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Interview : Lonepsi, l’artiste à la plume d’or !

Lucas

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Aujourd’hui nous allons à la rencontre de Lonepsi, un artiste à part entière. Lonespi a une plume pétrie de talent. Il ne cesse de nous faire voyager à travers son écriture, sa musique & son art de manière général. Lonespi dispose de plusieurs cordes à son arc, entre sa plume de poète, sa voix planante mais aussi son talent dans la composition.

L’artiste nous fait l’honneur de se confier à nous dans une interview, nous parlant de ses choix en tant qu’artiste, son art, son évolution artistique mais surtout sur son dernier projet « Toutes les nuits du monde » .

C’est donc sans détour, avec beaucoup de courtoisie et de respect que Lonepsi se livre à Raplume…

 

Son Art

Roxane Peyronnenc

Hello Lonepsi, merci de nous avoir accordé cette interview

Lonepsi : Avec grand plaisir.

On va commencer avec une question un peu large, peux-tu nous dire comment s’est déroulé la conception finale de ton dernier projet : « Toutes les nuits du monde » ? 

Lonepsi : J’étais sur le point de sortir un album, mais je ne me sentais pas prêt artistiquement. J’ai eu besoin, entre ce moment-là où je me suis rendu compte que je n’étais pas prêt et la sortie de l’album, de lancer un premier coup de crayon avec un projet EP.

J’ai soustrait à cet album les sept titres les plus forts, en tout cas ceux qui me parlaient le plus d’un point de vue artistique et textuel, et ça a donné cet EP qui s’appelle « Toutes les nuits du monde. »

Je l’ai appelé « Toutes les nuits du monde » déjà parce que c’est le titre d’un morceau et que, juste d’un point de vue esthétique, j’aime comment sonne cette phrase. Aussi, pour faire ce projet, je me suis donné rendez-vous chaque nuit durant le mois de décembre 2019, toujours à la même adresse, à écrire et à composer ce projet. 

Voilà pourquoi je l’ai appelé « Toutes les nuits du monde » et voilà comment il a été produit et construit. 

Cela veut dire que l’album suivant sera totalement différent de celui dont tu as soustrait les sons ?  

Lonepsi : L’album suivant sera complètement différent. Cela ne sera pas une réédition ou quelque chose de cet ordre-là. Ce sera un album à part entière, avec uniquement des exclusivités.  

Donc le premier album qui a été annulé, c’est vraiment annulé ? On ne le verra plus ?

Lonepsi : Absolument. Ouais, c’est ça. 

J’aimerais que tu nous parles de la promo du morceau : « Sous une averse ». Tu as fait quelque chose d’assez original, quelque chose de jamais-vu, il me semble. J’aimerais que tu nous dises comment cela t’ait venu et de quelle manière cela a été accueilli ?  

Lonespi : On recherchait avec mon équipe une idée de communication qui puisse me ressembler et qui ne soit pas juste un « coup de com’ » gratuit. 

On a écouté les morceaux de l’EP ensemble et on s’est dit que la pluie était un thème que j’abordais souvent. Pas forcément dans l’EP, mais de façon générale dans ma musique. Les gens aiment bien écouter ma musique sous la pluie. L’idée de composer un morceau qui soit disponible uniquement lorsqu’il pleut à l’endroit où vous l’écouter, c’était une idée qui est apparue logique dans la direction artistique que j’essaye de dessiner et d’emprunter. 

Tu as voulu allier toi, ton univers avec un coup marketing, donc ça s’est fait assez naturellement.  Le morceau « Parler de rien », qui est un morceau assez spécial pour nous, nous aimerions bien que tu nous parles de son histoire à ce morceau

Lonespi : Il y a Flaubert qui dit qu’il avait un souhait : faire un roman qui ne parle absolument de rien. C’est-à-dire, un roman rempli de rien, mais qui puisse être une œuvre d’art à elle-même. 

Cette idée-là, que j’ai entendue de Flaubert, ne m’a jamais lâchée. Je me suis dit que cela serait tellement beau d’arriver à être avec une personne et de ne parler de rien, mais de parler quand même. Je me suis rendu compte, a postériori, que c’est quelque chose qui m’est déjà arrivé avec une personne. J’avais envie d’en faire un morceau.

C’est encore plus intéressant que ce que je pensais. 

Ce projet-là, maintenant qu’il est sorti et que tu en as eu les retours, qu’est-ce que tu en retiens de bon et de moins bon ? Qu’est-ce que cela t’as appris ? C’est quand même un step-up par rapport au reste de ta carrière, même s’il y a eu de très beaux projets comme Kairos auparavant. 

