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10 projets que vous avez (peut-être) loupés en 2020

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L’année 2020 a été particulière pour tout le monde, y compris pour le secteur de la musique. Les écoutes en streaming ont baissé et la crise sanitaire a globalement obligé les artistes à décaler ou à modifier leurs projets prévus. Pour les rappeurs en développement, il s’agit d’un coup dur. Aujourd’hui, Raplume vous propose un focus sur dix d’entre eux, ayant sorti au moins un projet en 2020 et que vous auriez peut-être zappé durant cette année très riche en sorties.

Geeeko – Réel

Geeeko est un artiste belge qui vit à Bruxelles. En 2019, il décide d’arrêter ses études pour se lancer dans la musique et signe sur le label bruxellois Vangarde Music. Il est très influencé par le rap américain. On le remarque d’ailleurs dans sa façon d’utiliser l’autotune, de poser ou d’articuler les mots dans son intonation. Geeeko collabore la majeure partie du temps avec Chuki Beats, un producteur et YouTubeur belge, qui lui propose des beats proches du rap US pour coller à son style, tout en étant très mélodieux. Chuki Beats a par ailleurs produit la quasi intégralité du premier projet de Geeeko : Réel, sorti en avril dernier.

Tout en s’inspirant du rap américain, le jeune rappeur parvient à proposer une identité visuelle : une apparence accrocheuse avec ses cheveux colorés et des clips très travaillés sur les plans, les couleurs et la scénarisation, comme en témoignent les premiers extraits dévoilés du projet Réel avec le double clip de « Fuckd Up » et « Fendi ». Il faut aussi noter sur le plan musical qu’il accorde beaucoup d’importance à ses toplines, qui sont toutes aussi variées que mélodieuses. Son projet Réel comprend seize tracks, dont un seul featuring, avec Tsew The Kid, lui aussi étant un jeune artiste en plein développement et qui connaît un succès de plus en plus grand en France. Les deux artistes ont proposés une excellente collaboration sur « Crazy ».

Réel est une mixtape dans laquelle Geeeko a voulu montrer toute sa versatilité. Dans les thèmes, on retrouve beaucoup d’amour, de l’egotrip ou encore de la mélancolie. Ce projet constitue une carte de visite, une présentation de son univers musical au public. On vous invite fortement à découvrir et suivre de près cet artiste très talentueux et très prometteur. Il a déjà sorti son deuxième projet cette même année Irréel le 18 décembre.

Réel est disponible sur toutes les plateformes de streaming en cliquant ici.

Leith – Instinct

Après son apparition sur notre projet Le chant des oiseaux, Leith a su se faire remarquer. En effet, le morceau « Détresse » est aujourd’hui le plus gros succès du projet, cumulant plus de 2 millions d’écoutes sur les plateformes de streaming. Le rappeur parisien a vite su profiter de ce succès en sortant son 10 titres Instinct quelques mois plus tard. Avec l’amour pour fil conducteur, Leith nous emmène dans ses peines (« Pleurs », « Derniers maux ») à ses joies (« Toucher le ciel », « Le temps passe ») avec une facilité déconcertante et des mélodies qui viennent toujours s’ancrer dans nos têtes.

Alors que les rappeurs évoquant l’amour se multiplient aujourd’hui, Leith semble bel et bien tirer son épingle du jeu et nous vous invitons évidemment à aller écouter son projet sorti le 29 mai 2020.

Monsieur NOV – EVO 3 OR

Sorti le 25 septembrece projet était censé clôre une trilogie entamée en 2015 avec la première saison Evo. Cette série marque un tournant dans la musicalité de l’artiste de 34 ansauparavant affiliée à la néo-soul pour se diriger vers la trapsoul, à l’image d’un Bryson Tiller aux États-Unis. Loin d’être une traduction monotone, Monsieur Nov revient avec 8 titres marqués par une grande performance vocale.

Racontant la lente dissolution d’un couple jusqu’au divorce, entremêlée d’une rencontre, il revient à ses fondamentaux notamment en termes de productions,  l’on peut retrouver Zeg P sur “Débordé“ et “Fini”, déjà présent sur Evo 2 avec le morceau “Leila”. L’artiste semble avoir trouvé un équilibre entre les différents univers traversés lors de sa longue carrière, son premier projet Sans dessus 2 soul datant de 2008. Il a d’ailleurs complété EVO 3 OR avec l’opus ARGENT quelques semaines après, à la grande surprise du public.

