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Fiche de révisions : Les figures de style avec le rap français

Alvaro Mena

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Quand on pense figures de style ou rhétorique en général, on associe forcément ces procédés à la littérature, à nos cours de français, aux grands poètes et auteurs classiques de la langue de Molière… Et l’on se trompe. Parce que les figures de style ne sont pas l’apanage de certains érudits mais sont tous simplement une succession de mots efficace, un procédé beaucoup plus utilisé et répandu qu’on ne le croit, puisque l’on peut en retrouver dans les spots de publicités, la communication, à intérieur des films… et dans le rap.

Ce n’est pas pour rien que le terme de « lyricistes » soit un synonyme de rappeurs, ces artistes sont nombreux à accorder une importance non négligeable à la qualité de leurs textes, cherchant sans cesse à aiguiser toujours mieux leurs plumes. Et le rap, qui était au départ une discipline de rue, rythmée par les battles entre MC’s, repose essentiellement sur le concept de punchline. Qu’est-ce qu’une punchline ? Une manière d’imprimer le propos du rappeur ou de la rappeuse dans la tête de l’auditeur de la manière la plus efficace (voire hardcore) possible. Et pour cela, il n’y a pas 36 moyens : il faut écrire un beau jeu de mots, une belle figure de style.

Ainsi, vous remarquerez que ces figures de style ont toutes un but commun ; celui de renforcer le sens du propos et marquer les esprits par une tournure de style efficace, et pas toujours si compliquée qu’on peut le croire… Vous relèverez peut-être aussi la présence de deux figures de style à la fois dans certaines punchlines, étant donné que certaines cherchent à embellir la forme et d’autres à souligner le fond.

Nous avons donc décidé de vous fournir un tableau de révision de ces figures des style, téléchargeable en PDF ici.

(De plus, si le thème vous intéresse nous vous invitons à jeter un œil au livre de Valentin Martinie traitant de ce même sujet – mais avec d’autres exemples que les nôtres, qui est disponible ici. Illustrations, définitions, exercices : tout y est.)

NB : le ou les terme(s) qui composent la figure de style à l’intérieur d’une phase sont spécifiés en italique.

 

 Figure de style Définition Exemples
ALLEGORIE Représentation d’une idée abstraite par une image concrète (symboles…)

But : concrétiser un concept, le rendre plus accessible et marquant

 « Seul au milieu du passage piéton, la faucheuse me fait des appels de phares » Lomepal – Bécane
ALLITERATION  

Répétition d’un « son consonne »

But : effet de style permettant d’appuyer le propos

« Qui dit tempête dit tonnerre, et toi ta tête est bétonnée. Mais tout en bas de ta tourelle, t‘entendras des tourterelles » Nekfeu – C’est pas un film

« Pour certains la seule solution pour être moins seul dans ce monde triste »    Lacraps – Dans la mêlée

ANAPHORE Répétition d’un ou de plusieurs mots en début de phrase

But : obtenir un effet de renforcement ou de symétrie

 » « Oui, j’t’ai trompé et cela par ta faute »
M’a dit cette pute pour qui sentiments j’avais
M’a dit cette pute pour qui j’ai tant bavé
M’a dit cette pute pour qui j’n’ai fait que passer » Damso – Nwaar Is The New Black

« Un peu d’oseille, un peu de toi
Un peu de haine, un peu de joie
Un peu de elle, un peu de moi
Un peu de peine, un peu d’émoi » Dinos – Spleen

« Chantez-moi, la mauvaise étoile, les blessures du Soleil
Chantez, souffle coupé, l’enfant qui dort sur un carton
Chantez l’homme qui décrocha la Lune
Chantez l’oseille, Rothschild, Bill Gates ou l’absence d’horizon » Georgio – Ici-bas

ANTITHESE Présence de deux termes au sens opposé dans une même proposition

But : mettre en relief un contraste fort entre deux idées, souligner le propos

« Moi j’ai fait la guerre pour habiter rue de la paix » Booba – Jour de paye

« Chaque échec fait partie d’une réussite » Keny Arkana – Élève toi

« Car tes cauchemars ont fini par hanter mes rêves » Vins – Peur

ASSONANCE  

Répétition d’un son voyelle 

But : effet de style permettant d’appuyer le propos

« J’te le dis texto, je m’entête quand on me teste gros
T’empeste la testo‘, j’encaisse chef du resto
2 cristaux, cuisto j’rajoute un zeste de pesto
 » Oli – L’Héritage« Crois pas qu’les Français sont tous cistes-ra depuis les attentats, y’en a pas mal qui l’étaient déjà bien avant ça » Dosseh – Putain d’époque« Des meurtriers crier le nom de Dieu pour justifier leurs crimes
Et pire, j’ai vu des millions d’gens croire en leurs dires » Youssef Swatt’s – Cauchemar éveillé
CHIASME Consiste à inverser deux groupes de mots afin de les opposer selon le schéma AB/BA

