Nous suivre

Article

Peut-on faire du rap sans être dissident ?

Avatar

Publié

le

Imaginez un clip de rap, sans femmes qui se trémoussent, sans grosses voitures, sans bling-bling. Maintenant, un peu plus difficile, imaginez du rap sans paroles offensantes, sans gros mots, sans vulgarités. Pas facile hein. En tout cas, ce n’est pas impossible. Mais, à ses risques et périls…

 

Qu’est ce qu’être dissident ?

Au titre de l’article, on pense tout de suite au refrain du morceau « EuroTrap » de Vald qui, ironiquement, pose cette fameuse phrase : « Comment faire du rap sans être dissident ? ». Mais pourtant, vraie question. Parce que depuis des années, toute une partie de la crédibilité des rappeurs s’est basée sur ça. Pendant longtemps, dans le rap pour être crédible (voire légitime), il valait mieux parler de tes années en GAV, des millions que t’as brassés ou des meufs que t’as pécho. Mais peut-on trouver une alternative à ça, peut-on être un rappeur avec autant de poids sans cette injonction à être un rebelle sans valeurs morales ?

On appellera, dans cet article, dissidence, tout rejet (de la part des rappeurs) d’attitude de bienséance, et toute expression de rejet de l’autorité

Pause. Je sais, la question est assez large, et je sens que cela vous titille de me répondre par les codes musicaux du rap. Donc quelques disclaimers. De 1. On va uniquement se pencher sur le rap français. De 2. On va se pencher sur les lyrics et 3. On ne va pas parler du fait que la dissidence existe ou pas. On sait tous qu’elle est présente et qu’elle est inséparable du rap (due à de nombreux facteurs : origine du rap, contexte politico-social, etc…), mais la question ici est de savoir si on peut faire du rap légitimement sans cela. Autrement dit, peut-on être qualifié de rappeur en parlant de sa vie de tous les jours et sortir de ce carcan de la provocation, sans trop changer le rap ?

Revenons donc à nos petits dissidents. Bienséance, car le rappeur doit faire tout le contraire de ce qu’il convient de faire, voire du savoir-vivre. Donc, tout doit être en dehors des clous : de la façon de gagner sa vie jusqu’à la gestuelle. Et le rejet de l’autorité alors ? Car il y aussi ce code du rap qui demande (peut-être moins aujourd’hui) que l’artiste doit être contre l’autorité en place :les forces de l’ordre, le pouvoir en place etc.. 

 

Dissidence : essence du rap ou plus-value ? 

Pour comprendre le rap actuel, revenons aux origines…. 

Le rap US est, dans la culture commune, l’archétype de la dissidence. En effet, années 80, la communauté noire est en pleine lutte pour leurs droits humains et contre la ségrégation aux Etats-Unis. Un groupe de jeunes de quartiers isolés (ghettos) du Bronx regroupant une forte communauté afro-américaine, veulent se faire entendre. Et rien de mieux que des rimes, et un rythme saccadé pour marquer les esprits. Et pour cela aussi, les paroles devaient être fortes, interpeller, et… provoquer pour engendrer des réactions. 

Or, c’est ultra-giga-méga minoritaire par rapport au rap populaire à cette époque-là. 

En effet, on fantasme beaucoup sur le rap originel qui est né pour provoquer, et qui serait essentiellement venue des ghettos. Et bien, c’est en partie faux. Puisque le rap ( que l’on pouvait inclure dans la culture hip-hop dans ces années-là) était surtout là pour distraire et faire bouger la tête. Alors, dans les années 80, le rap qui a le plus de succès c’est The SugarHill Gang avec « Rapper’s Delight » , c’est Africa Bambaataa avec Planet Rock. Des sons rap avec des airs de funk, quoi ! D’où le nom RAP qui veut dire Rythm n’ Poetry.

