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Ce qu’il ne faut pas rater au MaMA Festival

MC Solal

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Cette année, le MaMA festival fête son 10e anniversaire – et il le fête en beauté !

Du 16 au 18 octobre, plusieurs lieux du 9e et du 18e arrondissement de Paris seront investis par le festival, pour plus de 130 concerts.

La programmation du MaMA se caractérise par son éclectisme, et bien évidemment, le rap est dignement représenté, ainsi que le R’n’B et les musiques urbaines en général. Plus encore que pour les éditions précédentes, la programmation accorde une grande part aux découvertes et aux artistes émergents.

Sur scène, vous pourrez donc retrouver :

Lala &ce, l’une des meilleures rappeuses françaises du moment. WET (Drippin’) a probablement rythmé votre été si vous êtes une personne de goût.

Nelick, dont on attend le prochain projet, ainsi que son acolyte de longue date Lord Esperanza, qu’on ne présente plus.

Tsew the kid : si vous n’avez pas été assez vifs pour choper des places pour sa Maroquinerie, vous pouvez vous rattraper quelques jours plus tard au MaMA.

C’est aussi l’occasion de profiter du passage à Paris du belge Moka Boka (son passage au Colors show est à (re)découvrir ici).

Lean Chihiro : on se souvient de sa prestation à la Règlement Space Party, c’est le moment de prendre une nouvelle dose.

DI#SE, jeune espoir du rap français, déjà programmé dans plusieurs festivals et lauréat du Prix du Jury des iNOUïS du Printemps de Bourges.

Danyl (Hashey Sen), que vous connaissez forcément si vous suiviez Raplume : on en parlait ici, et il figurait sur notre première mixtape Plume.

D’autres jeunes artistes seront également présents, comme Hyacinthe ou le groupe Süeür, tandis que les adeptes des grands classiques pourront retrouver La Caution.

N’oublions pas non plus les voix magiques des chanteuses Enchantée Julia et Yseult, dont on vous parlait par ici.

Retrouvez toutes les informations sur le site du MaMA, et la billetterie est ici, pour choisir votre pass 1 jour ou pass 3 jours, afin de ne rien rater !

Raplume est partenaire du MaMA : nous serons sur place pour vous rapporter des interviews exclusives et des reportages photos des concerts.

Et comme on veut vous régaler jusqu’au bout, rendez-vous sur twitter pour notre jeu-concours, et tentez de gagner vos places !

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EDGE nous dessine des « schémas monotones »

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EDGE s’avère être la révélation de l’année dans le rap game. Après son feat avec Jazzy Bazz dans le morceau « Zone 19 », il revient avec un morceau mélancolique : « Schémas monotones » 

 

Même après la sortie de sa première mixtape OFF en décembre dernier, EDGE continue de nous surprendre et de level-up. Le rappeur originaire du 19eme arrondissement nous balance le morceau « Schémas monotones » dans un clip de qualité. Un son qui reste fidèle à ce qui l’a fait connaître, des morceaux mélancoliques et introspectifs. 

Politiques aux sourires déguisés 

dès qu’il s’agit du bas de la société 

Il y a deux poids, deux mesures, il suffit de vérifier

comment ils vé-squi leurs fiscalités 

Sur une prod de Johnny Ola et Loubenski, la mélodie s’allie avec perfection avec le spleen des paroles rappées avec une voix douce. Des paroles remplies de désillusions sur la vie, sur une mélodie qui amène de la poésie. Et le clip réalisé par Loic Ougier apporte une esthétique au son. L’acropole athénienne vide où Edge déballe ses paroles profondes accentuant le sentiment de solitude et amplifie le côté Baudelaire du morceau. 

Un arrière-goût pour la suite ? EDGE a longtemps évoqué le fait qu’il travaillait sur un troisième projet pour 2021, à suivre… En attendant je vous laisse avec le clip de « Schémas monotones » juste en dessous. 