But : faire ressortir un sens, mettre en parallèle

« J’ai la force de la culture face à la culture de la force«   Médine – Rappeur 2 Force

« La beauté n’a pas de frontière, les frontières n’ont pas de beauté » Nekfeu – Solidarité 

COMPARAISON Mise en relation de deux éléments par un outil de comparaison

But : mettre en relief une ressemblance entre deux éléments

« Nous étions comme deux univers qui semblaient s’opposer, destinées que rien n’aurait pu distraire » Lonepsi – La collision de nos peaux

« On est jeune, prêt à brûler comme une rose fanée, briller fallait, la passion s’fait détailler dans des paquets cellophanés » Ash Kidd – 105

« Couilles grosses comme un fugu, que c’est dur de réfléchir » Lomepal – Malaise

ENUMERATION / ACCUMULATION  

Consiste à dénombrer divers éléments dont se composent un concept générique ou une idée d’ensemble

But : amplifier l’expression d’une idée par sa répétition

 

« Je suis : un rendez-vous, un hasard, un match de foot, un mariage
Une manif’, un anniv’, une accolade, une bagarre » Bigflo et Oli – Je suis« Le bien, le mal, le fort, le faible, j’ai plus trop notion » SCH – Alléluia« Sacrifiez des vaches, et des poulets, des chèvres » Alpha Wann – Ouais mec
EUPHÉMISME

Consiste à atténuer l’expression de faits déplaisants

But : adoucir la réalité, éviter la vulgarité, amoindrir l’information

« Je parle du quotidien, écoute bien, mes phrases ne font pas rire » Shurik’n – Demain c’est loin
GRADATION  

Succession d’éléments énumérés dans une progression d’intensité croissante ou décroissante 

But : amplifier progressivement l’expression d’une idée

« Ma main passant dans tes cheveux, j’y passerais bien la nuit, la journée, même la vie » Ash Kidd – Motel

« Plus j’pense, plus j’fume, plus j’perds des points d’vie » PLK – Du mal

« J’suis trop Sear, j’suis Get Busy, j’suis un In-Rapuptible » Disiz – Rapgenius

HYPERBOLE Exagération d’une idée qui tend souvent vers l’impossible

But : mettre en relief, exprimer un sentiment extrême ou caricaturer

« On dit qu’on arrive à 6, on débarque à 26 000 » 2zer – Entêté 

« Tout va si vite, moi, j’suis la relève de la relève » Abdallah – 1435

« Le prix du feat c’est ton salaire annuel » Sneazzy – Ouais mec

LITOTE

Consiste à dire moins pour laisser entendre davantage

But : renforcer l’information, surprendre l’auditoire

« On pense à nos potes pas morts de vieillesse » Oxmo – J’ai mal au mic
METAPHORE Consiste à désigner une idée par une autre ou à mettre en relation deux éléments, sans outil de comparaison

But : comparer, mettre en relief une ressemblance entre deux éléments

« Les politiques sont des prédateurs qui sèment la peur » Keny Arkana – Victoria

« Mon cœur une tirelire toujours en manque de billets » PNL – Tempête 

« J’suis la Loire qui s’jette dans l’Atlantique » Georgio – L’espoir meurt en dernier

METONYMIE  

 Consiste à remplacer un concept par un autre avec lequel il est en rapport par un lien logique sous-entendu 

But : permettre une expression courte et frappante

 

« Les gens réclament nos plumes car y’en a aucune valable » Bigflo & Oli – Nous aussi

« Dans cette course aux billets roses, j’ai vu mourir mes héros » Diam’s – Enfants du désert

« J’ai dit qu’j’étais du genre à réagir sur le BPM » Youssoupha – Menace de mort

NEOLOGISME Désigne un terme inventé de toute pièce

But : surprendre et marquer l’auditeur 

« J’veux qu’on m’enciele, pas qu’on m’enterre » Disiz – Qu’ils ont de la chance

« J’suis pas un arabe, pas un africain, un arabe d’Afrique : un arafricain » Fianso – Arafricain

« Le monde entier se fait Daeshiser » Damso – Bruxelles Vie 

OXYMORE Même idée que l’antithèse mais cette fois-ci les deux mots se suivent, ils sont réunis dans la même expression

But : créer un effet de surprise

« La vie est une parfaite imperfection » Lomepal – Bécane

« Éclairés par l’obscure clarté de l’espoir » NTM – Qui paiera les dégâts ?