Pareil côté français, on a Lionel D, Dee Nasty etc… Ici, ce sont des textes engagés mais bien loin du vulgaire, ou de la provoc’.

said-a hip, hop, the hippie, the hippie
To the hip hip hop-a you don’t stop the rock
It to the bang-bang boogie, say up jump the boogie
To the rhythm of the boogie, the beat

Fin des années 90, la donne change. NTM. Vous connaissez ce que signifie cet acronyme. On est dans une bascule au niveau de la forme, et de la musicalité. Les rappeurs crient fort, avec une voix rauque, et parfois même pas dans le tempo. Bref, tous les codes sur la forme musicale sont balayés. Nous sommes dans le rap dit « hardcore ». Les lyrics rejettent la société dans son ensemble, ses normes, sa politique, ses codes avec force et violence. Il mettent l’accent sur le quotidien (violence des rues, la pauvreté) et les effets du système. On bascule dans un esprit marginal, contestataire, qui inclut beaucoup de vulgarité et de rage. Mais, le message nous lâche, sur le passage, quelques phrases vulgaires. A titre d’exemple,  le clip Ma Benz avait choqué, alors qu’aujourd’hui ce serait un clip parmi tant d’autres. 

 

On parle toujours de la vie des quartiers, toujours des textes engagés mais cette fois-ci d’un ton cru, provocateur

Parce que faire du rap engagé pour qu’au final les gens ne fassent que bouger la tête, ça commençait à agacer certains artistes, qui ont décidé de passer à la vitesse supérieure. Alors, on a des NTM qui détonnent. Ce culot ayant tellement de succès, a plu au public. Un tel succès que certains ont décidé de s’en emparer, plus tard, mais pas pour les mêmes raisons… 

 

Et l’égotrip fut…. 

L’égotrip, ce concept assez tardif dans le rap. La mode de l’égotrip débarque dans les années 2005-2010. Avant le rap servait surtout à parler des autres plutôt que de soi. 

Mais qu’est-ce que l’égotrip ? C’est un terme anglo-saxon qui désigne un acte ou une démarche qui améliore ou satisfait l’égo de quelqu’un. Dans le rap, ça désigne ce style qui permet à l’artiste de faire sa promotion, de se mettre lui et/ou ses œuvres en avant, devant son public. Et parfois, pour mieux se mettre en avant, le meilleur (mais pas le plus louable) moyen est de « clasher » les autres. Ce style s’imbibe donc de provocation envers d’autres rappeurs en se proclamant LE meilleur du rap français (le Rap Game). Les rappeurs réalisent beaucoup de clashs, balancent des dossiers en utilisant des phrases chocs. Le précurseur en la matière fut le rappeur Rohff. Son identité artistique s’est basé sur l’esprit de compétition, très attaché aux valeurs de la rue, égocentrique, avec un fort besoin d’appartenir à un groupe, provocateur. Mais on ne dépasse pas les limites, les insultes sont rares, ce sont plutôt des punchlines certes assassines mais aucune vulgarité. Les morceaux les plus parlants pour illustrer cela sont les titres « La puissance » ou « je rappe mieux que toi ». 

C’est vulgaire et alors ? Comparé aux batards qu’ya dans ce monde, j’suis un mec en or

Et ce style engendra son variant : le rap gangsta. Un style de rap accès sur le bling-bling. L’objectif est de mettre en avant tout ce qui brille : le matériel, l’argent, le pouvoir, la femme-objet. Le maître en la matière est l’artiste Booba. (Attention, je ne dis pas que Booba est le variant de Rohff, je vous vois venir…).  Toute l’identité artistique est donc basée sur l’esprit capitaliste, le superficiel, le machisme, et la provocation bien sûr. Nous avons affaire ici à de la vulgarité et des rimes pauvres, puisque le message doit être cru (et pro-vo-ca-teur).  Ainsi, ce style n’a pas de priorité sur la forme, les artistes doivent juste représenter les siens. 