Bien qu’il semble musicalement établi, Nov ne compte pas s’arrêter à cette trilogieDésormais signé sur son propre label Vibe Labo Music, il annonce vouloir revenir dès que possible grâce à cette nouvelle indépendance. 

EVO 3 OR est disponible sur toutes les plateformes de streaming en cliquant ici.

Vendredi 13 – Ouroboros

Vendredi 13, c’est un collectif fondé en 2019 qui regroupe des rappeurs, beatmakers, ingénieurs du son et graphistes. Après d’excellents singles sortis tout au long de l’année 2020, ils dévoilent Ouroboros, leur premier projet, le vendredi 13 novembre (ça ne s’invente pas !). Totalement indépendants, ils évoluent en marge du rap mainstream en s’inspirant notamment de l’univers du cinéma et des jeux vidéo pour construire le leur : un mélange de nombreuses références qui leur a permis de constituer une identité unique.

Déjà expérimentés dans la musique pour la plupart, c’est une équipe solide qui se présente sur Ouroboros, l’une des pépites méconnues de cette année. Textes, prod et visuels sont cohérents avec l’attitude du collectif, dont les morceaux s’apparentent souvent à des bangers, parfois poussés vers le rock ou le métal. Les sept titres valent le coup, mais nous vous conseillons en particulier « B.C.H » et « Ça c’est V13 » pour s’imprégner au maximum. V13 V13 V13 !

Ouroboros est disponible sur toutes les plateformes de streaming en cliquant ici.

Bekar – Briques rouges

À l’instar de ZKR et BEN plg, Bekar incarne la nouvelle génération de rappeurs nordistes archi talentueux et… sur le point de faire leur trou ! Cependant, même si Bekar a réalisé avec Briques rouges un projet sans faute, il reste trop peu écouté, et ce malgré sa signature chez Panenka Music (PLK, Georgio, Tsew The Kid, …). Au moment de sa sortie, le 25 septembre, nous vous proposions d’ailleurs de découvrir l’univers du jeune homme dans une interview à propos du projet.

Entre mélancolie, vie personnelle et kickage, Bekar nous emmène à Roubaix, au milieu des briques rouges qui ont tant marqué son enfance. Les premiers extraits ont permis de voir l’évolution depuis Boréal, son premier projet. Les clips sont réussis, les ambiances sont variées et on ne s’ennuie jamais malgré les 18 titres solos.

En cette fin d’année, Bekar a livré un joli cadeau de Noël à son public avec le titre « 98 », peut-être un premier indice sur ce qui suivra…

Briques rouges est disponible sur toutes les plateformes de streaming en cliquant ici.

Zed Yun Pavarotti – Beauseigne

Acclamé par la critique, notamment des médias généralistes, le troisième projet de l’artiste stéphanois plaira aux plus ouverts d’entre vous. Si son style se situe « entre le cloud rap, le hip-hop, la pop ou encore la trap » selon Wikipédia, nous dirons plutôt que ce mélange entre pop, rap et rock est aussi singulier que l’artiste (qui a quand même tatoué le mot « maison » en gras sur sa joue) : c’est du Zed Yun Pavarotti, ni plus ni moins. Entre guitares électriques et mélodies entraînantes, les auditeurs de rap reconnaîtront eux quelques beats qui tapent et une écriture dénuée de tous codes, comme l’affectionne tant les rappeurs. Si celle-ci sonne souvent crue, elle est toujours très imagée et souvent poétique « J’prends tes formes, des feuilles et puis j’arrête. » L’artiste y chante sa mélancolie entre ballades plus calmes et sons qui donnent envie d’appuyer sur l’accélérateur.

Un artiste qui ne s’enferme dans aucune case et n’a de cesse de s’améliorer en définitive, comme nous le prouve encore cet album, sorti en octobre. Beauseigne !* s’écrira-t-on si nous apprenons que vous n’avez pas encore écouté ce petit bijou de musique envoûtante.

*Beauseigne, ou l’expression de patois stéphanois préférée des mamies de St-Etienne et ses alentours, signifie « mon pauvre » (ou « peuchère » chez les buveurs de pastis). 

Beauseigne est disponible sur toutes les plateformes de streaming en cliquant ici.