« On aime voir l’ombre briller » PNL – Oh lala

PERIPHRASE

Consiste à remplacer un mot par sa définition ou par une expression plus longue

But : faire retenir l’idée en usant d’un procédé original et déroutant

« Salade tomate oignons, toutes les sauces, toutes les viandes » Disiz – Abuzeur

PERSONNIFICATION  

Consiste à attribuer des propriétés humaines à un animal ou à une chose inanimée

But : imager une idée, la rendre plus compréhensible et perceptible

 

« Mais dis-moi tu veux faire quoi, quand la vie te tabasse » Rémy – Rémynem

« Le ciel aussi pleure après la dépression, je trouve l’idée précieuse » Nekfeu – Risibles Amours

« Si l’oubli te tend ses bras » Soprano – Accroche toi à mes ailes

PLEONASME  

 Figure de construction dans laquelle un terme ou une expression répète ce qui vient d’être énoncé d’une autre manière 

But : appuyer le propos en le répétant différemment 

 

« Oui, c’est grave de mourir défunt » Vîrus – Des fins…
SYNECDOQUE  

Consiste à donner à un mot un sens plus large ou plus restreint qu’il ne comporte

But : concrétiser une idée en l’illustrant

 

« C’est à Fleury qu’on fane » Booba – Soldats

 

Et vous, avez-vous d’autres exemples de figures de style utilisées dans les textes de rap français ?

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5 Commentaires

5 Comments

  1. Avatar

    Bertini

    10 juin 2018 à 14 h 24 min

    C’est nul cet article franchement.

    • Shelby

      Shelby

      10 juin 2018 à 19 h 22 min

      Merci pour ce commentaire très constructif qui nous aidera sans aucun doute à nous améliorer !

  2. Avatar

    ardo

    16 juin 2018 à 16 h 07 min

    merci beaucoup , c’est très explicite pour le bac

  3. Avatar

    sana iard

    30 juin 2018 à 11 h 50 min

    Bonjour,
    Merci pour vos efforts.
    Pour comprendre la leçon bien de Les figures de style, je vous conseille d’utiliser cette merveilleuse application. Contient des exercices interactifs et des images…
    https://play.google.com/store/apps/details?id=com.anasdarai.figures.style

  4. Avatar

    Delphine Dupouy

    30 octobre 2018 à 21 h 40 min

    Je ne passe pas mon bac, je suis en licence sciences de l’éducation et nous avons un travail autour d’un rap à produire. Votre page m’aura bien aidée. Merci.

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Samples et rap : indissociables et pourtant…

Clementeee

Publié

le

Certified Lover Boy, le nouvel album de Drake a monopolisé l’attention médiatique du mois de septembre. Entre les échanges houleux avec Kanye West et la cover plus que simpliste, le rappeur de Toronto sait comment faire parler de lui. C’est alors que le réseau à l’oiseau bleu entre en piste et comme il sait si bien le faire : lance un énième débat sans queue ni tête. Cette fois, le débat tourne autour de l’abondance des samples dans CLB dans le but de décridibiliser la sortie de l’album de Drake. Un dialogue de sourds où les deux camps restent sur leurs positions : entre les adeptes du “c’est du plagiat, plus aucune créativité…” et le camp adverse préférant insulter cet avis divergent.

Au lieu de tomber dans les extrêmes, il est intéressant de comprendre l’histoire commune du sample et du rap. Alors qu’ils paraissaient autrefois inséparables, comment expliquer un soudain rejet des samples par une partie des auditeurs de rap. Question d’époque, question de culture ? Sans pseudo-purisme, posons nos préjugés et plongeons dans ce qui fait du sample un élément majeur de ce qui a permis le développement du rap et plus simplement une part intégrante de ce dernier.

 

Sampling, une forme de plagiat ?

Commençons par poser les bases : qu’est-ce qu’un sample et qu’est-ce que le sampling ?