Ne me tente pas, j’aime trop l’oseille pour être honnête
J’suis venu vous gifler, dédicace à Bertrand Cantat
Vient faire un tour dans gamos, gamos
22 pouces, chrome, vamos, vamos
Millionnaire, comme dirait Abdel Hakim

Ces deux styles ont eu un énorme succès, et ont influencé beaucoup de rappeurs aujourd’hui qui ont mélangé les deux styles tels que Lacrim, Kaaris, Gradur, mais aussi Niska. 

 

Le rap commercial 

Avant 2010 qui marque l’avènement du streaming, les rappeurs étaient contraints de vendre des CD ou de passer leurs sons à la radio. Mais, les CD physiques sont en chute libre à cause d’internet qui se démocratise avec la plateforme YouTube. Ce qui fait qu’il ne reste plus que la radio. Mais les publicitaires sont assez réticents. Difficile de vendre du Coca à côté d’un « n**ue ta mère ». C’est ce que certains rappeurs ont compris. 

L’objectif du rap commercial est de valoriser le rap, de rester consensuel, de plaire au grand public. Par conséquent, les rappeurs insistent sur les clichés, sur ce que le public veut entendre dans un souci de justement répondre au besoin de l’auditeur. 

L’exemple le plus parlant est celui de Maître Gims. L’univers de Maître Gims repose sur une identité qui transparaît à quelqu’un qui soigne son image, qui devance la mode, (avec un brin d’égocentrisme). Nous sommes avec peu ou pas de vulgarité. La forme a la priorité sur le fond. Le rappeur privilégie donc des phrases répétitives (à la mode bourrage de crâne) qui vont dans la mélodie en suivant la tendance. Et ça marche puisque les labels acceptant de signer ce genre de rappeurs sont uniquement des majors. 

Mais fort heureusement, il y a un style de rap qui privilégie le fond ET la forme. Et oui, ça existe. Le rap dit alternatif, qui se caractérise par une démarche intellectuelle. Le concept-album prend la forme imagée d’une histoire. Il y a un début et une fin où un fil conducteur joue le rôle de lien entre chaque titre. Cette volonté de mettre le fond et la forme au même niveau. Alors, le rappeur est parfois vu comme perché, rêveur, ou révolutionnaire. Mais il y a une volonté de maîtrise de l’écriture du texte de A à Z. Rien n’est laissé au hasard, tout est voulu et contrôlé. C’est donc le rap alternatif, même si alternatif n’est pas le bon mot, puisque qu’on catalogue direct le reste comme du mainstream, et on met donc de côté ce genre, en le nommant d’alternatif.

L’exemple le plus typique est Orelsan (certes après une courte période de provoc’). Notamment avec son dernier album « Civilisations » qui est un album pensé du début à la fin, tant sur le fond que dans la forme.

Il y aussi Nekfeu, AKH, etc.. Dans un style un peu plus poétique, il y a Oxmo Puccino. Et si vous n’aimez pas la mélodie, vous pouvez toujours vous rediriger vers Kery James, Dinos, ou Youssoufa, qui ont remis au goût du jour la poésie et l’écriture dans le rap, sans que cela paraisse has been. Et si vous êtes toujours attaché à la provoc’ mais autant que ce soit bien fait, il y a Vald. Bref, tout ça pour dire que le rap s’est diversifié, et qu’il y en a désormais pour tous les goûts et toutes les sensibilités. 

Mon petit doigt m’a dit de lever celui du milieu

 

La dissidence n’est pas (plus) la norme 

La provocation n’apporte aucune plus-value à l’art musical rap.

En 2021, la dissidence ne fait plus partie de la norme musicale. Il fut un temps où le rap hardcore (donc provocateur à souhait) des années 2010 occupait une place majoritaire et était très plébiscité : Booba puis Kaaris, ensuite Gradur et Niska pour finir, étaient tous très écoutés et étaient dans le haut du panier des écoutes en streaming. Mais, en regardant de plus près ce qui s’écoute le plus sur les plateformes de streaming – tous genres musicaux confondus- nous avons en N° 1 Jul, ensuite djadja et dinaz et ensuite Ninho. Des artistes qui sont loin de ce que l’on a défini comme dissident précédemment. Ils ne revendiquent ni le rejet de l’autorité, ni la femme-objet, ni un train de vie de gangster. 90% de leurs sons parlent plutôt de leurs vies en proie au doute, à l’amour certain de l’argent, et voire même à quelques histoires de coeur. On a aussi un Orelsan qui va penser son projet comme une oeuvre artistique pensé, mesuré, millimétré du début à la fin, et qui pulvérise les scores, en étant certifié disque d’or sans même avoir sorti son album. Preuve que pas besoin d’être dissident, et provocateur pour vendre. 