Beeby – Morningstar

Beeby a clôturé la terrible année 2020 avec un EP aux sonorités aériennes et profondes, co-composé à trois : Kage, Mala808 (soit Beeby lui-même) et Kedy aux guitares. Récit de ses nombreuses nuits blanches menant à l’étoile du matin, entre introspection et leçon de vie, on retrouve dans ce projet une vraie âme, apportée en partie par les superbes guitares acoustiques de Kedy.  Un EP complet, avec un seul featuring sur le morceau le plus énergique du projet « Ciel Gris » avec Malo.

On traverse cette œuvre comme une expérience, presque comme une vie entre désirs et regrets, joies et peines, élévation ou purgatoire. On y sent toute la remise en question, artistique et humaine du $aigneur, où il troque ses egotrips tout en gardant sa hargne et sa soif de performer.
En une phrase, Morningstar, c’est l’histoire de l’amour émanant de la haine, la traversée des turpitudes de la vie et ses plaisirs les plus simples.

« Et si je meurs jeune, laisse-les tej des fleurs mais pas trop près de la tombe : y a que la mort qui pourra nous rendre immortel » 

Morningstar est disponible sur toutes les plateformes de streaming en cliquant ici.

Sopico – Ëpisode 0

Sorti le 1er mai, Ëpisode 0 est le cinquième projet de Sopico. Dévoilé deux ans après son album , cet EP s’inscrit dans la lignée du précédent Ëpisode 1, datant de 2017. Si le chiffre remet les compteurs à 0, c’est parce que la démarche de l’artiste issu de la 75ème session consiste en la prise d’un nouveau départ artistique. Cette remise en question transparait dans ses textes et son introspection se retrouve aussi dans ses choix musicaux, avec une place importante laissée à la dualité guitare / voix. On retrouve d’ailleurs l’un des meilleurs producteurs français sur la majeure partie de l’EP : Loubenski. Très aérien, le projet comporte néanmoins certains couplets kickés réussis comme sur le morceau « D’où je viens » ou sur « Sans titre ».

Adepte des sessions acoustiques, Sopico a publié sur sa chaîne Youtube une belle reprise de son titre « Avant de partir » que l’on vous conseille fortement. Ëpisode 0 est disponible sur toutes les plateformes de streaming en cliquant ici.

Qube – KYŪ

Créé pendant le premier confinement en quelques semaines et en toute indépendance, ce premier projet est une manière pour Qube de se présenter, avec une palette plutôt large, de manière à ce que chacun puisse trouver son compte au sein du projet. Ce projet marque le début de sa discographie, et la suite devrait arriver très rapidement. En restant fidèle à sa musique du premier morceau jusqu’au dernier, Qube ne veut pas se conformer à ce qui marche. Nous vous conseillons un morceau en particulier qui peut rappeler l’époque de 1995 et L’entourage : « Vidartist« .

À seulement 21 ans, l’artiste originaire de Champigny n’attend plus que vos oreilles pour le découvrir. Sa musique et son univers, loin de ce qu’on a l’habitude d’entendre, seront à suivre de très prêt !

KYŪ est disponible sur toutes les plateformes de streaming en cliquant ici.

Jeunesaint – NÉRÉIDES : L’exorde

Dévoilé en novembre dernier, ce 6 titres est le fruit d’un jeune homme dont on ne sait pour l’instant que peu de choses, si ce n’est ses influences R’n’B outre-atlantique, disposant même une pochette de l’album Starboy du chanteur canadien sur sa propre cover. Celle-ci illustre d’ailleurs parfaitement le contenu du projet, les textes étant imprégnés des codes du genre musical. Ne vous attendez cependant pas à la représentation manichéenne de l’amour et du couple. Jeunesaint appuie d’autant plus sur cette complexité dans un skit placé sur le dernier son de la tracklist. Ce dernier morceau, titré comme une interlude, semble ainsi laisser une porte ouverte vers une suite logique.

Très prometteur pour un artiste en développement avec une si faible exposition, on a hâte de découvrir ce qu’il pourrait être amené à proposer à l’avenir.

NÉRÉIDES : L’exorde est disponible sur les plateformes de streaming en cliquant ici.

C’est ainsi que se termine cette sélection présentée par l’équipe de Raplume. Bien entendu, il existe de nombreux autres projets pas assez écoutés cette année et nous vous invitons à streamer à fond les petits artistes. Passez toutes et tous une excellente année 2021 !

