Hotel Paradisio vous emmène à Hollymoon pour son premier album

Entretien avec le rappeur de Strasbourg à l'occasion de la sortie de son nouveau projet

Il y a quelques semaines, nous vous présentions le clip de "Chronos", premier extrait de l'album Hollymoon d'Hotel Paradisio. Après plusieurs EP depuis 2017, l'artiste livre cette année son premier album, une vraie bouffée d'air frais dans un univers unique. L'année avait évidemment bien commencé pour lui puisque vous avez été nombreux à le découvrir grâce au titre "Yakuza", présent sur notre mixtape Le chant des oiseaux, parue en mars 2020. Pour fêter le sortie d'Hollymoon, nous avons décidé de proposer une interview à Hotel Paradisio pour en savoir plus sur cette mystérieuse planète... Avant toute chose, voici le clip de "Déclassé", sorti en même temps que le projet.

Raplume : Presque deux ans après ton précédent projet, on se retrouve pour ton premier album. Qu'est-ce qui s'est passé pour toi pendant ce temps ?

Hotel Paradisio : C’est lourd qu’on se retrouve encore pour un parler d’un autre projet. Entre temps, j'ai fait pas mal de sons. J’ai progressé dans ma manière de travailler, et je suis fier de vous présenter mon premier album, Hollymoon.

R. : Dès l'intro, on comprend que le voyage va faire partie des thèmes principaux du projet. C'était voulu ou ça s'est fait au fur et à mesure ?

HP : Ça c’est fait au fur et à mesure. Dans mes sons, j’essaie toujours d’apporter une rêverie. Hollymoon, c’est le rêve hollywoodien pour un mec dans la lune. C’est un voyage vers ma planète et celle de la personne qui m’écoute. Je trouvais ça fort de symboliser ça par un voyage vers une lune.

Tu as entièrement produit les tracks du projet toi-même. C'est car tu sais exactement ce que tu veux ?

J’ai produit toutes les tracks sauf "Déclassé", produite par Coldwvterz, un producteur avec qui je collabore en ce moment. Vous verrez souvent son nom revenir, je pense. Pour ce projet, je voulais me lancer un défi en essayant de tout produire, je voulais qu’il y est une signature unique. Après, il y a aussi le fait que je n’aime pas dépendre des gens et que j’aime beaucoup faire des prods.

Le premier extrait, "Chronos", faisait évidemment référence au temps mais c'est également quelque chose qu'on retrouve dans d'autres morceaux, notamment "Forever". Comment tu l'expliques ?

Le temps est un thème qui me fascine. C’est la fuite du temps qui nous pousse à vouloir passer des bons moments. "Chronos", c’est un morceaux teinté de nostalgie, et en même temps une course contre la montre. Je pense que ce sera pas la dernière fois que je ferai un morceau sur ce thème.

Notre coup de cœur, c'est le morceau "Zelda". Tu peux nous parler de la construction de celui-là ?

c’est un morceau très personnel. Je suis un grand fan de Link's Awakening sur Game Boy Color. Du coup, je voulais en faire un morceau et j’ai composé une prod avec des instruments et un drum qui faisait penser à un jeu vidéo. À la fin, la prod change et part vraiment en mode Game Boy. Je trouvais que l’idée correspondait bien à l’album avec Link qui est coincé dans son rêve et qui part réveiller le poisson-rêve.

On sent qu'il y a de multiples vibes dans le projet. C'est qui les artistes ou les styles qui t'inspirent pour ta musique ?

Musicalement les artistes qui m’ont inspiré sont Drake, Post Malone, Kid Cudi, Linkin Park et Eminem. Après, j’écoute tellement de tout que je dois piocher mon inspiration dans plein d’endroits. Pour l’univers, je m'inspire plus des films et des séries. Et dans l’écriture, c’est des réflexions sur la vie, des introspections.

Dans "Chaman", tu dis : "Y a des murs dans ma tête comme dans une prison norvégienne". Pourtant, tu donnes l'impression que c'est tout l'inverse et que ton univers transpire la liberté !

Quand je parle des murs, je parle des barrières qu’on se met tout seul, des peurs qui nous bloquent. Et justement, c’est pour ça que dans ma musique, j'ouvre une porte vers l’évasion. Pour moi, rêver, c’est vivre.

Tu évoques pas mal d'éléments issus de la culture asiatique, en particulier le Japon, ce qui n'était pas forcément présent sur tes précédents projets mais qui donne une nouvelle dimension au voyage. C'est une passion plus récente ou tu n'avais pas encore eu l'occasion d'en parler ?

Je suis un grand fan des dessins animés de Myazaki. Princesse Mononoké et Le voyage de Chihiro sont des films qui m’ont profondément marqués. Le titre "Kaonashi", c’est le sans visage dans Chihiro, un être qui représente l’avidité. Sinon, oui, je trouve le Japon fascinant, sa culture, ses paysages. Et j'ai de plus en plus envie de voyager là-bas.

Cette année, tu es apparu sur la tracklist d'une mixtape 100 % strasbourgeoise, tu peux nous en dire plus ?

Oui, la mixtape Iconic créée par le label strasbourgeois Iconic. Il y a plein de pépites sur la scène strasbourgeoise et l’idée du projet était de fédérer et mettre plus de lumière sur ça. Je suis content et fier d’y avoir participé. Il y a un volume 2 qui est sorti là, je vous conseille d’aller écouter ça.

Avec la situation actuelle, peu de chance de pouvoir défendre ton album sur scène. Tu vois comment la suite au niveau de la musique ?

Oui il y a quelques concerts qui ont sautés pour ma part. C’est dur pour les professionnel de la scène en ce moment. Mais je pense que la musique trouveras toujours son chemin. Moi j’en profite pour faire composer et écrire à fond et ce n’est que partie remise. Quand tout cela sera fini il y aura surement une tournée et plein de dates.

Un énorme merci à Hotel Paradisio pour son temps et ses réponses. Pour écouter Hollymoon, c'est par ici !