En résumé, la dissidence (que nous avons beaucoup défini par le mot provocation) est un moyen qui marqué le rap au fer rouge. Elle nous a laissé quelques bangers, et a sans doute fait le rap que l’on connait aujourd’hui. Mais, la provocation a plus servi de porte-voix à l’art du rap qu’à une réel plus-value artistique et musicale. 

Malgré tout, le tableau n’est pas tout noir. En effet, si la provocation sert avant tout à attirer l’attention, elle peut alors permettre de pointer du doigt certains défauts de notre monde afin de le rendre meilleur, sur des causes jusqu’alors méconnues. Kalash Criminel le fait très bien en mettant en lumière le pillage des mines au nord Kivu, sujet presque inexistant dans la sphère médiatique.

En bref, la provocation fait partie de la nature humaine. Par conséquent, faisons preuve de stoïcisme, c’est à nous de l’apprivoiser, de l’utiliser avec modération et de définir ses limites.

 

 

 

 

Auteur/Autrice

Continuer de lire
Cliquez pour commenter

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Actus

Les news de la semaine #2 (Zamdane, Bigflo, Freeze, Drake…)

Avatar

Publié

le

Par

L’actualité du rap français est dense. Chaque semaine, les infos grouillent de tous les côtés. Depuis un moment, Raplume vous propose un récapitulatif des news du jour sur son compte Instagram. En 2023, nous allons plus loin et vous proposons chaque lundi une mise à jour de ce qui s’est passé d’important dans le secteur. L’article se clôture avec la liste des nouvelles certifications délivrées par le SNEP.

Djadja & Dinaz annoncent leur sixième album

2023 : l’année de Djadja & Dinaz ? Alors que les deux rappeurs s’apprêtent à entamer une tournée des Zéniths à l’automne 2023, les fans ont eu une belle surprise la semaine dernière. Via leurs réseaux sociaux, les deux rappeurs ont annoncé la sortie d’un nouvel opus, ALPHA.
L’annonce, accompagnée d’un visuel 3D appelant à la mobilisation de “la meute” (comprenez les fans), n’indique pas encore de date de sortie. Toutefois, l’édition ULTIMATE réalisée en collaboration avec l’artiste contemporain Richard Orlinski est déjà disponible à la vente.

Deux années après la sortie de leur album Spleen, Djadja et Dinaz semblent déterminés à marquer 2023 de leur empreinte.

Zamdane de retour avec un nouveau single, “Poussière”

L’affamé est de retour. L’une des étoiles montantes du rap francophone signe un comeback attendu ce mardi à 18h00 avec la sortie de son nouveau single “Poussière”, issu de sa série de freestyles Affamé. Plongé dans la pénombre, regard vers le ciel, Zamdane semble prêt à toucher les étoiles.

Le jeune rappeur originaire de Marseille et à l’histoire personnelle touchante avait notamment marqué 2022 avec la sortie de son premier album. Intitulé Couleur de ma peine, l’opus avait eu le mérite de placer Zamdane sur la carte du rap français. À lui désormais de confirmer les espoirs placés en lui.