 

 

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ISK dévoile le clip de « Ça va vite »

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Trois mois après la sortie du clip du morceau « Le billet », extrait de son premier album Vérité, ISK revient avec le visuel du titre « Ça va vite »

ISK est de retour avec son clip intitulé « Ça va vite ». Pour clipper le nouveau son de l’automne, le rappeur originaire de Ferté- Sous-Jouarre en Seine-et-Marne a décidé de sortir les bolides et de ne pas quitter le quartier. 

 

« Je mets le mode sport, j’accélère»

Dans cette réalisation signée No colour films, ISK met dès le début le ton du clip où on le voit sortir tous type de bolides : de la voiture à la motocross en passant par le vélo. (Non, vous n’êtes pas sur Automoto, mais bien dans le clip d’ISK) Mais tout cela en restant dans le quartier avec ses potes. Sur l’instru il pose un texte rythmé avec un refrain entraînant. ISK nous débite les couplets avec une aisance et reprend avec un refrain qui a une odeur d’été. 

Avec la sortie de son album Vérité le 28 mai dernier, le jeune ISK  nous a montré sa détermination à durer dans le rap game. Celui qui  s’est fait connaître grâce à la série de freestyles Acharné,  qui l’a mené vers un album réussi. Il offre à son public des sons remplis de kickage et d’univers sombres. Il a également reçu le soutien et collaboré avec de nombreux confirmés du rap game : Sofiane, Alonzo, Niro, DA Uzi et UZI qui posent sur le projet. 

Je vous laisse découvrir ou redécouvrir le clip de « Ça va vite », juste en dessous : 

 

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Samples et rap : indissociables et pourtant…

Clementeee

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Certified Lover Boy, le nouvel album de Drake a monopolisé l’attention médiatique du mois de septembre. Entre les échanges houleux avec Kanye West et la cover plus que simpliste, le rappeur de Toronto sait comment faire parler de lui. C’est alors que le réseau à l’oiseau bleu entre en piste et comme il sait si bien le faire : lance un énième débat sans queue ni tête. Cette fois, le débat tourne autour de l’abondance des samples dans CLB dans le but de décridibiliser la sortie de l’album de Drake. Un dialogue de sourds où les deux camps restent sur leurs positions : entre les adeptes du “c’est du plagiat, plus aucune créativité…” et le camp adverse préférant insulter cet avis divergent.

Au lieu de tomber dans les extrêmes, il est intéressant de comprendre l’histoire commune du sample et du rap. Alors qu’ils paraissaient autrefois inséparables, comment expliquer un soudain rejet des samples par une partie des auditeurs de rap. Question d’époque, question de culture ? Sans pseudo-purisme, posons nos préjugés et plongeons dans ce qui fait du sample un élément majeur de ce qui a permis le développement du rap et plus simplement une part intégrante de ce dernier.

 

Sampling, une forme de plagiat ?

Commençons par poser les bases : qu’est-ce qu’un sample et qu’est-ce que le sampling ?

Le sampling est une technique de création musciale qui consiste en la récupération et l’incorporation d’extraits sonores tirés d’autres oeuvres pré-existantes afin d’en réaliser une nouvelle. Cet extrait sonore peut être réutilisé directement comme élément de création ou peut également subir de multiples étapes de transformation. Le sample reste donc avant toute chose un outil musical de plus dans la palette des producteurs musicaux. Si la création du sampling remonte principalement dans les années 60 par des groupes jamaïcains, sa popularisation vient majoritairement en parallèle de l’émergence du hip-hop.

Enfin, la frontière entre plagiat et sampling est souvent floue et est fondée sur le fait que le sampling nécessite une autorisation préalable entre les artistes ainsi que le crédit de l’artiste original. Cependant, le fait que les accords entre artistes soient souvent privés et le fait que certains continuent d’utiliser des samples sans autorisation font que la distinction est souvent floue.