Le sampling est une technique de création musciale qui consiste en la récupération et l’incorporation d’extraits sonores tirés d’autres oeuvres pré-existantes afin d’en réaliser une nouvelle. Cet extrait sonore peut être réutilisé directement comme élément de création ou peut également subir de multiples étapes de transformation. Le sample reste donc avant toute chose un outil musical de plus dans la palette des producteurs musicaux. Si la création du sampling remonte principalement dans les années 60 par des groupes jamaïcains, sa popularisation vient majoritairement en parallèle de l’émergence du hip-hop.

Enfin, la frontière entre plagiat et sampling est souvent floue et est fondée sur le fait que le sampling nécessite une autorisation préalable entre les artistes ainsi que le crédit de l’artiste original. Cependant, le fait que les accords entre artistes soient souvent privés et le fait que certains continuent d’utiliser des samples sans autorisation font que la distinction est souvent floue.

Sampling : au berceau du rap

La naissance du mouvement hip-hop est directement liée à l’utilisation de samples de funk et de soul au coeur des années 80. En effet, les samples de ces morceaux permettaient d’offrir des bases rythmiques « librement et gratuitement ». La naissance du mouvement hip-hop ayant principalement lieu dans des environnements défavorisés, l’accès à des compositeurs et musiciens étaient quasi-impossible. Ainsi, le sampling d’oeuvres existantes s’est alors présentée comme une opportunité dorée pour pouvoir produire à coûts réduits. L’explosion du rap pendant les années 90 a permis en partie au sampling de croître en popularité. Ainsi, on retrouve aujourd’hui des samples dans le reste des genres musicaux dont pricipalement la musique électronique (les Daft Punk en avaient fait leur spécialité) et la pop.

Indissociable du rap des années 80, le sampling était inévitable dans la production de ce premier. Cependant, le rap a beaucoup évolué depuis ses prémices et la présence d’auditeurs remettant en question la légitimité d’artistes utilisant des samples questionne.

Comment un élément si important dans la formation du rap peut aujourd’hui créer des débats parmi ses auditeurs ?

La mort du sampling?

Chez les détraqueurs de l’échantillonnage, on retrouve souvent l’argument du plagiat des producteurs. Plagiat et sampling sont souvent liés et l’existence de plusieurs procès pour plagiat accentue le flou de la frontière. Si le sampling peut causer tant de problèmes légaux, il est légitime de se demander pourquoi est-il si répandu. Originellement utilisé grâce à la simplicité d’accès des rythmiques, il est aujourd’hui principalement utilisé principalement pour l’esthétique sonore. Pour quelques occasions, il accompagne également le propos engagé des morceaux. De plus, le sample permettait au hip-hop de se différencier du reste des genres musicaux et étaient un outil pour lier les rappeurs à leurs influences musicales et culturelles. Paris sous les bombes, tiré du célèbre album éponyme, NTM sample le chanteur de jazz Joe Williams et expose son attachement à la musique noire américaine.

« Enlever le sampling au Hip-Hop
C’est lui enlever sa marginalité et aider le système a le stop ! » – Kery James dans « O’riginal MC’s » – Ideal J

D’autant plus que les discussions autour du sample et du plagiat surgirent dans les années 90, où de nombreux rappeurs furent traînés en procès. Moins bien considérés que leurs compatriotes travaillant avec des orchestres, le sample vécut une période sombre dans les années 2000 au point de quasiment disparaître. Avec les procès toujours plus nombreux, le sample qui permettait originellement d’offrir des bases musicales à bas coût se transformait en monnaie d’échange pour labels et artistes financièrement aisés.

Alors que le sampling était un outil pour produire de la musique à coûts réduits, l’apparition de procès et de négociations pécunières pour l’obtention de samples a amené à la gentrification de l’utilisation de samples. Les artistes ayant les capacités financières suffisantes étaient les seuls à pouvoir les utiliser à telle point que le rap finit par s’éloigner de l’échantillonage. Cette distanciation fut tellement brutale qu’un article de 2006, « Giving Up Hip-hop’s Firstborn, A Quest for the Real after the Death of Sampling » mentionne la mort du sampling.

Un renouveau des samples c’est bien, mais à nuancer

Si les années 90 et 2000 ont vu un déclin progressif dans l’utilisation de samples, les années 2010 affichèrent un regain d’intérêt et de popularité pour le sampling. Comme une renaissance après un désamour expliqué par une génération plus attirée par l’utilisation d’instruments lives et à cause des nombreux procès, les samples reprennent d’assaut nos disques.