Lonepsi : C’est sûr que, d’un point de vue technique, ce projet est beaucoup plus produit que les précédents. Comme tu l’as compris, ce projet, c’est une façon de savoir où est-ce que j’en étais artistiquement parlant. Je me suis rendu compte avec le recul que je savais chanter, que cela pouvait s’entendre sur une musique, mais que ce n’était pas l’unique chose que je voulais transmettre dans mes musiques. Ça m’a donné envie d’allier le chant, que, maintenant, je gère, avec le rap. 

Moi, j’ai commencé la musique par le rap, et c’est vrai que sur ce projet, peut-être qu’il manque un peu de rap. Je pense que pour mon album, il y aura un peu de « moi qui a commencé la musique » et un peu de « moi d’aujourd’hui », c’est-à-dire un peu de chanson et un peu de rap. Voilà ce que j’en tire comme conclusion par rapport à « Toutes les nuits du monde ».

L’évolution artistique

Laura Gilli

C’est drôle ce que tu me dis car, avant l’interview, j’ai regardé, on avait commencé l’interview ensemble, il y a au moins trois ans, qu’on a jamais terminé. Je ne sais pas si tu te rappelles ?

Lonespi : Ah, et je t’ai dit exactement le contraire ? 

Non, pas du tout. Je t’avais posé une question : « Avec qui tu aimerais faire un featuring plus tard ? », et tu m’as cité Lomepal. Et là, tu me dis que tu prends en quelque sorte la même direction que lui sans le vouloir ? C’est-à-dire commencer par le rap, et se rapprocher un petit peu plus du chant.  

Lonespi : Ouais. Ce que je suis en train de dire, c’est qu’aujourd’hui, je me suis dirigé spontanément vers le chant, mais que j’ai quand même envie de faire revenir cet aspect plus rap dans ma musique. 

Je ne dis pas que c’est exactement pareil, mais qu’il y a quand même un lien et une cohérence entre ce que tu me dis aujourd’hui et ce que tu m’as dit il y a trois ans.

Lonespi : Oui, j’entends ce que tu veux dire. Aujourd’hui, j’ai envie de proposer une musique qui puisse être suffisante à elle-même à chaque fois. C’est-à-dire, pas proposer une musique chantée, puis une musique rappée. J’ai envie de proposer une musique qui soit suffisamment riche pour être les deux en même temps. 

Tu avais déjà dit que tu ne te considérais pas comme un rappeur. On t’a vu chanter. Mais tu restes aussi rattaché au rap. On l’a vu sur Skyrock. 

Est-ce que le fait de changer de style te permet de te renouveler et de retrouver ton inspiration ? Est-ce que cela permet d’éviter de te perdre ? 

Lonespi : Si tu me poses la question « Est-ce que je me considère comme un rappeur ? » : j’ai commencé la musique par le rap, donc j’ai appris des codes et des façons de faire qui ne me lâcheront jamais. 

J’ai beau chanter sur un morceau, cela reste quand même du rap. Aujourd’hui, le rap, c’est devenu tellement large qu’on a beau chanter, si l’instrumental ou si les codes de l’écriture s’apparentent au rap, ça reste un morceau de rap quand même. C’est un morceau de rap des années 2020, mais cela reste un morceau de rap. 

C’est sûr que de faire un morceau avec de nouvelles sonorités, soit un peu plus dansantes, soit un peu plus chantées, ça me permet de mieux apprivoiser mes limites. Je peux savoir ce que je peux faire et ce que je ne peux pas faire. Forcément, quand j’ai une panne d’inspiration, ça m’aide à aller voir ailleurs et à faire quelque chose qui me stimule musicalement et artistiquement parlant.  

La plume d’or et le genie de l’artiste

Intéressant. Cette question concerne l’écriture, à laquelle tu accordes beaucoup d’importance. Tu puises beaucoup d’inspiration dans la poésie et dans la littérature. 

Comment arrives-tu à concilier cette inspiration littéraire avec celle de la musique et avec ce qui se fait aujourd’hui dans le rap ? Comment lies-tu les deux pour ne donner que ton univers ? 

Lonespi : Quand je lis un poème, que ce soit de Baudelaire, Aragon, Victor Hugo ou peu importe, je ne me dis pas que ce sont des poèmes ou des poètes, en parlant des auteurs. 