Sampling : au berceau du rap

La naissance du mouvement hip-hop est directement liée à l’utilisation de samples de funk et de soul au coeur des années 80. En effet, les samples de ces morceaux permettaient d’offrir des bases rythmiques « librement et gratuitement ». La naissance du mouvement hip-hop ayant principalement lieu dans des environnements défavorisés, l’accès à des compositeurs et musiciens étaient quasi-impossible. Ainsi, le sampling d’oeuvres existantes s’est alors présentée comme une opportunité dorée pour pouvoir produire à coûts réduits. L’explosion du rap pendant les années 90 a permis en partie au sampling de croître en popularité. Ainsi, on retrouve aujourd’hui des samples dans le reste des genres musicaux dont pricipalement la musique électronique (les Daft Punk en avaient fait leur spécialité) et la pop.

Indissociable du rap des années 80, le sampling était inévitable dans la production de ce premier. Cependant, le rap a beaucoup évolué depuis ses prémices et la présence d’auditeurs remettant en question la légitimité d’artistes utilisant des samples questionne.

Comment un élément si important dans la formation du rap peut aujourd’hui créer des débats parmi ses auditeurs ?

La mort du sampling?

Chez les détraqueurs de l’échantillonnage, on retrouve souvent l’argument du plagiat des producteurs. Plagiat et sampling sont souvent liés et l’existence de plusieurs procès pour plagiat accentue le flou de la frontière. Si le sampling peut causer tant de problèmes légaux, il est légitime de se demander pourquoi est-il si répandu. Originellement utilisé grâce à la simplicité d’accès des rythmiques, il est aujourd’hui principalement utilisé principalement pour l’esthétique sonore. Pour quelques occasions, il accompagne également le propos engagé des morceaux. De plus, le sample permettait au hip-hop de se différencier du reste des genres musicaux et étaient un outil pour lier les rappeurs à leurs influences musicales et culturelles. Paris sous les bombes, tiré du célèbre album éponyme, NTM sample le chanteur de jazz Joe Williams et expose son attachement à la musique noire américaine.

« Enlever le sampling au Hip-Hop
C’est lui enlever sa marginalité et aider le système a le stop ! » – Kery James dans « O’riginal MC’s » – Ideal J

D’autant plus que les discussions autour du sample et du plagiat surgirent dans les années 90, où de nombreux rappeurs furent traînés en procès. Moins bien considérés que leurs compatriotes travaillant avec des orchestres, le sample vécut une période sombre dans les années 2000 au point de quasiment disparaître. Avec les procès toujours plus nombreux, le sample qui permettait originellement d’offrir des bases musicales à bas coût se transformait en monnaie d’échange pour labels et artistes financièrement aisés.

Alors que le sampling était un outil pour produire de la musique à coûts réduits, l’apparition de procès et de négociations pécunières pour l’obtention de samples a amené à la gentrification de l’utilisation de samples. Les artistes ayant les capacités financières suffisantes étaient les seuls à pouvoir les utiliser à telle point que le rap finit par s’éloigner de l’échantillonage. Cette distanciation fut tellement brutale qu’un article de 2006, « Giving Up Hip-hop’s Firstborn, A Quest for the Real after the Death of Sampling » mentionne la mort du sampling.

Un renouveau des samples c’est bien, mais à nuancer

Si les années 90 et 2000 ont vu un déclin progressif dans l’utilisation de samples, les années 2010 affichèrent un regain d’intérêt et de popularité pour le sampling. Comme une renaissance après un désamour expliqué par une génération plus attirée par l’utilisation d’instruments lives et à cause des nombreux procès, les samples reprennent d’assaut nos disques.

Sans grande surprise, ce renouveau est mené dans la fin des années 2000 par une partie de la scène émergente américaine avec en tête d’affiche Kanye West, Timbaland et plus récemment Drake. Ye fut et est toujours aujourd’hui un grand défenseur de l’utilisation de samples dans ses créations musicales. Quand un artiste aujourd’hui utilise des samples, il s’agit plus d’une question d’esthétique et de choix créatif plutôt que d’une question de nécessité comme cela pouvait l’être au départ.

En effet, le passage au numérique a permis l’utilisation de samples encore plus simple et à des coûts encore moindres. L’échantillonage semble alors être à la portée de tous, nécessitant plus aucun coût de production. Toutefois, les procès à plusieurs millions de dollars et les problèmes liés qux samples non déclarés restent d’actualité. Juice WRLD et son titre « Lucid Dreams » (2017) étaient au coeur de plusieurs procès pour récupérer des dommages financiers pour plagiat.

