Interview de Spider ZED : « Je ne me sens pas obligé de faire un album »

Un an après « Pas si sûr », Spider ZED revient avec un projet solo « Bien ou quoi ? ». Le membre du High Five Crew a sorti un nouvel EP, le 17 mai, composé de 7 titres inédits.

 

Il y a un an sortait ton projet « Pas si sûr ». Au-delà de la préparation du nouveau projet, que s’est-il passé de nouveau dans ta vie ?

v

Maintenant, je fais des concerts, notamment des premières parties. Sinon, par rapport à la création, je suis resté sur la même méthode. J’ai eu du mal à faire d’autres morceaux après Pas si sûr, parce que je ne voulais pas raconter la même chose. C’était important de vivre pour raconter de nouveaux trucs. Au final, c’était un moment de vie et de production.

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Tu ressentais le besoin de changer d’air ?

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Oui, c’est dangereux de ne pas le faire, en prenant l’habitude de ne pas travailler par exemple. Après Pas si sûr, je me suis pris une semaine pour jouer à des jeux vidéo.

v

Ce dernier projet dégage une certaine mélancolie. A l’image de la pochette du projet, avec ton regard perdu, entouré de strass et de paillettes. D’où te vient ce sentiment de frustration ?

v

Je me sens plus fier que frustré. Il y a forcément des moments où je me demande si ce métier est celui qui me correspond le mieux, mais ça finit toujours par revenir, comme l’inspiration. Pour ce qui est du titre, Bien ou quoi ?, je trouvais l’expression marrante, vu que tu ne peux pas répondre par quoi. On voulait prolonger l’idée sur la pochette, c’est pour cette raison que je fais la gueule dessus. On reste dans l’ironie.

v

A propos d’ironie, on va s’attarder sur les paroles. Tu évoques des sujets de la vie quotidienne sur des productions pop, catchy, ce qui peut désarmer certains auditeurs. Est-ce que c’est un effet de style recherché ?

v

Oui, je trouvais ça plus subtil que de faire un morceau triste, avec un texte et une musique triste. Alors que si je pose un texte triste sur une musique joyeuse, le rendu sera d’autant plus entêtant. En plus, je n’aime pas me plaindre. Il y a plus d’espoir avec ce contraste.

 

On va s’intéresser aux featurings. Tu avais collaboré avec Hélix Jr sur ton premier EP « Figurine ». Hormis celui-là, il y en assez peu. Que ce soit dans les choix et le morceau, comment envisages-tu tes collaborations ?

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Pour l’exemple, Léo Roi et moi avons fait le morceau Tous les gens ensemble. J’avais commencé la prod mais on a écrit ensemble. Par contre, le son avec Inosanti, j’avais déjà écrit son couplet par souci de temps.

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Tu laisses une part importante au feeling.

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Oui, quand j’aime bien un ou une artiste, j’essaye de voir s’il est possible de faire un morceau avec cette personne. En réalité, j’en ai fait plusieurs, mais il y a eu plusieurs échecs aussi, souvent dus à des problèmes d’organisation.

v

Dans ce projet, tu évoques la musique comme un échappatoire, pour oublier les galères de ton quotidien, mais d’un autre côté, tu ne sembles pas y trouver ton bonheur. De l’extérieur, tu donnes l’impression d’être bloqué dans un entre-deux. Pour toi, est-ce que la musique n’est pas devenue un cercle vicieux ?

v

Je ne sais pas, ce n’est pas parce que je dis une phrase, qu’elle reflète mon état d’esprit global. C’est juste ce que je pensais à un moment précis. Quand je dis : J’ai plus d’ambitions, j’ai l’impression d’être une ombre, ça correspond à un moment où j’étais satisfait de moi-même. Alors que 2 semaines après, je pensais l’inverse ! Ça dépend, c’est un cycle. Un jour, tu fais un son, le lendemain tu n’y arrives pas. Ce qui crée de la tristesse, donc tu fais un son.

Après 3 EPs, les gens qui te suivent commencent sûrement à te parler d’album. Est-ce que t’as un rapport particulier avec ce format ?

v

J’ai l’impression que c’est surtout les labels qui te parlent d’album, parce que ça rapporte plus d’argent, et puis les gens en parlent parce

qu’ils veulent plus de son. Je vois pas trop l’intérêt de ne pas trop apparaître pendant 1 an ou 2, alors que tu n’as pas réellement fait parler de toi. Après, ça dépend de ton parcours aussi. Ça se trouve, les clips vont faire parler et ça va me motiver pour faire un album. Maintenant que je suis indépendant, je ne me sens pas obligé d’en faire un.

v

Tu vois ce format comme une étape importante ?

v

Un peu, parce qu’il y a un engouement autour du premier album. Pour autant, je ne me met pas la pression parce que ça rendrait le projet moins sincère si je cherchais à impressionner.

v

On arrive à la fin de l’interview. L’EP vient de sortir, est-ce que des clips vont arriver ?

v

Oui, un clip arrive prochainement… Il y en aura sûrement d’autres dans les semaines qui suivront. On se laisse le temps de réfléchir à ça, on ne sait pas encore si ça sortira pendant l’été ou à la rentrée.

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