Je me dis juste que si ces gars, si ces auteurs-là, Baudelaire, Aragon, Hugo, étaient nés à notre époque, c’est-à-dire une époque qui donne tellement de moyens aux gens que n’importe qui peut faire de la musique, bah Baudelaire, Aragon ou Victor Hugo seraient des rappeurs. 

C’est juste que, à l’époque, quand on avait envie d’écrire des rimes, tu n’avais pas de logiciels, ni d’ordis, ni de micros à disposition. Tu ne pouvais pas faire les instrumentales toi-même. Donc ces textes-là, tu les mettais sur une page et cela donnait un poème noir sur blanc. 

Moi, je pense que si j’étais né à une autre époque, je n’aurais pas été rappeur parce que cela n’existait pas, mais j’aurais probablement été poète, ou quelqu’un qui écrit sa vie en rimes et en rythme.

Il n’y a pas un grand écart entre les poètes d’avant et les rappeurs d’aujourd’hui. 

Tu écris, tu composes, mais tu joues aussi du piano. Récemment, on t’a vu parmi les compositeurs d’un des morceaux de Da Uzi, sur son album Architecte. Est-ce que tu peux nous parler de ça ? Et est-ce que tu préfères écrire ou composer ?

Lonepsi : J’ai composé avec 2K l’instrumentale pour Da Uzi et Imen Es. En gros, 2K c’est l’ancien beatmaker de Double X, qui était un groupe avant. Ce groupe a composé des instrumentales comme « Macarena », « Allô Maman » ou encore « Billets Verts » de Maes. Des gros morceaux du rap français. Ils se sont séparé pour x raison. 

2K est un très bon ami à moi. C’est le frère de mon meilleur ami. 

Il a un grand talent pour composer. Il a une vision. Lorsqu’il entend un morceau, il sait comment il faut faire la structure. Il a une signature dans les percussions qui est assez forte. Moi, comme je suis un mélodiste et que je sais composer, il a fait appel à moi. On s’est hyper bien entendu d’un point de vue musical. Comme lui, il a un carnet d’adresse grâce à son background assez fort dans le rap, il a les contacts et ça s’est fait comme ça. 

C’est sûr qu’à l’avenir, je vais continuer à composer avec lui pour d’autres rappeurs. Ça se fait tellement naturellement que je ne vois pas pourquoi je m’en priverais.

Pour répondre à ta question « si je préfère écrire ou composer ? » : je n’arrive pas à faire de choix. Je sais juste que dans l’écriture, j’éprouve moins de difficultés. En fait, il y a un truc qui est beaucoup plus naturel quand j’écris que lorsque je compose. 

Quand je compose, je sais que j’ai énormément de lacunes, parce que je n’ai pas fait de solfège. Je n’ai jamais eu un prof de musique, donc forcément il y a un côté un peu plus complexe. 

C’est plus difficile de rentrer dedans pour composer, tandis que quand j’écris, je ne pense absolument à rien. Je me sens libre. Je ne me dis pas que j’aurais dû apprendre telle ou telle chose.

Je comprends. Au final, tu n’as même pas à choisir. Tu fais les deux, parce que tu peux faire les deux. Pourquoi choisir ? 

Maintenant, j’ai une question concernant les thèmes. Tu parles souvent de l’amour, de la mélancolie, de la solitude. Ce sont des thèmes très récurrents dans ta musique. 

Est-ce que tu t’imagines un jour changer de thème ? Faire un truc dans lequel on ne t’a jamais vu ? Je n’ai pas d’exemple précis, mais vraiment sortir de ces thèmes qu’on voit souvent chez toi : le voyage, l’amour, la solitude ? 

Lonepsi : Je pense qu’on ne choisit pas forcément les thèmes qu’on aborde dans les musiques, mais que ce sont les thèmes qui nous choisissent. Je parle de l’amitié, des souvenirs, de l’enfance, des voyages, de la pluie, de l’océan. De tout ce que je rencontre. De la difficulté aussi. Je parle aussi beaucoup du temps. Ce sont vraiment les thèmes qui me choisissent. Je ne décide pas de ce que j’écris. C’est dans ma tête et j’obéis à quelque chose d’un peu plus puissant que moi. Je ne vois pas ce sur quoi je pourrais parler, mis à part ce que m’ordonne d’écrire mon cerveau capricieux. Pour moi, il n’y a aucune limite dans l’écriture. 