Drake, un nouveau record et un coup de gueule contre Spotify

Drake est un habitué des records. Le rappeur canadien vient tout simplement de devenir le premier artiste à comptabiliser 75 milliards de streams sur Spotify. Il écrit ainsi une nouvelle page de l’histoire de la musique. C’est Drake lui-même qui a informé ses fans en postant l’information dans sa story Instagram. Il en a profité pour pousser un coup de gueule concernant le mode de rémunération sur la plateforme de streaming suédoise. « Nous devrions obtenir des bonus comme des athlètes pour motiver les futurs artistes à être constants et compétitifs. Alors, Spotify, n’hésitez pas à m’envoyer un chèque de la taille de LeBron, j’ai assez d’assiettes », a-t-il déclaré sur son compte Instagram. Pour rappel, Drake détient plus de 12 albums qui ont dépassé le milliard d’écoutes. Une sacrée performance.

Bigflo devient Bunshiin et se lance dans l’hyperpop

Bigflo enlève momentanément sa cape d’invisibilité et devient Bunshiin. Le rappeur sort son premier single solo “Koopa” et utilise ce pseudonyme pour nous révéler sa nouvelle identité.  Loin d’annoncer une carrière solo, cette démarche lui permet simplement de déverser le trop-plein de créativité qu’il ne peut partager en étant Bigflo du duo qu’il forme avec son petit frère. Bunshiin signifie très subtilement « alter-ego » en japonais. Le rappeur déclare à ce propos sur son compte Instagram :

Souvent, je me défoule en faisant des sons trop chelous pour Bigflo & Oli, alors je les sors sous ce nom. Je n’ai aucune stratégie marketing. Aucune ambition particulière si ce n’est me faire kiffer.

Le single « Koopa » lui donne l’occasion de rapper sur de l’hyperpop et d’afficher des skills différents en beatmaking. Le Toulousain semblait se sentir parfois enfermé dans le personnage de Bigflo, puis se lâcher, notamment dans ses lives Twitch.

Utiliser des alter égo ou des pseudonymes pour “créa-dump” n’est pas inhabituels de la part des artistes. L’Américain Mac Miller l’a notamment fait pour se décharger de sa productivité. On espère que Bigflo continuera à partager pleinement son art et on attend la suite avec impatience.

BMG signe Freeze Corleone mais avorte à cause de l’antisémitisme du rappeur

Le NY Times a droppé l’info vendredi dernier, la branche française de BMG avait signé le rappeur du 667. 

Après s’être fait lâcher par Universal Music Group pour ses paroles antisémites, Freeze reçoit cette offre comme une aubaine. En 2021, le Sénégalais est au top : LMF est un succès, il fait deux platines et il devient un des artistes le plus populaire de la scène francophone. Le groupe allemand appuie donc cette signature pour des raisons purement monétaires. Ce nouveau talent serait l’occasion pour eux d’étendre leur public-cible et leur marché. Le deal représentait près d’un million de dollars. La signature aurait dû être totalement secrète, aucun logo BMG ne devait être visible et des clauses autorisaient le label à supprimer des lyrics selon leur bon vouloir. Tout semblait parfait et prêt à décoller. Seulement, trois semaines après la signature, Dominique Casimir, directeur de contenu de BMG, propose de tout arrêter. 

Dans une déclaration envoyée à Billboard, BMG déclare que “l’article du New York Times montre que dès que les cadres supérieurs de BMG ont pris connaissance des allégations contre l’artiste, cela a mis fin à leur relation. Aucun disque n’a été publié. BMG est fermement opposé à l’antisémitisme et à la haine.”

To Pimp a Butterfly de Kendrick Lamar, élu meilleur album de tous les temps par les internautes

Les fans de Kendrick Lamar vont être ravis. To Pimp a Butterfly de Kendrick Lamar, sorti en 2015, a été élu meilleur album de tous les temps, tous styles confondus sur la plateforme Rate Your Music. Au total, 58 322 personnes ont donné leur note. L’album a récolté une moyenne de 4,34/5. Il devance Ok Computer de Radiohead qui était resté à la première place pendant 10 ans. Rate Your Music a un algorithme qui prend en compte le nombre total d’avis et le niveau d’activité de chaque votant sur le site. Pour résumer, le classement n’a pas été exclusivement influencé par les fans du rappeur provenant de Compton. Une récompense honorifique certes, mais qui prouve le prestige et la qualité de To Pimp a Butterfly.

