ce qui se fait aussi beaucoup en ce moment (Nekfeu et son film et sa carrière d’acteur, Sneazzy et son premier rôle, Kery James avec son film « Banlieusards » etc …), et leur dernier clip met en scène des meurtres. De plus, tout comme Vald avec Seezy, Lefa travaille la majorité de son temps avec un seul beatmaker : MKL, qui a entièrement produit 3duMat, son premier album sous son propre label. Sur Fame, il a produit l’intégralité des tracks excepté Trip. Enfin, avec son court-métrage, et les thématiques de son album, Lefa aussi porte une critique sur notre société.

 

L’album

 

Tout d’abord, il faut mettre en valeur la qualité de production de MKL sur les sons de l’album. Il y a un vrai travail sur la recherche artistique pour trouver des sonorités originales, qui permet au projet d’avoir une certaine variété dans son aspect musical, avec des couleurs différentes.

 

Les collaborations aussi ne déçoivent pas. En effet, Lefa a encore ramené des artistes du moment de la scène rap actuelle, comme il l’avait fait sur 3duMat en invitant Orelsan (Potentiel), Sneazzy (Balle au pied), Lomepal (Paradise) ou encore S.Pri Noir (J’me téléporte). Il avait aussi invité les deux membres de The Shin Sekaï, le maintenant très connu Dadju (J’me téléporte) et Abou Tall (Insomnie). Du beau monde qui avait fait du bruit à la sortie du projet.

Pour Fame, de nouveaux invités très intéressants sont présents, sur une tracklist de 16 morceaux :

 

 

Nous avons donc Vald avec Bitch qui a marqué l’été 2019. C’est une excellente connexion entre les deux rappeurs où ils ont su parfaitement mettre à profit leurs qualités tout en s’entendant au niveau musical. Le son est mélodieux et entêtant, c’est tout ce qu’il fallait pour l’été mais aussi pour promouvoir l’album.

Nous découvrons aussi Caballero et JeanJass sur O&Sune collaboration aussi inattendue qu’intéressante. Les trois rappeurs performent sur l’ego-trip, ils veulent l’oseille et la santé, et ça se voit.

Pour le featuring suivant, nous avons ici un invité très attendu dès son annonce sur le projet : Dosseh sur Spécial, qui commence par rappeler qu’ils sont tous deux des rappeurs sous-côtés, et il a bien raison. Leur voix fusionnent très bien sur le refrain, tandis que Dosseh nous livre un couplet de haut niveau.

On retrouve Abou Tall sur ce projet, mais sur un son en solo appelé Sous la plein lune, un morceau très émouvant. La façon dont il pose sur son refrain rappelle la top line de Jok’Air sur le refrain de Nos souvenirs.

Tayc, un artiste plus axé sur le RnB est invité sur Trip, et apporte une couleur différente au projet par sa voix chantée sur le refrain qui apporte une superbe ambiance. Enfin, Megaski, jeune rappeur signé chez H24 Label (comme Tayc), il est très talentueux et pose avec un flow qui ressemble à Koba LaD, mais il a plus d’un tour dans son sac puisqu’il fait ensuite saturer sa voix. Lui et Lefa kickent sur un même délire, très technique et efficace.

 

En ce qui concerne Lefa sur ses sons solos, le fait que MKL lui apporte des sonorités très mélodieuses donne une autre dimension au style de Lefa : il continue de kicker tout en trouvant des flows chantés, comme sur 3duMat. Sur ce nouvel album, il parvient à nous proposer des sons qui peuvent ambiancer (Sors de ma tête), des sons de rap pur (Course poursuite) ou des sons pour poser l’auditeur (Maniaque). De plus, on découvre un son très original : Château de Versailles, c’est un son qui sort du lot grâce à son instrumentale, son style qui ambiance et surtout sa gimmick sur le refrain qui est très entêtante. Le son raconte sa rencontre avec une fille très riche, qui s’avère être trop riche pour lui.

L’argent est un thème récurrent tout au long de l’album, sous sa forme ego-trip comme dénonciatrice dans cette société de consommation. Lefa traite surtout du sujet de la notoriété (d’où aussi le nom du projet Fame signifiant « Célébrité » en anglais), que ce soit sur lui ou le désir de reconnaissance des autres.

 

Conclusion

 

Depuis que Lefa se produit en solo, nous avons toujours été satisfait et voulu qu’il soit plus reconnu. C’est un artiste présent depuis longtemps avec l’époque de la Sexion d’Assaut, il a toujours su évoluer avec son temps. Cet album témoigne du fait qu’il a réussi à moderniser son style, et qu’aujourd’hui plus que jamais, il est en pleine maîtrise sur celui-ci.

 

La Fame est quelque chose de très aléatoire, des rappeurs connaissent des ascensions fulgurantes tandis que d’autres pourtant talentueux (voir même plus) ne parviennent pas à se hisser au devant de la scène, et Lefa en fait partie d’une certaine façon. Certes, il est très connu grâce à la Sexion d’Assaut, aujourd’hui encore ses clips sont très regardés et ses projets écoutés. Cependant, de par son talent, il n’a pas le succès mérité puisqu’il a les capacités requises pour être écouté au point de pouvoir décrocher de nombreuses certifications, et avoir une grande reconnaissance.

Il fait partie intégrante de ces rappeurs talentueux qui contribue à notre riche patrimoine du rap francophone, et c’est déjà une chance.

 

Vous pouvez (ré)écouter Fame, le quatrième album solo de Lefa, disponible sur toutes les plateformes de streaming en cliquant ici.

 

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