Par exemple, je fais un morceau comme « L’hiver est là », donc je parle de l’hiver. Forcément, la direction que j’emprunte dans ce thème est chapeautée par une relation que j’ai eue pendant l’hiver. Il n’y a pas mille thèmes. Il y a l’amour, la guerre, la paix, l’argent, les vices des hommes et des humains. Quoi d’autre ? 

Je vois ce que tu veux dire. Au final, tous les thèmes se rejoignent un peu. 

Lonepsi : Je pense que ce qui pourrait changer chez moi, ce ne sont pas les thèmes, mais c’est la façon dont je les raconterais. Si tu prends tous les rappeurs, tu peux sortir cinq thèmes principaux. Ce qui est important, ce n’est pas le thème, mais la façon dont on traite le thème. Et ça, ce n’est pas forcément quelque chose que tu choisis.

Toujours en rapport aux thèmes, on sait que pour t’inspirer, tu as besoin de bouger un peu. Je pense à des morceaux tels que « La fille du bus » ou des morceaux du genre. Est-ce que le confinement t’a bloqué dans ton inspiration ou est-ce que, au contraire, cela t’a permis de te recentrer sur toi-même ? 

Lonespi : Comme tu le sais, j’ai été touché par le Covid-19 au début du confinement. Ça m’a empêché de faire de la musique et d’écrire pendant quinze jours. 

Le fait de plus pouvoir écrire et composer pendant quinze jours, ça a réveillé une puissance en moi. Lorsque j’ai pu me remettre debout pour aller sur mon ordi et prendre mon clavier pour composer, je n’ai jamais été autant inspiré de ma vie. J’avais envie de faire huit projets en même temps. 

Tu as concentré quinze jours de retenue d’un coup quoi. 

Lonespi : Exactement. C’est comme si tu ne mangeais pas pendant une semaine. Le huitième jour, quand tu peux remanger, tu as une faim de loup. Là, c’était exactement la même chose. J’avais envie de composer, mais je ne pouvais pas. Lorsque je suis retourné sur mes outils, cela m’a fait un bien fou. J’étais rempli d’inspiration.

Tu as quand même su tirer du bien d’une situation dramatique.  

Lonepsi : C’est sûr. Il y a eu des bénéfices secondaires.

J’ai une question un peu plus large, par rapport à ton concert à La Cigale. On a pu te voir avec l’équipe Raplume. Peux-tu nous parler de ce moment, et notamment de la fameuse coupure d’électricité ? Puis après, de ton rapport un peu plus large à la scène au-delà de cette date.

Lonepsi : La Cigale, ça s’est passé le 27 novembre 2019. C’était le plus beau concert que j’ai fait de ma vie. J’étais hyper stressé à l’idée de faire un concert à guichet-fermé, dans cette salle. J’avais été plusieurs fois à La Cigale pour voir des grandes personnes. Je me suis dit : « Ce soir, c’est mon tour. »

Il y avait mes parents. Il y avait des gens que j’apprécie et que je respecte énormément qui venaient me voir comme des anciens profs de la fac, etc. C’était vraiment stressant. 

Quand je suis monté sur scène, il y a une technologie, que les artistes utilisent quand ils sont sur scène, qui s’appelle les Ears monitors. En gros, ça te coupe du public. Dans tes oreilles, tu n’entends absolument pas le public. Tu n’entends que ta voix. 

En entrant sur scène, je n’entends absolument rien. C’est comme lorsque tu mets ta tête sous l’eau. Tu n’entends qu’un semblant de bruit, un bruit sourd et tu ne distingues rien.

Je sais qu’il y a le public à ma droite, parce que je me mets au piano. Je sais qu’il est à ma droite, mais je ne le regarde pas. Je commence à jouer mes premières notes de piano. Et, à ce moment-là, c’est comme si je sortais de mon corps. 

Je suis en train, à ce moment-là, de regarder la B-O de ma vie. Le film de ma vie, j’étais en train d’en jouer la B-O. C’est comme dans les films, à la fin ; quand tu entends le public applaudir au ralenti, sans le son, et que tu entends juste la musique : C’était exactement ça.  C’était vraiment hypnotisant et presqu’un peu fou. 

J’avais l’impression d’être en dehors de mon corps. Comme ce que je jouais au piano, je l’avais répété un nombre incalculable de fois, je pouvais le jouer automatiquement et je me rendais compte absolument de tout. 

La raison pour laquelle je te raconte ça, c’est parce qu’à ce moment-là, tout le stress et l’angoisse que j’ai pu ressentir se sont évaporés. Je me suis rendu compte que j’étais chez moi. J’étais maître de moi-même, de mes mouvements et de ce que je faisais avec ma voix et avec mes doigts sur le piano. C’est complétement irréel. 

