“Sextasy” d’Usky : une synthèse en synthwave

Moins d’un an après la sortie de son dernier projet Trilogy, Usky dévoile son premier album Sextasy aux allures de synthèse de sa discographie, de Mojo jusqu’à la trilogie Porte Dorée. 

Le titre 

Sextasy est un néologisme pour parler de sexe et d'ecstasy. Mais pourquoi les mettre en lien ? Considérée comme “la drogue de l'amour” car elle a pour effet d'induire un état d'euphorie et d'empathie pour les autres qui favorisent les relations. Elle désinhibe légèrement et donne une impression d'aisance dans la communication avec les autres. Ce thème va rythmer le projet puisque 9 des 10 titres commencent par la lettre S comme le titre de l’album. 

 La tracklist

Dès la prise de “Substance”, l’euphorie marque le début du projet. Cette introduction va forcément dérouter certaines personnes. Sont-ils capable de se laisser porter par cette drogue ? Le côté éphèmère de l’euphorie est constrastée avec une outro en Chopped & Screwed. 

L’aspect instable du personnage lui permet de redescendre très vite avec “Satin”. Single zéro de l’album, il installe le fil rouge du projet : celui de la drogue confondue avec la réussite d’Usky. Par réussite, on entend le succès commercial mais aussi les réussites privées. Cette relation semble toxique depuis le départ. 

“Je crois bien que j’ai tout fait pour t’avoir” 

Usky est déçu de ne pas être traité comme les autres à cause d’une esthétique différente. 

“Bloques pas sur mes tatoos” 

Elargir son audience oui, mais tout en gardant sa science. Ce constat sur sa situation l’amène à se blinder face à certaines émotions.

On passe de l’extase au sentiment d’invincibilité. Le personnage commence à s’affirmer, c’est pourquoi on arrive au titre éponyme “Sextasy”. Est-ce qu’il se drogue parce que le monde est superficiel ? Est-ce que Usky pense l’être plus que lui ? Ce caractère découle sur ses relations où il devient "Sans love", en featuring avec le belge Geeeko.

“On s'dit "je t'aime" sans love, sans s'regarder 
Pourtant on fuck encore“ 

Usky n’a pas encore accompli sa réussite, pourtant il garde le même mode de vie. Comment doit-il réagir ? Avec une nouvelle prise, pour une nouvelle extase. “Saturne” montre Usky sous un angle plus libre. Il a gardé le même mode de vie mais il profite plus de son indépendance qu’avant. 

“Conscient mais j'reste distant, surtout quand tu dis que tu m'aimes 
Dis-moi qui t'as signé ? Dis-moi qui te tient en laisse ?” 

Le natif de la Porte Dorée accepte d’avoir le “Sang chaud”. En featuring avec Le Motif, il fait comprendre que ses proches vont devoir apprendre avec ce comportement impulsif.

Pourtant, il reste autant lucide sur ses forces que sur ses faiblesses. 

"Cœur abîmé qui bat sous l'manteau” 

Même s’il les accepte, sa relation toxique l’empêche d’être complètement lui-même. Si Usky se sent vulnérable dans "Septième ciel", c’est parce qu’il n’est pas encore prêt à en sortir : 

"Et quand on passe des rires aux larmes 
Fais-moi plonger dans les nuages" 

Cette track répond à une tradition de l’interlude entamée avec la trilogie Porte Dorée (“Sunset” et “Sale con”). Le personnage Usky semble être un hyperémotif qui n’a pas trouvé d’autres solutions pour se canaliser, pour le moment. Même “Si c’est mort”, le rappeur parisien est prêt à tout pour toucher cette “Silhouette”. 

“J’ai perdu mon cœur à travers les saisons” 

S’il s’est battu contre ses démons depuis longtemps, Usky se demande s’il n’est pas lui-même capable de reproduire l’effet de l’ecstasy 

“N'en dis pas plus et viens me tester” 

S’il accepte d’être un produit, c’est parce qu’il est maintenant capable de se passer des autres. Son côté instable le rattrapera toujours mais il pourra compter sur deux thèmes : “Amour et violence”. Placé en outro de l’album, elle sonne comme un hymne, presque comme un message d’espoir. Ce son est celui de quelqu’un qui a accepté sa folie, peu importe ce qu’il se passe autour. 

“J'ai cherché loin c'que j'avais sous les yeux 
Ils pisseront sur ma tombe l'jour d'mon décès” 

 Le format

Usky présente une nouvelle vision du format album. Avec une demi-heure de musique, le rappeur désacralise le long format en proposant une formule hybride de l’EP. Usky équilibre l’expérience courte et intense d’un EP avec le travail d’un album, que l’on peut voir sur les transitions entre chaque morceau. Sextasy n’est pas un album, c’est un moment à partager. Sur sa page Instagram, Usky explique : 

"Le projet « Sextasy » n’est pas un album mais une expérience, une drogue, un shot d’adrénaline pour tous ceux qui sont à la recherche de liberté et de nouvelles sensations après cette période particulière...💙"