Les certifications de la semaine

Chaque semaine, retrouvez les certifications albums et singles en France, dévoilé par le SNEP (Syndicat National de l’Édition Phonographique).

Singles de diamant (50 000 000 équivalents streams) :
Djadja & Dinaz– “À cœur ouvert”
Pop Smoke – “What you know bout love”

Singles de platine (30 000 000 équivalents streams) :
Zola – “Amber”
Zola – “Madame”
Djadja & Dinaz– “Manège”
JuL feat. Ghetto Phénomène – “On est trop”

Singles d’or (15 000 000 équivalents streams) :
SDM – “Mr. Ocho”
Fresh feat. Niska – “Allez Dehors”
WeRenoi – “Solitaire”
S-Crew – “22”
Luidji – “Pour deux âmes solitaires (Part.1)”
Damso – “O.OG”
Damso – “Pour l’argent”
Disiz – “Qu’ils ont de la chance”
Shay – “Cabeza”

Disque de platine (100 000 équivalents ventes)
TimalArès

Disque d’or (50 000 équivalents ventes)
PLKTénébreux

Dans le reste de l’actualité : Les clips de la semaine #5 (Zola, Tsew The Kid, Captaine Roshi…)

Auteur/Autrice

Continuer de lire

Actus

Les clips de la semaine #5 (Zola, Tsew The Kid, Captaine Roshi…)

Antoine

Publié

le

Par

,

On enchaîne cette cinquième semaine de l’année avec votre rendez-vous hebdomadaire qui recense tous les clips de rap francophone de la semaine.

Zola – Toute la journée ft. Tiakola

Depuis son retour avec le hit Amber, Zola enchaîne avec un troisième single. Après Cartier Panthère, Zola nous dévoile Toute la journée en featuring avec Tiakola, sans doute l’un des plus prisés du moment sur les collaborations. Pour ce morceau ensoleillé, les deux artistes se sont envolés à Kinshasa au Congo pour tourner le clip. Co-réalisé par Mateo Da Silva et Zola lui-même, le rappeur se retrouve pour la troisième fois d’affilée derrière la caméra, et c’est une réussite.

Pour écouter Toute la journée, c’est ici.

Tsew The Kid – Fou malade

En tournée dès le 5 mai prochain, l’artiste dévoile cette semaine un single inédit Fou malade et son clip. Ensoleillé et entraînant, le morceau produit par Guapo tourne autour du thème de la jeunesse et des erreurs qui nous permettent d’avancer. Le visuel de Manon Mestre propulse Tsew The Kid et ses amis dans les airs dans de beaux plans au dessus d’un champ, soleil couchant au loin.

Pour écouter Fou malade, c’est ici.

Lujipeka ft. So La Lune – Lala

Pour promouvoir la sortie de « Montagnes Russes Menu XL », réédition de son dernier album, Lujipeka sort un nouveau clip intitulé « Lala », en featuring avec So La Lune, incontournable en featuring ces derniers mois. Et quel clip, puisque ce dernier a été tournée en plan séquence (en une seule prise). D’ailleurs, Lujipeka a diffusé un court making-off sur son compte Instagram. Réalisé par Ffi0oul (Clément CHASSERAY et Julie MEYER), on suit les deux artistes dans un vaste décor, perdu au milieu de la nuit.

Pour écouter Montagnes Russes Menu XL, c’est ici.

Captaine Roshi – Ulyss

Nouveau single de Captaine Roshi dont le précédent et premier album Larosh sortait l’an dernier. Intitulé Ulyss, le morceau est mélancolique et planant est produit par Finvy. Réalisé par Jules Harbulot & Simon Partouche, le clip place le rappeur au centre d’un décor de tournage, tantôt à l’abris d’une averse dans une voiture, tantôt dans une chambre donnant sur une étendue de sable.