Et cette coupure d’électricité alors ?

Lonepsi : Ce n’était pas le premier événement qui aurait pu me déstabiliser. Je ne sais pas si tu te souviens, mais lorsque j’ai commencé à faire mon premier morceau, mon micro était éteint. Premier moment déstabilisant, mais cela ne m’a pas empêché de continuer. 

Puis la coupure d’électricité. Il faut préciser que ce n’est pas La Cigale qui a eu une coupure d’électricité, mais c’était tout l’arrondissement. 

C’est arrivé à un moment où j’étais moi-même sorti de scène pour rejoindre le centre de la fosse afin d’interpréter un morceau au milieu du public. J’ai l’impression que cette coupure d’électricité est arrivée à un moment où il fallait que cela arrive. 

Toute la salle s’est éteinte. Je n’avais pas une voix qui portait assez pour leur dire que ce n’était pas inquiétant et que le concert allait reprendre dans quelques minutes.  

Surtout que la personne de la sécurité demandait à tout le monde de sortir.

Lonepsi : Ouais ouais. Il y a le gérant de La Cigale qui est venu avec un mégaphone dans la salle. Il a dit à tout le monde qu’il fallait se barrer. Il l’a dit avec une méchanceté telle que les gens ont décidé de croiser les bras, de rester impassible et de ne pas bouger. 

Je pense que ce moment-là a pu créer un lien avec tous les gens du public. Je trouve qu’il y a eu un avant et un après. 

À un moment, j’ai décidé de lancer le « Le loup des steppes » a capella avec le public. Tout le monde s’est mis à chanter « Le loup des steppes », alors qu’il n’y avait que les lumières des flashs qui étaient allumées. J’ai trouvé ce moment assez grandiose. 

Je pense que chaque concert est unique. Lui l’était d’autant plus, grâce à ce genre de micro-événements qui auraient pu faire tout basculer dans le mauvais sens, mais qui ont, au final, rendus la soirée encore plus belle. 

Toi tu aimes bien tirer du positif du négatif.

Lonepsi : Ah mais c’est sûr. Je me dis toujours que, ce qui m’arrive, c’est pour mon bien. 

Peux-tu nous dire un mot sur ton premier album ? Comment le prépares-tu ?

Lonepsi : Pour mon premier album, j’avais envie de partir d’une idée forte, d’un concept. 

Je me suis dit que j’allais faire des musiques de film, avec des codes hyper rap. 

C’est-à-dire des musiques hyper orchestrales, mais avec des percussions, des vibes et un flow hyper rappé. 

Ce contraste, c’était une idée forte, mais je ne l’ai pas trouvé encore assez musclée. J’avais envie d’assumer encore plus cette idée. Je me suis dit finalement que pour cet album, je vais faire un film. Un film sans image. C’est-à-dire raconter une histoire, mais sans image. C’est une idée assez culottée, assez osée, mais c’est ce que j’ai envie de faire pour cet album.

Dans la veine un peu de JVLIVS ou de TRINITY ?

Lonepsi : Le projet JVLIVS, je ne l’ai pas écouté. Même si j’adore ce que fait SCH. 

En fait, ce qu’il a fait sur JVLIVS, c’est un film ? Enfin, il a fait un court-métrage ou un long-métrage, non ? 

Il y a effectivement un très-court-métrage vidéo. Mais, l’album, en lui-même, c’est une histoire entrecoupée d’interludes qui narrent l’histoire. 

Lonepsi : Ah, je ne savais pas qu’il avait fait ça. Ouais, c’est à peu près ce que j’ai envie de faire, mais avec des musiques hyper orchestrales. Je veux faire une histoire qui pourrait tout à fait être cinématographique, donc avec énormément d’images. Je veux emprunter tous les codes du cinéma, et tous les codes du rap et n’en faire qu’un. Je n’ai pas forcément envie de faire de clips, mais juste de proposer une musique qui puisse être un film.

Pour la suite, que peut-on te souhaiter, en termes de réussite, de résultats ?

Lonepsi : En termes de résultats, vous pouvez me souhaiter d’être le chanteur le plus célèbre du monde entier. En terme musical et artistique, de faire une musique qui toujours me ressemble et d’aller toujours un peu plus loin dans ce que je suis capable de faire. 

 

Photos : Laura Gilli & Roxane Peyronnenc.

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