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Le renouveau reste tout de fois assez remarquable avec en 2018, 20% du Billboard’s Hot 100 qui contenait des samples et le rap reste le genre principal utilisant des samples (cf. Tracklib et ses State of Sampling).

Dans l’hexagone

Si de l’autre côté de l’Atlantique, on a pu voir de nombreux procès, ils furent bien moins nombreux dans notre rap francophone. Cependant, il existe tout de même des cas de procès comme pour « Prisons » de Chien de paille en 2001 ou plus récemment « Amnésie » de Damso.  Ainsi, le rap français peut s’estimer miraculé de cette période troublée. Ce renouveau dans l’utilisation de samples peut se voir plus récemment avec des interprétations explicites de mélodies connues. « Petrouchka » de Soso Maness et PLK samplait « Kalinka », un célèbre chant russe, Bu$hi qui sample « Mistral Gagnant » comme Booba sur « Pitbull » 15 ans plus tôt, ce dermier qui sample « Barbie Girl » dans « Ratpi World ».

Cependant, si le sampling a délaissé sa fonction utilitaire en tant que moyen de produire de la musique à bas coût pour une utilisation esthétique, chaque sample n’a pas la même valeur. En effet, certains samples laissent plus penser à une envie de profiter du succès d’une mélodie connue et ainsi d’agir par pur opportunisme que d’une réelle démarche artistique.

Le sample snitching à remettre en cause

Si heureusement, l’argument du sample comme un élément de plagiat était principalement défendu par les ayant-droits, certains auditeurs et acteurs du milieu défendant ces positions. Si ce genre de pratiques ne date absolument pas de ces dernières années, un nouveau phénomène plus que dommageable est apparu en la personne du sample snitching. Le sample snitching, c’est la mise en place d’articles et de posts regroupant les différents samples utilisés par des artistes. Si certains utilisent ce genre de plateforme pour partager leurs trouvailles et comprendre les influences de l’artiste, d’autres l’utilisent à des fins plus discutables.

Si ces sites offrent une ressource intéressante pour se plonger dans le processurs de création, cette pratique cristalisée autour de la plateforme WhoSampled est une lame à double tranchant. En effet, les labels profitent de ces articles pour lancer des procès juteux contre les artistes en question. Si cette pratique peut sembler complètement aberrante, elle est pratiquée et il est important de prendre en considération ceci lors de l’exposition de ces samples.

On entre alors dans la question légale des samples et du concept de clearance (obtention des droits légaux d’utiliser l’extrait).

Conclure.

« ça montre le manque de créativité des artistes et des beatmakers ».

Cantonner le sampling à de la récupération pure et dure est un énorme manque de respect au travail des beatmakers. A l’image des auditeurs qui critiquent l’autotune, c’est se fermer le champ de possibilités offerts par ces outils. S’il existe évidemment des démarches par pur opportunisme, il ne tient qu’à nous de fouiller et dénicher des artistes à notre convenance. A nous en tant qu’auditeurs de ne pas propager des propositions fainéantes et au contraire de mettre en avant des titres créatifs.

Le sampling est un outil et un élément musical offrant des possibilités de création non négligeables et ont toujours fonctionné de paire avec le rap. Des musiciens de tous genres, de toutes époques se sont appropriés le procédé du sampling. Kanye West utilise à la fois des orchestres, chorales et des samples, tous n’étant pas incompatibles et développant ensemble son univers si singulier.

Pour conclure, les samples sont partie intégrante de ce qui fait du rap le genre qu’on connaît. D’autant plus qu’ils permettent souvent de redonner une seconde vie et de la visibilité à des morceaux pour un nouveau public. A l’image du processus de sampling, toute forme de créativité se base sur ce qui nous entoure et se concrétise par notre réappropriation. Le sampling est un choix artistique et esthétique, utilisé par les artistes comme un outil parmi plein d’autres pour produire de la musique.

Dans le reste de l’actualité : « Sheldon chante sa mélancolie dans la « Fumée »« 

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