Pour écouter Ulyss, c’est ici.

La découverte : Stony Stone – Step #10 : Mystère et Suspense

Désigné par Booska-P comme l’un des 11 rappeurs à suivre en 2023, le marseillais Stony Stone clotûre sa série de morceaux Step avec le 10ème numéro. Titre hommage à celui de la Fonky Family, Mystère et Suspense, le son contient un sample du célèbre groupe, avec une production signée Thug Dance.

Les autres clips de rap francophone sortis cette semaine :

Rim’K ft. Freeze Corleone – Metaverse (Visualizer)
Georgio – Infini
RR ft. Lacrim & Niro – Bastos
SLK ft. Kerchak – Vie de Bandit
Genezio ft. Leto – G’en reviens pas
Saamou Skuu – Solo
Kofs ft. Layzi – Prison
Bramsito – Tous les mêmes
Brvmsoo – NO TIME / ENCAISSE
Implaccable & Chucky – CHUCKY A DYE SES LOCKS (WYKBL)
Charles BDL – Sniper
Lp.2.0 – Mental 2 Batard #3
Mougli – Jungle #4

Dans le reste de l’actualité : Kekra, Sadek, VVES, Darealright : les projets de la semaine du 27/01/2023 – #4

Continuer de lire

Actus

Luji, Georgio, Alkpote, Kofs : les projets de la semaine du 03/02/2023 – #5

Avatar

Publié

le

Un retour de longue date, une réédition, quelques projets courts… Les sorties rap sont riches et variées en ce vendredi 3 février. Raplume vous propose un tour d’horizon de ce qu’il ne faut pas rater !

Le coup de cœur : Lujipeka – Montagnes russes : Menu XL

Un an après la sortie de son premier album, Montagnes russes, Lujipeka a dévoilé une réédition avec 2 inédits, il y a quelques semaines à peine.

Si le potentiel de Lujipeka semblait déjà évident en groupe, le rennais confirme son talent en solo. La patte Columbine subsiste toujours dans sa musique, mais Luji se démarque par ses nombreuses prises de risques qui collent parfaitement à son grain de voix.

Ce Menu XL offre 10 titres inédits aux fans, dont trois featurings : So La Lune, Mayo et Guy2Bezbar.

Le merchandising de Lujipeka est à retrouver ici.

Georgio – Années Sauvages

Après son voyage à Los Angeles pour enregistrer des nouveaux morceaux, Georgio est finalement revenu avec un nouvel album entier. À travers ses derniers singles, le rappeur parisien parvient à faire retranscrire à quel point ce voyage a été inspirant. Toujours aussi fidèle à sa musique, qui évoque l’espoir et transporte, Georgio nous sort une seconde proposition après « Hôtel 5 étoiles », avec un clip particulier.

En effet, à peine certifié disque d’or pour son album Sacré, Georgio a envoyé, il y a un mois, le premier extrait de son prochain projet : Hôtel 5 étoiles.

Ce nouvel album est disponible en coffret édition limitée. Celui-ci a « la particularité d’être enfermé dans un bloc de béton qu’il faudra briser pour accéder à l’album. En hommage aux murs qu’on franchit chaque jour malgré leurs hauteurs… ».

Les places pour le Zénith de Paris de Georgio (13 mai) est à retrouver ici.

Alkpote – LSDC

Signifiant Le Spectacle Doit Continuer, LSDC donne un ton combatif à ce projet. Le rappeur du 91 dévoile ici son quinzième projet.

Ce nouveau projet contient 14 titres inédits, dont 7 featurings. Du plus évident, par la présence de Caballero & JeanJass, au plus tragique, par la présence de Luv Resval.

Le merchandising de l’album LSDC est à retrouver ici.

