« Pour de vrai » d’Ichon : L’histoire d’une rédemption

Le 11 Septembre, Ichon dévoilait son 1er album “Pour de Vrai”. C’est du haut de ses 30ans, soufflés le jour de la sortie, que l’artiste nous dépeint un melting-pot d’émotions qui lui est propre. Produit par PH Trigano et Crayon, Ichon apprivoise la mélodie de son cœur avec brio.  

L'histoire d’une rédemption  

“Tant qu'c'est sincère, j'y suis sensible 
J'essaye de l'faire pour de vrai” 

L’intro nous plonge directement dans le propos. Elle nous donne la note directrice du projet, l’honnêteté envers les autres, et envers nous-même. Affronter ses peurs et ses faiblesses pour atteindre une meilleure version de soi. Le chemin vers l’élévation personnelle passe par la confrontation face à son “Miroir”. 

“Je peux être un funambule et un suicidaire à la fois” 

Ichon développe une contradiction en sa personne, entre celui qu’il était, et qui réside toujours en lui, et celui qu’il aspire à devenir. Le suicide, la mort dans un aspect plus général, est assez présent dans l’album... 

Les penchants suicidaires 

En prônant la sincérité, le membre du collectif Bon Gamin n’hésite pas à creuser dans ses songes les plus sombres. Il en dédie même un morceau, avec “S.O.S”. C’est une sur production brillante et groovy, qu’il tient de tels propos 

“J'essaye d'mourir depuis qu'j'suis môme” 

C’est une notion avec laquelle il a appris à cohabiter, néanmoins il se bat pour faire prévaloir ses raisons de rester en vie. Parmi ses raisons, un justificatif spirituel. Le morceau se finit comme une chorale, rappelant un gospel. 

La relation avec Dieu 

 Le 9ème morceau est “Litanie”. Dans la tradition chrétienne, la litanie est une suite de prière qui se terminent par des formules similaires. Il met en relief l’importance de la religion dans son discours en utilisant son procédé. En effet, l’artiste sous-entend avoir était sauvé par la spiritualité. Il rend son propos universel dans le clip dédié.  

 L’amour 

“C’est pas si facile 
D’être heureux 
D’être deux” 

La complexité de sa situation amoureuse est un des engrenages de son élévation. Sa culpabilité due au sort que sa relation a subi le pousse à revenir sur sa personne et à se questionner sur l’amour véritable. L’amour, ce sentiment divin, qu’il a perdu, l’amène à se retrancher vers la mort. Cependant, le don musical qu’il hérite de l’éternel le maintien dans ce monde. Au-delà de l’amour passionnel entre deux êtres, il y a l’amour en nous, celui que l’on partage avec autrui, dans le cas d'Ichon, celui qu’il transmet avec sa musique, son art. 

Aujourd’hui 

Malgré beaucoup de mélancolie, un air d’optimisme plane au-dessus de l’album. Ce constat amer bâti de son expérience personnelle, lui permet de prendre le contrôle sur ses démons, du moins, le temps d’une journée. 

La mélodie, moteur d’émotion 

L’album est une machine à voyager dans le temps. On navigue entre les époques et les courants musicaux. Le morceau "Pas de piano" porte bien son titre, tel un ovni mélodique qui précède “Noir ou blanc", l’excellent single en compagnie de Loveni, fidèle acolyte d’Ichon. On retrouve des productions “synthwave”, style honoré plus tôt dans l’année par TheWeeknd avec son album "After Hours". Sur “Pour de Vrai”, Ichon montre ses talents de chanteur, et cela fonctionne plus que bien, comme il le rappelle dans “911”, étant née en 1990, il est sensible à ses sonorités passées qui ont bercé son enfance. En utilisant les codes d’aujourd’hui, il renouvelle une époque pour en faire quelque chose de nouveau. Cette versatilité dans les productions permet de vêtir les émotions différemment qu’a l’accoutumé.  

Pour de Vrai est un vent d’air frais sur le paysage rap français, témoin de l’ouverture artistique de cette musique. Une magnifique introspection de l’être humain. Une véracité inspirante, de la beauté à l’atrocité de la vie.