Sans grande surprise, ce renouveau est mené dans la fin des années 2000 par une partie de la scène émergente américaine avec en tête d’affiche Kanye West, Timbaland et plus récemment Drake. Ye fut et est toujours aujourd’hui un grand défenseur de l’utilisation de samples dans ses créations musicales. Quand un artiste aujourd’hui utilise des samples, il s’agit plus d’une question d’esthétique et de choix créatif plutôt que d’une question de nécessité comme cela pouvait l’être au départ.

En effet, le passage au numérique a permis l’utilisation de samples encore plus simple et à des coûts encore moindres. L’échantillonage semble alors être à la portée de tous, nécessitant plus aucun coût de production. Toutefois, les procès à plusieurs millions de dollars et les problèmes liés qux samples non déclarés restent d’actualité. Juice WRLD et son titre « Lucid Dreams » (2017) étaient au coeur de plusieurs procès pour récupérer des dommages financiers pour plagiat.

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Le renouveau reste tout de fois assez remarquable avec en 2018, 20% du Billboard’s Hot 100 qui contenait des samples et le rap reste le genre principal utilisant des samples (cf. Tracklib et ses State of Sampling).

Dans l’hexagone

Si de l’autre côté de l’Atlantique, on a pu voir de nombreux procès, ils furent bien moins nombreux dans notre rap francophone. Cependant, il existe tout de même des cas de procès comme pour « Prisons » de Chien de paille en 2001 ou plus récemment « Amnésie » de Damso.  Ainsi, le rap français peut s’estimer miraculé de cette période troublée. Ce renouveau dans l’utilisation de samples peut se voir plus récemment avec des interprétations explicites de mélodies connues. « Petrouchka » de Soso Maness et PLK samplait « Kalinka », un célèbre chant russe, Bu$hi qui sample « Mistral Gagnant » comme Booba sur « Pitbull » 15 ans plus tôt, ce dermier qui sample « Barbie Girl » dans « Ratpi World ».

Cependant, si le sampling a délaissé sa fonction utilitaire en tant que moyen de produire de la musique à bas coût pour une utilisation esthétique, chaque sample n’a pas la même valeur. En effet, certains samples laissent plus penser à une envie de profiter du succès d’une mélodie connue et ainsi d’agir par pur opportunisme que d’une réelle démarche artistique.

Le sample snitching à remettre en cause

Si heureusement, l’argument du sample comme un élément de plagiat était principalement défendu par les ayant-droits, certains auditeurs et acteurs du milieu défendant ces positions. Si ce genre de pratiques ne date absolument pas de ces dernières années, un nouveau phénomène plus que dommageable est apparu en la personne du sample snitching. Le sample snitching, c’est la mise en place d’articles et de posts regroupant les différents samples utilisés par des artistes. Si certains utilisent ce genre de plateforme pour partager leurs trouvailles et comprendre les influences de l’artiste, d’autres l’utilisent à des fins plus discutables.

Si ces sites offrent une ressource intéressante pour se plonger dans le processurs de création, cette pratique cristalisée autour de la plateforme WhoSampled est une lame à double tranchant. En effet, les labels profitent de ces articles pour lancer des procès juteux contre les artistes en question. Si cette pratique peut sembler complètement aberrante, elle est pratiquée et il est important de prendre en considération ceci lors de l’exposition de ces samples.

On entre alors dans la question légale des samples et du concept de clearance (obtention des droits légaux d’utiliser l’extrait).

Conclure.

« ça montre le manque de créativité des artistes et des beatmakers ».

Cantonner le sampling à de la récupération pure et dure est un énorme manque de respect au travail des beatmakers. A l’image des auditeurs qui critiquent l’autotune, c’est se fermer le champ de possibilités offerts par ces outils. S’il existe évidemment des démarches par pur opportunisme, il ne tient qu’à nous de fouiller et dénicher des artistes à notre convenance. A nous en tant qu’auditeurs de ne pas propager des propositions fainéantes et au contraire de mettre en avant des titres créatifs.

Le sampling est un outil et un élément musical offrant des possibilités de création non négligeables et ont toujours fonctionné de paire avec le rap. Des musiciens de tous genres, de toutes époques se sont appropriés le procédé du sampling. Kanye West utilise à la fois des orchestres, chorales et des samples, tous n’étant pas incompatibles et développant ensemble son univers si singulier.

Pour conclure, les samples sont partie intégrante de ce qui fait du rap le genre qu’on connaît. D’autant plus qu’ils permettent souvent de redonner une seconde vie et de la visibilité à des morceaux pour un nouveau public. A l’image du processus de sampling, toute forme de créativité se base sur ce qui nous entoure et se concrétise par notre réappropriation. Le sampling est un choix artistique et esthétique, utilisé par les artistes comme un outil parmi plein d’autres pour produire de la musique.