Kofs – Matrixé

Trois ans. C’est le temps qu’il a fallu à Kofs pour revenir sur le devant de la scène avec son nouvel album Matrixé. Fort de son changement de dimension amené par son couplet sur « Bande Organisée », Kofs revient avec un album aux inspirations multiples, en passant du piano-voix traditionnel au classique type JUL. Plein d’authenticité, l’ancien membre du collectif Click 11.43 traite de sujets variés, n’hésitant pas à s’ouvrir en parlant de sa famille, ses amis ou encore son rapport au succès et à la musique.

« Cet album, c’est mes doutes, mes envies, mon quartier, ma famille, mes amis. » – Kofs (Instagram)

Au milieu de ces 21 titres, Kofs nous offre 7 featurings aux profils variés, de JUL à Lacrim en passant par l’outro Air Bel Gang, qui rassemble sur le même titre une multitude de rappeurs issus du quartier Air Bel à Marseille.

Pour obtenir l’album Matrixé de Kofs, rendez-vous ici !

HOUDI – GRHÜNT #77

La productivité d’Houdi est impressionnante. En 2023, le rappeur masqué compte déjà deux singles «CALMITO», «EN DIDI | RAPLUME Freestyle», ainsi qu’un nouvel EP : GRHÜNT #77. Accompagné d’un clip imitant les freestyles proposés par Grünt, il nous dévoile 4 titres, formant une excellente carte de visite de l’artiste.

HOUDI fait preuve d’une palette artistique large, autant sur des sons kickés où sa technique et son sens de la phase font mouche, que sur des sons plus mélodieux comme sur « TRANQUILLEMENT » ou sur l’EP WOKA. GRHÜNT #77 c’est un concentré de punchlines pleines d’insolence et d’honnêteté sublimé par sa large diversité de flows.

Pour assister au premier concert solo de HOUDI à la FGO-Barbara (Paris), rendez-vous ici !

La découverte : Dhab King – T.O.R

Peu connu dans le paysage du rap français, Dhab King n’en n’est pas moins talentueux. Déjà auteur de plusieurs projets, dont une mixtape commune avec le producteur Sarbacane en 2021, l’artiste a l’habitude de rapper sur des prod old-school. Pour son nouveau projet, T.O.R, il s’allie d’ailleurs à deux artistes underground bien réputés : Ol Zico et Cenza, membre du L’uZine. Ce dernier livrera lui aussi prochainement un projet, tout comme son groupe.

Du côté de Dhab King, sa plume aiguisé et son style plairont à ceux qui se demandent : « Qui rappe bien en 2023 ? ». Le featuring avec Cenza, long de presque 5 minutes, et une vraie leçon de rap, à découvrir au plus vite !

Pour découvrir le projet T.O.R de Dhab King, rendez-vous ici !

Les singles de rap français sortis cette semaine

Zola ft. Tiakola – « TOUTE LA JOURNÉE »
Rim’K ft. Freeze Corleone – « Metaverse »
Captaine Roshi – « Ulyss »
Stony Stone – « Step #10 – Mystère et suspense »
SLK ft. Kerchak – « Vie de bandit »
Slkrack – « Captain America »
Sokra – « Rüdiger »
Pbl ft. Chanceko – « Avec le cœur »
TIF – « Amnesia »
Emkal – « J’la connais, Pt. 2 »
Hös Copperfield – « Franklin »
La MG – « Coco Acai »
Le Risque – « Go »
Yaro – « MBC »
Ucyll & Ryo – « GRIS VILLAGE »
Karmen – « CASCADE »
Leo SVR – « Gin ou Génépi »
rad cartier – « MAGNETO »
Thabiti – « M.A.R.S »
AnNie .Adaa – « Appartement 12 »
Lorage – « Un peu plus fort »
Chad de la Cour – « c pas grave »
Abah – « Changer »
Bunshiin – « Koopa »
Cikey – « DMD »
Elh Kmer – « Old Boy (En attendant Vivaldi) »
Mougli – « Jungle #4 »
Ol Zico – « Évidemment »

Dans le reste de l’actualité : Le soleil se lèvera à l’Ouest pour 1PLIKÉ140, Kerchak, Zamdane et les autres

Auteurs/autrices

Continuer de lire

Tendances