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Moha MMZ démarre fort en solo avec « EUPHORIA »

Antoine

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Connu pour sa carrière de groupe aux côtés de son acolyte Lazer, Moha MMZ débute aujourd’hui son parcours solitaire avec EUPHORIA.

Dans la musique, le passage d’un projet de groupe à une carrière solo s’avère souvent quitte ou double. Après avoir fait ses armes avec plusieurs projets de groupe, celui qui se faisait appeler Pti Moha en 2015 sur Que la mif de PNL sort aujourd’hui son premier album solo : EUPHORIA. Un nouveau challenge pour le rappeur, challenge qu’avait aussi entrepris son acolyte Lazer l’année dernière avec un EP Zéro Pression.

Respire, demain sera meilleur ou juste moins pire

Réputé pour sa maîtrise de la mélodie, le jeune homme originaire des Tarterêts n’y déroge pas et conserve toute son ADN au sein de son premier album en solitaire. Variant les ambiances et les flows, le rappeur propose également plusieurs prises de risque réussies, du refrain de DORE à celui de BUG pour ne citer qu’eux. « Toujours les mêmes pâtes dans les mêmes plats » … Imprégné de la fibre QLF, on retrouve également N.KF au mix de l’album et BBP dans certaines productions.

Au nombre de 2, les featurings savamment choisis s’intègrent sans faute dans la tracklist, que ce soit l’ensoleillé VIBES avec RKM de DTF ou le mélancolique GALERES aux côtés de Zed, membre éminent du collectif 13 Block.

Au delà des textes, son univers se révèle également via ses clips, en témoigne le dernier en date tourné dans les forêts norvégiennes, illustration de la froideur du titre CAUCHEMAR.

Très attaché à l’indépendance, Moha a fondé son label SPRT ZOO et son studio La Salle Du Temps, et a accompagné la sortie de son album d’un merchandising exclusif. Etape importante dans son parcours artistique, le jeune artiste délivre un premier album solide et prometteur à seulement 24 ans, annonciateur de belles choses pour la suite de sa carrière.

L’album EUPHORIA de Moha MMZ est disponible sur toutes les plateformes de streaming.

Dans le reste de l’actualité : Jazzy Bazz revient avec Memoria

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Green Montana toujours aussi efficace dans « Waldorf Astoria »

Nicolas Rispal

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Green Montana est de retour avec « Waldorf Astoria » sept mois après la sortie de MELANCHOLIA 999, en juin dernier. Parlons-en. (suite…)

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Oldpee revient encore plus « Dur »

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À l’occasion de sa série « Binbinks », Oldpee veut marquer les esprits de ce début d’année avec le cinquième opus de la saga.

Dans ce nouveau visuel réalisé par Alan Cohen, le rappeur sevrannais continue d’affirmer son identité, à coups d’égotrip sur sonorité trap mêlés à une attitude et des flows nonchalants. La performance du rappeur doit être autant soulignée que la production minimaliste mais efficace de DJ Morex & B.A.

Si j’pose mes péchés sur la table, j’suis presque sur qu’elle s’fissure

La D.A du clip permet à Oldpee d’exprimer sa singularité, notamment par sa gestuelle. Ce visuel continue de dessiner les contours de la direction que va prendre le rappeur pour 2022. Il semble très à l’aise dans une ambiance sombre et sobre à la fois. L’aspect nonchalant de l’artiste donne du relief à des références qui se veulent plus légères :

Ca t’allume au clair de la lune

Nous pouvons également souligner la présence de Da Uzi aux côtés d’Oldpee. 3 ans après la compilation « 93 Empire », la scène sevrannaise montre sa facilité pour collaborer. Peut-on y voir un potentiel feat sur le premier projet solo du membre de 13Block ? Au final, ce visuel, avec le morceau qui l’accompagne, semble être le parfait compromis pour Oldpee. D’un côté, il ne devrait pas perdre les fans l’ayant découvert en groupe, et de l’autre côté, il affirme lentement et sûrement son attitude plus singulière.

Le morceau IGGY de Oldpee est disponible sur toutes les plateformes en cliquant ici.

Dans le reste de l’actualité : TUNNEL, l’exposition du photographe Fifou du 21 au 23 janvier

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