Dans le reste de l’actualité : « Sheldon chante sa mélancolie dans la « Fumée »« 

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Retour de Guy2Bezbar avec « Boy »

AlphaKilo

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On arrête plus G2B.

On avait annoncé la RE-MON-TA-DA comme l’Inter Milan. Et oui celui qu’on nomme le Coco Jojo, Depitcho R9 ou encore G2Bvous avait prévenu.

« j’t’avais dis Remontada on t’a pas mytho »

Après avoir été invité sur, au bas mot, 80% des gros projets de cette année, Guy2Bezbar continue sur sa folle lancée en solo avec un nouvel extrait.

https://youtu.be/4GuZAXelhYo

Produit par le génial Richie Beats et avec un clip réalisé par Ilyasse Bastos. (aussi derrière le « Rich Porter Freestylehttps://youtu.be/I8Yj7DPzugg  ) G2 nous offre ici un morceau avec une recette dont lui seul à le secret pour faire bouger les « ladies ».

 

Prochaine étape le projet ?

« Nouvelle géné’, vécu d’an-ien-c’ 
C’est pas nous qu’tu vas voir en ien-ch' »

Quand on parle de la recette de Guy2Bezbar on entend tout d’abord son flow, ses placements et ses gimmicks (ça flingue, my G, Han han, etc..).

Reconnaissable entre tous, sa recette tient aussi dans la singularité du format de ses titres, comme Medhi Maizi l’a relevé lors de leur interview.

En effet, un couplet unique qui témoigne du franc parler de l’artiste qui représente haut Barbès, du vrai rap à l’instinct qui pour autant n’échappe pas à la réflexion.

« Everyday, j’fais du plata, plata, coca’ dans le nez de ta chatta ? 
Free my n*gga qui sont là-bas 
Réel, toujours dans l’trap house 
Défonce ta porte comme 36 , trop de frères, j’pense à Jackma 
Fuck la Bat’ mobile, dans le périph’ à 200 
Qui veut jouer aux billes ? Des balles, j’en ai plus d’300″

Enfin, en addition de toutes ces techniques qui font du Coco Jojo qui il est avant tout on trouve aussi un visuel travaillé aux petits oignons. Après nous avoir fait danser tout l’été à grand coup de pano’, on est tous en attente de l’annonce de son projet solo. Le flingueur en chef qu’est Guy2Bezbar nous réserve surement de très belles surprises.

En attendant on souhaite une bonne rentrée à Bebeto et on regarde le ciel.

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Youv dee revient avec la Dark edition de « La vie de luxe »

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Teasée depuis quelques semaines déjà, la Dark Edition de “La Vie de Luxe” est enfin disponible. 

Youv Dee revient avec la réédition de son album La vie de luxe. Un album sorti en début d’année. Une réédition composée de 21 titres contre 15 pour l’album initial. Vous pourrez retrouver dans cette réédition des morceaux iconiques de Youv Dee tels que « J’rêve » ou « Boussole » et le titre éponyme « La vie de luxe ». A cette réédition s’ajoutent forcément quelques inédits. On peut retrouver le son B.A.C. en feat avec Lil Toe, le seul feat du projet. Mais on retrouve aussi évidemment des titres comme « Dollars » et « À quoi ça sert » dont les clips étaient sortis, il y a quelques semaines déjà. Youv Dee est en pleine forme puisque 6 morceaux s’ajoutent donc à la tracklist initiale. 

Rap n roll 

On constate de manière frappante que le rappeur de Sarcelles est largement influencé par des sonorités rock. Il s’inspire fortement du rock des années 2000 comme The Calling ou Sum 41. Le rappeur se réapproprie le rap et mélange différents univers pour créer le sien.  Le moins que l’on puisse dire est que le rock lui va si bien.

Nouveau clip 

L’artiste a sorti hier le clip du morceau extrait de la réédition :  le titre « Ceci Cela ». Un clip avec une histoire minutieusement pensée par le rappeur, où on le voit se mettre dans la peau de différents métiers dits « précaires ». On voit, à travers le clip et les paroles, que le rappeur fait une critique du monde contemporain, avec une pointe de second degré. Le rappeur est toujours dans l’optique d’être en dehors des clous, et de se détacher des codes du rap. 

Si vous n’avez pas encore checké le clip de « Ceci Cela », il est juste en-dessous :

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