TLZ Clan : nouvelle WAVE sur le rap français

Si l’on demande à l’auditeur rap moyen de citer plusieurs entités composant la scène rap toulousaine, il ya de très grandes chances que le premier nom cité lui venant à l’esprit soit celui d’un groupe de deux frères actuellement placé dans les plus gros vendeurs de cette industrie. La ville rose constitue pourtant un vivier de rappeurs marginaux, vivier dont fait partie le TLZ Clan. Composé de Drixon et de Jova, le duo dévoilait le 20 septembre dernier leur première mixtape WAVE. Retour sur une des belles découvertes de l’année.

Le duo a réussi à synthétiser toute leur ADN sur 10 morceaux faisant de WAVE une excellente carte de visite et plaçant indéniablement le duo toulousain dans les meilleures découvertes rap français de l’année

L’univers artistique du TLZ Clan repose sur les 3 lettres de leur label AVA Records : Argent, Vêtement et Attitude. Si les thèmes  abordés ne sont pas révolutionnaires, les deux rappeurs accordent une place importante à la forme, permettant de les identifier à la seule lecture de leurs textes. On comprend ainsi à l’écoute du projet que l’argent et l’amour du textile passent bien avant l’amour de la femme, les quelques références à la gente féminine étant ainsi systématiquement mises en parallèle avec leur mode de vie :

« Ta racli est collante elle veut faire l’amour, mais moi j’veux faire de la moula »
(Touché Coulé)

« Et elle croit que j’ai plein de bords
Elle voudrait que j’assume mes torts
Elle veut que j’réponde mais j’suis dans la gov’ et j’croise les porcs » (Par amour)

Il est par ailleurs difficile de trouver un morceau ne faisant à aucun moment référence au textile, le clan accordant une grande importance au vêtement, que ce soit dans l’esthétique de leurs clips – pilotés par les frères Owen et Kévin STILL à la réalisation – ou dans leurs textes ; le plus frappant étant l’Interlude du projet produite par Genius on the track, véritable hymne de victoire du duo dans laquelle une référence à la boutique colette – aujourd’hui fermée – est soigneusement placée entre deux insultes à la concurrence. « Celui qui a dit que l’argent ne fait pas le bonheur ne savait tout simplement pas où faire son shopping » , disait d’ailleurs Jova dans leur « court métrage » Plafond de Verre en 2016, leur appétence pour la mode ne datant pas d’hier.

Il faut aussi souligner la place non négligeable accordée à la culture cinématographique du grand banditisme, Jova disséminant plusieurs références de la plus évidente à la plus technique :

 » J’serai Marlo Stanfield si tu joues les Little Omar » (Chargeur)

« J’débarque j’fais l’même effet que Frank Lucas » (Tous les jours)

« Là y’a Capt’n Cook, Joxon, Heisenberg, tes rappeurs sont sur le Titanic j’suis posé sur l’iceberg » (Touché Coulé)

« J’veux d’la C j’voulais contacter Pablo (il est mort)
J’veux d’la beuh j’voulais contacter Mr Nice (il est mort) »
(New Wave)

Côté featuring, le projet en compte trois et pas des moindres. Pour Moi dont le clip est sorti en tant que single quelques semaines avant la mixtape constitue le hit du projet. Le morceau laisse une place importante à Laylow posant un couplet entre les deux rappeurs et s’occupant du refrain, sur une instrumentale de Dioscures, producteur dont on ne compte plus les morceaux réalisés aux côtés du prince de sang mêlé. Si la collaboration a pu surprendre certains fans de Laylow ne connaissant pas le clan, les trois toulousains se côtoient en réalité depuis longtemps, ayant même déjà effectué un son au sujet de la plus célèbre des barbadiennes début 2015, titre que seuls les anciens ont pu apprécier le temps de la mise en ligne de leur premier projet Unreleased (portant aujourd’hui bien son nom) sur la plateforme Haute Culture.

Le rappeur grenoblois Tortoz est aussi convié sur le projet le temps d’un titre Vie, titre dans lequel le duo narre leur vie en cité sur fond de lignes efficaces teintées d’ego-trip, entre jeu du chat et de la souris avec le 17 et production aussi rythmée que leur lifestyle. « J’suis dans la caisse avec TLZ, le fourgon qui nous suit c’est pas TMZ » …

Le duo s’est enfin offert le luxe de ramener Leto sur leur WAVE, l’occasion de le voir découper une instru démoniaque de Ghost Killer Track, valeur sûre de la production, ayant déjà travaillé à plusieurs reprises avec Leto et à l’origine de plusieurs hits, le dernier en date étant Popopop du jeune Gambi, monopolisant longuement la première place du top Spotify français.

Ce qui fait la rue, ce n’est pas son goudron mais les pieds qui le foulent

Concis, le projet de 10 titres s’avère efficace de bout en bout, les deux hommes étant par ailleurs très complémentaires, Drixon plus percutant dans les couplets et Jova plus efficace dans les mélodies. Du découpage de productions trap aux côtés de Leto à des mélodies plus légères sur Par Amour, le duo a réussi à synthétiser toute leur ADN sur 10 morceaux faisant de WAVE une excellente carte de visite et plaçant indéniablement le duo toulousain dans les meilleures découvertes rap français de l’année.

Wave est disponible sur toutes les plateformes de streaming légales.

 

 

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